Le Surf : Une Source Intégrale de Bien-être, de Performance et de Santé Durable

Ceux qui ne pratiquent pas le surf ou qui ne s’intéressent pas imaginent souvent cela comme une activité de dilettante, une simple distraction côtière. Pourtant, il suffit d’observer le corps de ces adeptes pour se rendre compte des bienfaits physiques indéniables que cette discipline procure. Loin d’être un simple loisir, le surf est une activité exigeante et complète qui agit en profondeur sur la santé physique et mentale, contribuant à un mode de vie sain et performant. Au-delà de l’esprit cool que véhicule ce sport de glisse, c'est probablement pour le bien-être qu’il procure que le surf compte de plus en plus de pratiquants dans l’Hexagone. Ils seraient près de 600 000 à s’adonner à cette discipline, aussi bien sur la Manche, l’océan Atlantique, que sur la mer Méditerranée, défiant parfois les idées reçues, comme la présence de vagues sur le littoral marseillais. Devenu discipline olympique depuis 2020, le surf s'impose comme une activité aux multiples facettes bénéfiques pour l'individu.

Les Bienfaits Physiques et l'Entraînement du Corps

Le surf est un excellent moyen de se maintenir en forme, en faisant travailler le cœur, les muscles et le gainage. Il combine force, endurance, coordination et équilibre, ce qui en fait l’un des sports les plus complets. Le surf consiste à fournir de longs efforts, mais d’intensité faible à modérée, ce qui est idéal pour le système cardiovasculaire. En surfant, notre fréquence cardiaque est élevée, et les muscles sont mieux oxygénés grâce à un bon approvisionnement en éléments nutritifs. C’est bien connu, le sport réduit les risques de maladies cardiaques, et le surf, en tant qu’activité physique sollicitant un gros effort, y contribue pleinement. La rame constante pour atteindre les vagues est un exercice aérobique qui stimule le système cardiovasculaire. Vos poumons travaillent davantage pour fournir de l’oxygène, renforçant cœur et poumons.

Au cours d’une session de surf, une part significative du temps est consacrée à rester allongé sur la planche et à ramer à l’aide des bras. Quand on surfe, on passe environ 85 % du temps à ramer, ce qui permet de travailler son gainage de manière intensive. Ce travail physique sollicite les bras, les épaules, mais aussi le dos. Cela permet de développer les pectoraux et la sangle abdominale. Une fois debout, la recherche d’équilibre en passant par des appuis sur les pieds induit des réajustements posturaux permanents. Toutes les couches musculaires sont sollicitées : épaules, bras, abdominaux, dorsaux et jambes. En étant debout sur la planche, à la recherche du bon équilibre, le surfeur travaille sa posture et son gainage. Le mouvement constant sur la planche et l’adaptation aux vagues favorisent également la flexibilité articulaire et la coordination.

Le surf permet une énorme dépense en énergies, encore plus l’hiver. Le corps lutte pour conserver sa température lorsque l'on lutte en permanence contre les éléments marins et lors du passage de barre. Cette dépense énergétique importante signifie que votre appétit sera décuplé, et encore plus si vous surfez en eau froide. Pour maintenir une performance optimale et une bonne santé, un entraînement complémentaire est souvent nécessaire. Un bon entraînement est à la fois physique et technique. La natation une ou deux fois par semaine est très bénéfique pour le cardio-respiratoire et le gainage. Des pompes sont également utiles pour le renforcement musculaire. De même, des programmes d'entraînement incluant du footing, des séances de musculation et des étirements sont essentiels pour ne pas perdre ces aspects cruciaux du surf, surtout pour ceux qui ne peuvent pas pratiquer tous les jours. La technique est également fondamentale, car elle permet d’économiser l’énergie dans tous les déplacements ; un crawl bien fait, par exemple, joue un rôle crucial pour une rame élancée. Pour la position debout, le longskate peut aider à se décrisper et à améliorer l'équilibre. Il est important de bien faire les étirements après l'effort pour préserver la colonne vertébrale sur le long terme.

La Force Mentale et le Bien-être Psychologique

Au-delà de l'aspect physique, le surf est un outil puissant pour transformer l'esprit. Ce sport demande de la rigueur et de la persévérance. Apprendre le surf se fait sur la durée ; tenir sur sa planche est une chose, s’amuser avec des vagues de plus en plus grosses et se sentir à l’aise en est une autre. Voilà donc un des premiers bienfaits sur le mental : la persévérance, vertu qui aboutira, à terme, à plus de confiance en soi. Le surf permet d’acquérir une force mentale notable.

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Lorsque l'on surfe, le circuit neurobiologique de la récompense est activé, ce qui procure une sensation de bien-être profond. C'est un moment où l'on oublie tous les problèmes, où l'on se vide la tête et où l'on se sent léger. Il faut bien observer les vagues pour les choisir, se centrer sur le moment présent. La surface en perpétuel mouvement dans un environnement fort permet de faire le vide, de s’apaiser et de lâcher prise. Être en contact avec l’océan et concentré sur les vagues vous oblige à vivre l’instant présent, réduisant ainsi les niveaux de cortisol, l’hormone du stress. Les plages et les océans réduisent l’anxiété et augmentent le bonheur. Le surf met tous nos sens en éveil. Chacun d’entre eux est régulièrement sollicité : toucher l’eau, entendre le bruit des vagues, respirer l’air vivifiant de la mer, goûter l’eau salée et contempler des paysages magnifiques. La pratique du surf met tous les sens en éveil, vous met en harmonie et en communion avec la nature. Dans l’eau, on lâche prise, on est dans l’instant présent et dans un état méditatif.

En déferlant, les vagues libèrent des ions négatifs qui sont très bénéfiques pour la santé. Le fait de surfer permet également de sécréter de la mélatonine, qui contribue à la régulation des rythmes circadiens, essentielle à la régulation des rythmes de sommeil. Pratiquer le surf en harmonie avec l’environnement procure une sensation de bien-être et de légèreté incomparable. Les sports nautiques, et tout particulièrement le surf, permettent de prendre conscience de la force des éléments. Pour dompter les puissantes vagues, il faut faire corps avec elles. Le surf n’est pas seulement un sport, c’est aussi un outil puissant pour transformer le corps et l’esprit.

Le Surf comme Thérapie et "Sport Santé"

Le surf fait partie depuis quelque temps des sports bénéficiant d’une déclinaison « sport santé », c’est-à-dire étant une pratique physique ou sportive qui contribue au bien-être et à la santé. Martin Ducret, médecin et journaliste au Quotidien du Médecin, souligne que cette activité de plus en plus populaire, devenue discipline olympique, présente des bienfaits considérables pour la santé mentale. Ce sport est-il accessible à tous ? La réponse est plus nuancée qu'il n'y paraît. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle il faut être jeune et en bonne santé, Sandra Saint Geours, chargée du développement de l’association nationale Surf Santé, explique que « surfer, c’est possible à tout âge, que l’on soit en bonne forme, porteur d’un handicap, ou que l’on souffre d’une maladie chronique ». Au départ, l'approche consiste à prendre confiance dans l’eau, ce que l'on appelle l'aisance aquatique. Ensuite, on recherche l’agréable sensation de glisse, d’abord allongé sur la planche, pour progressivement arriver à se lever dessus. L’association Surf Santé promeut le surf et les activités au contact de l’océan comme thérapie. Le but de toutes ces activités est à la fois de s'amuser, de se dépasser, de prendre confiance en soi, et de ressentir de l'apaisement, en se reconnectant avec l'océan et la nature.

Une étude sur les bienfaits du surf santé, commencée à l’été 2024 aux Sables-d’Olonne, a livré des résultats préliminaires après quasiment deux saisons d’observation. Cette étude a été lancée pour évaluer les bienfaits du surf sur la santé, dans le cadre du travail de thèse mené par Grégoire Gohier, interne en médecine à la faculté de Nantes. L’étudiant s’attache à répondre à la question : « Quels sont les bénéfices du surf sur la santé ? » Très tôt, la ligue de surf des Pays de la Loire a formé plusieurs de ses moniteurs au surf santé. En Vendée, plusieurs clubs ont une section surf santé, mais celle des Sables-d’Olonne est la seule qui fonctionne toute l’année, avec des séances régulières, comme l'indique Pascal Caduc, président de la Ligue de surf des Pays de la Loire.

Le travail de thèse de Grégoire Gohier est supervisé par le docteur Anne-Laure Robbe, médecin biologiste, titulaire d’une capacité de médecine du sport, monitrice de surf et référente surf santé pour la ligue des Pays de la Loire. Elle ne cache pas qu’à travers cette étude, l’objectif final est de « pousser les médecins à prescrire l’activité physique, et notamment le surf santé, à leurs patients ». Dans le cadre du surf santé, l’accent n’est pas mis sur la performance ; il s'agit de se reconnecter au corps et de travailler son équilibre.

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L’étude repose sur trois typologies différentes de patients. Le premier groupe est composé de patientes atteintes d’un cancer du sein, en traitement ou en rémission, qui ont intégré l’étude grâce à une collaboration avec l’association Jeune et Rose. Le deuxième groupe concerne des patients fléchés par la Maison Sport Santé des Sables-d’Olonne et qui sont atteints d’affections de longue durée (insuffisance respiratoire, surpoids, hypertension, troubles psychologiques…). Enfin, le troisième groupe rassemble des soignants en situation de burn-out ou en difficulté psychologique dans le cadre de leur métier qui adhèrent à l’association Guérir en mer.

Chacun des participants à l’étude répond à un questionnaire avant chaque séance de surf, puis à un second, après la séance, à chaud. Les réponses sont ensuite analysées par Grégoire Gohier afin d’observer l’évolution de l’état du patient. Ceci est fait sur une échelle de référence de qualité de vie mais aussi en termes d’évaluation de santé mentale. Un premier cycle d’étude a eu lieu du 10 juillet au 29 novembre 2024, et un second est en cours, ayant débuté le 25 juin 2025 et se terminant à la fin du mois de novembre de cette année. La moyenne d’âge des patients est de 52 ans, avec le plus jeune à 21 ans et le plus âgé à 72 ans. En 2024, 70 % d’entre eux avaient réalisé une séance de surf santé et 30 % deux séances ou plus. En 2025, ils sont 65 % à avoir réalisé une séance et 35 % deux séances ou plus. Les femmes représentaient 70 % des participants en 2024 et 87 % en 2025. Le nombre de bénéficiaires est passé de 17 en 2024 à 23 en 2025.

Ce qui ressort, pour le moment, de l’étude, c’est que les gens ressentent un bien-être sur la qualité de vie et la santé mentale à l’issue de la séance. La directrice de thèse, Anne-Laure Robbe, confirme cependant qu’il n’y a pas encore assez de données de ces deux années pour avoir des résultats probants, et qu'une année supplémentaire sera nécessaire pour augmenter la quantité de patients et donner une puissance statistique à l’étude. Anne-Laure Robbe et Grégoire Gohier souhaitent désormais intégrer une partie subjective à l’objectif de la thèse. L’enquête va évoluer vers le qualitatif ; par exemple, un soignant a témoigné n’avoir pas aussi bien dormi depuis trois ans après une séance de surf. Pendant 1 h 30, le surf santé permet de « se reconnecter à son corps ».

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