Guide complet de la technique et de la maîtrise de la transition sautée en kitesurf

La transition en kitesurf est bien plus qu’un simple changement de direction ; c'est une des techniques de base de la navigation et un des grands objectifs de tout débutant qui s’approche de ce sport. Ce n'est rien d'autre qu'un chemin comme un autre pour changer la bordure de navigation de gauche à droite, ou vice versa. Elle permet une grande liberté de mouvement sur le plan d’eau choisi et constitue également un élément fondamental pour la sécurité de la discipline. Une fois que vous parviendrez à tirer des bords, il va rapidement falloir apprendre à faire une transition pour tourner sans mettre les fesses dans l’eau. Pratiquer ce sport depuis quelques années avec un twintip ou une planche de surf impose de très bien connaître cette technique en la pratiquant sans problème dans ses nombreuses variantes. La transition sautée, ou air gybe comme on l'appelait autrefois, se distingue comme étant à la fois un principe fondamental et un véritable plaisir à exécuter et à observer. C’est la première brique d’un chargement complet de manières stylées de faire demi-tour.

Fondamentaux et prérequis de la manœuvre de transition

Avant de s'élancer dans les airs, il est crucial de comprendre ce qu'est une transition et les bases nécessaires pour l'aborder sereinement. Tu es devenu autonome en kite et tu veux passer au niveau supérieur, essayer quelques figures cool ? Tu maîtrises les waterstarts, tu arrives à rider des deux côtés, remonter au vent et même faire tes transitions simples, mais tu as l’impression de stagner ? Le secret pour ne pas commencer à tourner en rond dans ta pratique du kite et continuer à progresser est d’avoir des objectifs. Quels sont les prérequis pour une transition sautée ? Vous l’avez deviné : un saut et un virage glissé. Si vous êtes à l’aise pour changer de direction et que vous pouvez déjà décoller votre planche de l’eau, vous êtes prêt.

Savoir faire une transition correcte et complète est une étape fondamentale dans le parcours d’apprentissage du kitesurf et pour la progression de la technique. C'est un véritable gouffre, avec la maîtrise de la remontée au vent, entre un débutant absolu et un rider qui commence à gagner son autonomie en navigation. En fait, les premiers rudiments des transitions s'apprennent avant même de mettre la planche sur les pieds, c’est-à-dire dans la phase d’apprentissage de la technique du body drag. À un certain moment, même pendant le body drag, il faut en effet changer de direction et revenir au point de départ. En montant sur la planche, l’ensemble de la manœuvre de changement de direction est naturellement plus complexe, mais le principe reste identique.

Pour une transition simple, il est important de bien ralentir pour pouvoir effectuer la manœuvre, de changer ses appuis lorsque l’aile est proche du zénith et enfin de bien relancer l’aile en zone de puissance en abattant pour reprendre de la vitesse. Bien que cette étape soit très simple, elle demande néanmoins un timing très précis pour être vraiment validée. Faire une bonne transition impose de marquer un arrêt ferme et aucune inertie de glisse. Si votre planche continue de glisser ou patine durant la manœuvre, c’est qu’il y a un problème quelque part. Savourer l’arrêt est une étape constamment négligée, donc insistez dessus.

La dynamique du saut : technique et propulsion

Le saut basique ou simple est le premier que vous apprendrez et vous devez le maîtriser pour réaliser les autres. La première étape pour commencer à passer quelques figures en kite est d’apprendre la technique pour faire tes premiers sauts correctement. Cette technique te permettra de débloquer ensuite d’autres variations de tricks. Voici les recommandations pour des premiers sauts réussis : la technique est la clé de la réussite, la vitesse étant le dernier point sur lequel il faut insister. Tant que tu n’as pas maîtrisé la technique de saut, avoir beaucoup de vitesse ou être sur-toilé ne fera qu’accentuer tes erreurs et te garantira de plus grosses gamelles.

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Pour sauter, il faudra en premier lieu vous placer au vent de travers, aile à 45°. Prenez une vitesse modérée. Puis crantez fermement. Basculez en même temps votre corps afin que le poids soit dans les talons en portant vos épaules vers l’arrière. Envoyez le kite à midi de façon dynamique ; si le kite arrive trop lentement à midi, cela ne va pas générer assez de puissance afin de pouvoir te soulever. Dès que ton kite arrive à midi, déclenchez le saut en tirant sur la barre à fond (pleine puissance). Le bon timing est la clé d’un saut réussi. Pendant la phase d’ascension, gardez la barre bien droite et bien bordée, mains au centre de la barre, pour maintenir la sensation de portance. Votre barre est droite et bordée, vous vous grandissez et ressentez la sustentation de votre aile.

Vous devez vraiment vous concentrer sur les étapes et le timing "Border, choquer, border" de votre barre pour bénéficier de tout ce que cette étape vous apportera techniquement. Pour simplifier, il est important de bien cranter pour bien sauter. Il faut aussi prendre de la vitesse, le tout en abattant légèrement avant la prise de carre. Une fois ces sauts maîtrisés, vous pouvez envisager de passer à un niveau supérieur. Le saut aile haute vous fera planer longtemps, c’est un saut très aérien pour lequel le matériel est important : optez pour une aile offrant un lift modéré et un hangtime optimisé pour une meilleure stabilité.

Anatomie précise de la transition sautée

Une fois que tu auras maîtrisé la technique du saut, ajoutes-la à tes transitions pour changer de bord avec style. Le saut transition consiste à changer de direction quand vous êtes en l’air. C’est une figure de base de kitesurf très convoitée par le kitesurfeur intermédiaire, une manière un peu plus classe de changer de direction. Bien que très facile à réaliser, cette figure pose souvent quelques problèmes. L’erreur la plus récurrente est une vitesse et une prise de hauteur excessive. Concernant le timing du saut transition et le travail de l’aile, c’est assez similaire à la transition simple avec un zeste de punch en plus pour décoller légèrement.

Pour changer de direction, vous devez ralentir pour éliminer une partie de votre élan vers l'avant. Sinon, vous ferez un effet de pendule sous l'aile et il sera très difficile d'obtenir de la puissance pour repartir dans l'autre sens. Cela ne signifie pas s'arrêter complètement, car vous avez toujours besoin de pouvoir décoller de l'eau. Comment ralentir ? La réponse est de remonter davantage au vent. Cela n'est possible qu'avec une combinaison d'un bon crantage et d'un relâchement de la barre (choquer). Vous ne devez pas faire monter l'aile pour ralentir ; si vous le faites, vous ne pouvez pas cranter, vous ne pouvez pas remonter au vent et vous ne pouvez pas sauter.

Pour flotter, planer et générer de la puissance pour vous sortir de votre transition, vous devez maintenir la tension des lignes, ce qui est relatif à la position de votre aile. Si vous pouvez garder votre aile près de 12 heures tout au long du mouvement, vous le trouverez beaucoup plus facile. C'est la partie la plus délicate de la transition sautée. Vous avez besoin de tension dans les lignes pour décoller, et rien ne vaut un bon crantage solide en remontant au vent. Idéalement, vous devriez être confortablement toilé. Vérifiez que la zone est dégagée dans toutes les directions et placez votre aile à 1 ou 11 heures.

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L'envoi de l'aile (le "send") est crucial : votre aile doit bouger suffisamment pour générer de la puissance et du lift. Elle doit s'arrêter autour de 12 heures. Si elle va trop loin derrière, vous aurez du mal à obtenir un atterrissage en douceur. Le déclenchement (le "kick off") est un moment clé. Vous ne voulez pas que votre aile dépasse trop les 12 heures. Cela signifie deux choses : premièrement, vous devez mettre la barre à l'horizontale dès que vous pensez que l'aile est au-dessus de vous pour l'empêcher de bouger davantage. Deuxièmement, vous devez anticiper ce moment pour pouvoir vous propulser hors de l'eau dès que l'aile est au-dessus de vous. Le kick consiste à tendre vos jambes contre votre carre. L'ordre de jeu est : mettre la barre à plat, pousser sur les jambes, border.

La phase aérienne et la gestion de la sustentation

Une fois que vous êtes en l'air, vous pouvez border la barre en veillant à la garder bien horizontale. Cela encouragera l'aile à rester au-dessus de vous. Le point le plus crucial ici est de continuer à regarder vers l'avant, comme si vous sautiez normalement. Ignorez l'envie de tourner la tête immédiatement. Vous n'aurez pas arrêté de bouger dans cette direction de toute façon, donc cela vous aidera aussi à garder l'équilibre. Ramenez vos genoux vers vous et profitez de l'instant. Vos épaules et votre regard doivent rester tournés vers la direction initiale tant que le kite est à midi.

La sustentation diminue, je sens que je vais couler : c'est le signal. Votre signal pour tourner la tête est le moment où vous commencez à descendre. Cependant, avant de continuer, considérez où vous allez regarder. Vous voulez regarder sous le vent (downwind), car c'est là que vous voulez aller. Votre objectif est d'atterrir sous le vent puis de cranter à nouveau pour reprendre votre carre. Résistez à la tentation de tourner la tête et de regarder en arrière dans l'autre sens. Vous devriez bouger votre tête de quelques degrés, passant de la vue avant au repérage de votre atterrissage. Cela permet à l'aile de rester au-dessus de vous plutôt que de dériver vers le "nouveau" côté de la fenêtre.

Maintenant que vous savez où vous allez atterrir, vous pouvez relancer l'aile fermement. Vous voulez plonger votre aile fort (le "dive"), car vous aurez encore un peu d'élan vous emmenant dans la mauvaise direction. Avec votre aile haute, vous pouvez la piloter vers le bas, vers l'eau, pour vous tirer dans la nouvelle direction. Si vous êtes trop doux, l'aile dérivera simplement sur le côté de la fenêtre et vous n'obtiendrez aucune puissance. Pour plonger l'aile, concentrez-vous sur une traction et une poussée franches en utilisant les deux mains. Regarder sous le vent devrait garder vos épaules de niveau et rendre une plongée décente possible.

L'atterrissage et la relance dans la nouvelle direction

Le point final du puzzle est l'atterrissage avec la planche pointant légèrement vers le vent arrière. Si vous faites cela, vous continuerez à bouger même si l'aile n'est pas tout à fait bien placée. Si vous ne le faites pas, vous atterrirez sur une carre, ce qui mettra les freins et vous arrêtera net. Baissez vos jambes sous vous et tournez vos hanches, en poussant votre pied avant vers le bas du vent. De cette façon, vous pouvez atterrir par l'arrière de la planche, au-dessus de la board et suivre la traction de l'aile. Une fois cela fait, vous pouvez alors recouper le vent sur votre carre, remonter l'aile après sa plongée et repartir.

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Durant la phase d'atterrissage, n'oubliez pas, comme dans tout saut qui se respecte, d'amortir l'impact sur l'eau avec vos jambes. Ce faisant, vous éviterez que la planche ne baisse trop l'étrave et, par conséquent, vous éviterez que la planche ne bascule et ne tombe vers l'avant. Si vous atterrissez les fesses dans l'eau sans pouvoir repartir, l'erreur réside souvent dans le retard du mouvement de la voile dans la partie de la fenêtre tournée vers la nouvelle direction. Le mouvement de la voile doit être décidé à l'intérieur de la fenêtre en contrôlant la profondeur et le rappel de celle-ci. Si vous avez respecté le timing, la position et l'agressivité, vous arriverez avec la bonne pression pour atterrir et repartir sans problème.

Une fois l'atterrissage effectué, si vous avez fait une rotation, les lignes seront torsadées ; tournez la barre pour les décroiser. Vous pouvez aussi fermer vos transitions en utilisant le kite loop dans la phase de redémarrage, mais il est d'abord préférable que vous compreniez bien la première étape et que vous l'utilisiez dans ses innombrables variantes. Visualisez la transition sautée comme un saut que vous décidez ensuite d'atterrir comme une transition à la dernière minute. Évitez de l'aborder comme un virage glissé aérien. Vous devez cranter tout au long du décollage.

Le saut transition grabé en kitesurf strapless

Pour ceux qui pratiquent en surf sans straps, le saut transition grabé est une étape magnifique. Il consiste à effectuer un changement de direction aérien en attrapant sa planche et en la repositionnant dans la bonne direction pour la relance. Le secret ? Avoir d’excellents appuis sur votre planche. Le corps doit être gainé. Pliez le genou de la jambe arrière et gardez la jambe avant tendue. Gardez à l’esprit que c’est la planche qui vient à toi, et non pas toi qui te penches pour attraper le tail de ta planche ; garde le buste droit.

Avec ta main arrière, attrape la planche. La main avant doit être au centre de la barre pour garder le kite stable. Garde la barre bordée (pleine puissance). Repositionne la main arrière sur la barre pour préparer l’atterrissage. Atterris avec la planche en position downwind. Cette manœuvre, bien que demandant une certaine dextérité, est l'essence même du style en strapless. La coordination entre le mouvement de l'aile, le grab de la planche et le repositionnement du corps est ce qui définit un rider expérimenté. C'est un virement de bord aérien qui, une fois maîtrisé, procure une satisfaction immense.

Variantes avancées : Backroll, Toeside et One Foot

Une fois maîtrisé le passage de base, on peut passer à des transitions de kitesurf plus avancées. Le Backroll transition est une variante très appréciée. Le problème classique lorsqu’on commence à faire des backrolls est de ne pas pouvoir terminer sa rotation, ou de faire trop de rotations. Ce qui détermine la bonne rotation, c’est le regard. Si tu ne cherches pas à tourner avec tes yeux, tu ne pourras pas terminer ta rotation. Pour engager le backroll, il faut maintenir le regard jusqu’aux trois quarts de la rotation, puis fixer un point à la surface de l’eau pour arrêter la rotation. Dès que ton kite atteint midi, tire sur la barre et regarde par-dessus l’épaule avant.

Rider en Toeside est une autre compétence essentielle. Cela consiste à ne pas rider sur les talons (Heelside) mais sur les orteils. Cette technique est essentielle pour les downwinds. Pour réussir, remonte le kite dans la fenêtre de vol vers 11 ou 13h, retire la main avant pour faciliter la rotation et initie la rotation des hanches. Transfère le poids du corps sur les orteils, garde les jambes légèrement fléchies et le buste bien droit.

Si vous maîtrisez le saut grabé, vous êtes prêt pour le One foot. Veillez à ce que les straps soient légèrement desserrés afin que le pied puisse être retiré et remis en place facilement. Il n’est pas nécessaire d’aller très haut ; il s’agit de faire un saut propre et d’être capable d’enlever le pied avant le point culminant du saut afin d’avoir toute la phase de descente pour pouvoir remettre le pied. Si vous sentez que vous n’avez pas assez de temps, éjectez complètement la planche du côté opposé à celui où vous allez atterrir. Ces manœuvres ajoutent du style et de la variété à votre répertoire, qui devient pratiquement infini.

Le virement de bord : la transition face au vent

Le virement de bord est le demi-tour le plus facile pour les débutants et il est utile lorsque l’on remonte au vent pour ne pas perdre de terrain. Le principe est d'effectuer un demi-tour en passant face au vent. À l'étape 1, au vent de travers avec l’aile à 45 degrés, amorcez le lofe avec une prise de carre en appuyant sur les talons. Fléchissez les jambes et basculez les épaules en arrière en regardant au vent.

À l'étape 2, continuez votre prise de carre et simultanément remontez progressivement l’aile vers le zénith. Choquez au fur et à mesure que l’aile s’approche du zénith. Si vous faites demi-tour près de la plage, anticipez le lofe. Si vous êtes un peu court, donnez un bon coup de carre pour casser la vitesse. Vous êtes presque face au vent, la vitesse diminue et l’aile est presque au zénith. Une fois face au vent, sans vitesse, orientez le regard dans la nouvelle direction tout en relançant l’aile. Placez les mains près du bout de border-choquer afin d’avoir moins de bras de levier sur la barre pour une relance plus précise.

Analyse des erreurs communes et solutions techniques

Si vous rencontrez des difficultés, analysez votre pratique. Si vous faites un effet de pendule sous l'aile, c'est que vous allez trop vite : ralentissez. N'oubliez pas que le "stamp" (le coup de pied au décollage) agit aussi comme un frein. Si vous plongez l'aile fort pour l'atterrissage mais que vous n'obtenez aucune puissance, c'est que l'aile a rampé derrière vous au zénith. Si l'aile rampe de l'autre côté de la fenêtre avant l'atterrissage, il y a de fortes chances que vous tourniez trop tôt et trop loin.

Un autre problème fréquent est d'atterrir sur une carre, ce qui arrive si vous avez tourné pour regarder dans l'autre direction trop tôt. La coordination entre le mouvement de l'aile et le crantage de la board est souvent perfectible au début. Si l’aile repart dans l’autre demi-fenêtre alors que vous n’êtes pas encore complètement face au vent, tirez moins fort sur la main avant pour reprendre de la vitesse plus progressivement.

Il est important de savoir que peu de temps après le décollage, vous aurez tendance à pendre sous la voile. Ce détail est d'une importance fondamentale pour le succès de vos transitions. Par exemple, si vous arrivez bâbord amure avec trop de vitesse sans un contrôle dynamique adéquat de votre corps et de votre voile, vous risquez d'amener le centre de la fenêtre excessivement à gauche. Cela entraînera le risque de trouver la voile trop déplacée vers le bord droit, provoquant l'erreur classique et courante de perte de pression et l'inévitable échec de la transition.

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