Le monde du référencement naturel (SEO) est en perpétuelle évolution, et comprendre les mécanismes fondamentaux qui régissent le classement des pages est essentiel pour toute stratégie numérique. Parmi ces mécanismes, le PageRank (PR) a longtemps été, et reste, un pilier central de l'algorithme de Google. Cependant, son fonctionnement et son interprétation ont considérablement évolué au fil du temps. Le modèle initial du "surfeur aléatoire" a cédé la place à une approche bien plus sophistiquée : celle du "surfeur raisonnable", modifiant profondément la manière dont Google évalue l'importance et la pertinence des liens. Cette transition, loin d'être anecdotique, a redéfini les règles de l'optimisation pour le référencement naturel et continue d'influencer la conception des sites web et des stratégies de contenu.
Des Origines du PageRank au Concept du "Surfeur Aléatoire"
Pour bien comprendre la notion de surfeur raisonnable, il faut rappeler ce qu'est le PageRank (PR). Le PageRank est un algorithme utilisé par Google pour classer les pages dans les résultats du moteur de recherche (SERP). Pour la petite histoire, PageRank a été nommé d’après Larry Page, l’un des fondateurs de Google. Le concept du PageRank de Google est, depuis le départ, fortement induit par celui du « surfeur aléatoire », cliquant sur des liens ou se trouvant téléporté sur une autre page du Web. Historiquement, le PageRank avait pour objectif initial de mesurer la popularité d’une page en comptabilisant le nombre et la qualité des liens qui y pointaient.
À l’origine, le PageRank utilisait un modèle aléatoire et choisissait, au hasard, sur quel lien cliquer. Le principe du surfeur aléatoire représente comment Google transmettait du PageRank (mesure de popularité SEO d’une page web, aussi appelé PR) aux liens internes à ses débuts. Dans son modèle le plus basique, il imaginait qu’un internaute cliquait sans réfléchir sur n’importe quel lien. Un peu comme si l'on imaginait un internaute naviguant sur un site (beaucoup de vocabulaire marin ici) de manière désordonnée. Ce surfeur aléatoire est une modélisation mathématique du comportement de l’internaute. C’est une mesure théorique de la popularité ou de l’autorité d’une page web. Il commençait à parcourir des sites web depuis une page web choisie au hasard. Quand il voulait suivre un lien, il allait lister tous les liens sortants présents sur la page, et en choisir un, au hasard, qu’il allait suivre, pour arriver sur une autre page. Si une page A pointait également vers d’autres pages, la transmission de ce « jus » se partageait entre toutes les destinations.
Cependant, le modèle du Surfeur Aléatoire du PageRank avait ses limites. Le surfeur aléatoire de Google était un peu « simpliste ». Il suivait un lien qu’il soit pertinent ou non, et parfois, disparaissait sans aucune raison. Parfois, le surfeur allait souhaiter s’intéresser à quelque chose d’autre que les contenus de cette page. Dans ce cas, il allait rejoindre une page web tirée au hasard. C’est ce que l’on appelle la téléportation, puisque même sans la présence d’un lien entre deux pages il allait ailleurs sur le web. On définissait le PageRank d’une page comme la probabilité que le surfeur aléatoire se trouve sur la page à un moment donnée. Malheureusement, les secrets de ce système de référencement ont vite été percés par le rétro-engineering, rendant l’algorithme de référencement de Google un peu trop facile à manipuler. Il lui manquait une forme de « conscience décisionnelle », pourrait-on dire, qui lui aurait permis de simuler un pseudo comportement humain.
L'Avènement du "Surfeur Raisonnable": Une Nouvelle Ère pour l'Optimisation des Liens
L'évolution de l'algorithme de Google vers le « surfeur raisonnable » est bien plus qu'une simple mise à jour. Son lancement ne nous rajeunit pas, puisque l’on retourne jusqu’en 2012 pour y assister, bien que dès 2003, des améliorations conséquentes aient été apportées à la définition de ce surfeur. C’est en 2010 que Google dépose un brevet qui définit le modèle du surfeur raisonnable, marquant une révolution dans le calcul du PageRank des sites. En 2010, Google brevetait le modèle du Surfeur Raisonnable, redéfinissant l’importance des backlinks et donc, les techniques de SEO pour améliorer le référencement de leurs pages.
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Ce modèle, succédant au surfeur aléatoire, est sa version améliorée : Google essaie de visualiser sur quels liens l’internaute cliquerait logiquement. Le surfeur raisonnable modifie le comportement du PageRank et utilise la logique pour choisir un lien à suivre. Le surfeur raisonnable est le comportement moyen d’un internaute d’après Google en opposition au modèle aléatoire. L’arrivée du surfeur raisonnable amène la prise de décision basée sur une forme de logique, ce qui a eu pour conséquence de modifier les habitudes SEO et de limiter (davantage) les abus de l’optimisation. Son évolution modélise une décision davantage basée sur la logique. Cela complexifie aussi beaucoup l’art de la stratégie de liens, rendant l’accompagnement personnalisé par des experts du netlinking essentiel.
Google évolue en permanence, il étudie énormément le comportement des internautes dans l’optique de lui offrir la meilleure proposition possible. Un internaute content sera un client SEA potentiel ! Le surfeur raisonnable est parti de cette idée : comment l’internaute lambda se comporte sur le web ? C'est une représentation de l’idée générale du surfeur raisonnable pour le SEO. Avec des algorithmes capables non seulement de lire une page, mais aussi de la comprendre, Google en est arrivé à modéliser les grandes lignes d’un comportement presque… humain. En effet, le moteur de recherche dispose d’algorithmes capables de juger si un contenu lié est pertinent ou non, et de décider s’il va suivre un lien ou non. L’important est de garder à l’esprit que ce modèle vise à simuler un comportement humain naturel.
Les Facteurs Clés qui Guidant le "Surfeur Raisonnable"
Le surfeur raisonnable évalue plusieurs facteurs pour déterminer la probabilité qu’un lien soit suivi. Dans un brevet déposé en 2010, Google a précisé comment, en réalité, l’utilisateur évalue la pertinence d’un lien avant de cliquer. Cette nouvelle logique implique que tous les liens ne se valent plus. Google détermine désormais des zones de page dans lesquelles des liens sont « naturellement » censés avoir plus d’intérêt que d’autres. Les conditions énumérées ci-dessous ont de ce fait un impact sur les probabilités associées aux liens.
Parmi les changements les plus importants, on note :
- La position du lien sur la page : La position d’un lien sur une page influence considérablement son importance dans les contenus. Les liens les plus importants doivent apparaître comme tels : ils doivent être au milieu des contenus les plus importants. Plus un lien est haut dans la page, plus son impact est élevé. Pour Google, il s’agit de repérer, au plus près, les véritables points d’intérêt pour un internaute. On doit se préoccuper d'un certain nombre de piliers, ce que l'on appelle le triptyque SEO : contenu, technique et popularité.
- Le contexte sémantique du lien : Le sujet du texte d’ancre de lien est crucial. Le contexte entourant un lien influence sa valeur. Assurez-vous que les contenus avant et après vos liens internes traitent du même sujet ou d’un sujet connexe. Il en est terminé l’intérêt des liens entre deux pages sans aucune logique sémantique entre elles. C’est par exemple la proximité sémantique d’une page qui détermine la légitimité d’un lien vers d’autres pages. Un site qui vend des voitures n’a ainsi aucun intérêt à envoyer des liens vers une page de puériculture.
- La taille de la police du lien : Et encore moins de gens savent qu’il est possible d’influencer le PageRank en changeant la taille de la police du texte d’ancre. Puisqu’un lien est un élément important dans le contexte d’une page, qu’il va attirer l’œil du lecteur, les robots de Google favorisent également tout ce qui va le mettre en avant : police d’écriture, couleur, taille, mise en forme…
- Les attributs du lien : Un lien dont la couleur est similaire à celle du fond a moins de chance d’être suivi qu’un lien qui se démarque. Ces éléments supposent qu’un lien qui se démarque visuellement a plus de chances d’être cliqué qu’un lien qui se fond dans son texte.
- Les mots utilisés dans le lien et le texte d’ancrage : Le nombre de mots utilisés dans le texte d’ancrage est important. Le nombre de mots qui compose l’ancre de lien, leur ordre ainsi que le contexte sémantique dans lequel il est situé sont soigneusement analysés. Une ancre explicite comme « découvrez notre guide SEO » suscitera plus d’intérêt que « cliquez ici ». Plus vous proposez des ancres variées et pertinentes pour vos liens internes, plus vos pages performent en moyenne.
- Le type du lien : Cela regroupe les différents types de textes d’ancre texte ou image. S’il s’agit d’une image, quelle est sa taille ? Pour les liens posés sur les images, c’est la même chose. Il faut que l’image se démarque visuellement.
- Les liens à l’intérieur d’une liste : Leur traitement peut varier en fonction de leur pertinence et de leur visibilité.
- Interne ou externe : Pour les robots de Google, un lien est un lien. On traite de la même manière les liens externes et les liens internes.
Implications SEO et Stratégies d'Optimisation des Liens
Du côté des webmasters, ce nouveau système a instauré un nouvel ensemble de règles à suivre pour optimiser son SEO. Le surfeur raisonnable SEO représente une évolution majeure dans l’algorithme de Google qui a transformé la façon dont les moteurs de recherche évaluent l’importance des liens et de la thématique. Le surfeur raisonnable est un principe de base du SEO, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas exploitable aujourd'hui. Au contraire, avec la meilleure compréhension sémantique de Google, c’est une opportunité d’autant plus grande à saisir pour pousser ses pages stratégiques efficacement.
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Optimisation de la Position et de la Visibilité des Liens
Les liens en footer ou en dehors du corps du texte ont ainsi beaucoup moins de poids. Bien que les liens dans le Header et Footer reçoivent moins de PR, leur intérêt n’est pas nul pour autant. D’autres liens auront au contraire un grand pouvoir de transfert de popularité car ils sont positionnés en plein contenu, et sont toujours vu par les internautes visitant le site. Donc, plus un lien est haut, plus il a de chance d’être vu par l’internaute, plus il aura donc une valeur de diffusion du PR élevée. Le lien le plus important sera donc situé dans le corps du texte, au-dessus de la ligne de flottaison (c’est-à-dire dans le premier tiers des pages). Cela signifie que la structure de navigation doit désormais être pensée en fonction du comportement naturel de l’internaute. Il faut privilégier de mettre les liens de structuration interne au-dessus de la ligne de flottaison de votre site. De ce point de vue là, le fil d’Ariane est une place d’autorité non négligeable en terme de linking. Attention, même si un lien en bas de page ou situé en fin de texte se voit attribuer moins d’importance en référencement naturel, il consomme tout de même du jus SEO. Les footers sont presque inutiles, pourquoi presque ? parce que l’effet de masse continue à jouer quand on parle de sites avec un très grand nombre de pages.
L'Importance Cruciale des Ancres de Liens et du Contexte Sémantique
Les ancres portées par les liens sont un levier sémantique très puissant. Il est crucial d'utiliser des ancres de liens variées et pertinentes. Les mots-clés dans les ancres doivent être en relation avec la thématique de la page de destination. Il a été rajouté par les ingénieurs de Google la prise en compte de l’adéquation sémantique entre les contenus de la page source et de la page cible d’un lien donné. Le PageRank fonctionne en comptant le nombre et la qualité des liens vers une page pour déterminer l’importance du site Web. La façon dont l’algorithme considère un lien ne se base plus sur le simple nombre de visites. On commence à parler de pertinence du lien. Un lien depuis une page peu populaire mais avec la bonne sémantique sera souvent plus efficace qu’un lien fort depuis une page qui n’aborde pas vos sujets. Une page, un contenu, un mot-clé, c’est la règle de base pour être bien référencé.
Stratégies de Liens Internes et Externes
Même les consultants SEO juniors le savent, les liens sont le nerf de la guerre au sein d’une stratégie SEO. Quand on se contente de placer des liens de façon arbitraire, on néglige un potentiel énorme pour le SEO. Au contraire, quand on prend soin de mettre ses liens en évidence, de les rendre utiles et faciles à comprendre, on maximise à la fois l’expérience utilisateur et la transmission de popularité. La proximité sémantique entre vos propres pages internes est primordiale, ainsi que la position des liens internes au sein de leur page et leur mise en forme (décidée par votre CSS ou autre). Il est essentiel de pratiquer du Deeplinking SEO, donc faire des liens internes vers des pages autres que la HomePage.
Pour permettre la meilleure navigation il faut avoir une bonne structuration de menus, mais aussi créer les « bons raccourcis » avec des liens plein contenu. Chaque page devrait être conçue avec l’idée de retenir votre visiteur sur le site en le dirigeant vers une autre page du site. Pour bien crawler le site et permettre la meilleure exploration et indexation possible par Googlebot, mais aussi bien entendu pour optimiser au mieux le potentiel de votre site. Votre site agrège de la popularité via les backlinks, mais cette popularité restera cantonnée aux pages qui reçoivent directement les backlinks si vous ne la redirigez pas habilement vers vos pages les plus précieuses. Les liens devront être faits en plein contenu (dans le texte principal) et être le moins nombreux possibles.
Développez une approche par silos thématiques en regroupant vos pages par thématique. Justement, le Topic Cluster consiste à couvrir le champ des possibles au niveau des informations sur une thématique grâce à des contenus précis sur un sujet. Varier les ancres de vos liens internes est également recommandé pour éviter la sur-optimisation. Beaucoup de webmasters font l’erreur de créer trop de liens internes avec des ancres exactes. Il faut également éviter de concentrer tous vos liens internes vers la même page sans diversification.
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Un point souvent méconnu concerne la gestion des liens multiples vers une même page au sein d’un seul article. Certains professionnels du référencement suggèrent que seul le premier lien vers une destination donnée compte réellement pour le PageRank. Puisqu’il est possible d’augmenter la probabilité qu’un lien soit cliqué en augmentant la taille de son texte, ou en le positionnant au début du texte, alors pourquoi ne pas le placer à plusieurs reprises dans la même publication ? Les chances qu’un internaute le suive seront ainsi plus élevées. Mais pour faire cela, il est recommandé d’utiliser les ancrages de pages #. Selon certains tests, Google considère les URLs avec ancrages comme étant différents.
Le surfeur raisonnable s’applique également aux backlinks externes. Les liens provenant de sites thématiquement proches et placés dans du contenu pertinent transmettent plus d’autorité. Si vous pensez au netlinking, qui, rappelons-le, est le fait d’avoir des liens depuis d’autres sites qui pointent vers le votre, vous devez appliquer la même chose : avoir des liens le plus haut possible dans le contenu.
Comprendre l'Intention de Recherche et le Rôle du Chapô
Aujourd'hui, votre page doit répondre à la recherche de l’internaute, c’est ce qu’on appelle l’intention de recherche. Il y en a de multiples, les plus répandues étant :
- Transactionnelle : l’internaute cherche à acheter quelque chose.
- Informationnelle : l’internaute se pose une ou plusieurs questions et il veut des réponses.
- Navigationnelle : l’internaute cherche à trouver le site web d’une marque.
Si l’internaute veut de l’information sur un produit par exemple, il s’attend à trouver cela et non une page produit qui met en avant la vente. Inversement, s’il veut acheter un produit, il ne cherche pas une page avec 2000 mots et un CTA d’action tout en bas. Comme l’internaute ne lit pas forcément tout le contenu, Google induit qu’il lit la partie haute et décide (ou non), d’en lire plus si cela l’intéresse. Le chapô (terme désignant le texte qui se trouve sous le titre) a une importance élevée en SEO car Google estime que c’est lui qui va décider si l’internaute continue de lire l’article ou non. Vous devez donc rendre cette partie attrayante pour l’internaute mais également l’optimiser en SEO avec les mots clés.
Architecture du Site et Arborescence
Sur ce sujet il n’y a pas grand chose à dire : il faut que la structure de la navigation du site corresponde à ce que vous voulez faire en terme de parcours de l’internaute à l’interne de votre site. Pour vérifier l’existant, vous pouvez par exemple vous tourner vers Screaming Frog et sa vue hiérarchique. Le SEO est un actif de long terme tandis que le SEA (Google Ads) est un levier d'acquisition immédiat. Chaque réseau répond à une étape du parcours client. Le Search capte l'intention d'achat, le Display crée la notoriété, et Performance Max utilise l'IA pour une visibilité cross-canal.
Le "Nofollow" et l'Évaluation de la Pertinence Thématique
Le nofollow est souvent perçu comme un inconvénient, mais il est important de comprendre son impact réel. Un nofollow c’est techniquement une téléportation directe du petit surfeur aléatoire qui parcourt votre site. Même si cette modélisation a évolué, cela souligne que le flux de PageRank est interrompu pour ces liens. L’importance des ancres pour le référencement thématique du surfeur raisonnable est primordiale. Les robots des moteurs de recherche, et celui de Google encore plus, sont devenus très bons à repérer les endroits qui comptent pour les internautes quand ils sont sur une page web.
Outils et Mesures pour Maîtriser le PageRank Interne
Pour commencer, il est conseillé de faire un état des lieux de vos liens actuels afin d’identifier leurs forces et leurs faiblesses. Vous pouvez, par exemple, examiner si vos liens prioritaires apparaissent assez tôt dans vos pages, s’ils sont bien mis en évidence, et si le texte d’ancrage décrit correctement la page cible. Plusieurs outils vous aident à visualiser la répartition du PageRank dans votre site. Utilisez des outils spécialisés pour suivre l’évolution de la distribution du PageRank interne. Par exemple, Screaming Frog, OnCrawl ou SEOQuantum permettent d’identifier lesquelles de vos pages reçoivent ou transmettent le plus de « jus ». En utilisant l’outil SEOQuantum, vous obtenez un score de PageRank pour chacune des pages de votre site internet. Babbar propose plusieurs fonctionnalités qui permettent d’évaluer ces différents aspects. Vous pouvez également vérifier la thématique des pages, simuler la force d’un lien entre deux pages via la force induite, etc.