Une trajectoire singulière : De l'ingénierie à l'IMOCA
Navigateur aguerri, Stéphane Le Diraison a fait ses armes en Mini 6.50 puis en Class40 avant d’intégrer le circuit IMOCA en 2016 avec à la clé une participation au Vendée Globe 2012-2017. Passionné par la mer et les bateaux, j’ai développé mon parcours professionnel autour de ces deux axes. Après un cursus universitaire en génie Mécanique j’ai intégré l’Ecole Nationale des Arts et Métiers avec une spécialisation en Mécanique et Matériaux.
J’ai débuté ma carrière au sein de la Fédération des Industries Nautiques, j’étais chargé d’étudier l’impact d’une nouvelle norme européenne sur la production des navires de plaisance en France. Dans ce cadre j’ai rencontré de nombreux architectes français et les responsables techniques de la plupart des chantiers français. J’étais membre d’une commission internationale (WG18). Ensuite j’ai rejoint l’ICNN (Institut de Certification et de Normalisation dans le Nautisme). J’étais en charge de la structure des navires de plaisance, des semi-rigides et des équipements.
Le développement durable est au cœur des préoccupations de Stéphane Le Diraison qui a longuement occupé un poste de responsable de l’activité énergies marines renouvelables chez Bureau Veritas. Son engagement professionnel lui a permis d’acquérir une bonne connaissance des problématiques liées à la préservation de notre environnement, couplée à de fortes convictions personnelles qui se reflètent aujourd'hui dans son projet sportif sous les couleurs de « Time For Oceans ».
Le Vendée Globe : Un chemin de vie et de résilience
Le Vendée Globe est pour moi un vrai chemin de vie, souligne Stéphane Le Diraison. Depuis l’âge de 15 ans, j’avais en tête de participer à cette course. Aller au bout de ce défi a marqué une forme d’accomplissement en tant que marin. Si la première expérience s’est soldée par un abandon sur démâtage à mi-parcours, Stéphane a tiré de cette expérience un bilan positif à tous points de vue et réussit à réitérer l'expérience quatre ans plus tard. Après 12 000 milles parcourus tambour battant lors de sa première tentative, Stéphane Le Diraison a vécu une véritable aventure humaine pour rallier l'Australie sous gréement de fortune.
Les Sables-d’Olonne, jeudi 11 février 2021, 22 h 36. La deuxième tentative de Stéphane Le Diraison est la bonne. Après un abandon sur démâtage au large des côtes australiennes lors de l’édition précédente, le skipper de l’Imoca Time For Oceans boucle le Vendée Globe. Cette fois-ci, le skipper de Time For Oceans a bouclé la boucle en 95 jours. Une expérience forcément marquante qui scelle son statut de marin capable de surmonter les avaries les plus complexes pour atteindre ses objectifs.
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La logistique de l'aventure : Le retour du 60 pieds
Le retour du bateau de Melbourne à Caen s’est avéré être une épreuve à la mesure du Vendée Globe. Finalement, on reste bien en mode aventure et celle-ci commence d'ailleurs bien avant de le réceptionner au Havre ! Pour que mon bateau puisse naviguer il lui fallait une escorte ; la réception du bateau commence par une organisation rigoureuse de la logistique ! Le projet étant dans un entre-deux, je n’ai plus d’équipe à proprement parler. J’ai dû me retrousser les manches et aller chercher mon camion et mon semi-rigide à Lorient et les acheminer au Havre après avoir assuré l’entretien mécanique.
Le déchargement se passe à peu près bien, on arrive à remettre à l'eau malgré des gros moments de flottement entre deux opérations. On suit les dockers qui contrôlent la remise à l'eau, on a ensuite ramené le bateau à la marina et on s'est plié aux démarches administratives. Lors de notre départ en convoyage la scène était plutôt cocasse : Antoine le responsable technique assure l’assistance avec le semi-rigide tandis que je fais la manoeuvre seul à bord de mon Imoca, le tout de nuit et avec un brouillard à couper au couteau. Nous avons eu la chance d’avoir une météo clémente qui nous a permis de naviguer sans mât ni quille en toute sécurité, il y avait force 1 voire 0 et la mer était digne d'un lac. L'ambiance était par contre étrange car il y avait un brouillard épais qui donnait une impression de mission commando.
S'il fallait en choisir une, ce serait sans nul doute cette scène improbable dans une écluse sous le brouillard où les pêcheurs, habituellement abrupts avec les régatiers, sont descendus de leur bateau et m'ont demandé s'ils pouvaient venir le visiter. Une fois arrivé au chantier V1D2, la mission a ensuite été de décharger tout le bateau qui revenait d'un tour du monde, avec au moins 4 mètres cube de matériel à vider.
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