L’art du surf en noir et blanc : Entre technicité, environnement et esthétique

La photographie de surf, loin d’être une simple capture de sport aquatique, représente un exercice de style complet, exigeant une maîtrise technique rigoureuse et une sensibilité esthétique aiguë. Si le surf est un sport très accessible, nul besoin de payer une entrée ou d’acquérir une accréditation pour le photographier, sa pratique photographique confronte l’auteur à des contraintes environnementales majeures. À l’instar de la photographie de mer en général, où la fugacité de l’instant et la vivacité des sujets imposent une connaissance parfaite des cinématiques, le surf demande une immersion qui va au-delà de la simple pression sur le déclencheur.

La gestion du matériel en milieu hostile

L'électronique des appareils photo numériques et des objectifs n’apprécie guère l’eau. La première chose à faire quand on veut photographier du surf, c’est de protéger correctement l’ensemble du matériel. N’ayez pas peur de prendre votre matériel à la plage, mais soyez particulièrement vigilant, surtout si c’est votre première fois. Les protections existantes sont efficaces et intéressantes, mais très limitées aussi : elles ne protègent pas l’intégralité de votre matériel (trépied, monopode pour ne citer qu’eux) et si vous changez d’objectif, elles ne servent à rien ou si peu.

La première protection, et la meilleure, c’est déjà d’éviter tout danger. N’entrez pas dans l’eau plus que de raison, même si photographier tout en étant dans l’eau est une solution qui permet des angles inédits, cette pratique nécessite du matériel en conséquence, notamment un caisson étanche. Si la pluie s’invite, utilisez une protection simple : une poche en plastique épais, mais souple. Le sel et les embruns sont les ennemis les plus insidieux. Entre deux prises de vue, tournez l’objectif pour que le vent ne vienne pas déposer la couche « grasse » d’embruns. En compétition, après chaque photo ou série de photos, je tourne l’objectif contre moi pour limiter au maximum cet inconvénient.

À la fin de votre séance photo, pensez à nettoyer votre matériel, histoire d’éliminer la pellicule de sel et d’embruns qui recouvre tout le matos, monopode compris. J’en possède un à moitié gangréné par le sable et le sel, donc je sais de quoi je parle. Mais c’est ma faute, j’ai lésiné sur le nettoyage, alors qu’un petit coup d’eau claire lui aurait fait un grand bien. Ne changez pas trop souvent d’objectifs en plein milieu du sable ou de l’eau. Évitez de désaccoupler l’objectif quand il y a de fortes rafales de vent et tenez votre boîtier vers le bas ; le capteur regarde le sable.

Le choix des focales et la composition

Pour photographier du surf, on peut utiliser toute sorte de matériel, du grand angle au plus long des téléobjectifs. C’est l’avantage de la discipline, on peut vraiment varier les points de vue. Pour l’action de surf lointaine, un téléobjectif de type 300mm ou plus sera nécessaire ; sinon, vous n’aurez qu’un petit point noir sur une immensité de vagues. L’ouverture n’est pas primordiale, sauf si les conditions lumineuses font défaut. Donc si vous avez un 300mm f2,8 c’est super, mais si vous possédez un 300mm f4 ou même un 70-300mm f4,5-f5,6 ça ira très bien.

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La photo de surf ne se cantonne pas aux longs objectifs qui sur-peuplent les spots de compétition. On peut aussi se contenter d’une focale plus courte. Cela permet de faire des plans plus larges au moment de leur entrée dans l’eau, afin de saisir des moments de concentration intenses et intéressants. Le fait de cadrer plus large peut être utilisé pour mettre en valeur l’environnement du surfeur. Sur le célèbre spot de Biarritz, par exemple, il est possible de faire entrer la courbe des montagnes, notamment La Rhune, dans la composition de l’image. Parfois, l’environnement est particulièrement chargé ; rien de tel qu’une prise de vue au grand angle pour le montrer.

Stabilité et confort de prise de vue

Le monopode est ton ami ! C’est l’accessoire qui me paraît indispensable pour pouvoir photographier le surf. Il vous évite une fatigue certaine. Je vous déconseille de négliger ce point. Une compétition de surf, ça peut durer longtemps. Porter un appareil et un objectif peut se révéler rapidement très éprouvant, même si le matériel n’est pas spécialement lourd. Le monopode vous permettra aussi de bien vous stabiliser, pour un meilleur confort de prise de vue.

Vous pouvez aussi utiliser un trépied, mais je ne vois pas trop l’intérêt de s’alourdir inutilement. Le trépied peut aussi s’avérer très encombrant s’il y a du monde sur la plage. À force de le plier et de le déplier, vous allez faire entrer un maximum de sable et de sel dans le trépied. Il saura affronter le sable et les vagues, et reste peu encombrant, pas très cher et facile à transporter. C’est un allié précieux pour l’endurance du photographe sur le terrain.

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