Autrefois releguées à des compétitions spécialisées comme les X Games ou le Sosh Big Air, les disciplines de sports d'hiver brillent aujourd'hui sous les projecteurs des Jeux olympiques. Le ski, le patinage artistique, le hockey sur glace et le curling font partie du programme olympique depuis les premiers Jeux d'hiver de 1924 à Chamonix. L'histoire de l'intégration de ces pratiques, souvent issues de contre-cultures et de mouvements contestataires, témoigne d'une évolution des mentalités et d'une volonté de toucher un public plus large et plus jeune.
Les origines des sports d'hiver
Les sports d'hiver ont une histoire longue et fascinante. Certains dérivent d'anciennes adaptations au climat rude de l'hiver, notamment des populations autochtones de l'Amérique du Nord qui utilisaient des luges simples pour transporter de la nourriture. Ils sont aussi inspirés des chasseurs des neiges, parés de skis sans patins déjà dépeints dans des gravures datant de l’âge de pierre en Norvège. D’autres sont issus d’inventions plus récentes ayant largement évolué ces dernières décennies. Il fut un temps où l’on fixait des os d’animaux plutôt que des lames sur les patins à glace afin de glisser sur les lacs gelés. Le ski est devenu populaire après qu’un aventurier norvégien a traversé le Groenland pour la première fois. Le snowboard était autrefois appelé surf des neiges.
Le ski : des origines ancestrales aux compétitions modernes
Le ski existe depuis les prémices de la civilisation, comme en témoignent des gravures dans la roche vieilles de 5 000 ans, illustrant un homme chassant un élan (Alces) à Rødøy en Norvège. En outre, un ski datant de l’an 6 000 avant J.-C. a été découvert à Vis, en Russie. Toutefois, les historiens débattent encore du lieu d’origine exact du ski. Certains estiment qu’il est né à Altay, en Chine, en l’an 8 000 avant J.-C. En revanche, le ski moderne remonte aux populations scandinaves. Elles utilisaient les skis comme moyen de transport ou pour d’autres utilisations pratiques. Ils étaient notamment utilisés par le peuple Sámi, en Norvège, Finlande et Suède, selon les dires de Raymond Flower dans le livre L’Histoire du ski et d’autres sports d’hiver (The History of Skiing and Other Winter Sports). La mythologie nordique décrit même Ull, dieu de l’hiver, sur des skis aux extrémités courbées. D’autres légendes évoquaient également des héros et des déesses descendant de la montagne en skis.
Les premières compétitions officielles auraient démarré vers 1850 en Norvège. La première course jamais enregistrée s’est tenue dans les environs de Stockholm en 1879, toujours selon M. Flores. D’autres experts indiquent que le ski est devenu un mot du langage populaire après la publication du célèbre livre offrant le témoignage trépident de Fridtjof Nansen, un explorateur norvégien. En 1888, il a traversé le Groenland en skis, une première. Le sport s’est ensuite répandu dans les Alpes suisses. Vers la fin des 19 et 20e siècles, de nombreuses stations ont ouvert à travers le monde.
Au fil des années, des déclinaisons de ce sport se sont développées. On peut citer par exemple le slalom, le ski de bosses ou encore l’alpinisme. Ce sont principalement les Britanniques qui ont contribué à transformer le ski de ses origines scandinaves en ce sport très compétitif que l’on connaît aujourd’hui. En 1921, des règlementations ont été mises en place. Elles ont été acceptées dans la plupart des pays. Les règles du slalom ont été modifiées pour y ajouter des piquets à drapeau afin de mesurer l’habileté des skieurs à prendre leurs virages. La popularité du ski a explosé après la Seconde Guerre mondiale, à mesure que les stations de ski évoluaient pour accueillir des skieurs journaliers et les touristes profitant de vacances plus longues.
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La luge, le bobsleigh et le skeleton : des courses de glisse sur glace
La luge ou le traîneau sont deux activités très probablement antérieures à la colonisation de l’Amérique du Nord. Des données historiques démontrent que les premiers peuples du Canada utilisaient de petites luges pour transporter leurs biens et leur nourriture entre les établissements. Les courses de traineau actuelles, néanmoins, trouvent leur origine dans les Alpes suisses, vers la fin du 19e siècle. À cette époque, des touristes britanniques ont décidé de faire la course sur des luges en bois que les locaux utilisaient pour se déplacer dans la neige. Il se pourrait toutefois qu’elles proviennent également du nord enneigé de l’État de New York, où il apparaît que des courses de bobsleigh auraient été organisées dès 1885.
Quel que soit leur lieu d’origine, ces courses ont rapidement gagné en popularité. La célèbre piste Cresta Run, qui doit son nom à la ville suisse située au pied du parcours, a été mise en place en 1885 à l’aide de bancs de neige. La première compétition s’est tenue en 1898, organisée par le premier club de bobsleigh de Saint-Moritz. C’est après cet évènement que la simple luge s’est divisée en deux nouveaux sports distincts : le bobsleigh et le skeleton. La Cresta Run est considérée comme le lieu où le skeleton a commencé. Il s’agit là d’une manière particulièrement hardie de faire de la luge. Contrairement à la luge classique, où les pieds des concurrents sont orientés vers l’avant sur une luge dotée de patins métalliques, le skeleton est pratiqué à l’aide d’une planche en métal aux allures de squelette. Les participants s’allongent la tête vers l’avant et se lancent dans la descente d’une piste de glace.
Quant au bobsleigh, ce sport comporte des équipes de deux à quatre personnes. Celles situées à l’avant s’occupent de la direction tandis que celles à l’arrière freinent en cas de besoin. « Bob » signifiant « osciller » en anglais, le sport tire son nom du mouvement de balancier qu’ont commencé à adopter les bobeurs pour faire avancer le traineau. À l’origine, la popularité du bobsleigh dépassait celle du skeleton. Il s’est inscrit parmi les premiers sports disputés lors des Jeux d’hiver 2024. Pendant des décennies, le skeleton devait se cantonner à la Cresta Run car les autres pistes de bobsleigh du monde n’étaient pas adaptées pour la luge en métal utilisée. Toutefois dans les années 1970, des ajustements ont été apportés tant aux courses de skeleton que de bobsleigh pour permettre d’introduire le sport lors de Jeux ultérieurs.
Le snowboard : du snurfing aux Jeux olympiques
Le snowboard est l’un des sports les plus populaires du monde. Pourtant, il tire ses origines d’une activité récréative connue sous le nom de snurfing, inventée par un père pour divertir ses filles pleines d’énergie. En 1965, Sherman Poppen cherchait quelque chose que ses enfants pourraient utiliser comme luge. Il a attaché deux skis ensemble, créant ainsi un jeu que sa femme a suggéré d’appeler un snurfer, diminutif de snow, neige en anglais, et surf ; littéralement, le surf des neiges. Il a ensuite présenté son invention à diverses entreprises d’équipement sportif. Moins d’un an après avoir simplement attaché deux skis ensemble, son jeu a reçu un accueil triomphal lors de son lancement pour Noël avant de susciter un engouement national.
Du simple tournoi universitaire à Muskegon, la ville d’origine du snurfer, un championnat annuel sponsorisé par ses créateurs s’est installé. Malgré les efforts des organisateurs, les participants ont commencé à créer leurs propres planches pour s’affronter. Puisque M. Poppen avait déposé le terme Snurfer, le mot snowboard s’est popularisé à sa place et a persisté, selon Ron Pesch, historien spécialisé dans le sport basé à Michigan. Dès 1985, le surf des neiges a passé de mode et les productions de Snurfer ont pris fin. Le snowboard, lui, s’est imposé dans le monde entier. C’est en 1998 qu’il s’est enfin fait sa place au sein des Jeux Olympiques.
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Le patinage : des origines antiques aux disciplines modernes
Le patinage artistique, le patinage de vitesse et le hockey sur glace découlent tous des anciennes civilisations qui attachaient des os d’animaux à leurs pieds pour patiner sur la glace, selon le dictionnaire A Dictionary of British History. Des patins en os ont été retrouvés en Suisse datant de 3 000 avant J.-C. On retrouve également des preuves attestant de la pratique du patinage en Scandinavie dès le Moyen Âge. Le patinage moderne provient sûrement des Pays-Bas, considéré comme un passe-temps national au début du 17e siècle. Les aristocrates du pays avaient pour habitude de patiner sur les canaux gelés pour s’amuser. Lors de leurs visites aux Pays-Bas, les nobles européens ont commencé à pratiquer le sport à leur tour. Les membres de la famille royale britannique ont ainsi rapporté le patinage en Angleterre vers la fin des années 1600. Lorsque la Tamise a gelé en 1683, le patinage s’est glissé parmi les nombreuses activités de la célèbre foire d’hiver de Londres, où le roi Charles II s’est rendu.
Vers la fin du 18e siècle, Jackson Haines, un danseur de l’American ballet, a transformé le sport en ce que l’on appelle aujourd’hui le patinage artistique. Il y a introduit des éléments de danse classique, mais sur glace. Selon le Dictionary of American History, Jackson Haines patinait à la fois vêtu de costumes d’ours et de tenues de ballet. Il organisait des tournées de représentations partout en Europe. C’est à Vienne qu’il a été le plus acclamé.
Le patinage a évolué en de nombreux autres sports, notamment le patinage de vitesse et le hockey. Le patinage de vitesse existe depuis que les Hollandais se sont risqués à faire la course chaussés de leurs patins. Le hockey, quant à lui, ne s’est développé au Canada qu’au 19e siècle, constituant la version sur glace du hockey sur gazon. Les deux sports étaient déjà bien implantés au 20e siècle et figuraient donc au programme des premiers Jeux Olympiques d’hiver.
Le curling : un sport d'équipe d'origine écossaise
La première trace écrite de la présence de l’ancêtre du curling remonte à un livre écrit en 1540 par un notaire écossais. Il a décrit un jeu où l’on lançait une pierre sur la glace dans un monastère, similaire à un jeu largement pratiqué à l’époque en Écosse. L’Écosse clame la création du curling puisqu’au 16e siècle est né le prédécesseur de ce sport, pratiqué sur des lacs et des étangs gelés à l’aide de rochers lisses tirés du lit de la rivière. Ce jeu était si populaire qu’une ancienne famille écossaise, les Drummonds of Carlowrie, a incorporé une pierre de curling dans leur blason, indique le livre de M. Flores.
Des siècles plus tard, le premier club de curling écossais a été fondé en Écosse. En 1843, il a reçu l’approbation de la reine Victoria. S’en suivit une démonstration de curling sur le sol de la salle de bal d’un palace à Perth. Dans ce sport, les joueurs font glisser les pierres vers une cible. Plus elle en est proche, plus ils marquent de points. À mesure que ce sport gagnait en popularité, l’effectif du club a lui aussi augmenté. En 50 ans, il a accueilli 18 800 nouveaux membres, rien qu’en Écosse. Son histoire s’est ensuite poursuivie au Canada, en Russie ou encore en Nouvelle-Zélande.
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L'intégration du surf et du skateboard aux Jeux olympiques : une reconnaissance tardive
À l’heure où le surf et le skateboard deviennent des cultures de plus en plus mainstream, et des industries de plus en plus fructueuses, les mentalités évoluent. En 2020, ces deux sports feront même partie, pour la première fois de l’Histoire, de la sélection officielle des Jeux olympiques. Désireux de toucher un public plus large, et surtout plus jeune, le Comité international olympique (CIO) a en effet décidé d’ajouter cinq nouveaux sports au programme des Jeux de Tokyo, parmi lesquels le surf et le skateboard.
Le skateboard : des piscines californiennes aux Jeux olympiques
À sa naissance, dans la Californie des années 1970, le skateboard s’imposa comme le moyen d’expression d’une jeunesse rebelle avide de liberté, prise d’une irrépressible envie de s’affranchir des règles de la société. Alors, lorsque ce sport urbain devint officiellement une discipline olympique le 3 août 2016, le petit monde du skateboard se divisa en deux. D’un côté, il y eut ceux qui crièrent au scandale, affirmant que la pratique du skateboard devait rester libre, et donc loin du cadre formel des JO ; de l’autre, ceux qui souhaitaient voir leur sport reconnu au niveau olympique, pour enfin se défaire de son caractère marginal.
Le surf : un parcours de combattant long d'une vingtaine d'années
L’entrée du surf au Jeux olympiques intervient au terme d’un parcours de combattant long d’une vingtaine d’années. La discipline est ainsi progressivement passée du statut de pratique marginale à celui d’un sport de compétition de haut niveau. En 2020, les Jeux de Tokyo abriteront ainsi deux compétitions de shortboard, l’une masculine, l’autre féminine, avec 20 athlètes engagés dans chacune d’elles. Et bien qu’en Occident, le surf soit, au même titre que son cousin le skateboard, issu de la culture underground, cette nouvelle a été accueillie avec beaucoup plus d’entrain.
L'idée d'intégrer le surf aux Jeux Olympiques remonte aux années 1920, promue par Duke Kahanamoku, un athlète hawaïen triple champion olympique de nage libre et pionnier du surf. Ce n'est qu'en 2020, à Tokyo, que le surf fait son entrée officielle au programme olympique. Les compétitions de surf aux Jeux Olympiques se dérouleront sur des planches de type shortboard, plus rapides et maniables, favorisant les figures spectaculaires. Les surfeurs effectuent des manœuvres et des figures sur les vagues, notées par cinq juges. Les critères incluent la variété des figures, leur difficulté, la vitesse, la puissance et le flow du surfeur. Chaque série de compétition dure entre 20 et 35 minutes, durant lesquelles les surfeurs tentent de réaliser leurs meilleures performances. Les surfeurs participent à plusieurs tours éliminatoires avant d'accéder aux phases finales.
En 2024, les épreuves de surf se tiendront à Tahiti, sur le mythique spot de Teahupo’o, promettant des compétitions spectaculaires et intenses. Teahupo’o, situé à Tahiti, est réputé pour ses vagues impressionnantes et puissantes, offrant un défi de taille aux surfeurs.
Le slopestyle : un des premiers sports extrêmes à intégrer les JO
Le slopestyle - contraction des mots « slope » (« piste » en anglais) et « style » - consiste à dévaler, à l’aide de skis ou d’un snowboard, une piste enneigée jonchée d’obstacles tels que des rails de fer, des bosses ou des modules de snowpark. Relativement jeune (la première Coupe du monde de slopestyle ayant eu lieu en 2011), cette discipline spectaculaire est néanmoins très populaire dans des pays comme les États-Unis et le Canada, où elle constitue l’une des épreuves les plus attendues des très médiatiques Winter X Games. Fort de cette notoriété, le slopestyle a fait son entrée au programme olympique à l’occasion des Jeux d’hiver de 2014, qui se tenaient cette année-là à Sotchi, en Russie. Une première largement dominée, comme on pouvait s’y attendre, par les Américains.
Le snowboard : une discipline en constante évolution
Le snowboard, né d’une passion pour la glisse et l’esprit de liberté, est bien plus qu’un simple sport d’hiver : c’est un mode de vie pour les amateurs de sensations fortes et d’aventure. Il prend ses racines dans les années 1960 aux États-Unis, lorsque quelques pionniers, inspirés par le surf et le skateboard, ont commencé à expérimenter des descentes sur neige à l’aide de planches rudimentaires. Le succès du "snurfer" (un hybride entre le surf et la neige) a lancé une véritable révolution, et au fil des années, la discipline a évolué pour devenir un sport à part entière. Ce n'est cependant qu'avec l’arrivée des premières compétitions dans les années 1980 que le snowboard commence à gagner en légitimité. L’engouement ne cesse de croître, et en 1998, le snowboard fait son entrée officielle aux Jeux olympiques d'hiver à Nagano, au Japon, marquant une étape clé dans son histoire et sa reconnaissance à l'échelle mondiale. Depuis, le snowboard attire aussi bien les débutants que les experts, et continue d'évoluer avec des styles variés allant du freestyle au freeride.
En effet, deux nouvelles épreuves de surf des neiges ont été ajoutées au programme olympique : le slopestyle et le slalom en parallèle. Les épreuves de slalom opposent deux surfeurs. Ils descendent simultanément deux pistes parallèles les plus identiques possibles. Le parcours est composé de portes et de virages qui forcent l’athlète à changer de direction. Les courses de snowboard cross ont lieu entre quatre surfeurs qui, ensemble, dévalent une pente parsemée de sauts, de bosses et d’obstacles. L’épreuve de demi-lune exige la réalisation de figures aériennes sur une piste en forme de demi-cylindre.