L'Art et la Science du Réglage de Voile en Windsurf : De l'Amure à la Triangulation

La performance maximale en windsurf ne se limite pas à la force physique ou à la qualité intrinsèque du matériel ; elle réside aussi, et surtout, dans la capacité à optimiser chaque composant du gréement. Le gréement reste l’élément le plus important dans la quête de la performance maximale. Ses qualités aérodynamiques vont être conditionnées par quelques centimètres, voire quelques millimètres, de tension. Préparer correctement sa voile est impératif pour faire de la planche à voile. Aller sur l'eau rapidement est un souhait légitime, mais gréer et dégréer correctement votre voile de windsurf assure des performances optimales et une durée de vie plus longue de votre matériel. Une voile mal gréée aura des plis, tandis qu'une voile bien gréée sera bien tendue. Le réglage n’est pas une science exacte, car il n’existe pas de réglages miracle, tout serait trop facile. La difficulté consiste à jouer sur les micro-réglages en fonction des conditions ambiantes et de la forme du rider. Ce qui fonctionne aujourd’hui dans une condition précise peut ne plus fonctionner demain à cause d'un mauvais clapot, d'une petite forme physique ou d'un vent moins stable.

Gréement de la Voile : Les Fondamentaux de la Préparation

Avant même de parler de réglages fins, la procédure de gréement doit être maîtrisée. L'équipement doit être prêt : voile, mât, bôme, rallonge et éventuellement un dispositif d'aide au réglage. Par vent fort, le gréement devient plus difficile ; il faut alors choisir avec soin l'endroit où s'asseoir sur la plage ou sur l'herbe. Le sable, quant à lui, est nocif pour le matériel de planche à voile ; il est préférable de gréer sur l'herbe si possible. Il est primordial d'avoir suffisamment d'espace autour de soi. Pour les plus attentionnés, investir dans un petit tapis/moquette est une option, car une surface non abrasive est essentielle pour ne pas abîmer son matériel et le préserver.

La Mesure du Guindant et la Rallonge

En planche à voile, le guindant est la longueur du tronc du mât, l'espace dans lequel le mât s'insère. La longueur du mât est indiquée par le guindant. Les mâts sont de taille standard : 340, 370, 400, 430, 460, 490. Le mât peut être allongé à la bonne taille grâce à l'extenseur de mât. Par exemple, pour une voile avec un guindant de 445 cm et un mât de 430 cm, une rallonge de 15 centimètres est nécessaire (445 - 430 = 15 cm).

Certaines voiles sont dotées d'un variotop, ce qui signifie que l'on peut allonger la longueur du guindant de la voile en haut. Cela permet d'utiliser un mât plus long que celui spécifié. Par exemple, un guindant de 445 cm, avec variotop, peut être gréé avec un mât de 460 cm et le variotop rallongé de 15 cm. Il est important de noter que presque aucun prolongateur ne peut être réglé à 0 cm, le réglage le plus petit étant généralement de 6 cm. Ces 6 cm doivent être ajoutés à l'extension du variotop.

Les Spécificités des Rallonges et leurs Mesures

La distance entre les poulies dépend de ce que l'on met à la rallonge. Il est crucial de comprendre que sur certaines rallonges, la cote indiquée donne la distance entre le dessus de la bague de calage et le dessus de la pièce en plastique moulé, alors que logiquement elle devrait indiquer la distance entre le dessus de la bague de calage et l'axe de la poulie. Cet écart peut atteindre 4 cm entre ces deux distances. Cela signifie que la mesure réelle de l'extension appliquée peut différer de celle affichée.

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L'Influence du Mât : Courbure, Matière et Rigidité

Le mât est un composant fondamental qui interagit directement avec la voile. De petites différences de longueur entre deux mâts de même marque peuvent exister, et même leurs courbures ne sont pas rigoureusement égales. Des tolérances sont admises au niveau de la construction des voiles dans les quelques rares usines qui les produisent, ce qui peut expliquer des différences de 2 à 3 cm par rapport aux cotes préconisées. Le plus important reste d'avoir le mât de la bonne courbure.

Le pourcentage de carbone influence grandement le comportement du mât et, par extension, de la voile. Plus il y a de carbone, plus le mât est nerveux, et la voile réagit rapidement, ce qui permet un gain en départ planing et en accélération. Un mât 100% carbone offre une nervosité extrême, se traduisant par une meilleure performance. La perte entre un mât 75% carbone et un 100% est minime, surtout en contrôle dans les vents soutenus et en départ planing. Plus le mât est raide, plus le profil est stable, et normalement, plus il y a de creux en bas de la voile. Mieux vaut des mâts souples dans des conditions démontées, comme à Pozo, alors que sur mer plate, un mât raide est préférable.

Le type de courbure du mât joue également un rôle. Un mât Constant Curve donne du creux sur toute la longueur de la voile, et le shape d’origine doit bien correspondre. Un mât Flex Top, en revanche, donne du creux en bas de la voile et aplatit le haut. Par exemple, un mât Powerex (type Naish) en constant curve offre une chute plus tendue qu'un mât plus flex top comme le Neil Pryde (chute plus molle). À partir de 4 cambers, le profil devient plat ; tout est en fonction de la voile. Le choix du type de courbe est compliqué, et personne n’a les moyens de travailler sur les mâts à 100%, sachant qu’un prototype coûte environ 1000 euros. Il faut tester toutes sortes de mâts. Certaines voiles sont compatibles RDM/SDM, et les cotes ne sont pas les mêmes selon le mât utilisé. Essayer de gréer une Gaastra Vapor 7m ou une Severne Overdrive 7,5 sur des mâts Flex Top et Constant Curve (alors qu'il fallait du Hard Top) peut rendre le gréement quasi impossible et donner un comportement complètement nul.

Tension d'Amure : Le Réglage Essentiel

La tension d’amure est un paramètre important pour accroître la plage d’utilisation des voiles. C'est l'étape où le mât est inséré dans le fourreau de voile et où le prolongateur est tendu. Insérez le mât dans le coffre à mât et tirez la voile sur le mât aussi loin que possible. Cette dernière partie est souvent raide. Placez-vous à l'ouverture de la bôme et poussez le mât plus loin dans le fourreau de mât à partir de là. Insérez maintenant le prolongateur de mât dans le mât. Faites passer le cordage dans la poulie et assurez-vous que les cordages sont bien alignés l'un sur l'autre. Si elles sont enfilées l'une sur l'autre, cela peut provoquer des frottements et des dégâts matériels. Un conseil simple est "intérieur - extérieur - intérieur" : la première ligne passe par la poulie du côté du mât, la deuxième par la poulie extérieure et la troisième par la poulie centrale. Tirez ensuite sur le prolongateur de mât jusqu'aux trois quarts de sa longueur.

Impact de la Tension d'Amure sur le Profil de la Voile

Plus la tension d’amure est forte, plus la chute devient molle. Si la chute est molle, la voile aura un profil plat sur l’avant avec de la main arrière. Si la tension est faible, la chute sera tendue, et le creux sera sur l’avant de la voile. S’il n’y a pas de tension, la voile offre peu de main arrière, sachant que le creux est sur l’avant. Cela manque d’accélération dans les conditions établies, mais c’est intéressant dans les conditions irrégulières. S’il y a trop de tension, la voile offre un profil très plat sur l’avant et on a de la main arrière. Il est recommandé d'étarquer à fond, de sorte qu'il n'y ait plus de plis sur la voile entre les panneaux des lattes. Le bout doit être bloqué dans le coinceur de la rallonge, éventuellement à l'aide d'un étarqueur. Attention de ne pas trop forcer pour étarquer à l'amure, au risque de détruire la voile.

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Recommandations du Fabricant vs Réglages Personnels

Les prescriptions des constructeurs sont un point de départ, mais pas une règle absolue. Parfois, même en les respectant à un centimètre près, la voile n'est plus du tout stable. Cela est difficile à percevoir en freeride, mais fait un monde de différence en slalom. Pour certaines voiles, il est préférable d'être moins étarqué par rapport aux cotes du fabricant, car la voile "dégueule" de trop et on perd de la puissance pour un départ au planing facile. On peut tirer jusqu'à ce que la voile commence à faseyer, puis arrêter. On peut ainsi se retrouver à 2 ou 3 cm de la tension fabricant. Les professionnels se font parfois critiquer par les marques, car ils ne tendent pas assez, mais ils semblent préférer ce réglage pas trop étarqué. Les riders en freestyle, par exemple, ne tendent pas leur voile au pied de mât pour capter de la puissance sans être sur-toilé. Chacun doit trouver son réglage en fonction de son style. Sur une voile de 5.8m Neil Pryde Atlas, avec un mât 430 Pryde X6, étarquer selon recommandation (430 + 11 cm) peut entraîner une chute trop détendue. Diminuer la tension pour avoir une chute moins molle est parfois nécessaire, se positionnant à environ 3 cm en dessous de ce qui est préconisé pour obtenir une chute molle sur la première fenêtre et le début de la deuxième.

Réglage du Guindant pour Différentes Disciplines

En pure race, on utilise moins de tension, juste pour retrouver du shape sur l’avant de la voile et avoir un passage des cambers au top, jusqu’à la 3e latte. C'est un repère important au près.

Réglage de l'Écoute : Contrôle et Puissance

Le réglage de l'écoute est le second levier principal pour ajuster le comportement de la voile. Placez la bôme sur le mât, ouvrez la pince et positionnez le wishbone à la bonne hauteur, généralement à hauteur d'épaule. Serrez ensuite le point d'écoute. Passez le cordage dans l'œillet et tendez la voile. Souvent, il suffit de serrer la voile de 1 à 2 centimètres. La voile n'a pas besoin d'être trop tendue car elle a besoin d'être gonflée. Si l'outrigger est trop tendu, la voile deviendra trop plate. La tension à l'écoute est cruciale. Il faut éviter que les allers-retours du bout ne se croisent. La tension doit être juste suffisante pour que le panneau de la voile ne soit pas en contact avec le wishbone lorsque vous naviguez. Pour vérifier, posez votre main sur la voile au niveau du point d’écoute en tenant le wishbone et appuyez. Si le monofilm touche le grip du wishbone, il faut encore un peu étarquer.

Effet de la Tension d'Écoute sur la Chute et l'Ouverture de la Voile

Une voile tendue à l’écoute verra sa chute tendue et s'ouvrira un peu. Une voile lâchée à l’écoute, en revanche, s'ouvrira bien au niveau de la chute. Sans tension à l’écoute, la chute ouvre bien. La tension positive à l’écoute est préférable par vent plus fort et au près.

Position de l'Œillet d'Écoute et ses Conséquences

L’œillet du haut retend un peu la chute de la voile et permet de mettre un peu plus de creux. Celui du bas libère la chute, ce qui permet d’accélérer. Le changement de puissance entre un œillet bas et un œillet plus haut peut être énorme.

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Ajustements Dynamiques de l'Écoute en Navigation

Le palan est important pour modifier les réglages de la voile en navigation. Il permet de s’adapter aux conditions très rapidement. Par exemple, quand on attaque un bord au largue, on peut lâcher un peu l’écoute pour la retendre sur le travers. En slalom, on a tendance à lâcher un peu pour gagner en accélération et faire du dépassement sous le vent en utilisant la technique de la "virgule". La virgule est un dépassement qui consiste à observer le clapot, choisir le moment idéal pour accélérer et abattre un peu afin de passer sous le vent de son adversaire. Le premier bord sert à ajuster la tension d'écoute et régler les bouts de harnais.

Gestion des Lattes : Stabilisation du Profil et Performance

Les lattes font partie intégrante du shape de la voile et leur tension ne doit pas être extrême.

Tension Initiale et Entretien des Lattes

Lors de la première utilisation de la voile, il est nécessaire de tendre les lattes. Elles sont serrées à l'aide d'un tendeur de lattes, fourni avec la nouvelle voile et souvent situé dans la partie supérieure du sac. Des indications sur la voile montrent dans quel sens il faut tourner les lattes. Il faut les tourner jusqu'à ce que tous les plis autour de la latte soient éliminés. Les lattes ne doivent être serrées que la première fois que l'on navigue. Pour le réglage, il est suggéré d'annuler toute tension dans les lattes, avec des plis le long du gousset. Puis, de "blinder" au maximum les deux lattes autour du wishbone, et enfin de tendre les lattes 1 et 4 pour effacer les plis. Ensuite, tendre les lattes du haut de manière décroissante ; en général, les deux lattes du haut n'ont pas de tension.

Rôle des Lattes dans la Stabilité et l'Accélération

Les lattes les plus importantes sont celles placées au niveau du wishbone. Elles stabilisent le profil et permettent certaines accélérations. Les autres lattes favorisent la torsion et le travail naturel de la voile et du mât. Une latte trop tendue sera plus haute que les autres sur la chute, tandis qu'une latte pas assez tendue sera plus basse. Une fois la voile réglée, quand on la soulève depuis le point d'écoute, les lattes doivent former une ligne oblique dégressive vers la dernière latte.

Lattes Spécifiques et leur Impact (Wishbone, Slalom, Race)

Trop tendre les lattes n'est pas forcément bon ou peut créer une asymétrie bâbord/tribord. Si les voiles sont bien faites, cela ne pose pas de problème. Il faut trouver le bon compromis entre les tensions, surtout ne pas trop tendre pour ne pas bloquer la voile au niveau de l’écoulement des filets d’air. En slalom, la première latte du bas (N°7) ne doit pas être trop tendue, ni trop raide, car elle fait respirer la voile et travaille dans le clapot. En revanche, les lattes N°6, 5 et 4 peuvent être tendues pour maintenir le profil stable, gagner en contrôle et en accélération. Quant aux lattes du haut, en slalom, il faut les tendre juste pour éliminer les plis. En race, on peut les tendre un peu plus pour avoir du shape sur toute la voile.

L'Astuce des Pros : Tubes en Carbone

Pour "booster" un gréement, l'astuce des pros inclut l'utilisation de tubes en carbone, bien que les fournisseurs n'en parlent pas toujours. Ces tubes permettent de stabiliser un profil, donc d’accélérer. Ce qui est important, c’est de modifier en fonction du pourcentage : si l'on ajoute 5% de tube sur une latte, il faut garder la même proportion sur les autres lattes. Le top est de conserver les lattes d’origine pour pouvoir comparer avec les nouvelles. On peut même s'aligner sur une course avec une voile sans camber si elle est de très bonne qualité. À ce niveau, les lattes seront très importantes. Les tubes carbone sont très importants pour donner la stabilité à la voile et compenser l’absence de camber.

Réglage des Cambers et Spacers : Optimisation du Contact Mât-Voile

Le spacer est un élément pointu qui permet d’ajuster l’appui des cambers sur le mât. Plus le diamètre du mât est épais, moins les spacers sont utiles. À l’inverse, si le mât est étroit, un ajustement des cambers est nécessaire.

Rôle et Ajustement des Spacers

Il faut ajuster les cambers avec des spacers sans les bloquer pour pouvoir laisser travailler la voile dans les variations de vent et laisser libre le dernier cam.

Priorité aux Cambers Inférieurs

Il est crucial de toujours privilégier les cambers du bas pour laisser vivre la voile au-dessus du wishbone. Mieux vaut mettre beaucoup de spacers pour avoir une stabilité maximale, quitte à perdre un peu en rotation au jibe sur les longues distances. Le centre de la voile est sur le tiers du bas.

Impact de la Tension de la Sangle en Slalom

Sur les voiles de slalom, dans le clapot, mieux vaut laisser la tension de la sangle neutre, pour avoir un profil plat en bas de la voile. Cela permet d’avoir une voile vivante et libre dans le clapot.

Le Flotteur comme Châssis : Interaction avec le Gréement

Dans la performance finale, le flotteur joue un rôle de châssis, il assure la liaison entre le moteur (la voile) et les roues (l’aileron). C’est pourquoi il doit être léger et rigide pour assurer à la fois le confort à son pilote et une bonne assiette pour flirter avec la surface de l’eau sans taper ni s’envoler.

Position du Pied de Mât (PDM) : Clé de l'Équilibre

La position du pied de mât se détermine par rapport à la hauteur du wishbone. Il faut trouver le compromis entre le contrôle et la vitesse, sans avoir mal à la jambe avant. Plus le wishbone est bas, plus le pied de mât sera reculé, et inversement. Sur un plan d’eau agité, le PDM est avancé. Si le PDM est avancé et le wishbone haut, l’assiette de la planche sera instable et la navigation physique. Reculer le PDM peut avoir plus de pression sur le pied arrière, entraînant potentiellement plus de spin-out, et une perte de capacité à caper. Avancer le PDM tout en montant le wish peut créer un ensemble aérien, plus calé sur le pied avant et moins dur sur le pied arrière.

Sur les allures, un wishbone haut lifte la planche au près. C’est la même chose pour un PDM reculé, mais attention de ne pas trop reculer, sinon ça cape moins bien. Au travers, une position de wishbone et un PDM médiums garantissent un meilleur contrôle. Enfin, au "carton", on baisse le wishbone en gardant un PDM centré, voire légèrement avancé.

Hauteur du Wishbone et son Influence

Plus le wishbone est bas, plus le contrôle est facile. L’assiette de la planche est stable, mais il faut "toiler" pour accélérer. Si la voile lifte la planche, le wishbone devra être positionné un peu plus bas pour le contrôle. Si la voile plaque la planche, on peut monter le wishbone pour faire lifter l'ensemble. Si la planche est tendue et la voile écrase au PDM, pour lifter l'ensemble, le réglage du PDM et du wishbone doit être ajusté.

Triangulation Planche / Voile / Wishbone

Généralement, cette triangulation se fait en fonction du style de navigation. Elle reste difficile à optimiser en fonction des conditions puisque c’est tout le style qui change, ce qui n’est peut-être pas bon. Un ajustement est cependant envisageable : on peut baisser un peu le wishbone sans reculer le PDM dans des conditions extrêmes pour favoriser le contrôle du flotteur ou avancer le PDM.

Réglage des Footstraps : Appui et Vitesse

La position des footstraps permet de choisir entre deux options. Plus les footstraps sont avancés, plus la planche sera en contact avec l’eau, et plus il y aura de la traînée, donc moins de vitesse. En revanche, on aura ainsi plus d’appui sous le pied, donc une meilleure remontée au vent. Reculer les straps permet de faire lifter la planche, donc d’accélérer, mais il faut être attentif au contrôle. La position des straps ne change pas en fonction du type de voile utilisée. Une astuce pour trouver le bon réglage sur les planches de test est de se baser sur la position de l’aileron pour ne pas faire de spin out et trouver la position la plus rapide, avec le moins de traînée d’eau. Ensuite, on mesure 40 ou 42 cm entre les straps avant et arrière. Généralement, on arrive à 1 cm en arrière du bord d’attaque de l’aileron.

L'Aileron : Taille et Positionnement

L'aileron doit être aussi petit que possible pour une utilisation slalom. Un aileron court (23 cm) peut aider à minimiser la pression sur les rails. Sa position, couplée au réglage du gréement, a une importance prépondérante pour éviter les spin out.

Réglages Spécifiques et Affinage : L'Art du Micro-Réglage

Le réglage d'une voile est un processus continu d'adaptation. La voile est prête à naviguer quand l'assiette du flotteur est équilibrée. Si la voile est plate sur l’avant au niveau de la sortie de camber, elle a de la main arrière, c’est-à-dire que le vent va pousser sur la main arrière et rendre l’ensemble dur à contrôler. Ce réglage lifte la planche, car elle a moins de pression au niveau du pied de mât. En revanche, une voile avec beaucoup de creux sur l’avant écrase le flotteur par son volume en bas de voile.

Adapter ses Réglages aux Conditions et au Style

Un lourd n'est pas au mieux avec un wishbone haut et un PDM avancé pour passer les "molles". Pour passer les molles, il faut transférer le poids du corps sur l’avant de la planche. Seul le feeling compte. La triangulaire planche / voile / aileron est optimale quand on ne se sent pas inconfortable, pas calé, pas équilibré dans la voile, et qu'on ne fait pas trop de spin out.

Identification et Correction des Problèmes

Une impression de voile lourde, qui tire sur l'avant et provoque des spin-out, peut ressembler à une voile insuffisamment étarquée au guindant. À l'inverse, si on galère pour caper, cela peut indiquer une voile trop étarquée. Si la planche colle trop à l'eau, il faut reculer un peu le PDM. Si la planche est cabrée ou très ardente, il faut avancer un peu le PDM. Il faut que l'attaque de la planche soit à plat pour lisser les filets d'eau, mais assez haute pour ne pas buter et freiner dans le clapot. Une voile qui "fait ballon" et tracte sans transformer en vitesse nécessite de retendre l'amure. Une rallonge trop longue peut aussi poser problème, comme une rallonge de 50 cm réglée à 30 cm, ou même 20 cm réglée à 15 cm. Une rallonge minimum dans l'embase (16 cm) garantit la rigidité d'origine du mât ; sinon, le mât peut devenir encore plus rigide. Si un mât RDM est utilisé, il est normal que la voile plie un peu, même si elle est conçue pour ces mâts. Les plis en dynamique sont normaux et indiquent que le gréement travaille. Si cela dérange, on peut essayer un mât plus raide ou un SDM si l'on utilise un RDM. Si la voile demande un 460 et qu'on utilise un 430 + rallonge, le gréement risque de "dégueuler" plus en tête et d'être moins tonique.

L'Importance du Feeling et de l'Expérience

Les styles et le feeling diffèrent en fonction des années de pratique et du matériel utilisé. Le réglage des lignes de harnais, par exemple, se détermine par rapport au centre de poussée de la voile. Des bouts longs sont privilégiés pour le contrôle, et courts pour les vents légers. Le harnais culotte est plus approprié en raison de sa stabilité et de son confort. Il permet un contrepoids plus important qu'avec le harnais dorsal. En speed, la culotte est indispensable pour un bon rendement. Un harnais dorsal peut néanmoins être utilisé en slalom dans une mer agitée, sacrifiant de la vitesse pour gagner en maniabilité. La longueur des bouts varie peu, elle est déterminée par l’habitude.

Une fois que cet équilibre d'ensemble est trouvé, ce qui peut prendre beaucoup de sessions selon la fréquence de navigation et la fréquence de sortie du combo, on pourra s'amuser à trouver le meilleur aileron pour sa planche. Alors, les deux pieds seront équilibrés, voire un pied arrière très léger et un pied avant super bien calé, permettant de "déboîter" les amis sur l'eau. Pour affiner la tension d'amure, une rallonge à cliquet (un clic faisant environ 2 à 2,5 mm) permet des ajustements très précis, jusqu'à trouver "LA" tension unique d'amure. Le gainage est également important : monter le bassin pour que la jambe avant et le tronc forment une seule ligne oblique et garder les bras loin devant pour le wishbone. Il ne faut pas serrer fort le wishbone, mais le tenir doucement dans les mains pour ne pas perturber l'écoulement de l'air dans la voile, et se mettre plus sur l'arrière du flotteur décuple la vitesse.

Procédure de Gréement et Dégréement : Étapes Détaillées

Le gréement d'une voile est un processus en plusieurs étapes.

Préparation du Matériel et Choix du Site

Dérouler la voile sur une surface non abrasive. Annuler toute tension dans les lattes, avec les plis le long du gousset. Vérifier la longueur de son mât et le type de courbure.

Insertion du Mât et Tension de la Drisse

Relier la base et le haut du mât en veillant à ne pas laisser d’espace entre les deux parties. Insérer le mât dans le fourreau de voile. Mettre la rallonge, passer le cordage de drisse dans les poulies, en veillant à l'alignement des cordages. Tendre à fond l'amure jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de plis sur la voile entre les panneaux des lattes. Bloquer le bout dans le coinceur de la rallonge.

Mise en Place de la Bôme et Ajustement de l'Écoute

Placer le wishbone au milieu de la fenêtre et régler l'écoute avec une tension négative au palan pour un réglage de base. La voile n'a pas besoin d'être excessivement tendue, car elle a besoin d'être gonflée. Si vous tirez trop sur l'outrigger, votre voile deviendra trop plate. La tension à l'écoute doit être juste suffisante pour que le panneau de la voile ne soit pas en contact avec le wishbone lorsque vous naviguez.

Tension des Lattes et Vérifications Finales

Blinder au maximum les deux lattes autour du wishbone. Mettre la voile dans le vent et faire tourner le profil. Si cela ne tourne pas, détendre progressivement ces deux lattes pour trouver un passage pas trop facile et pas impossible. Il faut que ça tourne dans le vent. Tendre les lattes 1 et 4 pour effacer les plis. Revérifier le tempo. Tendre les lattes du haut de manière décroissante ; en général, les deux lattes du haut n'ont pas de tension. Lorsque la voile est prête, la connecter à la plaquette et aller sur l'eau.

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