L'Esprit du Surfeur Breton : Entre Quête d'Aventure, Engagement et Authenticité

Le monde du surf breton est peuplé de figures singulières, alliant une passion indéfectible pour l'océan à une soif d'exploration et un profond respect pour l'environnement. Des pionniers aux jeunes prodiges, en passant par des collectifs engagés, la Bretagne, avec ses kilomètres de côtes découpées et sa "lumière qui est un cadeau pour les photographes et cameramans", forge des surfeurs dont le parcours est aussi riche que les vagues qu'ils recherchent, qu'elles soient connues ou inexplorées, parfaites ou "moches". Ce n'est pas seulement une pratique sportive, mais une véritable philosophie de vie, souvent ancrée dans la camaraderie et une conscience aiguë de la fragilité des joyaux naturels. Cette mosaïque d'expériences et de visions dessine les contours d'une identité de surfeur unique, profondément liée à sa terre et ouverte sur le monde.

Erwan Simon : L'Explorateur Inlassable des Rivages Oubliés

Dans le Morbihan, en Bretagne Sud, vit un surfeur breton, Erwan Simon, qui incarne cette soif d'exploration. Sa passion pour le surf l'a mené à travers le monde, son leitmotiv étant l'exploration et la découverte de rivages et de vagues inconnues. C’est à Fort-Bloqué, entre Guidel et Ploemeur dans le Morbihan, qu'Erwan Simon, 42 ans, a appris à surfer, et même s'il parcourt le globe, il finit toujours par y revenir. Il raconte ses débuts dans le surf, expliquant qu'il a passé sa vie près de la mer. Ayant d'abord essayé le bodyboard avec un ami, il a très vite voulu passer au surf. C’était dans le début des années 90, à une époque où il n’y avait pas d’école de surf en Bretagne. On apprenait alors entre amis, en se prêtant du matériel. Bien qu'il ait fait un peu de compétitions, il s'est très vite tourné vers les voyages et surtout vers l'exploration.

Son quotidien est rythmé par l'océan : il va voir la mer et les vagues dès qu'il se lève, habitant à seulement 50 mètres de la plage. Entre deux sessions, Erwan Simon a plusieurs activités, notamment l'écriture et de nombreuses recherches pour préparer de nouvelles expéditions vers des destinations inconnues. Ses explorations l'ont conduit vers des expériences uniques. Il se souvient d’un moment inexplicable lorsque, seul, il a trouvé et surfé une vague dans l’archipel paradisiaque de Saint Brandon, en plein milieu de l’Océan Indien. Il évoque également une session mémorable en Mauritanie avec l'équipe surfEXPLORE, où ils avaient découvert une vague formidable en plein Sahara que le groupe a baptisé Météorite en hommage à Théodore Monod. Il a aussi adoré partager la vie des pêcheurs Sherbro sur des îles sauvages au large de la Sierra Leone. Sans oublier des destinations comme Haïti, l’Algérie, l’Albanie, Madagascar, la Papouasie, Saint Pierre et Miquelon, le Bangladesh, et des dizaines d’autres, qui ont toutes laissé des sessions et des souvenirs mémorables.

Erwan réalise entre trois et cinq expéditions par an, seul ou accompagné, témoignant qu'il reste encore des endroits inexplorés. Sa dernière session insolite remonte à l’automne 2022, lorsqu'il est parti durant quinze jours chercher les vagues au… Kazakhstan. Il sourit en racontant cette aventure, expliquant que "personne ne sait qu’il y a la mer là-bas". Il précise qu'il s'agit de la mer Caspienne, une étendue d’eau fermée, entourée par la Turquie, la Russie, l’Azerbaïdjan et l’Iran. S'étant dit qu’il devait y avoir des vagues, il a entrepris ce périple. Oubliant un instant l’empreinte carbone d’un tel voyage, il est arrivé à l’aéroport d’Aktaou avec sa planche de surf sous le bras, un événement qui n’est pas passé inaperçu. Erwan Simon a surfé au Kazakhstan, en mer Caspienne précisément, et comme il l'explique avec humour, il y a des moules et des phoques. Cette quête de l'inconnu n'est pas sans danger, comme en Guinée-Bissau où, à un moment, il a perdu la vague.

Au-delà du surf, Erwan nourrit d'autres passions dans la vie : il adore voyager, découvrir de nouvelles destinations et des gens différents. Il aime apprendre de tout cela et voue un amour profond à la nature. Bien qu'il ait fait un peu de skateboard et de snowboard, c'est sans faire de grandes étincelles, le surf restant sa passion principale.

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Face aux Menaces : L'Engagement pour l'Hydrodiversité et la Protection des Océans

Les années d'exploration ont permis à Erwan Simon d'observer des changements préoccupants dans les environnements marins. Depuis qu'il a commencé le surf, il a vu ses spots préférés se dégrader. "J’ai vu la pollution augmenter sur de nombreux spots de surf," constate-t-il. Ce constat s'accompagne d'une triste réalité : "Pire encore, j’ai surfé des spots qui ont aujourd’hui disparu, engloutis sous les constructions de digues, de ports, d’hôtels et même d’îles artificielles." Avec l’accroissement fulgurant du développement à travers le monde, beaucoup de vagues sont menacées. Depuis le temps qu’il parcourt le monde à sa façon, le surfeur mesure l’impact de la pollution, en particulier celui du plastique, porté par les courants qui vont du nord vers le sud. Il souligne que l’Asie et l’Afrique sont particulièrement concernées, car ces continents connaissent un boom économique, consomment de plus en plus, et il n’y a pas de recyclage. Erwan Simon pointe également les ravages du bétonnage induits par le tourisme de masse, même en quête de la prochaine vague insolite.

Ces observations ont eu un impact profond sur sa pratique. Sa vision sur l’avenir des océans évolue. Bien qu'il n’ait pas le pouvoir de changer les choses à grande échelle, il estime pouvoir faire évoluer sa façon de surfer et d’approcher la mer. C'est dans cet esprit que, depuis plus de 10 ans, il surfe avec les planches de VINCE surfboards, un atelier de shape artisanal situé à la Côte Sauvage de Quiberon. Pour les riders souhaitant réduire leur impact sur l'environnement, Erwan conseille qu'il est important de faire ses planches sur mesure chez son shaper local, et si possible en réfléchissant aux matériaux utilisés. Il exprime également sa conviction que les sciences et la recherche participeront aux nouvelles solutions environnementales. Ses recommandations sont claires : "En voyage, comme chez vous, consommez local. Et surtout protégez ce que vous aimez : votre spot !"

C'est fort de ce constat qu'Erwan Simon a un projet ambitieux pour 2020. Cela fait plus de 15 ans qu'il voyage à travers le monde en quête de vagues inconnues, et il sait maintenant que chaque vague possède sa propre identité. Les mers et les océans de notre belle planète offrent une formidable diversité de vagues. Il a appris le rôle et l’importance de ces vagues au sein de la nature et il est convaincu qu'il est crucial de les protéger. Son idée maîtresse est la promotion de l'hydrodiversité : "Si la biodiversité c’est la diversité des êtres vivants, alors je veux promouvoir « l’hydrodiversité », c’est à dire la diversité des vagues." Il met en avant le potentiel de la France, qui, avec la seconde plus grande aire maritime du monde, offre avec ses terres outre-mers une incroyable hydrodiversité. Son objectif est clair : "Il est important de créer des « Réserves de Vagues » afin de protéger ces joyaux naturels." Il salue d'ailleurs le guide du "TOP 50 des marques de glisse éco-responsables" comme une bonne initiative.

"Lost in the Swell" : L'Aventure "Lente" et l'Écologie au Cœur de la Vague

Dans le paysage du surf breton, d'autres figures incarnent un engagement similaire et une quête d'un surf plus authentique. Ewen, Ronan et Aurélien, trois amis, se sont fait connaître sous le nom de "Lost in the Swell". Depuis plus de quinze ans, ils parcourent le monde à la recherche des vagues les plus secrètes et spectaculaires. Ce trio breton a gagné en notoriété sur YouTube grâce à ses aventures uniques et sa manière singulière de vivre le surf. Ils ont fait toute leur scolarité ensemble à Brest, prenaient des cours de voile et de navigation. Aurélien les a rencontrés un peu plus tard, vers la vingtaine. Profondément attachés à cette Bretagne qu’ils portent haut sur leurs planches, Ewen et Ronan vivent aujourd’hui à Crozon et Audierne, tandis qu’Aurélien s’est installé dans les Landes, justifiant son choix par un sourire : "J’ai fui un peu le mauvais temps breton."

À l'origine du concept "Lost in the Swell" ("Perdus dans la houle") se trouve une passion commune pour la glisse et l'exploration. Comme l'explique Aurélien, "depuis qu’on est tout jeunes, on lit des histoires de surfeurs explorateurs. En Bretagne, on a des kilomètres de côtes, et le surfeur adore découvrir le spot d’à côté, puis celui d’après." Mais cette quête ne se limite pas à la performance sportive. Pour les trois joyeux compères, elle s’accompagne d’une réflexion plus profonde sur la relation à l’océan. "Le surfeur, il est dans l’eau, pas sur l’eau," souligne Aurélien. Ils se sont rendu compte en voyageant que la qualité de l’eau est essentielle. Tandis qu'en Bretagne, l'eau est exceptionnelle, ils voyaient ailleurs des surfeurs tomber malades, avec des otites et des infections. C'est ainsi qu'ils ont compris que "la santé de l’océan, c’est aussi la nôtre."

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Cette prise de conscience a profondément façonné leur démarche. Avec "Lost in the Swell", l’écologie n’est pas un slogan mais un mode de vie. "On essaye de remplacer le plus possible la pétrochimie : des planches en matériaux plus nobles, des bateaux éco-conçus… Et on se déplace à la voile. On a arrêté de prendre l’avion pour nos projets," résume Aurélien. Cet engagement est salué par leurs partenaires, notamment Oxbow, qui leur permet, en tant qu'ambassadeurs, de vivre de leurs films et de continuer à créer.

Leur nouveau film, « Slows, les lents de la mer », dont la sortie est prévue le 21 novembre, immortalise leurs explorations de spots isolés à bord de leur bateau de 9 mètres. L'une de leurs aventures les plus marquantes a été une traversée rocambolesque de l'Atlantique. Ewen Le Goff et Aurélien Jacob ont bénéficié des conseils de la navigatrice Samantha Davies, qui les a guidés. Aurélien Jacob se souvient : "Elle nous a appris énormément. On a passé 48 heures avec elle, elle nous a raconté plein d’anecdotes, et surtout, elle nous a aidés à comprendre comment le bateau réagit selon le vent et la houle." Partis de La Trinité-sur-Mer, ils ont affronté les dernières tempêtes de l’hiver, restant 35 jours en mer, dans le froid et la fatigue. "Mais on se connaît par cœur maintenant. Chacun sait gérer les moments de faiblesse de l’autre. Et au bout de tout ça, on a trouvé des vagues parfaites, complètement désertes," raconte-t-il.

De cette traversée est né un film, projeté en avant-première dans une vingtaine de villes françaises, qui attire un public nombreux et fidèle. Le 20 novembre, le trio présentera sa dernière réalisation au Grand Rex, à Paris. Aurélien se réjouit : "C’est fou, on ouvre souvent la plus grande salle de France, et on doit rajouter une deuxième séance. En moyenne, on fait 500 à 600 personnes par soir. Ce qui est génial, c’est qu’on a un public multigénérationnel, des enfants aux parents."

Leur philosophie, quand la météo bretonne s’en mêle et que la planche devient un parapluie improvisé, est claire. "Le surf est victime de son succès. Beaucoup prennent l’avion pour aller se 'gaver' de vagues sans vraiment vivre le voyage. Nous, on essaie de rappeler que l’aventure, ce n’est pas que la destination. C’est aussi tout ce qu’il y a entre le départ et l’arrivée," souligne Aurélien. Il ajoute : "Notre philosophie, c’est d’aller plus lentement, à la vitesse de la vraie vie. On montre qu’on peut surfer autrement, sans chercher la performance, sans la compète. Ce qui compte, c’est le voyage, les rencontres, les galères aussi." Ce message passe, notamment auprès des jeunes. "On nous écrit régulièrement. Notre conseil, c’est de ne pas vouloir partir tout de suite au bout du monde. Commencez par une petite aventure, testez le matériel, apprenez à gérer le confort, la fatigue… Le confort, c’est ce qui te permet de bien dormir, et donc d’être en forme pour la journée," rappelle le surfeur.

Quand on lui demande quel spot l’a le plus marqué, Aurélien hésite un instant, car "chaque voyage a été unique." Il évoque le Gabon, où ils se sont fait charger par des éléphants et des hippopotames, et la Patagonie, où ils surfaient au pied d’un glacier dans une eau à zéro degré, découvrant une vague "world class". C'est une aventure qu’ils partagent volontiers, allant jusqu'à donner les coordonnées GPS, "ce qui ne se fait jamais dans le surf," plaisante-t-il. Les projets ne manquent pas, avec quatre films déjà prévus jusqu’en 2028. Dès la fin de la tournée, ils repartent en mer pour un nouveau projet voile "un peu fou," toujours avec la même idée : aller dans des contrées isolées, surfer seul, redécouvrir le vrai sens de l’aventure. Aurélien conclut en exprimant ce qui les anime : "cette sensation de liberté absolue. Être là où personne n’est encore allé, en phase avec la mer et avec soi-même."

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Ian Fontaine : L'Éloge du Surf Breton Authentique et Convivial

Ian Fontaine, un surfeur de 28 ans installé à Quimper (Finistère), est un amoureux de la Bretagne qui a une vision pragmatique et authentique de sa passion. Bien qu'il ait déjà surfé certaines des plus belles vagues du monde, ayant même passé six mois à Tahiti l'an dernier pour découvrir le spot mythique de Teahupo'o qui accueillera l’épreuve olympique des JO de 2024, il n’a pourtant jamais oublié ce qu’était et ce que redeviendrait rapidement son quotidien en Bretagne. Ce quotidien est une quête perpétuelle de vagues pas trop ventées dans une eau qui plafonne souvent à 17 degrés, même en plein été.

Après sa parenthèse en Polynésie, Ian Fontaine s’est lancé cet hiver dans une autre mission pour montrer le quotidien des surfeurs bretons. Dans la série « Fun first » qu’il a réalisée avec son ami Gaetan Duque, le rider français ne montre pas son meilleur surf, car l’essentiel était ailleurs. L’idée a germé au cœur d’un hiver tempétueux après avoir arpenté le Finistère en quête d’un spot convenable. Ian explique : "Quand on filme, on cherche toujours à avoir les plus belles vagues, les images qui claquent, les meilleures sessions. Mais ça ne décrit pas forcément notre quotidien. Souvent en Bretagne, on a des conditions pourries mais ça ne nous empêche pas de nous marrer. C’est ça qu’on a voulu montrer."

Cet hiver, le surfeur a donc enfilé sa combinaison la plus épaisse, sa cagoule, et sillonné la région en quête de vagues "moches" ou peu cotées. Loin, très loin du paradis de Tahiti, il s'est souvent retrouvé seul, galérant parfois pour se mettre à l’eau et s’employant pour tenir debout sur des crêtes d’eau balayées par le vent. Ici, comme partout ailleurs sur le littoral français, le nombre de pratiquants a explosé, donnant parfois lieu à des attroupements peu agréables derrière la barre. Ian Fontaine a exploré "des endroits un peu cachés ou oubliés. Des vagues isolées, avec des rochers au milieu, collées à la digue ou à la sortie d’une rivière. Pas vraiment les spots qui font rêver."

Mais la Bretagne a ses atouts : "On sait qu’on n’a pas les meilleures vagues de la planète. Mais on avait envie de montrer nos atouts. En Bretagne, tu peux presque surfer tous les jours de l’année si tu cherches bien." Gaetan Duque, cofondateur de la Zephyr Surf School, située à deux pas du spot connu de la Torche, abonde dans ce sens. Il souligne la côte tellement découpée de la Bretagne, qui permet de toujours trouver un spot abrité, ce qui n'est pas le cas dans le Sud-Ouest par exemple, avec ses vagues très creuses à Hossegor, mais qui n'ont qu'une seule orientation. Si le vent tourne, la qualité de surf est impactée. En Bretagne, les spots sont nombreux en baie d’Audierne, le bout de la Presqu’île de Crozon offre une belle orientation, et la pointe au Conquet est très intéressante aussi, tout comme Plouhinec. Même après quinze ans passés dans la région, Gaetan Duque, qui a commencé par le bodyboard à la Réunion, reconnaît "ne pas tout connaître" des secrets des spots bretons.

Pour Gaetan Duque, il était parfois "musclé pour filmer !" à cause des courants ou des rochers. Il précise : "De toute façon ne verra pas le meilleur surf d’Ian mais ce n’était pas le but. On avait davantage envie de montrer ce côté mission, cette aventure pour explorer tout ce qu’il y a autour." Un point essentiel de leur démarche est que "le surf, c’est un sport de copains." Avec cette petite série vidéo financée par le sponsor Manera, les deux hommes espèrent "décomplexer les surfeurs bretons" et les inviter à explorer d’autres lieux que les vagues les plus prisées. "On a l’impression que tout le monde veut aller au même endroit, en pensant que c’est le meilleur. Des fois, tu t’éclates plus dans ta petite vague cachée que sur le spot bondé," estime le réalisateur. Ian Fontaine, de son côté, avoue : "J’ai parfois la flemme d’y aller quand le temps est dégueu. Mais dès qu’on se met à l’eau avec les potes, on ressort toujours avec la banane." Addict à son sport, celui qui s’affiche parmi les 30 meilleurs Européens ne peut pas passer une semaine sans surfer, démontrant ainsi la force de son attachement à sa pratique.

Ian Fontaine et ses amis ont également lancé un projet "J'irai dormir chez moi", qui "cartonne sur YouTube". À bord d'un bus hôtel itinérant, une bande de copains surfeurs se retrouvent pour faire la démonstration du surf bonheur en Bretagne. Ian Fontaine s'est dit, comme ses potes : "A force de chercher ailleurs, on ne se rend pas compte qu’on a les vagues idéales chez nous." "On ne prenait pas le temps de se réunir à plusieurs sur une semaine chez nous en Bretagne," ajoute-t-il, soulignant la richesse et la diversité des spots locaux qui n'ont rien à envier aux destinations plus lointaines, souvent plus célèbres mais moins variées en fonction des conditions.

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