Peu de sportifs exposent autant leur corps au soleil que les surfeurs. Pour ces passionnés des vagues, dont l'activité se déroule souvent sous un soleil intense et une réflexion accrue des rayons UV sur l'eau, une protection solaire systématique dès le plus jeune âge s’impose pour prévenir les cancers de la peau. Le mélanome est le plus redoutable de tous ces cancers, mais il n’est pas le seul. La sensibilisation et la vigilance sont cruciales pour ces athlètes des océans.
L'Exposition Unique des Surfeurs aux Rayons Ultraviolets
Les surfeurs, par la nature même de leur sport, sont confrontés à une exposition solaire particulièrement intense et prolongée. Le gros problème avec le surf est que nous prenons une double dose de rayonnements solaires potentiellement nocifs : une dose en provenance du soleil et une autre dose qui vient des rayons qui se réfléchissent sur l’eau. Cette réverbération augmente considérablement l'intensité des UV reçus, rendant les mesures de protection d'autant plus vitales.
Il fut un temps où la culture de la prévention solaire était inexistante. « Je me rappelle que quand j’étais gamin, nous nous faisions cramer au soleil - il n’y avait pas encore cette culture de la prévention solaire », témoigne un surfeur expérimenté. Cette absence de vigilance passée a des conséquences aujourd'hui, et c'est pourquoi la sensibilisation est devenue une priorité. « Ce n’est que depuis ces dernières années que j’ai commencé à me mettre du zinc à chaque fois que je surfe. Je suis de retour dans l’eau et je m’en badigeonne à chaque fois que je sors maintenant. » Cette évolution des pratiques individuelles est le reflet d'une prise de conscience collective de plus en plus forte face aux dangers du soleil.
Le Cancer de la Peau : Un Fléau Réel et Ses Différentes Manifestations
Les cancers de la peau sont les cancers les plus fréquents, avec environ 100 000 nouveaux cas par an en France. Ce n'est pas un mythe, le cancer de la peau est un vrai fléau. Le mélanome, le plus grave d'entre eux, se développe généralement (mais pas toujours) horizontalement avant de s’enfoncer dangereusement dans la profondeur cutanée, ce qui laisse un peu de temps pour le dépister. Plus un mélanome est dépisté tôt, moins il a de risques d’être invasif avec des métastases. C'est pourquoi le dépistage précoce revêt une importance capitale.
D'autres formes de cancer de la peau existent, comme le carcinome spino-cellulaire (squamous cell carcinoma), dont un témoignage poignant souligne la gravité : « Merde, j’ai du mal à le prononcer, et je sais encore moins ce que c’est. D’après le docteur, il fallait l’enlever. » Le médecin qui a soigné cette personne a indiqué qu'un Australien sur deux aurait un cancer de la peau avant l’âge de 50 ans, soulignant l'ampleur du problème dans les régions fortement exposées au soleil.
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Dépistage Précoce : Connaître les Signes et Agir Rapidement
L'importance du dépistage ne peut être sous-estimée. Vous êtes la première personne capable de découvrir un mélanome à condition de connaître ses caractéristiques. Il s’agit d’un grain de beauté pas comme les autres et si vous en avez déjà de nombreux, il s’agit souvent du « vilain petit canard ». En effet, le mélanome a une « sale tête », il est asymétrique, à bords irréguliers, de couleur hétérogène (brun avec nuances de noir, de bleu, rouge…), de diamètre supérieur à 0,50 centimètre.
Un surfeur a partagé son expérience avec un « petit morceau de peau qui pèle sur ma lèvre inférieure. Parfois, il disparaissait presque mais il revenait ensuite. Ma copine me prenait la tête avec ça tout le temps, en particulier quand les choses sont devenues sérieuses entre nous ; j’évitais de l’embrasser à pleine bouche car ma lèvre était trop sensible. » Cet exemple illustre la persistance de certains symptômes qui, bien que parfois anodins en apparence, peuvent être les premiers signes d'une affection plus grave. Son conseil est clair : « je m’adresse donc à toute personne qui lit cet article et qui aurait un bouton, un grain de beauté suspect ou un morceau de peau squameux dont il ne serait pas sûr ; mon conseil est d’aller voir votre médecin traitant pour montrer votre lésion cutanée DÈS QUE POSSIBLE. » La chance a souri à cet individu, mais l'issue aurait pu être bien pire. « J’ai eu de la chance - une « grosse » lèvre, un visage enflé et quelques points de suture - c’est bien mieux que le scénario catastrophe qui peut survenir avec un cancer de la peau. »
Le Processus de Diagnostic et de Traitement
Au moindre doute, il faut consulter son médecin traitant qui pourra vous adresser chez le dermatologue. Ce spécialiste réalisera un examen clinique rigoureux et systématique de la tête aux pieds. Pour faire le diagnostic, il enlèvera la totalité de la tumeur par exérèse. L’analyse au microscope donnera le stade de la tumeur en fonction de sa profondeur d’infiltration dans la peau.
Le parcours d'un patient atteint de cancer de la peau peut être éprouvant. Suite au diagnostic d'un carcinome spino-cellulaire, un surfeur a dû subir une intervention chirurgicale : « Une semaine plus tard, je suis à l’hôpital pour une intervention chirurgicale avec les lumières vives, les docteurs, l’anesthésie et tout le bazar. Quelques heures après, je me sens groggy mais je dois rentrer à la maison avec 40 points de suture en bonus. Non seulement ils ont enlevé le cancer de ma lèvre mais ils ont aussi utilisé un morceau de peau en-dessous pour que tout se referme bien (NDLR : le chirurgien a utilisé un lambeau de peau pour recouvrir la perte de substance cutanée). » La convalescence n'est pas toujours simple : « Les jours suivants sont assez désagréables. J’ai une lèvre enflée, le visage tuméfié et toutes les personnes que je rencontre croient que je me suis fait tabasser. Les seules choses que je peux avaler sont de la bouillie ou un smoothie à la paille. Retourner à l’hôpital fut une expérience pénible, la douleur a été bien pire que ce que j’imaginais et je ne voulais pas avoir à subir tout cela de nouveau. » Heureusement, dans son cas, les résultats de l’anatomo-pathologie ont été positifs : « ils ont bien enlevé le cancer dans sa totalité de ma lèvre (pas besoin de reprise chirurgicale). »
Après l'opération, les soins ne s'arrêtent pas là : « Je dois prendre soin de ma cicatrice avec une crème à base de vitamine E et la masser pour aider les points internes à se résorber (ma copine est contente, elle se dit que je vais pouvoir me resservir de ma lèvre !) »
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Cette surveillance doit être encore plus rapprochée chez les surfeurs au phototype clair ou chez ceux ayant un antécédent de cancer cutané personnel ou familial, car ces facteurs augmentent le risque.
Stratégies de Prévention Actives pour les Surfeurs
Le meilleur moyen de prévenir les cancers de la peau est d’adapter son exposition solaire à son phototype et de se protéger en utilisant des vêtements couvrants et une crème solaire. Quand on parle protection solaire, on pense d’abord à la crème. Cependant, les vêtements couvrants offrent une barrière physique constante et souvent plus efficace que la crème seule. Les surfeurs et surfeuses doivent prêter une attention particulière à leur peau !
Plutôt que de faire de grandes campagnes de prévention de masse qui ne touchent pas leur cible, il peut être plus rentable - sanitairement parlant - de réaliser des actions de prévention ciblée. Les surfeurs sont parmi les sportifs les plus exposés aux cancers de la peau et il est primordial de les sensibiliser aux dangers de la surexposition solaire en fonction de leur phototype. Pour qu’ils se sentent concernés par le message de prévention solaire, il faut idéalement aller à leur rencontre sur leur lieu de pratique.
Des initiatives comme celles de Surf Prevention, associée à la Ligue contre le Cancer dans le cadre de la campagne de prévention des risques solaires « Le soleil n’aura ni ma peau, ni mes yeux ! », sont des exemples concrets de ces actions ciblées. Une première journée de sensibilisation a été prévue sur la Côte Basque à Biarritz, plage de la Milady à l’occasion du Surfing Day, avec un stand de prévention distribuant plaquettes, autocollants et tops de protection solaires pour les jeunes surfeurs des clubs du BASCS.
En Australie, le Cancer Institute NSW sponsorise même des épreuves sportives, comme l’épreuve féminine de longboard ASP de la division LQS (Longboard Qualifying Series) au Malfunction Surf Festival. Cet institut du cancer est partenaire dans le cadre de leur campagne « Dark Side of Tanning », « le côté obscur du bronzage ». Ces partenariats sont significatifs : « C’est un partenariat qui signifie beaucoup pour nous au Malfunction Surf Festival car ces dernières années nous avons perdu trop de surfeurs du cancer et en particulier du mélanome. » Le site Internet de cette campagne de prévention solaire illustre la qualité du travail préventif effectué en Australie, avec des vidéos de sensibilisation au mélanome et des affiches percutantes comme celle avec le slogan choc « des conditions parfaites pour un mélanome ».
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La prévention et la sensibilisation sont donc essentielles, encore plus au commencement de la saison estivale où les indices UV peuvent atteindre 7 ou 8 en bord de mer. Du 12 au 17 juin 2022, la semaine de prévention et de sensibilisation au dépistage ciblé des cancers de la peau a été l'occasion pour le Syndicat National des Dermatologues - Vénéréologues de faire le point sur les métiers les plus à risques et sur les gestes à adopter.