Le surf est bien plus qu'une discipline sportive ; c'est un mode de vie, une quête perpétuelle de l'harmonie avec l'océan et, pour certains, une vocation qui transcende les limites de la compétition. Au fil des décennies, des athlètes exceptionnels ont marqué l'histoire de ce sport, certains par leurs titres mondiaux, d'autres par leur style unique ou leur courage face aux vagues les plus dangereuses de la planète. Cependant, cette passion dévorante comporte une part d'ombre, où l'océan, parfois impitoyable, a rappelé à lui des figures emblématiques bien trop tôt.
Andy Irons : L'icône du North Shore et une perte immense
Andy Irons était le surfeur le plus redouté sur le North Shore. Le monde du surf a été plongé dans une profonde tristesse lors de l'annonce de sa disparition. Le triple champion du monde Andy Irons a été retrouvé mort dans une chambre d'hôtel de Dallas, où il faisait escale après une hospitalisation à Miami avant de rallier Hawaï. Âgé de 32 ans, l'Hawaiien venait d'attraper la dengue, un virus transmis à l'homme par une piqûre de moustique. Mais la police a ordonné une autopsie puisqu'une overdose de médicaments (methadone) n'est pas à exclure. Une enquête est en cours.
Depuis quinze ans, Andy Irons était le plus grand champion de surf après Kelly Slater. Arrivé sur le circuit pro en 1998, il a connu une période faste de 2002 à 2004 en remportant trois titres de champion du monde. Durant cette période, il avait notamment triomphé trois fois de suite lors du Quiksilver Pro France, la manche qui se déroule chaque année fin septembre à Hossegor. En 2004 dans les Landes, il avait battu son frère Bruce lors d'une finale épique. Il était une légende à Hawaii. Pendant ces trois années au sommet, le surfeur de Kauai est sorti vainqueur d'une grande et médiatique rivalité avec Kelly Slater, lequel a repris son règne dans la foulée.
Sans doute le plus doué de tous sur les puissantes vagues du North Shore à Oahu, Irons s'est également fait un nom en s'adjugeant à quatre reprises la prestigieuse "Triple Crown of Surfing", la célèbre et symbolique compétition hawaiienne de fin d'année que chaque pro rêve de remporter un jour pour entrer dans la légende du surf. "AI" comptait également 20 victoires sur le circuit et était de retour en février sur le World Tour après une année sabbatique. Son dernier fait d'armes : une éblouissante victoire début septembre lors du Billabong Pro Tahiti. Andy Irons, dont la femme Lyndie est enceinte pour la première fois, était l'un des rois du tube.
Mikala Jones : La tragédie au cœur de l'Indonésie
Le monde du surf est en deuil. Mikala Jones, surfeur hawaïen âgé de 44 ans, est mort dimanche 9 juillet suite à un tragique accident. Originaire du North Shore d’Oahu, le temple du surf hawaïen en raison des vagues et de ses compétitions professionnelles, Mikala Jones a perdu la vie lors d’une session de glisse dans les îles Mentawii. Ce père de trois enfants a trouvé la mort après s’être fait enfermer dans une grosse vague. Dans sa chute, il se serait « sectionné l’artère fémorale au niveau de l’aine » avant de « subir une perte de sang massive ». Il est décédé alors que plusieurs personnes le sortaient de l’eau.
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Jones a mis sa GoPro dans sa bouche et a commencé à pagayer avec beaucoup d’énergie pour surfer la deuxième vague d’une série géante. Elle était très grosse, trois fois sa taille… Lorsqu’il est sorti de l’écume, quelques secondes plus tard, il s’est aperçu qu’il s’était coupé l’aine et a décidé de lâcher son leash. Adepte du « free surf » et célèbre dans le milieu grâce à ses images GoPro époustouflantes, Mikala Jones adorait partir à la découverte de vagues inconnues du grand public. Sous son dernier post Instagram, il a reçu de très nombreux hommages de légendes de ce sport, dont celui de Kelly Slater, considéré comme le meilleur surfeur de tous les temps, ou encore du célèbre surfeur français, désormais retraité, Miky Picon. Si ce type d’accident reste rarissime, ce n’est pas la première fois qu’un surfeur se sectionne l’artère fémorale lors d’une session.
Destins brisés : D'autres figures disparues
L'histoire du surf est ponctuée par ces départs brutaux qui marquent durablement la communauté. De son vrai nom Ryon Makuahanai Aikau, c’est un surfeur Hawaïen populaire qui a remporté le Duke Kahanomoku Invitational Surfing Championshop en 1977 à Sunset beach. Il disparait en mer le 17 Mars 1978 à 31 ans. Le Petit Prince de Tahiti originaire de l’archipel était un free-surfeur spécialise du big wave riding. Il remporte d’ailleurs le prix Billabong XXL Heaviest Tube en 2003 et le Monster Tube Award l’année suivante. Il nous quitte en 2005 emporté par une vague sur le spot de Banzai Pipeline sur le North Shore de Oahu.
Un surfeur américain ayant fait se réputation grâce à la vague de Mavericks en Californie. Dès son premier essai, il a été filmé et son wipeout est devenu légendaire. Durant toute sa carrière il a été reconnu comme un amoureux inconditionnel de l’océan où il s’y sentait bien. En 2001, il co-écrit un livre « The ultimate guide to surf ». Il rejoint le Paradis des surfeurs cette même année la veille de son 23ème anniversaire dans un accident de plongée aux Maldives. Ces pertes rappellent que, malgré toute la maîtrise technique, l'océan reste un milieu sauvage et imprévisible.
L'élite mondiale : La quête de la perfection
Chaque génération compte un surfeur professionnel dont le nom est reconnaissable, même si certains aspects du système de classification des surfeurs ne vous sont peut-être pas familiers. Les surfeurs professionnels sont parfaitement identifiés par les tableaux d’affichage de la World Surf League, tandis que les soul surfers ont été des professionnels dans le passé ou sont si bons qu’ils se distinguent des participants à diverses compétitions de surf ; toutefois, les soul surfers sont simplement à la recherche de la « vague parfaite » sans participer à des compétitions de manière officielle.
Robert Kelly Slater, surnommé « Slats », est le surfeur qui a remporté le plus grand nombre de championnats du monde. Né aux États-Unis, il est l’une des légendes les plus emblématiques du surf. Slater a remporté le championnat du monde plus de 11 fois, et a été champion ASP jusqu’à cinq fois consécutives dans les années 1990. Parmi les records mondiaux de cet extraordinaire surfeur figure celui d’être considéré comme le plus jeune et le plus vieux champion du monde avec un total de 51 victoires dans divers circuits professionnels.
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Stephanie Gilmore est l’une des plus grandes légendes du surf féminin. Cette Australienne est la surfeuse professionnelle numéro 1 et, en 2010, elle a été intronisée au Surfing Hall of Fame à l’âge de 22 ans seulement. Elle s’est distinguée en tant que meilleure athlète pour les ESPN ESPYs en 2011 et 2013. Gabriel Medina, surfeur brésilien, a été champion du monde en 2014 en éliminant rapidement ses concurrents et en 2018 il a réitéré l’exploit avec les manœuvres de surf les plus rares et les plus difficiles.
Diversité et évolution du surf professionnel
Le surf moderne est une discipline riche, où les parcours diffèrent grandement. Lakey Peterson, surfeuse américaine, a commencé à surfer à l’âge de 5 ans lors d’un voyage autour du monde avec ses parents. À 17 ans, elle s’est qualifiée pour la saison 2012 de l’ASP Women. Filipe Toledo, au style constant et méthodique, figure en tête de la liste des athlètes qui ont marqué les Jeux olympiques. Carissa Moore, née à Hawaï, a commencé à surfer à l’âge de 5 ans et a remporté son premier titre mondial à seulement 18 ans, devenant la plus jeune personne à le faire.
Julian Wilson, originaire de la Sunshine Coast en Australie, est reconnu pour sa créativité. En 2015, il a reçu une reconnaissance internationale après avoir pagayé sur l’un de ses rivaux (Mick Fanning) alors qu’il était attaqué par un grand requin blanc de 12 pieds de long en Afrique du Sud. Johanne Defay, surfeuse française d'origine réunionnaise, est le reflet de la persévérance. Championne du Vans US Open Of Surfing 2015 et du Fiji Women’s Pro 2016, son parcours témoigne de l'importance du soutien familial et de la ténacité nécessaire pour percer au plus haut niveau.
Malia Manuel, à 14 ans, est devenue la plus jeune femme à remporter l’US Open of Surfing. Wade Carmichael, quant à lui, a suivi un chemin plus atypique, ayant dû subvenir à ses besoins en travaillant dans d’autres domaines avant de percer parmi les meilleurs mondiaux. Ces profils variés démontrent que le succès dans le surf peut naître de contextes très différents, qu'il s'agisse d'une immersion précoce dans la culture hawaiienne ou d'une ascension méthodique portée par une passion inébranlable.
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