Le Petit Dériveur : Une Pléthore de Formes, d'Usages et d'Innovations

Le monde de la voile est vaste et diversifié, et au sein de cette étendue, le concept de « petit dériveur » englobe une multitude d'embarcations qui, par leur agilité et leur accessibilité, ont marqué et continuent de marquer la pratique nautique. Ces petits bateaux, souvent considérés comme les ancêtres des dériveurs modernes, sont au cœur d'une évolution constante, depuis les modèles d'initiation jusqu'aux engins de compétition les plus sophistiqués, sans toucher aux grands bateaux ni aux yachts. Les littoraux se structurent, surtout après 1970, au profit de la voile, du yachting et du dériveur, soulignant leur rôle central dans l'aménagement des loisirs nautiques. L'année 2018 sera forcément celle de la révolution de la petite plaisance avec l'avènement de Reverso, une invention d'Antoine Simon, pilote de ligne en moyen-courrier et passionné de voile qui se désespérait d'avoir à gérer le stockage de son bateau, illustrant ainsi la quête permanente d'innovation dans ce domaine. Côté exposants, les distributeurs de dériveurs et catas ne sont plus que deux irréductibles, signe d'un marché en mutation constante mais toujours passionné par ces voiliers légers.

Des Supports Pédagogiques aux Légendes de la Voile Légère

Le rôle fondamental des petits dériveurs dans l'apprentissage et la démocratisation de la voile est incarné par des modèles devenus de véritables légendes. Parmi eux, la célébrissime caisse à savon de Clark Mills reste le dériveur d’initiation par excellence. En effet, elle demeure le support d’initiation par excellence, et ce depuis 1947 ! Au fil des décennies, différents modèles sont construits pour répondre à des besoins variés. Pour la régate, on retrouve des versions en stratifié de verre chez Devoti et surtout chez le Danois Winner, véritable référence en la matière. Pour l’école de voile, des Optimist sont produits en polyéthylène rotomoulé chez 2Win, Erplast et d’autres fabricants. Ces Optimist d’école bénéficient pleinement des progrès réalisés par les nouveaux polyéthylènes, désormais moulés en trois couches pour former une sorte de sandwich, améliorant considérablement leur robustesse et leur durabilité. Pour le reste, rien n’a changé dans leur conception essentielle, conservant un safran, une dérive à remonter au portant tout en s’appliquant à la contre-gîte, et cet indémodable gréement à livarde, éléments clés de leur pédagogie.

L'histoire de la voile légère est également jalonnée de créations emblématiques qui ont formé des générations de marins. Huit ans après le décès d’Aristide Lehoerff, le Cibourien Pierre Latxague, autre ancien moniteur en chef de l’école de voile de Socoa, s’en est allé ce samedi 30 octobre 2021, à l’âge de 93 ans. La mémoire des deux hommes était associée à la création du mythique dériveur 420, dessiné en 1958 par l’architecte français Christian Maury à la demande de l’école de voile de Socoa. Ce dériveur double a depuis lors conquis les plans d'eau du monde entier, confirmant son statut de support de référence.

Parmi les figures marquantes du design nautique, Ian Proctor, le créateur du Topper, est l’un des monstres sacrés du « dinghy sailing » britannique. Il était aussi fabricant de mâts, et c’est au cours d’un voyage d’affaires aux Etats-Unis qu’il a conçu un enthousiasme débordant pour les carènes de scow. Sa première tentative, le Minisail, était très amusante, mais elle fut balayée par l’arrivée du Laser, un concurrent qui allait révolutionner le marché. Cependant, la deuxième tentative de Proctor fut la bonne : ce fut le Topper, un dériveur robuste et polyvalent, également transportable sur le toit d’une voiture, offrant une grande liberté aux navigateurs.

Dans la lignée des supports d'apprentissage modernes, on retrouve une petite coque planante ouverte, autovideuse, propulsée par un gréement au profil bloqué par quatre lattes : l'O’Pen Skiff. Issue de la fusion entre Bic Sport et Tahé Outdoors, entreprise spécialisée dans le kayak, cette nouvelle marque axée glisse perpétue l'accessibilité qui a fait le succès de l’entreprise Bic Sport, même si celle-ci n'existe plus. L’Open Bic est ainsi devenu l’O’Pen Skiff, mais il reste identique dans son esprit. Destinée aux enfants à partir de 9 ans pour le loisir ou la compétition en monotypie, ce petit bateau ludique et réactif se veut l’école de la glisse par excellence pour les plus jeunes, les initiant aux sensations de la vitesse et à la maîtrise des éléments.

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Dériveurs de Performance et de Compétition : La Quête de la Vitesse et de l'Excellence

Au-delà de l'initiation, le monde du petit dériveur est un terrain de jeu privilégié pour la performance et la compétition, allant jusqu'aux plus hautes sphères olympiques. La détermination est palpable chez les athlètes de haut niveau, comme Louise Cervera, pensionnaire du centre nautique municipal de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes), qui a décroché son ticket en dériveur solitaire femme (ILCA 6), devenant la première qualifiée en voile olympique. La jeune femme de 26 ans avait manqué la sélection en 2021 pour les Jeux de Tokyo et a redoublé d'efforts pour se qualifier trois ans plus tard, à la maison. Cette persévérance est d'autant plus pertinente que 2024 est une année olympique ! Pas de répit pour les athlètes de voile qui débutent avec un championnat du monde de dériveur solitaire féminin ILCA 6 (anciennement Laser), un événement clé comme le souligne le Figaro Nautisme : Championnat du monde de dériveur solitaire féminin : des JO à la maison en 2024 !

Le Laser, dont le ILCA 6 est une déclinaison féminine, est un autre monument du petit dériveur, avec une histoire riche. Au départ, c’est-à-dire en 1969, il n’était question que de concevoir un dériveur capable de voyager sur le toit d’une voiture. On restait dans l’idée d’un dériveur de loisir, éventuellement éligible aux régates de club du vendredi soir mais guère plus. Et personne n’imaginait que le Laser, officiellement présenté en janvier 1971, serait diffusé à 15 000 unités dès les deux premières années. Il est également indétrônable du fait de sa diffusion, de son implantation dans les clubs et de sa stricte monotypie. Personne n'imaginait non plus qu’il deviendrait série olympique masculine en 1996, puis féminine en 2008 dans la version Radial (un peu moins toilée), consolidant son statut de référence mondiale.

D'autres dériveurs illustrent cette quête de performance. C'est à cette époque-là aussi qu'un navigateur passe dans la catégorie des 49er, un dériveur surtoilé, mené en duo, et très populaire dans le monde anglo-saxon pour sa vitesse et son exigence technique. Les innovations continuent d'apparaître pour repousser les limites de la voile légère. En 2015, RS met sur le marché une petite bombe, le RS Aero, un dériveur qui a manqué de peu la sélection en tant que support officiel pour les JO 2024. Ce dériveur se distingue par sa rapidité en accélération, et son poids léger est aussi un point fort pour la mise à l’eau. Très rapidement, on acquiert les bons repères de réglages et de positionnement avec l'Aero. Au près ou aux allures portantes, que le vent soit léger, médium ou fort, l’Aero a la capacité d’aller vite, offrant des sensations de glisse remarquables aux navigateurs.

L'Innovation Radicalisée : La Génération des Dériveurs à Foils

La dernière révolution dans le monde des petits dériveurs est sans conteste l'avènement des foils, transformant ces embarcations en véritables aéronefs de l'eau. Afin de procurer aux amateurs de voile en dériveur double de nouvelles sensations, le club nautique a fait l’acquisition d’un Birdyfish, un 470 muni de foils. Ce dériveur, qui décolle véritablement de l’eau à partir de 10-12 nœuds, « permet de faire plaisir aux bons navigateurs », comme le souligne Alexandre Thuillant, le directeur de la base nautique. S’il est relativement facile à manœuvrer, le bateau demande tout de même une bonne maîtrise technique pour en tirer tout le potentiel, révélant la complexité et la richesse de la navigation sur foils.

Dans cette compétition qui fait rage entre les nouveaux foilers solitaires, le Waszp n’est pas le plus mal placé. C’est même lui qui pourrait bien emporter le morceau grâce à ses performances et à la vitalité de sa communauté. Déjà vendu à 1 522 unités dans 45 pays, ce petit foiler australien est porté par une classe très animée, notamment en France où l’importateur, Manu Guédon (Activ’Sailing), fait feu de tout bois pour en promouvoir la pratique. C’est donc probablement le support à viser si vous avez des envies de vols à haute vitesse. Mais attention, le Waszp, comme les autres foilers à plan porteur central, est une sacrée école d’humilité, exigeant technique et persévérance pour maîtriser le vol.

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D'autres créations innovantes continuent de défier les conventions et d'offrir des expériences uniques. Il faut de la puissance pour dompter les 8,50 m² de la voile du Skeeta. Le Skeeta et son petit frère, le Nikki, respectivement destinés à un public adultes et enfants/adolescents, se démarquent de leurs concurrents par un système de montage de foil d’une pertinente ingéniosité et d’une facilité de mise en œuvre très appréciable, réalisable sur mise à l’eau à terre. L’avantage de ces scows australiens est de voler et de glisser en archimédien, offrant une double expérience de navigation. En version foil, le Skeeta est allé à l’essentiel pour progresser vite, ne proposant pas de réglage de foils complexe, mais juste celui de la hauteur via un palpeur que l’on monte ou descend via un retour sur le pont, simplifiant ainsi l'apprentissage du foiling.

Le paysage des foilers ne cesse de s'enrichir. Architecte A. Pour voler, laissez-vous tenter par le One Fly avec trois tailles de GV en option, permettant une adaptation aux conditions de vent et aux niveaux de compétence. Monté sur deux foils en carbone, le bateau peut aussi être utilisé en archimédien, offrant une polyvalence appréciable. Une version en aluminium des foils est désormais disponible et plus accessible, élargissant l'accès à cette technologie de pointe. Jérémy Beyou l’a choisi pour ses entraînements d’hiver quand son Charal était en chantier, et ce fut un bon coup de com’ pour le chantier, attestant de la performance et de l'intérêt de ce dériveur. Reste que la concurrence fait rage et que c’est le Waszp, qui s’appuie sur une classe très active et très internationale, qui tire actuellement le bon bord ! Mais gageons que le foiler breton n’a pas dit son dernier mot, promettant de nouvelles innovations et de futures batailles sur l'eau.

Pour commencer à voler en UFO-Foiler, une autre option séduisante s'offre aux passionnés. C’est le chantier US Fulcrum Speedworks, qui a eu la bonne idée de développer début 2018 ce petit catamaran à foils tout à la fois ludique et accessible. En outre, près de trente coloris de coque différents et les lettrages qui vont avec sont proposés par le chantier pour coller aux besoins des structures qui en font l’acquisition, permettant une personnalisation poussée. Enfin, pour s’adapter encore un peu plus aux petits équipiers d’une quarantaine de kilos maxi, Octopus propose depuis peu des GV de couleur orange de seulement 6 m², rendant le foiling accessible même aux plus jeunes et aux plus légers.

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