Le tremplin, qu'il soit une structure imposante dédiée au sport de haut niveau, une construction artisanale pour l'entraînement ou une installation ludique aquatique, incarne l'ingéniosité humaine à défier la gravité et à procurer des sensations. De l'exploit athlétique à la simple joie du saut, les tremplins se déclinent en une multitude de formes et de fonctions.
Le Tremplin de Saut à Ski du Bergisel : Un Symbole Architecturale et Historique
Au cœur d'Innsbruck, à quelques minutes du centre-ville, se dresse le tremplin de saut à ski du Bergisel, un véritable symbole. Ce chef-d'œuvre architectural, conçu par la célèbre architecte irako-britannique Zaha Hadid, est l'une des principales stations de la Coupe du monde de saut à ski FIS. Son histoire est riche et témoigne de l'évolution du sport et de l'ingénierie.
L'histoire du Bergisel remonte bien plus loin que l'ère moderne du saut à ski. Il y a plus de 200 ans, de courageux Tyroliens se sont battus sur cette montagne pour leur liberté, conférant au lieu une dimension historique profonde. En 1927, le premier saut du Bergisel, un championnat tyrolien, a eu lieu sur le tremplin naturel. Le vainqueur de cette compétition avait alors réussi un saut de 47,5 mètres. Un an seulement après cet événement inaugural, le premier tremplin en bois a été construit, doté d'une course d'élan de 100 mètres et établissant un record du tremplin à 53 mètres.
Les débuts du saut à ski sur le Bergisel sont marqués par des équipements rudimentaires. La première Tournée des quatre tremplins avec saut à ski a eu lieu sur le "vieux" tremplin du Bergisel en 1953, où "Bubi" Bradl l'a emporté. Il est difficile de croire qu'à l'époque, il n'y avait ni combinaisons de saut à ski ni fixations de sécurité. L'équipement a considérablement évolué au fil du temps. Bien que le tremplin et le stade aient certes pris de l'âge, ils restent aujourd'hui encore un point de mire marquant d'Innsbruck, portant de nombreuses histoires dans leurs bagages.
La transformation du tremplin a été catalysée par des événements significatifs. En 1990, suite à la visite du pape Jean-Paul II et à la messe célébrée au Bergisel en 1988, qui avait rassemblé plus de 60 000 fidèles, la ville d'Innsbruck a lancé un concours international d'idées pour la transformation du stade du Bergisel. Cependant, plusieurs années devaient encore s'écouler avant que la réalisation du projet de construction ne prenne réellement forme. Un nouvel élan a été donné au coûteux projet de transformation après l'annonce par la Fédération internationale de ski de retirer au tremplin du Bergisel son aptitude au saut. C'est dans ce contexte qu'en 1999, en coopération avec la ville d'Innsbruck, la Fédération autrichienne de ski a lancé un concours pour la "construction du nouveau tremplin du Bergisel avec café panoramique". C'est ainsi que la reconstruction a finalement été confiée à la star de l'architecture Zaha Hadid.
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Zaha Hadid, la "reine des courbes", architecte irako-britannique décédée en 2016, était particulièrement renommée pour ses esquisses précises et futuristes, ainsi que pour les lignes courbes caractéristiques de ses bâtiments. Elle a marqué l'histoire en 2004 en devenant la première femme à recevoir la distinction la plus prestigieuse dans le domaine de l'architecture, le prix d'architecture Pritzker. Selon Zaha Hadid elle-même, le défi majeur du tremplin de Bergisel consistait à intégrer un élément à l'origine étranger - le café et la terrasse panoramique - dans une formule donnée, celle du tremplin.
Les travaux de construction ont démarré en 2001. Le 25 mars de cette année-là, l'ancienne tour du tremplin a été détruite à l'explosif, une opération qui s'est avérée difficile en raison de la proximité de l'autoroute du Brenner et des voies ferrées. À peine l'"ancien" tremplin était-il éliminé que la construction de la nouvelle installation de saut pouvait commencer. L'objectif ambitieux était de permettre au saut de la Tournée des Quatre Tremplins de se tenir sur la nouvelle installation à l'occasion de son 50e anniversaire. Pour rendre possible cet objectif, qui semblait presque utopique à l'époque, on a travaillé jour et nuit. Le chantier a mobilisé des ressources considérables : si l'on avait mis l'acier utilisé côte à côte, la matière première aurait tout juste rempli un terrain de football. Le matériel utilisé a représenté un coût de 13,5 millions d'euros, une somme avec laquelle on pourrait acheter une petite île à New York. La construction a été soutenue par l'État fédéral, le Land du Tyrol, la ville d'Innsbruck et l'ÖSV.
Les efforts ont été récompensés. En 2002, le tremplin de saut à ski a reçu le prix national autrichien d'architecture. Cette distinction particulière est réservée uniquement aux projets architecturaux les plus remarquables, ceux qui donnent des accents et des impulsions. Malgré de nombreux doutes, les responsables ont réussi à terminer le nouveau tremplin à temps pour le 50e saut du Bergisel. C'est à cette occasion que l'hymne d'ouverture, composé par Dietmar Schönherr, a résonné : "That's one of those things God gave us no wings, but he gave us the power to fly from the tower to glide".
La première victoire sur le nouveau Bergisel est revenue à l'Allemand Sven Hannawald, qui est même devenu par la suite le premier sauteur à ski de l'histoire à remporter les quatre épreuves de la Tournée des quatre tremplins. Le natif de la Forêt-Noire s'est imposé avec des distances de 134,5 et 128 mètres, exprimant sa joie par ces mots : "C'est tout simplement une sensation agréable. C'est du pur plaisir". La première victoire autrichienne à domicile a été remportée par Wolfgang Loitzl sept ans seulement après le premier saut à ski sur le nouveau Bergisel. Le charme était enfin rompu, et les quatre années suivantes, Gregor Schlierenzauer, Thomas Morgenstern et Andreas Kofler, trois autres "aigles de l'ÖSV", ont triomphé à Innsbruck. En hiver, le record du tremplin chez les sauteurs à ski est détenu par l'Autrichien Michael Hayböck (2015) avec 138 mètres. En été, c'est Adam Malysz (2004) qui détient le record avec 136 mètres. Chaque année, jusqu'à 22 500 fans se rendent au Bergisel pour assister à la tournée de sauts, transformant le stade en un véritable "chaudron de sorcière" et créant une atmosphère unique en Coupe du monde de saut à ski.
Le Bergisel est également un lieu de compétition olympique et mondiale. Le centre sportif a déjà été utilisé trois fois aux Jeux olympiques, en 1964, 1976 et lors des Jeux olympiques de la jeunesse en 2012. Malgré l'avantage d'évoluer à domicile sur ce célèbre tremplin, le taux de réussite des aigles de l'ÖSV aux Championnats du monde ne s'annonçait pas sous les meilleurs auspices, les Autrichiens n'ayant remporté des médailles qu'en 1933, 1985 et, plus récemment, en 2019, où l'équipe autrichienne a décroché trois médailles.
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L'architecture impressionnante de l'installation sportive du Bergisel a un grand pouvoir d'attraction, même pour les personnes qui ne sont pas nécessairement adeptes du sport de haut niveau. La tour de 50 mètres de haut attire les visiteurs avec son restaurant panoramique "Bergisel Sky" et sa plate-forme d'observation offrant une vue panoramique à 360° sur la ville et les montagnes environnantes. À quelques mètres de là se trouve le musée Tirol Panorama avec son tableau circulaire, d'où part également un sentier panoramique qui fait le tour du symbole d'Innsbruck. Pour atteindre la plate-forme d'observation, les visiteurs peuvent monter 455 marches à pied depuis l'entrée du stade jusqu'au tremplin de saut à ski ou emprunter l'ascenseur incliné qui les emmène en seulement 2 minutes à environ 250 mètres au-dessus d'Innsbruck. Le tremplin de saut à ski de Bergisel est particulièrement remarquable la nuit : il s'illumine de toutes ses couleurs, changeant de teinte toutes les dix minutes.
Le Bergisel se révèle aussi polyvalent qu'un caméléon dans l'utilisation de son site. En 2004, une arène de tennis a été construite dans le prolongement du tremplin et a accueilli la Fed Cup. À l'été 2008, le tremplin s'est rapidement transformé en arène de projection publique dans le cadre du championnat d'Europe de football. Cette même année, il a accueilli l'événement "Red Bull 400", au cours duquel des milliers de participants ont repoussé leurs limites en parcourant le 400 mètres le plus difficile du monde, afin de vaincre le légendaire tremplin de saut à ski de bas en haut. En janvier 2009, le spectacle de snowboard "Air & Style" a fait son retour sur le Bergisel pour la première fois depuis sa rénovation. Il s'agit de l'un des plus grands festivals de snowboard freestyle d'Europe, organisé chaque année depuis 1994, et considéré comme la première compétition à avoir mis l'accent sur le "straight jump" (big air). La réaction des spectateurs a été impressionnante : le stade a affiché complet en quelques secondes.
Construire son Tremplin en Bois : Passion, Savoir-faire et Astuces
L'envie de créer son propre tremplin en bois est une passion partagée par de nombreux amateurs de sports de glisse et de modélisme. Que ce soit pour le BMX, le skate ou les voitures radiocommandées (RC), la fabrication d'une rampe offre une satisfaction unique et permet d'adapter l'équipement à ses besoins spécifiques.
Pour les adeptes de voitures RC, construire son propre tremplin est l'une des étapes les plus amusantes, créatives et gratifiantes du hobby RC. Il n'est pas nécessaire d'être un menuisier expert ou de posséder un atelier professionnel. Un guide complet et détaillé peut montrer, étape par étape avec schémas et astuces de pro, comment fabriquer une rampe "kicker" simple, robuste, sécurisée et parfaitement adaptée pour débuter dans l'univers exaltant des sauts RC. Avant de construire, il est crucial de comprendre les différents types de tremplins et leurs effets sur la trajectoire de la voiture. Pour débuter, la recommandation est de construire un Kicker simple. C'est le design le plus polyvalent, le plus facile à construire et celui qui offre le meilleur ratio spectacle/sécurité. Les spécifications précises d'un tremplin "kicker" optimisé pour voitures RC échelle 1/10 et 1/8 incluent un angle de départ de 28-30° pour une courbe douce. Le budget total pour les matériaux et outils (si achat) se situe entre 40 et 55 €, ou 90-155 € pour un tremplin durable.
Le processus de fabrication inclut l'utilisation de contreplaqué, de chevrons et de vis. L'étape de découpe nécessite de bien visualiser un triangle rectangle dont on arrondit l'hypoténuse pour créer une courbe progressive. Avec la scie sauteuse, il faut suivre soigneusement le tracé, en portant des lunettes de protection. Les deux côtés doivent être superposés pour vérifier leur symétrie. Il est astucieux de pré-percer les trous pour éviter que le bois ne fende. Le panneau de contreplaqué fin (5-9mm) doit épouser la courbe, sans être trop humidifié pour éviter la déformation. L'étape finale d'assemblage permet au panneau d'épouser naturellement la courbe. Pour la protection extérieure, deux couches de peinture bois extérieure sont nécessaires. Une fois le tremplin terminé, il reste à le maîtriser.
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Construire le tremplin est une chose, bien l'utiliser et maîtriser la technique de saut en est une autre tout aussi importante. La sécurité est primordiale : il faut délimiter clairement la zone de saut. Un "secret pro" consiste en des réactions courtes (0.2-0.5 sec) et à ne pas utiliser le gaz/frein à fond. Les sauts sont extrêmement exigeants pour la mécanique et les sauts répétés sont l'activité RC la plus destructive pour les composants. Il est conseillé de garder un guide de réparation à portée de main et de constituer un petit stock de pièces détachées courantes (triangles, goupilles, vis). Un tremplin en bon état assure une sécurité maximale et une longue durée de vie. Le bois est sensible à l'humidité, mais avec un entretien minimal, un tremplin peut durer 3 à 5 ans facilement. Pour débuter les sauts, les Monster Trucks 1/10 sont privilégiés pour leurs grands débattements de suspensions et leurs roues énormes qui absorbent tout, permettant des atterrissages très stables. Les Truggys 1/8 offrent un compromis parfait entre stabilité et agilité, avec leur châssis long assurant une bonne stabilité en vol. Les Buggies 1/10 et 1/8, plus légers et agiles, facilitent les figures aériennes. En termes de matériaux, pour débuter, le bois reste le meilleur compromis facilité/prix/durabilité. Le carton est acceptable pour tester un concept. La hauteur du tremplin devrait être environ 2 à 3 fois la hauteur de la voiture (mesurée du sol au toit). La rentabilité d'un tremplin DIY est notable : alors qu'une location de piste RC avec obstacles coûte 15-25€/session, un tremplin fait maison est amorti en 3-5 sessions si l'on possède les outils, ou 5-10 sessions sinon. Une astuce économie est d'emprunter une scie sauteuse à un ami ou voisin, ou de la louer pour 15-20€/journée dans un magasin de bricolage. Construire son propre tremplin est une étape incroyablement gratifiante et mémorable dans la vie de tout modéliste RC, transformant radicalement les sessions de pilotage et ouvrant des possibilités de jeu infinies. Il ne faut pas hésiter à expérimenter avec les formes, les angles et les hauteurs pour créer progressivement le spot de saut parfait.
Pour le BMX et le skate, la construction de tremplins en bois est également très populaire. Des exemples inspirants existent, comme le jeune skateur Romain Covolan de Sainte-Geneviève des bois qui, au bout de 3 ans de construction, 2000 euros et quelques bases de maçonnerie, a terminé son skatepark dans son jardin. Pour des options plus modestes, Valone de Dijon a partagé sa construction d'un tremplin de BMX pour la modique somme de 25 euros (en 2009), avec le détail du matériel utilisé et les plans. Ces projets rappellent les expériences d'enfance, comme la fabrication d'un tremplin de BMX avec un père, qui peut parfois se solder par des frayeurs et des ajustements de hauteur pour la sécurité.
Les discussions entre passionnés sur les forums mettent en lumière des questions pratiques. Pour un projet de tremplin en bois, il faut définir des valeurs pour la longueur (x) et la hauteur (y). L'objectif est de trouver des valeurs pour pouvoir bien "jump" (long ou haut) et faire des "backflips". Un tremplin à taille égale (x=y) simplifie la courbure de la planche mais n'est pas nécessairement optimal. L'avantage d'une longueur de 100 cm pour une hauteur de 70 cm est qu'en basculant le tremplin, on inverse les données et on peut s'envoler. La question de la courbure de la planche est cruciale. Des témoignages précisent que des prototypes en carton, remplacés par du Dibond, avaient des longueurs y de 35 cm et x de 25 cm, ce qui permettait de bien voler et de faire des backflips.
Des leçons tirées de l'expérience soulignent l'importance de plusieurs aspects : un tremplin démontable est plus facile à transporter (par exemple, avec des pieds pliables), et plus il est large (un mètre semble bien), mieux c'est, pour ne pas avoir à viser. Le tremplin doit suffisamment accrocher pour pouvoir accélérer une fois dessus, la moquette étant idéale. Il est également essentiel de prévoir un système pour que le tremplin ne bouge pas au sol, comme 4 charnières de portes et des piquets de tente.
Pour ceux qui ne souhaitent pas construire, il existe des options commerciales. Des sites comme Destructionramps.com proposent des plans détaillés de nombreux modèles de rampes en bois ou en métal, ainsi que des funbox. Mieux encore, certains professionnels mettent à disposition leurs plans de rampe (PDF) et des vidéos explicatives. Cependant, il faut aussi penser à l'atterrissage, ce qui a poussé certains, comme la bande à Danakil91 de l'Essonne, à construire un bac à mousse en 2010.
Les modules de skateboard professionnels peuvent aussi servir au BMX. Des magasins spécialisés comme e-ramp proposent des tremplins droits, incurvés, des quarters et des minis, mais ils peuvent être coûteux (par exemple, 242 euros pour un module "Courbe 1000"). Avenue de la glisse propose des modules de BMX robustes, réglables en hauteur et pliables pour un encombrement réduit, mais lourds (31,5 kg) et chers (279 euros). Free-ride Attitude, un troisième magasin en ligne, propose une rampe similaire du fabricant Fresh Park. Ces options, bien qu'un peu chères, offrent des solutions intéressantes pour un skatepark personnel.
Pour ceux qui manquent d'espace ou de temps, des options plus modestes existent. Une petite rampe en plastique, bien que "rikiki", peut être très efficace pour un usage spécifique, comme fournir un saut d'appel pour travailler des "petites tricks" comme le "bunny 180". Pour un coût modique (environ 20 euros), elle offre une solution transportable, bien qu'il faille prendre des précautions. Ce n'est pas de l'acier, donc il ne faut pas se risquer à atterrir sur la rampe elle-même, afin d'éviter de la casser.