Le Vendée Globe représente l'une des aventures maritimes les plus extrêmes et captivantes au monde. Cette course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, met à l'épreuve non seulement l'endurance et la résilience des marins, mais aussi l'ingéniosité technologique des voiliers de la classe IMOCA. Au fil de ses éditions, la course a été le théâtre d'innovations constantes, dont l'une des plus marquantes est l'intégration des foils, transformant radicalement les performances et les stratégies des bateaux.
L'édition actuelle et les préparatifs pour les futures courses soulignent une quête perpétuelle de dépassement des limites, tant pour les skippers que pour les machines qu'ils pilotent. Des mers du Sud hostiles aux défis inexplorés du Grand Nord, la Vendée Globe et ses épreuves connexes, comme la Vendée Arctique, continuent de repousser les frontières de la navigation.
Le Vendée Globe : Une Odyssée Maritime et Technologique
Le Vendée Globe, au fil de ses 10 éditions, a vu les bateaux et leur équipement évoluer de manière spectaculaire. C'est une course où chaque élément du voilier est poussé à ses limites, un véritable laboratoire flottant des technologies marines. Les évolutions récentes ne se limitent pas uniquement aux appendices porteurs, mais touchent l'ensemble de l'architecture des monocoques IMOCA 60, du cockpit à la quille, en passant par le mât et les systèmes énergétiques.
Dans la lignée de cette recherche constante d'innovation, la Vendée Arctique 2026 s'impose comme une étape clé de la saison IMOCA et une vitrine du savoir-faire vendéen en matière d’organisation d’événements maritimes majeurs. Cette première grande épreuve du cycle 2025-2028 vers le Vendée Globe promet une aventure inédite. Après avoir dompté les mers du Sud au cours du Vendée Globe, les skippers s’élanceront cette fois vers le Grand Nord. En solitaire, sans escale et sans assistance, ils quitteront les Sables d’Olonne pour une aventure inédite : franchir le cercle polaire arctique… à l’endroit de leur choix et revenir dans le célèbre port vendéen. C’est la grande nouveauté de cette troisième édition : un parcours libre, sans route imposée, qui promet une diversité de trajectoires, des stratégies audacieuses et du suspense ! Cap sur des territoires encore inexplorés pour ces marins d’exception. Le froid, le brouillard, les dépressions rapides et la mer courte feront partie du quotidien dans ces hautes latitudes, exigeantes et imprévisibles. Pour la première fois, les skippers atteindront le cercle polaire : un défi à la hauteur de leur engagement et de leur soif d’aventure. "La Vendée Arctique est une épreuve exigeante, inédite, qui envoie pour la première fois des skippers en solitaire franchir le cercle polaire arctique à la longitude de leur choix."
L'Avènement des Foils : Redéfinir la Vitesse en Mer
L'apparition des foils sur les monocoques IMOCA du Vendée Globe constitue l'innovation technologique majeure de la flotte pour cette 8e édition du tour du monde en solitaire. Encore en phase expérimentale mais déjà testé en 1996, les Foils aussi appelés appendices porteurs ont pour mission de soulager la coque et ainsi de permettre au bateau de gagner en vitesse. Ces voiliers de dernière génération devraient battre des records de vitesse durant cette course unique au monde. Pour découvrir les bateaux équipés de foils, il suffit de se rendre au Village du Vendée Globe.
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Conception et Fonctionnement des Foils
Les foils sont des appendices latéraux élevant la coque au-dessus de l’eau qui ressemblent à des moustaches. Ils sont comme de grandes moustaches ou bien des ailes qui sortent de chaque côté de la coque. Leur rôle est d’empêcher le bateau de dériver mais pas seulement ! Le principe des foils en un schéma. Dès 16 nœuds de vent, le bateau se soulève grâce à la poussée verticale du foil. Quand le bateau atteint une certaine vitesse, le foil dévie l’eau vers le bas. Cette « aile » pousse vers le haut et fait monter le bateau au-dessus de l’eau. Cela permet à la fois de corriger l’inclinaison du bateau mais aussi de réduire le contact de l’eau avec la coque. Ça donne l’impression que le bateau vole au-dessus des vagues ! En résumé, tu peux comparer le foil à ta main, si tu la plonges sous l’eau en la bougeant vite, tu sentirais qu’elle est poussée vers le haut.
Exemple : le vent souffle à 18 nœuds (33 km/h) à droite du bateau, donc tribord amures. Le bateau va gîter vers le côté bâbord. Première étape : faire basculer la quille à tribord. Son poids va en partie redresser le bateau de 5°. Sa poussée - l’effet sustentateur - va à nouveau faire gagner 5° de gîte. Le bateau retrouve de l'horizontalité sur l'eau. Pour Quentin Lucet, architecte au cabinet VPLP, « les foils se ressemblent beaucoup à première vue. »
Les Foils en Pratique : Avantages et Inconvénients
Les foils permettent aux bateaux d’atteindre des pointes de vitesse de 38 nœuds, soit 70 km/h. Oui tu as bien lu. Cependant, "D'après nos études, expliquait-il dans une interview donnée à l'organisation de la course en avril 2016, nous n'avons pas plus de chances de gagner le Vendée Globe avec des foils que sans. Dans certains cas, il est vrai que les foilers sont plus performants que les bateaux archimédiens. Mais pas suffisamment pour que cela justifie de tout transformer sur PRB. Quand une étude révèle qu'on gagne dans 60 % des cas avec des dérives droites et dans 40 % des cas avec des foils, je ne vois pas bien l'intérêt d'aller engager des grands travaux, de dépenser des sommes conséquentes." Il reconnaissait cependant : "Si j'avais eu à construire un bateau neuf, j'aurais tenté les foils sans hésiter. En course au large, comme dans le bâtiment, la rénovation est souvent plus compliquée et coûteuse que la construction."
Les foils possèdent quand même un point faible : ils sont fragiles. Durant la 9e édition en 2020, suite à un problème structurel sur son foil bâbord (gauche), Thomas Ruyant a été contraint de le scier pour pouvoir reprendre la course. Sébastien Simon a lui aussi subi une avarie de foil après avoir heurté un OFNI (objet flottant non identifié), il a été contraint d’abandonner. Récemment, pendant la 10e édition, Clarisse Crémer a eu un problème de vérin qui l’empêchait de bouger son foil correctement. "Vu les vitesses comment les éviter ?" Les OFNI représentent un risque constant.
L'utilisation des foils sur un tour du monde reste l'inconnue de cette édition. "Il faut surtout être à l’écoute de ces chevaux sauvages", selon Roland Jourdain, le manager du team Safran. "Un gage de sécurité." "La jauge interdit de régler dynamiquement l’incidence du foil." Ainsi, le bateau doit-il être bien gîté pour que le plan antidérive du foil agisse, ce qui réduit son efficacité dans les petits airs. Pour compenser cette perte de vitesse, Jérémie Beyou et le team de Maître CoQ ont opté pour des foils équipés d'une mini-dérive placée à la base du tip. Le foil unique en son genre du Maître CoQ de Jérémie Beyou témoigne de cette recherche d'optimisation.
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Les Sept Pionniers du Foil dans la Flotte
Désormais, sur le Vendée Globe, certains bateaux ont des moustaches ! Sept des 29 bateaux au départ en sont dotés. Leur utilisation sur un tour du monde reste l'inconnue de cette édition. Alors qu'Armel Le Cléac'h, après la Transat Jacques Vabre, en novembre dernier, en est plutôt satisfait. « Je ne reviendrai pas en arrière (à des dérives classiques, NDLR), affirmait Armel Le Cléac'h. J'en suis content. » Justement durant les courses suivantes, la Transat Saint-Barth - Port-la-Forêt, The Transat Bakerly et surtout la dernière en date, New York - Vendée, le podium est là pour appuyer les performances des foils. Maître CoQ, suivi de Edmond de Rothschild et Hugo Boss, les trois IMOCA 60 à foils arrivés les premiers aux Sables-d'Olonne. Ces résultats ont clairement démontré le potentiel des foils, incitant d'autres skippers à adopter cette technologie.
L'Architecture des IMOCA 60 : Composants Clés et Innovations
Chaque voilier IMOCA du Vendée Globe possède un mât, une coque, des safrans, etc. mais quelles sont leurs fonctions ? Ces bateaux sont des concentrés de technologie, chaque composant étant optimisé pour la performance et la survie en mer.
Le Cockpit : Confort, Sécurité et Innovations Éco-Responsables
Le cockpit est un espace, en creux, extérieur à la cellule de vie. C’est là que le skipper surveille et fait les manœuvres. Aujourd’hui, les cockpits des IMOCAs sont très souvent protégés grâce à une casquette en dur (en carbone) ou plus souple (sorte de bâche). Le premier est un gain de confort. Les skippers à l’abri de l’humidité, n’ont plus besoin de s’équiper de ciré et de bottes. Le deuxième est au niveau de la sécurité à bord : quand ils sont dans les mers du sud, les vagues qui déferlent sur le pont sont comme des murs d’eau. Protégés par la casquette, ils sont à l’abri des assauts des vagues. L’inconvénient est la chaleur qu’il peut y faire lorsqu’ils sont au niveau de l’équateur.
Lors de cette édition, un skipper s’est démarqué des autres avec la création d’un cockpit en carton. Sébastien Destremau sur son bateau Merci a une démarche éco-responsable très forte. Il cherche à réduire la consommation en carbone (polluante) et montrer que le monde de la voile bouge pour trouver des solutions bio-sourcées. Il savait que cette solution ne tiendrait pas longtemps (son cockpit s’est désagrégé au large du Cap Vert). Cette initiative, bien que non durable dans sa forme initiale, illustre la volonté d'explorer de nouvelles voies.
La Quille et les Dérives : Stabilité et Efficacité
Chaque voilier du Vendée Globe est équipé soit de foils, soit de dérives. Foil ou dérive, il faut donc choisir ! Pour cette 10e édition, 15 bateaux sont équipés de dérives, on les appelle les « dériveurs ». Une dérive est une pièce immergée sous le voilier qui aide à limiter les mouvements latéraux et à maintenir la stabilité directionnelle. Elles sont comme des ailes sous-marines qui permettent d’éviter les dérapages latéraux dus aux effets du vent. Sur les bateaux du Vendée Globe, il y a deux dérives : une dérive à tribord (droite) et une dérive à bâbord (gauche) au niveau de la quille. Elles sont rétractables c'est à dire qu'elles sont remontées ou immergées en fonction de la gîte (l'inclinaison du bateau), afin que le skipper garde le cap souhaité. À quai, les dérives sont relevées et donc visibles sur le pont.
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La classe IMOCA impose des caractéristiques techniques aux voiliers de course au large. Récemment modifiée, elle impose notamment une quille standardisée : elle ne doit pas dépasser les 4,50 mètres sous la surface de l'eau. La quille se situe en-dessous de la coque et permet de garder le bateau en équilibre sur l’eau. Pour cela elle est lestée d’un bulbe de plomb de trois tonnes. Grâce à son poids le bateau reste enfoncé dans l’eau et empêche ainsi le voilier de chavirer. La quille d’un bateau représente un poids important. Pour que le bateau puisse continuer de « voler » sur l’eau, la quille est pendulaire, c’est-à-dire qu’elle s’oriente de bâbord (gauche) à tribord (droite). Cela permet aux marins de garder la voile la plus grande et donc de garder de la vitesse. Depuis l’édition 2012-2013, durant laquelle il y a eu beaucoup d’incidents mettant en cause la quille, elle est soumise à une certaine réglementation. Elle doit notamment être fabriquée en acier inoxydable (qui ne rouille pas) et elle doit être peinte dans une couleur repérable.
Les Safrans : Direction et Résistance aux Extrêmes
Les bateaux du Vendée Globe possèdent tous 2 safrans. Les safrans sont situés de chaque côté de la coque à l’arrière du bateau et ont une forme plate qui est souvent immergée dans l’eau. Le safran est important pour diriger le bateau, surtout quand il y a du vent, des vagues ou des obstacles. En effet, les deux safrans sont reliés au gouvernail. Quand on tourne ce gouvernail, le safran pivote dans l'eau. Cela change la direction dans laquelle le bateau avance. Quand le safran est droit, le bateau continue tout droit. Si on incline le safran d'un côté, l'eau qui passe autour du safran pousse le bateau dans la direction opposée. Par exemple : Si le safran est tourné à droite, le bateau tourne vers la gauche. Si le safran est tourné à gauche, le bateau tourne vers la droite. Les conditions extrêmes du Vendée Globe, notamment les tempêtes et les risques de collision, mettent à rude épreuve les safrans qui sont souvent endommagés. Lors du Vendée Globe 2008-2009, Jean Le Cam a subi un chavirage spectaculaire au large du cap Horn. Son bateau, VM Matériaux, s'est retourné, mât sous l'eau, quille et safrans orange fluo en l'air. La couleur des safrans a été très utile pour repérer le marin en détresse qui était resté bloqué sous la coque du bateau renversé.
Le Mât et le Gréement : Le "Moteur" du Bateau
Le mât des bateaux du Vendée Globe mesure 29 mètres de haut maximum, cela représente 5 girafes les unes au-dessus des autres ou un immeuble de 9 étages ! Ce grand mât permet de soutenir les voiles qui serviront à faire avancer le bateau. Le mât fait partie des éléments les plus lourds du bateau. Pour le soutenir et lui permettre d’être facilement manœuvrable, certains bateaux sont équipés d’outriggers, deux énormes tubes que l’on trouve à la base du mât ou bien de barres de flèche qui écartent les haubans, câbles situés de part et d’autre sur le voilier. Les outriggers (anglicisme) sont des tubes en carbone placés de chaque côté du mât. Les outriggers sont reliés au mât par des câbles : les haubans. Les IMOCAs équipés de ces outriggers ont choisi d’avoir un mât aile. Ce type de bateau a besoin de ces tubes en carbone, implantés à bâbord (gauche) et à tribord (droite) du mât pour le renforcer. En effet, les voiles gonflées par le vent poussent très fort sur le mât et seul, il ne pourrait supporter toute cette tension ! Sur les autres bateaux munis d’un mât traditionnel, il n’y a pas d’outriggers. Les outriggers sont plus récents que les barres de flèche, ils sont plus appréciés car ils sont plus bas et permettent alors de libérer plus de place pour mettre les voiles et de moins faire pencher le bateau. Pendant cette 10e édition du Vendée Globe, Damien Seguin a dû effectuer des réparations sur une des pièces qui tient l’outrigger. Cette étape a été plus périlleuse que prévu.
En haut du mât, se trouve l’anémomètre. C’est un instrument de surveillance météorologique utilisé pour mesurer la vitesse du vent et donner la direction du vent. L’anémomètre est directement relié au pilote automatique. Le sommet du mât peut aussi accueillir un radar qui permet de repérer d’éventuels OFNI (objet flottant non identifié) de jour comme de nuit.
Les Voiles : Puissance et Stratégie Adaptative
Les IMOCAs font partie des bateaux de course les plus toilés (beaucoup de surface de voiles). Pour un voilier, on dit que les voiles sont le moteur et le vent, l’essence ! Ils ont donc un super moteur… mais à plusieurs vitesses. Le règlement du Vendée Globe impose aux skippers d’embarquer seulement 8 voiles. Le skipper met en place les voiles en fonction de la météo, des allures et des conditions de vent. Le choix des voiles est stratégique et participe à la bonne performance. Comme ils sont tous seuls à manœuvrer, ils utilisent des voiles très polyvalentes, de très grands gennakers. Une fois qu’elles sont en place, elles sont capables de faire face à différentes forces de vent, un peu comme un véhicule tout terrain (4X4).
Les matériaux ont aussi beaucoup évolué : avant les voiles étaient en tissu, plusieurs panneaux cousus ensemble. Maintenant, elles sont en matériau composite et thermoformées sur des grands moules. Elles n’ont plus de couture ! Pour cette 10e édition, certains skippers partent en mer avec des voiles en fibre naturelle. Par exemple, la grand-voile de Damien Seguin est fabriquée avec 50 % de fibres de lin. Ces dernières années, les voiles sont aussi devenues plus légères passant de 120 à 80 kg pour la grand-voile. Eh oui, toutes ces voiles pèsent lourd à bord et il faut les matosser (les bouger d’un bord à l’autre pour équilibrer le bateau selon la gîte) pour maximiser le poids du bateau et ainsi aller plus vite.
Il y a un autre élément crucial : les bateaux à kite ! En réalité, le kite est en quelque sorte un « parachute de secours ». 22 des 40 skippers du Vendée Globe seront équipés de cette aile de traction/kite appelée Liberty kite. Lors d’une avarie majeure, en quelques minutes, le Liberty kite peut être envoyé. Très simple à utiliser, elle est tenue par deux écoutes que l’on passe dans une poulie et qui reviennent sur un winch. Et une fois réglée, l’aile s’autorégule et va tirer le bateau assez doucement. De quoi rentrer au port le plus proche. Depuis l’édition 2020 du Vendée Globe, tous les skippers qui le souhaitent peuvent amener sur leur bateau cette voile de secours. Il y a un petit scellé pour qu’elle ne soit utilisée qu’en cas d’urgence. Pas de possibilité de tricherie.
L'Énergie à Bord : Moteurs, Hydrogénérateurs et Futur Renouvelable
Sur un Vendée Globe, tous les IMOCAs sont équipés d’un moteur. Ce dernier n’est pas là pour faire avancer le bateau, mais pour fournir de l’électricité. Il sert essentiellement à charger les batteries qui alimentent tous les appareils nécessaires à la navigation. L’hydrogénérateur permet de produire de l’énergie comme l’électricité. Ils sont généralement deux et sont situés à l’arrière du bateau entre les deux safrans. Pour produire cette énergie, l’hydrogénérateur est plongé dans l’eau. Une fois immergée, l’hélice (en bas de l’hydrogénérateur) se met à tourner grâce à la vitesse du bateau. Plus efficace que l’éolien et le photovoltaïque, l’hydrogénérateur permet une bonne autonomie d’énergie au bateau.
L’organisation du Vendée Globe a annoncé qu’en 2028, pour la 11e édition, les skippers n’auront pas le droit d’utiliser un moteur fonctionnant avec une énergie fossile pour produire de l’électricité à bord. Les marins devront privilégier les énergies renouvelables. Cette transition vers le "tout renouvelable" marque un tournant majeur pour la course.
Le Pilote Automatique : Le Compagnon Indispensable
Pendant le Vendée Globe, le skipper barre très peu manuellement son bateau. Tous les IMOCA sont équipés de pilotes automatiques, fidèles équipiers des marins en solitaire. Équipement indispensable pour la course au large en solitaire, le pilote automatique agit sur la barre pour maintenir le cap du bateau. Les voiliers de course sont équipés de nombreux capteurs électroniques (semblables à ceux de nos smartphones) reliés à l'ordinateur, au pilote automatique. Ces informations, combinées à celles sur le vent (réel, apparent), sont analysées par le logiciel du pilote automatique, qui se charge d’ajuster la trajectoire du bateau pour aller chercher toujours plus de performance.
Néanmoins, cette technologie a ses limites et reste très fragile. Le moindre choc peut entraîner le dysfonctionnement du pilote automatique. Lors de la première édition en 1989, Titouan Lamazou en avait embarqué pas moins de 12 ! Et lors du Vendée Globe 2020, Louis Burton et Damien Seguin ont tous les deux subi une avarie sur leur pilote automatique, ils ont mis presque 24 h à trouver une solution. Ce sont des moments critiques où la course peut basculer. "Est ce que ça peut être un coup de fatigue?" s'interroge un observateur, soulignant la difficulté de gérer ces avaries sous pression.
La Coque : Fondation du Monocoque de Course
La coque est la partie qui permet au bateau de flotter. Sur le Vendée Globe, les bateaux n’en ont qu’une : ce sont des monocoques. Pour garantir l’équité entre tous les skippers, la taille de cette unique coque est réglementée. Pour la longueur elle ne doit pas dépasser 60 pieds soit 18,28 mètres et pour la largeur elle ne doit pas faire plus de 5.85 mètres. À l’extérieur, nous allons parler de la carène, la forme de la coque et de l’étrave, le « nez » du bateau : ces deux éléments ont beaucoup évolué ces dernières années. Le Vendée Globe, c’est avant tout une course, alors pour aller vite, il faut être léger. Les architectes des bateaux utilisent des matières légères mais solides, comme le carbone, pour fabriquer les coques. Mais il faut aussi limiter la traînée, c’est à dire le frottement de la coque sur l’eau. Quand la coque touche l’eau, ça tape fort ! Avant les étraves étaient très fines pour "percer" les vagues.
Les Skieurs et Leurs Défis : Entre Performance et Résilience
La course est aussi une succession d'événements et de défis pour les marins. Les échanges en ligne durant la course reflètent l'intensité et l'imprévisibilité de l'aventure. On y trouve des nouvelles de skippers, des réactions aux problèmes techniques et des analyses de la stratégie.
Avaries et Réparations en Pleine Mer
Les avaries sont malheureusement monnaie courante dans le Vendée Globe. "Gros problèmes pour Damien Seguin." "Dernières (bonnes) nouvelles de Damien !" La réparation de Damien fut un moment clé. "Et pourtant ça s'est arraché !" C'est le témoignage des forces gigantesques auxquelles sont soumis les bateaux. "Démâtage de Medallia!" "Voilà une bien mauvaise nouvelle." Le démâtage est l'une des avaries les plus graves, menant souvent à l'abandon. "Quel dommage pour Pip Hare !" "La pauvre, c’est dur pour elle." "Cette vidéo de Pip Hare fait peine à voir…" "Triste pour Pipe Hare…" Ces réactions montrent l'empathie des suiveurs pour les skippers confrontés à ces épreuves. "Guirec Soudée essuie un gros coup de tabac." Les conditions météorologiques extrêmes peuvent causer des dommages considérables.
La Gestion des Risques et la Stratégie de Course
La stratégie est cruciale. "Stratégie pour les 5 prochains jours…" La position des bateaux est constamment surveillée. "Richomme se rapproche toujours de Dalin…" "Ca y est ! Yoann Richomme est repassé devant !" "Pour le match Yoann et Charlie…" "Yoann a juste pris un raccourci." "Bravo." "Formidable !" Ces commentaires soulignent l'attention portée aux duels en tête de course et aux choix tactiques des marins. "Où va Jean Le Cam???" La trajectoire de chaque skipper est scrutée. "Justine y va fort!" "Justine pas encore sortie du dur." L'évaluation de la performance et de la situation des coureurs est constante. "Classement de 15h…" "Stats concernant les abandons…" Les statistiques et les classements alimentent les discussions sur la performance. "Meilleure préparation ?" "A 100 % de son potentiel…" La préparation physique et mentale est aussi essentielle. "Régate à vue dans le pacifique sud…" Des moments rares et intenses de compétition directe.
Des problèmes techniques plus généraux peuvent aussi survenir, affectant même les outils d'aide à la navigation. "Mon plug-in Windy ne fonctionne plus!" "Sur quel support vous l’utilisez ce plug in ? Sur iPad." "iPad ProbLe mien a 10 ans." "Me suis acheté un nouvel iPad aujourd'hui." Ces échanges révèlent la dépendance aux outils numériques et les petits tracas technologiques du quotidien, même pour les suiveurs à terre. "Formidable pub pour windy." Le rôle des applications de météo est devenu incontournable pour les marins comme pour le public.