La technique de nage papillon : une description détaillée

Le papillon est une nage magnifique à regarder, mais sans conteste la plus difficile à maîtriser. C’est généralement la dernière que l’on apprend en école de natation et celle qui enregistre le moins d’inscriptions dans les compétitions. Cet article explore en profondeur la technique de la nage papillon, en abordant son histoire, ses spécificités techniques, les éducatifs pour l’améliorer, ses bienfaits et les erreurs courantes à éviter.

Histoire et évolution de la nage papillon

Parmi les quatre nages, le papillon est la plus récente. Le dos et la brasse ont été très tôt utilisés par les populations pour se déplacer dans l’eau. Le papillon, quant à lui, est un dérivé de la brasse. Dans leur recherche constante de vitesse, des nageurs ont commencé à ramener les bras au-dessus de l’eau, tout en nageant la brasse. Les premières tentatives de nager le papillon apparaissent dans les années 1940.

Selon une anecdote, un « brasseur » allemand, Erich Rademacher, trouva plus rentable en 1926 d’effectuer le retour des bras en brasse au-dessus de la surface de l’eau. Après de multiples aléas, protestations et interprétations du règlement, cette nouvelle technique « brasse papillon » fut de plus en plus utilisée dans les années 30.

Cette brasse « new look » était plus rapide, mais aussi plus éprouvante. Le règlement évoluant, les courses de brasse devaient se nager soit en « brasse classique » (retour des bras sous l’eau), soit en « brasse papillon ». A partir de ce moment-là, l’utilisation des jambes en brasse papillon (coups de pied de brasse) poussa les nageurs et entraîneurs à rechercher d’autres moyens d’aller plus vite. Le « coup de pied » de brasse, considéré comme trop « freinant », évolua vers un abandon pur et simple de ce mouvement (laisser traîner les jambes) en faveur du mouvement type dauphin.

En 1952, lors des Jeux olympiques, la compétition sur le 200m brasse fut terminée par tous les concurrents en brasse papillon. Après ces JO, la fédération décida donc de créer un nouveau style de nage : le papillon. En 1953, le papillon apparut donc comme une nouvelle nage. Le Hongrois Tembeck perfectionna le papillon en introduisant son ondulation au niveau des jambes (toujours la technique du dauphin).

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En 1956, aux Jeux olympiques, les courses de papillon-dauphin firent leur entrée à part entière, avec des techniques très différentes, notamment dans l’utilisation des jambes en dauphin, et surtout dans le rythme de la nage (nombre d’ondulations par cycle de bras, longueur des immersions, amplitude des ondulations).

Caractéristiques techniques du papillon

Le papillon est une nage symétrique (la partie gauche du corps effectuera le même mouvement que la partie droite, simultanément). Des quatre nages, le papillon est sans aucun doute celle qui demande le plus gros effort physique. Comme pour nager la brasse, en papillon, les deux bras d’une part et les deux jambes d’autre part effectuent des mouvements simultanés. L’effort est ainsi saccadé. Le corps est fortement sollicité pendant un laps de temps assez court. Mais pour être efficace, le repos entre deux efforts est très court.

Il faut de la puissance pour donner assez de vitesse pour avancer, même avec les deux bras hors de l’eau. Il faut de la force pour répéter ce mouvement, à des intervalles très courts. Mais il faut aussi de la souplesse pour passer les deux bras en même temps au-dessus de l’eau.

Mouvement des bras

Tout le haut du corps est sollicité, à commencer par les bras. Le mouvement des bras est primordial : ce sont eux qui exercent la traction puis la poussée qui permettent de propulser le corps vers l’avant. Le mouvement commence avec les bras tendus vers l’avant, entrant dans l’eau en formant un « Y ». Le retour aérien des bras est plus efficace, en raison de l’augmentation de l’amplitude du trajet moteur des bras et de la diminution de la résistance à l’avancement.

Ondulation

L’ondulation est le mouvement de base à maîtriser pour réussir à bien nager le papillon. Les jambes sont jointes, et elles le restent pendant toute la nage. L’ondulation en papillon est un facteur important car elle facilite le passage des bras vers l’avant, favorise une meilleure propulsion et permet de réduire la dépense énergétique. L’ondulation ne part pas des hanches mais de la tête. Elle est amorcée par la tête, transmise aux épaules, puis au buste, et les hanches prennent le relais, pour terminer ensuite par les jambes et par le coup de pied. Les talons viennent alors effleurer la surface de l’eau.

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Respiration

Pour respirer en papillon, il faut sortir la tête de l’eau. La respiration se fait vers l’avant et le mouvement de la tête a tendance à déséquilibrer le corps et à enfoncer les jambes vers le fond du bassin. Pour réduire les résistances à l’avancement, il est donc conseillé de respirer tous les deux mouvements. L’inspiration se fait en sortant le moins possible la tête. Il faut essayer de maintenir le menton dans l’eau à chaque inspiration. L’expiration, quant à elle, se fait de façon progressive sur le mouvement de bras qui précède l’inspiration. Il faut également penser à placer sa respiration en fonction des mouvements de bras et de jambes. En papillon, vous devez sortir le buste de l’eau et respirer lorsque les mains sont au niveau des cuisses. Il ne sert à rien de trop sortir le buste de l’eau car vous augmentez les résistances à l’avancement et vous fournissez plus d’effort.

Franck Esposito, spécialiste français du papillon, respirait sur le côté. Cela lui permettait de dégager ses voies aériennes sans avoir à relever la tête devant. Ainsi les déséquilibres, engendrés par la sortie de la tête au moment de la respiration, étaient beaucoup moins importants et cela lui permettait de conserver cette position horizontale plus longtemps.

Coordination

La nage papillon est une nage où les mouvements ne se font pas en simultané. Il est donc important d’apprendre à synchroniser les mouvements entre eux et aussi avec la respiration pour ne pas s’essouffler et se fatiguer trop rapidement. Si les bras et les jambes ne sont pas coordonnés, le corps n’est à un moment plus porté. Lorsque les bras sortent de l’eau, c’est l’enchaînement de la poussée et des ondulations qui permet de rester à la surface et d’avancer.

Educatifs pour améliorer sa technique en papillon

Pour améliorer sa technique en papillon, il est essentiel de travailler la coordination et la synchronisation des mouvements. Voici quelques éducatifs :

  1. Papillon un bras: Nager en papillon en utilisant uniquement un bras pour effectuer le mouvement de nage, l’autre bras restant étendu devant. Changer de bras tous les 25 mètres.
  2. Ondulations sur le ventre: S’allonger sur le ventre dans l’eau, en gardant les bras le long du corps. Réaliser des battements de jambes en ondulation, comme un dauphin, en se concentrant sur l’engagement des hanches pour générer la propulsion.
  3. Deux battements par mouvement de bras: Pour chaque mouvement de bras complet, effectuer deux battements de jambes puissants.
  4. Exercice du pousse-tête: Cet exercice est parfaitement indiqué pour travailler la coordination des mouvements en papillon. Il est très utile pour les débutants qui souhaitent apprendre la nage. Avant de pratiquer cet exercice, il est primordial de maîtriser l’ondulation.

Avantages de la nage papillon

Le papillon présente de nombreux bienfaits pour le corps. Il sollicite les abdominaux, les épaules, les trapèzes, les pectoraux et les bras et permet donc de sculpter la silhouette. De plus, l’apprentissage de la nage papillon améliore la coordination motrice et la synchronisation, des compétences essentielles pour de nombreux autres sports et activités physiques.

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Erreurs courantes à éviter

  1. Nager en force: Quand on n’a pas la maîtrise technique, et donc quand on ne parvient pas à coordonner les ondulations en jambes et les mouvements de bras, alors on a tendance à forcer beaucoup sur les bras pour essayer d’avancer et de sortir la tête de l’eau.
  2. Mauvaise coordination bras/jambes: A cause de cette mauvaise coordination, tu vas avoir du mal à sortir la tête pour respirer. Ton mouvement de bras, au lieu de pousser vers l’arrière pour te propulser vers l’avant, va être orienté vers le fond de la piscine. Tu vas appuyer avec tes mains vers le fond pour pouvoir faciliter ta sortie de tête devant et pouvoir respirer.
  3. Ne pas rentrer la tête au bon moment: Quand tu débutes en papillon, tu luttes toujours pour respirer.

Conseils pour l’apprentissage

  1. Maîtriser les bases: Pour apprendre le papillon, il est recommandé de maîtriser auparavant le crawl, la brasse et le dos crawlé.
  2. Être à l’aise dans l’eau: Etant une nage athlétique, le nageur doit être en très bonne condition physique et être parfaitement à l’aise avec la flottabilité, l’horizontalité et l’hydrodynamisme.
  3. Utiliser du matériel adapté: L’apprentissage de la nage papillon peut être facilité en utilisant des palmes. Elles facilitent la prise d’appui, offrent une meilleure glisse, corrigent les défauts de nage et permettent de se concentrer sur le travail des bras. Il est préférable de choisir des palmes avec une voilure assez courte car elles sont plus rigides et permettent un appui plus ferme pour sortir le buste de l’eau.
  4. Être patient et persévérant: L’apprentissage de la nage papillon peut être difficile. Il est essentiel de faire preuve de patience et de donner des encouragements constants. Chaque enfant est unique et progresse à son propre rythme.

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