Le HMHS Britannic : Une Plongée au Cœur d'un Géant Oublié

Il y a des épaves avec une grande histoire qui ont leur place dans la catégorie “exceptionnelle”. Mais en dehors de cette catégorie se trouve encore une case spéciale où le Britannic trône seul tout en haut ! Ce géant des mers, souvent éclipsé par la renommée tragique de son navire jumeau, le Titanic, offre aux explorateurs sous-marins une immersion unique dans un passé à la fois grandiose et bouleversant. Plonger sur le HMHS Britannic n'est pas une plongée ordinaire ; c'est une aventure dans l'histoire, un test de compétences et une expérience unique.

I. Le HMHS Britannic : De "Gigantic" à Navire-Hôpital

L'histoire du HMHS Britannic commence bien avant son naufrage. Le HMS Britannic devait, lors de sa construction, être nommé Gigantic, mais ce nom fut changé après la catastrophe du Titanic. Troisième navire de la série, il était le sister-ship de l’Olympic et du Titanic. Le Britannic fut commandé par la White Star Line en 1912 auprès du chantier naval de Harland & Wolff en Irlande. Ce super paquebot, qui fut terminé en 1914, aurait dû être le plus luxueux des trois paquebots géants de la prestigieuse White Star Line. Initialement, Joseph Bruce Ismay, à l’époque directeur général de la White Star Line, nomma tout d’abord le troisième paquebot de la classe Olympic RMS Gigantic. Suite au naufrage du Titanic, le Gigantic fut rebaptisé RMS Britannic.

Afin d’éviter une catastrophe similaire à celle du Titanic, il fut équipé d’une double coque, une amélioration significative par rapport à ses prédécesseurs. Cependant, la destinée du Britannic prit un tour inattendu. La date de sa déclaration de guerre à l’Allemagne par l'Angleterre coïncida avec l'achèvement du navire, et le magnifique navire fut bientôt réquisitionné par la marine britannique. Il fut transformé en navire-hôpital. Lorsque la Première Guerre Mondiale éclata, le navire fut abrité à Belfast, et peu après, il fut converti. Le navire est désormais attribué pour le transport de soldats blessés afin de les ramener chez eux. Il était équipé pour le transport de 3.309 personnes. Le 23 décembre 1915, le Britannic part pour son ‘maiden trip’ (voyage inaugural) vers Mudros, entamant ainsi sa nouvelle carrière au service des blessés de guerre. Les bossoirs des canots de sauvetage, par exemple, étaient très différents de ceux des deux autres navires, conçus pour une mise à l'eau plus efficace en cas de bande.

II. Le Destin Tragique du 21 Novembre 1916

Le dernier voyage du Britannic débuta sous le commandement du capitaine Charles Bartlett. Lorsqu’il quitta Southampton le 12 novembre 1916, personne ne pouvait soupçonner qu’il s’agirait de son dernier voyage. Le navire accosta à Naples pour faire provision de charbon et d’eau. À cause du mauvais temps, il n’était pas possible de continuer le voyage pendant les deux jours suivants. Le 19 novembre, ils purent enfin lever l’ancre et mettre le cap vers la Grèce.

Au matin du 21 novembre 1916, vers 8h00, le capitaine Bartlett donna l’ordre de changer le cap vers le canal de Kéa. Alors qu’il navigue dans le détroit de Kea en Grèce, cap nord-est pour rejoindre la ville de Moudros, le paquebot heurte une mine allemande. Immédiatement après l’explosion, le capitaine donna l’ordre de fermer les portes étanches. Cela ne fut possible que partiellement, car les portes entre les chaudières 5 et 6 ne se fermèrent pas entièrement. La catastrophe fut accélérée par le fait que plusieurs portes étaient restées ouvertes afin d’aérer le navire, et l’eau s’y introduisit bientôt à flots. Après à peine 15 minutes, les hublots du pont E se trouvaient déjà sous l’eau.

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Face à la situation critique, le capitaine Bartlett essaya alors d’échouer le navire à terre sur l’île Kéa qui se trouvait tout près. Cela n’était cependant plus possible puisque le navire s’inclinait de plus en plus. Il fut donné l’ordre de quitter le navire et de préparer les canots de sauvetage. Malheureusement, deux de ces canots de sauvetage furent détruits par les hélices pendant cette manœuvre. Le capitaine Bartlett, faisant preuve d'un courage exemplaire, sauta tout simplement du pont dans l’eau et nagea vers le canot de sauvetage le plus près. Après 55 minutes, le navire sombra au fond du chenal. En tout, 55 minutes plus tard, le Britannic coula à un peu moins de 120 mètres au fond de la mer Égée. Fort heureusement, il n'y eut que très peu de morts dans le naufrage du Britannic. Moins d'une cinquantaine, de mémoire. Du coup, peu ont dû être entraînés au fond de la mer en même temps que le paquebot. Néanmoins, 21 membres de l’équipage et 9 officiers trouvèrent la mort lors de cette catastrophe. Un fait notable est que parmi les membres d’équipage du Britannic se trouvait Violet Jessop. Avant de travailler sur le Britannic en tant qu’infirmière, elle était femme de chambre à bord du Titanic, faisant d'elle une rescapée des deux tragédies.

III. La Découverte et les Explorations Scientifiques

Pendant des décennies, l'épave du Britannic est restée perdue pour l'histoire. C'est en 1975 que le légendaire explorateur Jacques Cousteau et son équipage découvrirent le colossal navire de 272 mètres reposant sur le fond marin. L’épave du Britannic est découverte le 3 décembre 1975 par l’explorateur et commandant Jacques-Yves Cousteau à bord du navire de recherche Calypso. Cette découverte marqua le début d'une nouvelle ère d'exploration pour cette épave exceptionnelle.

Une nouvelle campagne d’exploration a eu lieu en 1995, afin d’examiner l’épave dans de meilleures conditions techniques. Une équipe de plongeurs a exploré le site du naufrage avec le sous-marin habitable à propulsion nucléaire NR-1 de la marine américaine. Les engins télécommandés Voyager et Phantom furent également utilisés pour enregistrer des images de l’épave. Ces expéditions ont permis de mieux comprendre l'état de l'épave et les circonstances de son naufrage. Des recherches approfondies, comme celles retracées dans le documentaire L'énigme du Britannic et le livre Fortunes de mer, ont été menées par des équipes multidisciplinaires. Parmi les chercheurs et scientifiques ayant contribué à ces efforts, on compte des noms comme le Pr Harold E., William H., et plus récemment, des équipes composées de nombreux experts tels que Pr. Panos Bouras, Paraskevi Alexiadou, Dr. Christos Anagnostou, Dr. Evgenia Apostolaki, Panos Georgiou, Dr. Konstantinos Kapiris, Dr. Aristomenis Karageorgis, Vassilis Kouroutos, Dr. Vassileios Lykoussis, Dionysis Ballas, Dr. Nicoleta Bellou, Chrysi Mytilinaiou, Dr. Paraskevi Nomikou, Vassilis Papadopoulos, Vanda Plaiti, Dr. Grigoris Roussakis, Dr. Dimitrios Sakellariou, Dr. Maria Solomidi, Kostas Sarantakos, Dr.Christos Tsampraris, Evi Tsougiopoulou, Dr. Alexandros Frantzis, Dr. Epapeinondas Christou, Dr. Dimitrios Christodolou, Santi Diliberto, Dr. Antonella Pancucci, Dr. Stamos Birsim (Réalisteur), Giannis Issaris, Mox Mohanna, et Fanis Karagiorgos. Des discussions préliminaires avec des organisations comme HCMR / Elkethe, une organisation de recherche gouvernementale grecque, ont également souligné l'importance de ces travaux.

L'intérêt pour le Britannic ne faiblit pas. Début 2025, le ministère grec de la Culture a approuvé un programme de recherche sur le site du naufrage. L’organisation de cette recherche a été confiée à Simon Mills, historien amateur britannique et fondateur de la Britannic Foundation. Ce projet vise à approfondir la connaissance de l'épave et à préserver son héritage. D’autres objets initialement sélectionnés pour être remontés n’ont finalement pas pu l’être en raison de leur état de conservation et de leur emplacement. Cependant, certains artefacts ont été remontés à l’aide d’airbags, puis disposés dans des caisses spéciales pour leur protection et ont vécu un premier nettoyage. Un projet culturel d’envergure, financé par l’Union européenne et conçu par Tsolakis Architects, est actuellement en construction et ouvrira ses portes courant 2026, démontrant l'engagement continu envers la mémoire du Britannic. Malgré toutes ces explorations, la cloche du Britannic n’avait pas été découverte jusqu'à présent, malgré plusieurs expéditions de plongée de haut niveau remontant à la découverte de l’épave par Jacques-Yves Cousteau et le Pr Harold E., laissant subsister certains mystères.

IV. Le Britannic : Une Épave Unique, Loin de l'Ombre du Titanic

Bien que lié par son histoire à son célèbre jumeau, le Britannic est une épave qui se distingue par plusieurs aspects, rendant son exploration particulièrement fascinante. L'épave du Britannic est un vestige exceptionnel, et, bien plus accessible que celle du Titanic. Elle est dans un état de conservation bien meilleur également, de par sa profondeur surtout. Par contre, comparé au Titanic, le Britannic est en une seule partie et a sombré à une moins grande profondeur, ce qui permet bien évidemment à des plongeurs d'accéder à l'épave. L'épave du Britannic repose à une profondeur de 120 mètres (près de 400 pieds), couverte de vie marine, offrant une plongée stimulante mais enrichissante pour les quelques rares personnes qui osent visiter ce géant sous-marin. Le Britannic a été retrouvé en 1975, soit 10 ans avant la découverte de l'épave du Titanic.

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Pourtant, le Britannic est moins populaire que le Titanic. Quand il a sombré, personne n'a envisagé de retrouver son épave pour récupérer les corps, tandis que quand le Titanic a sombré en 1912, la même année, certains voulaient déjà retrouver l'épave. Cette différence d'intérêt s'explique en partie par la nature des passagers : le Titanic transportait des figures de la haute société, alors que le Britannic, en tant que navire-hôpital, comptait principalement des soldats et du personnel médical. Le côté positif qu'il faut voir dans cette non-popularité, c'est que les pilleurs laissent l'épave plus ou moins tranquille !

Malgré son bon état général, le Britannic est quand même sévèrement abîmé sur l'avant, conséquence de ce que la proue, en touchant le fond, pesait sur le reste du navire et a provoqué la rupture. Je sais qu'il est couché sur tribord et qu'il est donc difficile pour un rover de circuler dans le navire. Il faut ajouter aussi que la faune sous-marine est assez dense sur l'épave, et ne facilite pas l'exploration, en particulier quand on ne veut pas l'abîmer. Comme le Titanic, le Britannic est en train de devenir un étonnant lieu de vie ! Certains se demandent pourquoi l'épave du Britannic n'a jamais été explorée en profondeur avec des rovers, d'autant que certaines pièces maîtresses comme le grand escalier pourraient être en bon état par rapport au Titanic, et que de nombreuses zones d'ombre persistent sur son aménagement. Il me semble également que s'ajoutent des questions légales, compliquant les explorations.

V. L'Odyssée de la Plongée Technique sur le Britannic

La plongée sur le HMHS Britannic est souvent appelée l'Everest de la plongée. Il s'agit d'une plongée technique Extended Range hypoxique, une plongée réservée à l'élite du monde de la plongée, qui nécessite une formation et un matériel spécifiques. Des plongeurs certifiés en circuit ouvert se sont aventurés sur l'épave par le passé, mais grâce aux progrès modernes, la plupart des plongeurs utilisent désormais des recycleurs en circuit fermé (CCR) pour augmenter leur temps de plongée et rendre la plongée plus sûre et plus efficace.

La planification de la plongée sur le HMHS Britannic demande beaucoup d'attention. Les plongeurs doivent être en excellente condition physique et mentale, prêts à affronter des journées longues et épuisantes, tant sous l'eau qu'à terre. Pour atteindre l'épave, il faut descendre à 120 mètres, avec jusqu'à trois heures de décompression selon le temps passé au fond. Une bonne préparation est essentielle pour garantir la sécurité à ces profondeurs extrêmes.

L'expérience d'une telle expédition est souvent le couronnement d'années de préparation. Il a fallu plus de trois ans pour obtenir le permis de plonger vers le Britannic. Lors d'une expédition particulière, l’équipe de plongée se constituait de 12 plongeurs de 8 pays différents, dont un participant belge. Cette expédition était sous la direction de Pim Van der Horst (DIR-REBREATHER). La logistique était complexe : étant donné que le bateau que nous avions loué n’était pas très spacieux, il y avait lieu de le charger de façon aussi efficiente que possible. 12 recycleurs, 36 bouteilles de plongée et 8 scooters représentaient un poids assez important. La ligne de descente vers l’épave était déjà placée par l’équipe de plongeurs de Kéa qui s’occupait également de la sécurité des plongeurs.

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Le temps était magnifique lorsque nous quittions le port de Kéa pour un trajet qui ne durerait qu’à peine 20 minutes. L’épave du Britannic se trouvait tout près, mais le mauvais temps et de hautes vagues posaient un gros problème pour y plonger. Nous nous sommes trouvés bien vite au-dessus de l’épave et les premières équipes se préparaient pour la descente. Notre équipe serait la dernière à plonger avec un intervalle d’environ 45 minutes, afin d'aider à ne pas avoir trop de plongeurs en même temps autour de la station de déco. Je me concentrai sur mon recycleur pour commencer ma plongée. Après un dernier contrôle, j’étais prêt et me laissai glisser dans l’eau de la plate-forme arrière du bateau.

L’eau était claire comme le cristal et la descente fut sans problème. Nous nagions en dépassant les autres groupes qui avaient déjà entrepris leur décompression. À une profondeur de 70 mètres, je pouvais déjà apercevoir les ombres de l’épave et quelques instants plus tard, j’atterris à tribord de l’épave, par 120 mètres de fond. Je rêvais déjà depuis des années de plonger vers cette épave et je pouvais enfin réaliser mon rêve.

En descendant la ligne de descente jusqu'à environ 80 mètres, la taille de l'épave devient évidente. Avec ses 272 mètres de long, il est facile de perdre vos repères dans l'immensité du navire. Sans DPV (Diver Propulsion Vehicle), vous ne pourrez voir que des parties du navire en fonction du courant. À l'aide d'un scooter, les plongeurs du CCR peuvent explorer le navire de manière plus approfondie. À une profondeur de 105 à 115 mètres, vous pourrez voir les trois hélices emblématiques du Britannic, identiques à celles du Titanic. En naviguant vers la proue, vous passerez devant la plaque de bronze de Jacques-Yves Cousteau, qui marque le lieu de sa découverte. Par bonne visibilité, la proue brisée émerge comme une ombre dans les profondeurs bleues de la mer Égée, rappelant de manière obsédante le destin tragique du navire. L’épave était joliment couverte d’éponges de toutes les couleurs que l’on pouvait apercevoir sous la lumière des projecteurs de la caméra. La ligne de descente se trouvait environ au milieu de l’épave et nous nagions maintenant au-dessus des promenades dont les planchers étaient encore intacts. Au-dessus du pont, nous aperçûmes les grands bossoirs qui étaient spécialement conçus pour mettre les canots de sauvetage à l’eau lorsque le navire donnait de la bande. L'ancre est en fait si grande, d'environ 5x5 mètres et pesant plus de 10 tonnes, que je ne l'ai pas vue en arrivant dessus.

Lors de la première plongée, nos 20 minutes de fond furent vite passées et il était temps de remonter. La deuxième plongée fut pareille à la première et il s’agissait plutôt d’une courte reconnaissance du pont supérieur. Nous aperçûmes les ventilateurs pour souffler l’air vers la chambre des machines ainsi que les treuils électriques pour commander les différentes grues. Le temps était toujours bon, mais un jour de repos fut prévu quand même afin que nos corps puissent prendre un peu de repos aussi après plusieurs plongées qui duraient près de 3 heures chacune.

Lors de la troisième plongée, mon buddy et moi-même avions convenu de nager vers le pont pour le photographier. Comme nous plongions sans scooter, nous ne pouvions pas tarder afin de pouvoir commencer la décompression dans un temps raisonnable. Après une dizaine de minutes, nous atteignions les environs du pont et nous entamions immédiatement les prises de vue. Il s’agissait entre autres des télégraphes et des commandes, mais également de la salle de bains (avec une baignoire en cuivre pour le capitaine). Cela nous donnait quand même un sentiment très spécial de nager autour de l’endroit où se trouvait le capitaine Bartlett lorsqu’il navigua pour la dernière fois avant que le navire ne coule au fond de la mer. Lors de la quatrième plongée, nous fîmes encore plus de photos des environs du pont où se trouvaient aussi les cabines de luxe. Lors de cette plongée, il était évident également que certains hublots étaient encore présents dans les coursives. Au total, j'ai fait encore quatre plongées vers l'épave du Britannic lors de cette expédition.

Après une exploration époustouflante de l'épave, il est temps d'entamer la longue remontée. Et sans aucun doute, cette plongée vaut chaque minute des paliers de décompression, de la préparation et du coût. Mais seulement pour ceux qui sont vraiment prêts.

VI. Les Défis et les Tragédies de l'Exploration Profonde

L'exploration du Britannic n'est pas sans risques. Le risque d'aller plus loin vers l'arrière a été jugé trop élevé par certains explorateurs, bien qu'il ait été possible de remarquer ce qu'il pensait être une porte partiellement ouverte. L'équipe de cette expédition a effectué environ 60 plongées, avec des périodes au fond allant de 30 à 45 minutes, temps de décompression inclus. Le courant est un défi constant ; Michael Barnette, un plongeur expérimenté, a par exemple établi ses limites à 2 nœuds à la surface et pas plus de 1,5 en dessous, précisant que "cela ne s'est jamais calmé la dernière fois que nous étions ici. C'est typique." Heureusement, notre équipe avait de bons scooters avec une autonomie suffisante, ce qui nous a permis de soulager nos bras et la ligne d'ancrage qui était sous forte charge avec jusqu'à 9 plongeurs en déco et, imaginez, une résistance à l'eau semblable à un CX de camion.

La plongée à de telles profondeurs peut également provoquer des phénomènes dangereux. Sans éclairage, pas de prises de vue possible ! Au fond de moi une alarme résonne : DANGER NARCOSE !! Lentement, main sur main, le long de notre ligne de vie, je remonte. Il faisait très sombre sur l'épave, presque comme si c'était la nuit. Les équipes de surface jouent un rôle crucial : chaque fois que je sors de la zone de plongée, je vois le médecin du jeune navire et le maître plongeur debout complètement immobiles, évaluant soigneusement les performances des plongeurs via un flux vidéo du ROV*** ci-dessous, à la recherche de signes de détresse ou de démence causés par la respiration de gaz mélangés.

L'exploration de ces profondeurs a aussi connu son lot de tragédies. Lors d'une expédition passée, un événement douloureux a marqué les esprits. Tout le monde a regardé Danny Huyge et moi au petit déjeuner ; nous savions que nous avions fait un lien solide. "Où diable était la ligne ?" C'était comme s'il voulait que je fasse mon apparition. J'ai immédiatement compris que quelque chose n'allait vraiment pas. Un mélange de peur et de confusion monta en moi. Il se rendit compte que je n'avais aucune idée de ce qui s'était passé et, me saisissant par les deux épaules, il me regarda en face et dit : "Carl… Richie… c'est Carl… il n'a pas réussi…". Je n'ai pas pu enregistrer ces informations. J'avais l'impression d'avoir été frappé durement dans l'intestin. Carl était mon ami, un mentor pour moi et un véritable explorateur dans tous les sens du terme. Maintenant il était parti. Edoardo Pavia était submergé de chagrin, l'angoisse de perdre son ami était évidente sur son visage. Une 3ème plaque commémorative fut d'ailleurs dédiée à la mémoire de Carl Spencer. Mais en fin de compte, avec ce voyage, "le pire avec la perte de Carl Spencer s'est avéré être le meilleur", car il a renforcé les liens de l'équipe, qui levait leurs verres encore et encore en sa mémoire.

Malgré les défis et les dangers, la fascination pour le Britannic demeure. S'ils ne plongent pas aujourd'hui, l'équipe manquera leur fenêtre et les mystères que le Britannic détient resteront secrets pendant au moins une autre année. Les questions concernant les types d'artefacts qui pourraient être récupérés ou les découvertes encore à faire maintiennent l'intérêt des plongeurs et chercheurs comme Kwstas Papastefos, Athina Patsourou, et Jorgo Spyropoulos.

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