L'exploration du terme « plongée » et de ses dérivés linguistiques nous entraîne dans un voyage fascinant, allant des profondeurs océaniques aux subtilités de la langue française. Si le mot évoque immédiatement l'immersion sous-marine, il charrie avec lui une polysémie riche, touchant autant à l'ingénierie qu'à la gastronomie, en passant par les arts visuels.
La mécanique de l'immersion : définitions et origines
La plongée, substantif féminin, désigne fondamentalement l'action de plonger et d'évoluer sous l'eau. Comme le souligne l'Académie (1935), le sous-marin vient d'effectuer sa plongée. Historiquement, ce terme s'est cristallisé autour de la manœuvre d'un submersible s'enfonçant dans la mer. Les moyens dont l'homme dispose pour pénétrer au sein des eaux sont variés : la plongée libre, la plongée en scaphandre lourd, la plongée en scaphandre autonome et la plongée profonde avec engins.
La plongée libre, par exemple, consiste à ventiler largement ses poumons puis à plonger en retenant sa respiration. À l'inverse, la plongée sous-marine implique l'action de rester un certain temps sous l'eau à plus ou moins grande profondeur avec un équipement autonome, que ce soit à des fins scientifiques, techniques, militaires ou sportives. Cette pratique nécessite une gestion rigoureuse des risques. Il y démontre enfin que le mal des caissons, en plongée, est dû à la formation de bulles d'azote lors de la décompression et que le seul moyen d'empêcher ces redoutables accidents est de procéder à une décompression progressive des sujets, leur laissant le temps d'éliminer progressivement l'azote dissous en grande quantité pendant la plongée.
Évolution technologique : du néoprène au sous-marin électrique
L'histoire de la plongée est indissociable de l'évolution des matériaux. La combinaison de plongée est née de l'invention du néoprène et du nylon par Wallace Hume Carothers, en 1930. Cependant, le néoprène n'est d'abord utilisé que dans l'industrie automobile, l'aviation et la construction. Ce n'est qu'en 1952 que le surfeur américain Jack O'Neill achète un stock de néoprène qu'il recouvre de PVC, créant une première combinaison de plongée. Les frères Bob et Bill Meistrell créèrent et perfectionnèrent eux aussi des combinaisons de plongée en vue de les commercialiser.
Parallèlement, la technologie des submersibles a progressé. Le Gymnote, développé par les Français Henri Dupuy de Lôme et Gustave Zédé, qui peut rester 4 heures en plongée avec cinq hommes à bord, est le premier sous-marin à être muni d'un moteur électrique sur batteries pour la propulsion en plongée. Moins vulnérable quand il navigue en plongée à l'aide de ses batteries, le sous-marin est obligé de faire régulièrement surface pour les recharger et naviguer avec ses moteurs Diesel.
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Polysémie et nuances : de la plongée à la coque
Au-delà de l'immersion liquide, le terme « plongée » s'est étendu à d'autres domaines. On parle de « plongée » au figuré pour décrire l'action de s'absorber dans quelque chose, de s'enfoncer dans un état, une activité. Cette plongée dans le marxisme m'a permis de comprendre l'indispensable qui manquait à celui-ci. Cette plongée en soi, à laquelle les romantiques allemands demandent de les mener au seuil de l'unité.
Par analogie, le mot désigne un mouvement brusque et rapide de haut en bas dans l'air ou sur une surface très inclinée (synonyme : piqué). Dans le domaine cinématographique, la plongée est un effet dramatique et plastique particulier obtenu en plaçant la caméra plus haut que le sujet à filmer. Cet effet communique au spectateur une sensation d'écrasement, de fuite, d'immensité. On appelle plongée totale le cas où l'axe optique est vertical. En architecture militaire, la plongée désigne le talus supérieur du parapet, incliné vers l'extérieur.
C'est ici que surgit la curiosité linguistique concernant les « œufs à la coque ». Si le terme « plongée » évoque l'immersion, le rapprochement avec l'œuf à la coque semble relever d'une confusion sémantique ou d'une interprétation abusive. Oui, certes ! Mais un œuf dur se mange hors de sa coque, contrairement à l'œuf coque qui, décidément, doit tout subir à l'intérieur de son enveloppe (préalablement décalottée, toutefois), grâce à l'usage habile de mouillettes amoureusement découpées dans du pain.
Outre qu'aucune de mes sources ne confirme cette hypothèse, pourquoi les cuisiniers à bord auraient-ils eu plus de difficulté que les cuisiniers à terre pour réussir leurs œufs à la coque ? Il n'y aurait donc pas de justification réelle pour avoir accolé ce « à la coq » ensuite transformé. « Les œufs furent leur unique ressource et encore à la coque, frais ou non. » Cette citation montre que l'œuf à la coque est une préparation culinaire spécifique, sans rapport étymologique direct avec la plongée sous-marine, malgré la similitude phonétique ou l'image mentale de l'immersion de l'œuf dans l'eau bouillante.
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