La Bretagne, terre de légendes et de traditions, est souvent associée à des clichés tenaces, dont celui d'une consommation d'alcool excessive. Qu'en est-il réellement des surfeurs bretons face à cette image ? Cet article explore cette question en s'appuyant sur le quotidien des surfeurs bretons, leurs particularités et les initiatives visant à promouvoir une pratique du surf responsable.
Le surf en Bretagne : un défi permanent
Le surfeur breton, à l'image d'Ian Fontaine, est avant tout un passionné qui doit composer avec les conditions souvent difficiles de la côte bretonne. Loin des spots paradisiaques de Tahiti, Ian Fontaine, installé à Quimper, aime la Bretagne. Après son séjour en Polynésie, Ian Fontaine s'est lancé cet hiver dans une autre mission pour montrer le quotidien des surfeurs bretons. La quête de vagues "pas trop ventées dans une eau qui plafonne souvent à 17 degrés, même en plein été" est un défi permanent. Dans la série « Fun first » qu’il a réalisée avec son ami Gaetan Duque, le rider français ne montre pas son meilleur surf. L’essentiel était ailleurs.
Cette réalité, loin des images idylliques, est au cœur de la démarche d'Ian Fontaine et de son ami Gaetan Duque, qui ont réalisé la série "Fun First". L'idée a germé au cœur d’un hiver tempétueux après avoir arpenté le Finistère en quête d’un spot convenable. « Quand on filme, on cherche toujours à avoir les plus belles vagues, les images qui claquent, les meilleures sessions. Mais ça ne décrit pas forcément notre quotidien. Souvent en Bretagne, on a des conditions pourries mais ça ne nous empêche pas de nous marrer. C’est ça qu’on a voulu montrer », explique Ian Fontaine. Leur objectif est de montrer le quotidien des surfeurs bretons, souvent fait de conditions difficiles mais toujours empreint de camaraderie et de plaisir.
La convivialité : une valeur essentielle
Malgré les conditions parfois rudes, le surf en Bretagne est avant tout une affaire de copains. « On aime rappeler que le surf, c’est un sport de copains », estime Gaetan Duque. Cet esprit de convivialité se retrouve dans la façon dont les surfeurs bretons partagent les spots, même les moins connus.
Ian Fontaine s'est aventuré sur des spots peu connus à la découverte de vagues isolées et rarement surfées. Le cofondateur de la Zephyr Surf School, école située à deux pas du spot connu de la Torche, n’a pas toujours pu se mettre à l’eau pour filmer les « exploits » de son pote Ian Fontaine. Trop de courants ou de rochers. « C’était parfois musclé pour filmer ! De toute façon ne verra pas le meilleur surf d’Ian mais ce n’était pas le but. On avait davantage envie de montrer ce côté mission, cette aventure pour explorer tout ce qu’il y a autour. La Bretagne a une côte tellement découpée que tu peux toujours trouver un spot abrité. Ce n’est pas le cas dans le Sud-Ouest par exemple ».
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Décomplexer le surf breton
Avec cette petite série vidéo financée par le sponsor Manera dont le premier épisode a été diffusé dimanche, les deux hommes espèrent « décomplexer les surfeurs bretons ». Et les inviter à explorer d’autres lieux que les vagues les plus prisées. « On a l’impression que tout le monde veut aller au même endroit, en pensant que c’est le meilleur. Des fois, tu t’éclates plus dans ta petite vague cachée que sur le spot bondé », estime le réalisateur. « J’ai parfois la flemme d’y aller quand le temps est dégueu. Mais dès qu’on se met à l’eau avec les potes, on ressort toujours avec la banane », ajoute Ian Fontaine. Addict à son sport, celui qui s’affiche parmi les 30 meilleurs Européens ne peut pas passer une semaine sans surfer. Ça tombe bien.
Les clichés sur les Bretons et l'alcool
Ah, les Bretons ! Ils traînent derrière eux toute une ribambelle de clichés, souvent répétés avec un brin d’humour et un soupçon d’exagération. Mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce qu’il pleut tout le temps ? Sont-ils vraiment tous marins et têtus ? 🌧️ 1. C’est sans doute le cliché numéro 1 ! Bon… c’est vrai, la Bretagne est arrosée… mais pas plus que certaines autres régions françaises. Et puis en Bretagne, il peut pleuvoir le matin et faire grand soleil l’après-midi (parfois dans la même heure 😂). D’ailleurs, les Bretons aiment dire qu’ils ont « le soleil dans le cœur »… et franchement, c’est ce qui compte, non ? ⚓ 2. 🍻 3. Ce cliché a la dent dure, mais il est vraiment daté. Aujourd’hui, les Bretons aiment toujours faire la fête, c’est vrai 🎉 Mais leur consommation d’alcool n’est pas supérieure à la moyenne nationale, et ce cliché tend à s’effacer. 🐏 4. On dit souvent des Bretons qu’ils ont la tête dure, et ce n’est pas complètement faux… Mais est-ce vraiment un défaut ? Cette réputation vient surtout de leur persévérance, leur attachement à leurs racines et leur capacité à défendre ce qui leur tient à cœur. En clair, les Bretons savent ce qu’ils veulent, et ils s’y tiennent. 🏴 5. Oui, les Bretons aiment leur région, et ils ne s’en cachent pas ! Mais ce chauvinisme est toujours bon enfant, accompagné d’un grand sens de l’accueil. Ici, on partage facilement une crêpe, une plage, ou un coucher de soleil. Les clichés ont parfois un fond de vérité… mais ils ne disent jamais tout ! Les Bretons sont bien plus qu’une image de carte postale. 🌳 Les plus belles voies vertes d’Ille-et-Vilaine pour vos balades à vélopar Maÿlis LUCO10 août 2025Envie de vous évader en pleine nature, sans voiture ni stress ? 🚲 Les voies vertes d’Ille-et-Vilaine sont faites pour vous. Le canal de Nantes à Brest en camping-car : une aventure au fil de l’eau 🚐🌿par Maÿlis LUCO31 juillet 2025Envie de découvrir la Bretagne autrement, loin des foules et des plages bondées ? La Route des Phares du Finistère : 20 étapes à ne pas manquer 🌊💡par Maÿlis LUCO13 juillet 2025Envie d’un voyage hors du commun en Bretagne ? Suivez la Route des Phares du Finistère ! Que faire en 7 jours en Bretagne ? Le guide des incontournables 🌊🌿par Maÿlis LUCO3 juillet 2025Vous vous demandez que faire en 7 jours en Bretagne sans passer votre temps en voiture ?
Si les Bretons aiment faire la fête, leur consommation d'alcool n'est pas supérieure à la moyenne nationale. Ce cliché tend à s'effacer, notamment grâce à une prise de conscience des risques liés à l'alcool et à la promotion d'une consommation responsable.
Humour et autodérision : une façon de déconstruire les stéréotypes
« On ne s’appelle pas tous Goulven ou Loïc. Non. Il y a des Gwendal et des Youenn aussi. » Sur Youtube, Julfou a été l’un des premiers à rire des clichés de sa région. Température de l’eau, sabots, alcool, menhirs… Pendant 3 min 45, il fait le tour des plus gros stéréotypes bretons, et les tourne en dérision. Résultat ? Depuis, d’autres youtubeurs se sont prêtés au jeu. C’est le cas de TimOfficialVideos. À seulement 16 ans, le jeune homme originaire de Quimperlé est devenu la star des ados avec plus de 1 700 000 abonnés. En mars dernier, agacé d’entendre en boucle tous ces clichés, il a publié un film de 8 minutes pour les ridiculiser. « Être Breton c’est pas toujours facile »Mais attention, ne rit des Bretons que celui qui est lui-même de la région. « Quand un black fait des blagues sur les blacks, c’est drôle. Si c’est un blanc ca marche beaucoup moins. Lui aussi s’est lancé sur Youtube. Et dès la description de sa vidéo, le Vannetais annonce la couleur : « On vient tous de quelque part, moi c’est de la Bretagne. Et être Breton, c’est pas toujours facile ». Et à côté de ces humoristes en herbe, d’autres se sont trouvés de vrais talents de chanteurs. Sur un rap rempli de clichés, Jean Floc'h et Grandpamini se trémoussent, près d’un comptoir ou au pied d’un phare. « La Bretagne ça nous gagne, le ghetto à la campagne » sert de refrain. « Là où le soleil n’existe pas et où les tee-shirts sont mouillés au chouchen », complètent les paroles. Dans le clip, Bigoudènes, bières, ciré jaune et paté Henaff s’enchaînent.4 min 40 de vannes et de rimes crasseuses, visionnées plus de 2 600 000 fois depuis 2012. Un buzz qui a tout de même propulsé le duo. « Ça a fait du bruit dans Landerneau, plaisante Jean-Floch. Sur le réseau social au pouce bleu, la page « Et ça se dit breton » relaie constamment vidéos et images humoristiques. « Plus de beurre que de mal (proverbe breton) » ou « La famille, c’est comme une pile de crêpes, il y a toujours quelques ratés » s’inscrivent sur le fil d’actualités. Sur le web, les clichés semblent donc bien fonctionner.
L'humour et l'autodérision sont des armes efficaces pour déconstruire les stéréotypes. De nombreux youtubeurs et artistes bretons s'amusent des clichés sur leur région, contribuant ainsi à les déconstruire et à montrer une image plus nuancée de la Bretagne et de ses habitants.
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Surf et substances : une prise de conscience nécessaire
Une campagne de dépistage inédite se déroule sur le littoral français. Mise à jour du mercredi 2 avril : cet article publié le 1er avril était bien un poisson d’avril. Pour le moment seule la Corée du Sud interdit de pratiquer le surf en état d’ivresse. Il est désormais interdit de surfer après usage de stupéfiants (cannabis, ecstasy, cocaïne, opiacés, LSD) et l’interdiction s’applique quelle que soit la quantité de drogue consommée. Pour l’alcool le taux limite est fixé à 0,5 g d’alcool par litre de sang soit 0,25 mg d’alcool par litre d’air expiré. Dès samedi les forces de l’ordre (police, gendarmerie) ont enclenché une large opération « Plage Nette » multipliant les dépistages sur plusieurs spots de la côte Atlantique. Pour le procureur de la République Guillaume Boiquedlo, alcool et drogue sont totalement incompatibles avec le surf, et il s’agit d’éviter les conduites à risque. Un collectif « High Surf » s’est rapidement formé pour s’opposer à cette nouvelle réglementation. Leur avocat, Maître Mauvez-Lang, affirme que ces contrôles menacent de diviser par quatre le nombre de surfeurs dans la région Bretagne.
La pratique du surf sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants est un problème réel, qui fait l'objet d'une prise de conscience croissante. Bien que l'information ci-dessus soit un poisson d'avril, elle soulève une question importante : la sécurité des surfeurs et des autres usagers de la plage. La consommation d'alcool ou de drogues peut altérer les capacités physiques et mentales, augmentant ainsi le risque d'accidents.
L'exemple de Kilian du Couëdic : une hygiène de vie exemplaire
21 nov. Quatorze années après, Kilian du Couëdic, 48 ans, est redevenu champion de France de windsurf (fun board) dans les vagues, dimanche 19 novembre 2023 à Siouville (Manche). « J’ai passé les premiers tours assez rapidement. J’étais considéré comme tête de série. Il y a de l’eau qui est passée sous les ponts depuis ma victoire. D’autres Français sont très forts maintenant. Je n’ai pas d’énormes prétentions. Vidéos : en ce moment sur Actu12 minutesKilian du Couëdic redevient donc champion de France. « J’étais ravi. C’est vraiment bien pour mon école Vitavoile à Saint-Cast. »Pendant 12 minutes, ils devaient présenter des figures et surfer dans des vagues de 4 mètres de hauteur. Les jurys ont évalué la meilleure performance des deux finalistes.Une bonne hygiène de viePour arriver à de tels résultats, le champion de France conserve une bonne hygiène de vie et pratique beaucoup de sport. « Je ne fume pas et n’abuse pas de l’alcool. Et je vais dans l’eau dès qu’il y a des vagues. » Kilian s’entraîne principalement chez lui à Saint-Lunaire mais part avec des amis à Crozon, Quiberon et Santec.
Kilian du Couëdic, champion de France de windsurf, est un exemple d'hygiène de vie exemplaire. Il ne fume pas, n'abuse pas de l'alcool et pratique beaucoup de sport. Cette discipline lui permet de maintenir un niveau de performance élevé et de profiter pleinement de sa passion.
Thomas Joncour : un surfeur atypique et passionné
Bien sur, tous les surfeurs ne se ressemblent pas. Que ce soit dans sa manière de surfer ou dans sa façon d'être, chaque surfer est unique. Mais ils en existent certains qui se distinguent vraiment. Thomas Joncour alias "La Jonquette" est certainement quelqu’un que l’on pourrait qualifié d'atypique. Ce surfer, qui a vécu à la Réunion, et qui écume aujourd'hui les spots de Bretagne, est de plus en plus souvent présent dans des productions filmées où le free-surf se taille la part du lion.Rencontre avec un surfer différent… et c’est tant mieux !Nous n'avons pu obtenir l'ensemble des crédits photos de cette interview, si jamais une de vos photos est publiée et que vous souhaitiez qu'elle soit retirée ou que votre nom apparaisse, merci de m'envoyer un MP Tu as vécu à la Réunion, tu vis maintenant en Bretagne. Une nécessité ou un choix de cœur ? Car entre le soleil réunionais et son eau chaude et la Bretagne et ses hivers hard core, pour un surfeur souvent le choix est vite fait? On pourrait croire que c’est par nécessité que je suis rentré en Bretagne après presque 10 ans a la Réunion mais en fait c’est un choix personnel, que j’ai fait pour plusieurs raisons :sur l’ile de la Réunion je me sentais isolé géographiquement étant donné qu'à l’époque peu de destination étaient disponibles au départ de St Denis et j’avais vraiment envie de voyager, de découvrir d’autres vagues parce que je sentais que j’avais fait le tour des spots de la Réunionj’avais envie de retrouver mes racines qui me manquaient et la culture bretonneje savais qu’en Bretagne le potentiel de surf était énorme et donc plein de bonnes sessions en perspectivesJe ne regrette pas du tout ce choix, tout s'est même passé bien mieux que prévu et on a effectivement des vagues de fou ici !Nous avions eu l'occasion d'interviewer Ronan Gladu pour la sortie de "Barr avel", ce DVD semblait être un opus du surf breton à destination des autres régions surf et le Pays basque / Landes notamment, une volonté de revendiquer une place dans le monde du surf français selon toi ? ou juste une erreur d'interprétation de notre part ? Non ce n’est pas une erreur d’interprétation mais il faut le faire avec parcimonie.Quand je suis rentré en Bretagne il y a 10 ans, les bretons avaient du mal à se faire une place sur les compètes malgré déjà de très bons surfeurs comme Greg Salaun, mais il y avait une sorte de complexe du mais (rapport au complexe du corn falkes de M) c'est a dire qu'on arrivait avec un désavantage psychologique par rapport aux landais par exemple.Je trouvais également que dans la presse françaises les landes (qui ont par ailleurs des spots incroyables mais limités de par l’orientation unique de la côte aux houles et aux vents) étaient vraiment trop mises en avant par rapport aux autres régions de France dans lesquelles j’ai eu l’occasion de séjourner (Médoc, Charente, Vendée et Bretagne) qui ont des vagues particulières et photogéniques avec des bons surfeurs, avec du caractère. On a fait "Barr avel" en Bretagne parce que je suis breton que Ronus est breton et qu'on savait comment s’y prendre.Le surf se développe en Bretagne, on a un potentiel de vagues énormes et le niveau progresse, on a deux jeunes qui partent en Équateur pour les championnats du monde avec l’équipe de France, Ian Fontaine et Tom Cloarec. Ian a terminé 4ème l'an dernier, on n'a pas de complexe à avoir.Par rapport à Ronan au fil des interviews et vidéos qui sortent de vous deux, on sent une réelle connivence, comment ça fonctionne entre vous, quand un coup de surf se dessine, c'est une équipe qui se met en place ?Avec Ronus on forme une bonne équipe c'est sur, on a le même âge, on se prend pas la tête on n'est pas les meilleurs, ni lui ni moi mais on se marre bien, il connait bien les spots du Nord 29, moi ceux du Sud, on n’a pas forcement la même vision des choses concernant le surf et la vie, on se complète bien.En général on s'appelle tous les jours, si y a du surf en prévision on prépare les sessions en choisissant les spots en fonction des conditions, sinon on parle de trips ou de projets à venir.Le 29hood, sorte de Crew Breton c'est une bande de copains, un moyen de renforcer les liens entre surfeurs bretons (un peu comme l'Euro Force), ou juste un gros délire ?Dans 29hood, y a 29 c'est le Pen Ar Bed (bout du monde en breton, le Finistère) c'est le département le plus à l'Ouest de la Bretagne nous sommes beaucoup de surfeurs là-bas, et dans les compètes régionales on se chambre avec les autres départements, surtout le 56 qui est notre plus gros concurrent (mais qui est moins bon quand même ), en fait grâce au Pôle Espoir qu’il y a sur La Torche, la plupart des meilleurs compétiteurs bretons viennent du 29 Sud, donc on se connait entre nous et on est le 29hood (hood qui vient de neighbourhood en anglais qui veut dire quartier) on surfe ensemble on tripe ensemble on fait des soirées ensemble, c'est fédérateur.C'est un peu à la Bretagne ce que l'Euro Force est au monde, chacun son échelle, chacun son niveau, mais je suis à fond derrière l'Euro Force.Tu sembles entretenir une image de surfer prêt à déconner à la première occasion. Image connue sous l’alias de "La Jonquette". Est-ce une partie de ta vraie nature ou juste un jeu de ta part ?Je ne suis pas un surfer prêt a déconner à la moindre occasion, c'est juste que je suis comme ça en tant qu'être humain et ça ressort dans mon surf et mon attitude à l'eau, après comme tout le monde j'ai des bons moments et des moins bons, mais le surf est une pratique qui m'amène à m'éclater c'est pour ça qu’il n y a que mon côté un peu décalé qui ressort quand je surfe.Lors de compétitions, dés que le set commence, ce côté La Jonquette existe-t-il encore ?En fait je n'ai jamais été un compétiteur dans l'âme, surement pas assez la motivation de me battre contre des potes ou de ne surfer des bonnes vagues que pendant 20 minutes ; mais je respecte beaucoup les compétiteurs, de toutes les façons je n'ai jamais eu ni la prétention ni le niveau de me confronter au circuit WQS. Je me suis cantonné au free-surf et je m'en sors pas mal comme ça, je trouve.Comment te voient les autres compétiteurs ? Alors déjà je fais pas beaucoup de compétitions, je fais en gros les compètes fédérales françaises, sur lesquelles je vois plein de potes, pour me qualifier pour les Championnats de France.J'espère que pour les mecs de mon âge la plupart me considèrent comme un pote.Et les jeunes ils doivent se demander ce que je fous la !Lors des Championnats de France en Gwada l'année dernière, j'ai eu l'occasion de rencontrer certains compétiteurs qui disaient que ce qui était bien avec La Jonquette, c'est qu'au moins il ne prenait personne de haut, c'est effectivement toi ? Je ne suis meilleur que personne, je n’ai rien accompli d’extraordinaire, je veux juste pratiquer le sport que j’aime et partager plein de moments avec les gens que je rencontre qui partage la même passion que moi. J’ai adoré la Gwada : j'y suis allé deux fois l'an dernier, j'espère pouvoir y retourner bientôt. La vibe locale est géniale et les locaux m’ont trop bien accueillis et en plus a chaque fois j'ai eu des swells de Nord et de super vagues. Comment se sont passés ces championnats ? Tu as été sorti assez vite je crois ? Une vraie désillusion ou à nouveau tu faisais ça juste pour le fun ? Je n’ai même pas passé un tour, pourtant je m’étais bien entrainé à Hourtin avec Peter Cook et je revenais d'Irlande où j'ai eu de super vagues !En arrivant en Gwada quelques jours avant la compète on a eu un swell de Nord et j'ai surfé à fond tous les jours du coté de Port Louis, mais aussi à l'Abattoir avec de super tubes et pleins de locaux qui m'ont laissé partager leurs vagues, il n'y avait aucun compétiteur à l'eau ; j'ai tellement surfé et profité que quand je suis arrivé dans mes séries, je n'avais jamais surfé les spots de compète et puis c'est comme si j'avais déjà réussi mon trip avec tous ces bons moments déjà passés, fatigué d'avoir trop surfé !!! J'ai eu écho d'une voiture de location qui aurait mal aimée les Championnats de France ? Mythe ou réalité ? Ce sont des choses qui arrivent !En sortant de l'eau un soir, tiraillés par la faim avec mon pote breton Vincent Primel alias Cucu on n’arrivait pas à faire rentrer les planches dans la Fiat Punto de location : je poussais les planches par le coffre et à bout de nerf j'ai arraché le rétro du pare-brise avant et tout le pare-brise est venu avec… 200 Euros. Mais bon on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs !Tu es sponsorisé. Cela te permet-il de vivre ta passion comme tu l’entends ? Je ne suis pas millionnaire avec le surf mais j’arrive à en vivre grâce à Kanabeach pour qui je ride depuis 15 ans bientôt. Ils m'ont donné la chance de pouvoir percer en me mettant en avant dans des pubs et moi j'ai joué le jeu aussi, sans eux rien ne serait arrivé, je serais surement professeur d'anglais à l'heure qu'il est.Juanito est un shaper breton qui me fait des super planches et qui est très à l'écoute de mes besoins tant au niveau du shape que des délais et des tarifs, en plus il est à 10 minutes de chez moi : du coup on a une relation très privilégiée depuis presque 10 ans et c'est impeccable pour entretenir des rapports fréquents !Es-tu d’ailleurs redevable de résultats en compétition où n’est-ce que le "personnage" qui séduit ton principal sponsor ? En fait je ne suis pas vraiment redevable de résultats, c'est plus une relation de confiance qui dure : ils ne me mettent pas trop la pression et moi je suis content avec ce que j'ai.Ils veulent juste qu'on entende parler de moi en bien, ils savent que je sais m'entourer, que j'ai de bonne parutions, que je suis présent dans les magazines et que je suis présent en Bretagne sur les compètes et les bonnes sessions. En tant que marque bretonne, un peu avant gardiste et décalée, je pense qu'ils aiment aussi le personnage proche de mes racines plutôt de bonne humeur et qui adore surfer où que ce soit… On te voie souvent effectuer des airs assez impressionnant. T’exerces-tu en snow, en skate ou seule la pratique t’as fait maitriser ce genre de figures ?Non je ne fais rien à coté, j'ai juste toujours aimé faire ça. Avec le temps j'ai appris à maitriser plus de airs et à mieux les replaquer, c'est aussi beaucoup en regardant des vidéos ou en trip à surfer avec de très bons surfeurs. Par contre je ne t’ai jamais vu faire du longboard, c'est un support que tu ne pratiques jamais ? J’ai des très bonnes boards de toute petites vagues du coup je peux quasiment surfer tout le temps. Il m'arrive de prendre un long très rarement pour rigoler en plein milieu d'une session de surf ou un body ou même un SUP mais je n'ai pas de longboard dans mon quiver, je ne suis pas très agile pour me déplacer sur la planche et je ne la tourne pas bien. Je me sens handicapé par la taille de la planche, c'est un style de glisse qui ne me convient pas. J'aurai plus tendance à la limite a être attiré par des shapes rétros comme des tins et surtout des single ou bonzers pour me diriger vers d'autres styles de glisse.Par rapport justement aux planches rétro (fish, bonzer, single) quand on est surfeur pro, ce sont des types de planches qui sont intéressants ? Ou au contraire sont-ils trop éloignés des critères de jugement des compétitions ? Dans mon quiver j'ai un single 7’0 un bonzer 6’4 et un twin 5’6 et j'ai de super sensations quand je les surfe dans de bonnes vagues mais je les utilise tout de même assez rarement pour l'instant car je préfère utiliser mes planches plus performantes si les vagues sont top.Arrives-tu à partir en trip surf à l’étranger comme tu l’entends ? Oh oui complètement !Même si c'est pas donné les billets d'avion j’arrive à m'arranger pour partir très souvent, vu que je ne dépense pas d'argent dans les inscriptions pour les compétition !Tiens d’ailleurs ton meilleur trip c’était où ? Je crois que je dirais l’Irlande, même si c'est pas le plus exotique. J'y suis allé avec des très bons amis bretons moitié bodyboardeurs moitié surfeurs et Ronan Gladu !On a surfé de super vagues, on a rencontré des gens super accueillants : c'est un pays celte comme la Bretagne ; j'adore aussi l'Écosse, même si le meilleur trip niveau vagues reste les Mentawais en 2005 avec Kana.Ton rêve de surfer ? C’est top pour se mettre en avant, même si on n'a pas de photos dans les magazines on peut mettre ses vidéos et on peut facilement préparer ses trips et discuter avec ses potes que l'on ne peut pas voir à cause de la distance. On est aussi plus accessible pour les gens qui ont envie de nous parler ou de nous poser des questions mais des fois ça prend du temps de répondre à tout ou de répondre toujours aux mêmes questions.Merci à toi pour cette interview, je te laisse le mot de la fin Ni roi, ni prince, seulement Bigouden… (P.J.
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Thomas Joncour, alias "La Jonquette", est un surfeur breton atypique et passionné. Il incarne l'esprit du surf breton : la camaraderie, le plaisir et la passion de la glisse, quelles que soient les conditions. Il préfère le free-surf à la compétition et entretient une image de surfeur prêt à déconner à la première occasion.