Partir à l'aventure sur l'eau en stand-up paddle (SUP) gonflable est une invitation à l'évasion, à l'exploration de paysages inédits et à une connexion profonde avec la nature. Pour ceux qui aspirent à des sorties prolongées, des expéditions de plusieurs jours, ce type de randonnée nécessite une préparation minutieuse, un équipement adapté et une compréhension des défis inhérents à l'itinérance aquatique. Que ce soit en mer ou en eaux intérieures, le stand up paddle gonflable de randonnée ouvre les portes de belles balades et d'aventures inoubliables.
L'itinérance en SUP, c'est aussi un refuge, une thérapie vitale à l'équilibre pour de nombreux adeptes. Contrairement au kayak où certains peuvent se sentir oppressés, enfermés dans l'hiloire et enserrés au niveau de la taille, sur un SUP, on est entièrement libre de ses mouvements. La position debout permet de dominer les éléments, d'anticiper les dangers et de prévoir sa trajectoire. Son déplacement lent et silencieux invite à une véritable introspection et aide à être davantage en paix avec soi-même. Pour beaucoup, le SUP est une façon de voyager, mais aussi d'appréhender le monde et la nature, en tant qu'actrice et non uniquement en tant que spectatrice : on pagaie, on avance, on découvre.
Choisir sa Planche de Randonnée : Robustesse et Stabilité
Le choix de l'équipement est primordial, et la planche est l'élément central de toute expédition en stand-up paddle. Historiquement, l'apparition du SUP il y a une dizaine d’années a pu susciter le scepticisme. Un engin qui semblait peu aéro-et-hydrodynamique, duquel on pouvait aisément tomber, dont le geste de pagayage nécessitait un effort paraissant asymétrique, et qui offrait peu d’espace de stockage de matériel, ne semblait pas initialement taillé pour l'aventure. Pourtant, des planches spécifiques ont été conçues pour rendre accessible toutes les belles balades en SUP.
Ce paddle gonflable de randonnée est destiné à ceux qui souhaitent faire de longues sorties à moindre effort. Généralement, pour l'itinérance, un bon compromis réside dans une planche gonflable de longue distance, stable et robuste. Les dimensions sont essentielles pour la performance et le confort en randonnée. Un modèle comme la planche de randonnée X-500, par exemple, fait 13 pieds de long par 31 pouces de large et 6 pouces d’épaisseur. Le tout pour 335 litres de volume et 12 kilogrammes, ce qui est conçu pour naviguer en toute sécurité et se faire plaisir sur des moyennes et longues distances. Cette configuration large et stable permet d'embarquer des affaires personnelles, avec une charge maximale de 320 Kg et un poids maximum recommandé en usage de 140 Kg pour une utilisation optimale du produit.
La stabilité est un atout majeur pour les longues distances, permettant de se concentrer sur la rame et le paysage. Les planches avec 31 pouces de large, comme l'ITIWIT X900, sont super plaisantes. Hervé Barrière, spécialiste des expéditions en SUP, a fait la DI 360 et la Great Glen avec sa board ITIWIT X900, préférant la stabilité et le confort de rame à la vitesse. Cela facilite également les passages en "white water" (gentils) ou la navigation en mer. La X900 permet de fixer deux gros sacs grâce aux multiples fixations et sa double chambre rend la planche bien rigide, ce qui préserve une bonne glisse.
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Concernant la fabrication, la planche de randonnée X-500 possède un unique aileron arrière à glissière. Il est à noter que ce n’est pas un boîtier US Box, ce qui signifie qu'il n'est pas possible de mettre un autre aileron que celui d'origine, sauf s’il est aussi à glissière. L’aileron orange est bien large pour apporter de la stabilité et pas trop haut pour pouvoir naviguer dans des eaux peu profondes. À l'arrière de la planche, on trouve une poignée de portage bien pratique quand on porte la planche à deux, une caractéristique également présente à l'avant. Toujours à l’arrière, une attache de leash ergonomique est intégrée, et un petit plus, le leash accordéon est vendu avec la planche. Une sangle de portage main confortable et large est également présente, et à l'avant, une valve de gonflage classique.
Les planches gonflables haute pression, grâce à la technologie drop-stitch, sont très pratiques à stocker et transporter, un avantage indéniable pour l'itinérance. En revanche, un regret peut concerner le boîtier d’aileron à glissière à la place d’un boîtier US Box, ainsi que le sac de transport. Un sac de transport sans roulette est standard, mais des roulettes et des rangements supplémentaires seraient un plus pour faciliter les déplacements terrestres. Pour avoir ce genre de sac, il faut l’acheter à part.
Le Gonflage et les Accessoires Indispensables
Le gonflage de la planche est une étape cruciale pour assurer sa rigidité et donc sa performance sur l'eau. Il vous faudra gonfler la planche à 17 Psi pour une utilisation optimale. À titre personnel, Hervé Barrière conseille de la gonfler un peu plus si l'on souhaite encore plus de rigidité. La planche est vendue sans pompe, laissant le choix d’acheter séparément une pompe à main classique ou une pompe électrique. Hervé, pour sa part, utilise la pompe ITIWIT facile 20 PSI, qui est double action et permet donc un gonflage globalement rapide et facile. Il apprécie particulièrement sa compacité.
En complément de la planche, le choix de la pagaie est tout aussi important. Il s'agit d'une pagaie simple que l’on tient par une poignée située en haut du manche. Pour la randonnée, la pagaie ITIWIT 900 Pro Carbone 3 parties est indispensable selon Hervé, car elle rentre dans son sac avec le SUP, permettant même d'y ajouter une pagaie de secours. L’olive de la pagaie, sa poignée, est appréciée pour son ergonomie en comparaison à d’autres marques.
Le tout se range dans un sac à dos sans roulette, avec une poche à l’intérieur. Pour le rangement de l'équipement, l'organisation est clé. Hervé utilise trois sacs en tout, dont deux de la marque Ortlieb et un ITIWIT. Dans le Big Zip, il range le gilet, la combi sèche, la pompe et tout le reste. Il utilise également de petits sacs étanches Sea to Summit de couleurs différentes, chacun ayant sa fonction : sac cuisine, sac rechange, sac urgence, sac électronique. Cela lui permet de savoir tout de suite quoi prendre sans tout ouvrir, une approche bien plus pratique que les sacs polochons où il faut tout sortir si ce que l'on cherche est au fond. Le sac ITIWIT, modulable 30-40L, est personnalisé avec deux sangles type sac à dos, il lui sert de sac cabine pour le drone, les powerbanks et la GoPro. Quand il navigue, il est fixé sur le sac de devant, au-dessus, contenant tout le nécessaire pour la journée de navigation.
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Côté fixations, il pose le Big Zip à l’avant et passe des sangles dans les anneaux dont dispose d’origine la board, préférant les sangles aux élastiques pour un gros sac. Le sac à roulette lui va à l’arrière, les roulettes calées à l'extérieur de la board, un avantage du pin tail de la board ITIWIT X900. Les élastiques sont pratiques pour des randos à la journée avec de petits sacs.
Préparation de l'Expédition : Anticiper et S'adapter
Une expédition de plusieurs jours ne s’improvise pas. Alimentation, hydratation, vêtements et équipements, il faut penser à tout, sans oublier la sécurité. Hervé Barrière, avec son palmarès d’aventures comme la DI360, la Loire725, le Great Glen Challenge, le Paddle Raid et des expéditions en Estonie ou en Laponie, partage ses secrets de préparation.
Choix de la Destination et Tracé du Parcours
Le choix de la destination est toujours hyper compliqué, le monde est notre terrain de jeu et on peut faire de belles découvertes à 100m de chez soi comme à 10 000. Pour des parcours d'environ 6 jours de rame, il faut chercher des cours d’eau suffisamment longs, en évitant le passage de multiples écluses si possible, car les portages avec 40 kg de matos sont à éviter. La topographie des lieux est également à considérer, car pour le bivouac, il est préférable de ne pas être proche des villes.
La première étape consiste à tracer son parcours pour illustrer la distance globale du suptrip. Ensuite, suivant le nombre de jours, il faut se fixer une distance quotidienne minimale et maximale. Cela permet d'identifier les points de sorties potentiels. Pour sa randonnée en Laponie, une région peu peuplée avec peu de villages, Hervé a notifié tous les villages qui bordaient la rivière Torne et qui possédaient un arrêt de bus. Puis, il a analysé la ligne de bus pour savoir s'il pouvait revenir sur son lieu de retour pour la France. Ainsi, il savait que s'il arrivait tel jour dans telle ville, il pouvait prendre le bus pour revenir. Cela permet d'évaluer, selon les aléas, si l'on peut continuer ou non, car parfois il peut y avoir 2-3 jours sans bus, nécessitant de faire un choix : soit on a le temps et on se lance, soit on est obligé d’arrêter.
Anticipation des Difficultés et Sécurité
Hervé est très méthodique dans sa préparation, utilisant des mini cartes de parcours qu'il réalise lui-même. Il passe beaucoup de temps sur les vues satellites, contacte les clubs de SUP, kayak ou rafting de la région, les mairies ou les associations de pêcheurs et randonneurs. Il essuie peu d’échecs en les contactant, les gens appréciant de partager leur amour des lieux. Les réseaux sociaux ou les blogs sont aussi des sources précieuses. Pour la Laponie, il a trouvé le blog d’un étudiant allemand qui avait descendu une partie de la rivière Torne en packraft. Après l'avoir contacté, il a pu bénéficier de son expérience, ce qui était bon et ce qu’il aurait changé après coup. Il consulte également les sites du type Vigicrues afin de connaître le comportement de la rivière ou du fleuve sur une période plus importante que celle visée.
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Sans être sur place, il est impossible d'anticiper 100% des risques ou inconnues, mais on peut les minimiser. Une fois sur place, la règle est simple : si un passage ne semble pas sûr, on sort et on porte, même si ce n’est pas forcément plaisant. Une anecdote de Laponie illustre bien cette nécessité : sur une portion, Hervé avait localisé via Maps un rapide que l’on ne pouvait pas passer sur la board sans risque. La rive semblait idéale pour le portage, dégagée et en lisière de forêt. En réalité, ce qui apparaissait dégagé en vue satellite était un éboulement de gros rochers. Après avoir tenté de porter la board et les sacs sur 200-300m, il a dû changer de stratégie et passer par la forêt avec de multiples allers/retours. Le lendemain, il a tout replié dans les sacs, réduisant considérablement le nombre d’allers-retours. Ces expériences sont des apprentissages constants.
Pour le côté sécurité, il est impératif d'avoir un téléphone, plusieurs powerbanks et un InReach. En cas de soucis, même sans réseau, avec l’InReach, il est possible de déclencher les secours. C’est important quand on randonne en groupe, et encore plus quand on est en solo. L’InReach, c’est comme une assurance : il vaut mieux l’avoir et ne pas s’en servir plutôt que de ne pas en avoir.
Gestion du Bivouac et de l'Environnement
Les zones de bivouac sont préparées afin de ne pas déranger et de respecter la réglementation. Dans les pays nordiques, c’est plutôt simple car il y a une très grande tolérance sur les bivouacs. À partir du moment où l'on évite de camper au pied d’une maison, et s'il n’est pas explicitement marqué que le bivouac n’est pas autorisé (ou propriété privée), le bivouac est toléré, avec toutes les règles de propreté et de respect qui s’imposent. Les zones sont donc mentionnées sur des cartes journalières, ainsi que les points d’eau.
Côté installation, c’est souvent au feeling. Globalement, quand l'heure fixée pour s’arrêter approche, on checke les berges pour trouver un endroit globalement plat, calme, avec si possible une belle vue. Parfois, on peut s’arrêter plus tôt si l'on trouve "LE spot" de la journée sur lequel on a envie de s’éterniser un peu. C’est aussi ça le côté rando, savoir prendre le temps d’apprécier les lieux.
Quant au matériel de couchage, Hervé utilise un duvet Lestra Alaska Extrem, qui tient à -19 degrés, et une tente 4 saisons Hilleberg Nammatj 2 GT. Il dort souvent avec un T-shirt long et un pantalon technique (type sous-vêtements de ski), toujours avec une cagoule de motard et, élément indispensable, un masque d’avion. En Laponie, le manque de nuit et la luminosité omniprésente ont rendu le masque essentiel pour s’endormir. Les galères pour fixer la tente en Laponie, où le sol est souvent recouvert de mousse ou de myrtilles, et où les sardines ne tenaient pas, ont été une autre forme d'apprentissage.
Il est préférable d'éviter les étapes citadines le plus possible, les réservant généralement à l’arrivée dans le pays et au départ. Cela n'exclut pas une halte en ville pour un break si la météo est défavorable, comme cela est arrivé à Hervé en Estonie. En randonnée, moins on voit de constructions, mieux on se porte.
Alimentation et Hydratation en Expédition
La planification des repas est cruciale. Hervé prévoit deux repas par jour et du « grignotage ». Les deux repas sont lyophilisés : en hiver, des 1000 Kcal par repas, en été, des 650 Kcal. Côté grignotage, il emporte par jour 50g d’amandes, 50g de noix de cajou, 50g de figues sèches et 50g d’abricot sec. Il finit rarement les fruits secs mais préfère les avoir.
Pour la boisson, c'est exclusivement de l’eau. Au départ, il remplit deux gourdes souples de 2L chacune, et deux poches à eau de 2L, ce qui représente 8kg de bagages supplémentaires. Sur la journée, il boit en général 2L, et 1L sert pour les lyophilisés et le reste comme boisson chaude. Il a aussi toujours un ou deux "trucs plaisir" dans le sac.
Témoignages d'Expéditions : Défis et Richesses
Les récits d'expéditions concrètes offrent un aperçu des joies et des difficultés de la randonnée en SUP. Hervé Barrière, au-delà de ses propres aventures, est également engagé dans la sensibilisation environnementale. Après avoir constaté qu'il était le principal soutien financier de son association Paddle For Earth, il a changé son mode de fonctionnement depuis début 2023 : pour chaque kilomètre réalisé à travers ses compétitions ou randonnées, il verse 1€ sur ses fonds propres à une association de protection de la nature de son choix, le don global étant effectué en fin d’année. Cette démarche impose des choix de vie mais en vaut la peine, selon lui. Cette année, il soutient le CESTmed, dont les missions consistent à accueillir, soigner et étudier les tortues marines blessées et/ou victimes d’un échouage ou d’une capture accidentelle.
L'une des aventures marquantes d'Hervé fut sa tentative d'expédition en Laponie. L’ambition était de partir d’Abisko et d’arriver à Haparanda, 489km plus loin. Finalement, il n'a fait que 130km, le quart de ce qu'il voulait. Sur le moment, c'était un échec, mais avec du recul, ce n’en était pas un. Il y a eu des moments formidables, des galères. Ce qu'il en retient, c’est que l’on apprend tout le temps et que le raid, l’aventure, ce n’est pas une course. Savoir se poser, admirer est bien plus enrichissant que de regarder sa montre et ses kilomètres.
Un autre récit d'aventure nous emmène en Finlande, pour un trip de plusieurs jours sur les lacs. La zone repérée sur Map qui semblait une mise à l’eau « facile » s’est conclue par des chaussures trempées et beaucoup trop de piqûres de moustiques ! Les abords étaient marécageux, les pieds s’enfonçant dans le sol détrempé. Un changement de stratégie fut nécessaire, rebroussant chemin pour se frayer un passage parmi les arbres, ronces, puis roseaux, avec 60kg de matériel sur le dos, jusqu’à un petit cours d’eau. Le gonflage des paddles se fit avec l'espoir principal de ne pas tomber dans l’eau croupie de ce bras stagnante. Rapidement, une belle vue dégagée sur le lac, une impression de calme envahit les explorateurs. Le lac était miroir, et ils sont partis pour 2h30 de trajet jusqu’à la première île du parc naturel de Païjanne, où ils passèrent la nuit. L’endroit était bien aménagé avec un espace pour allumer un feu, une cabane pour couper du bois et des toilettes sèches.
Les journées furent prises « à la cool », sans réveil ni objectif de distance ou de performance physique. La "slow life" s'est prêtée à l’atmosphère de la Finlande, invitant à la contemplation. Le temps était étonnamment doux, même chaud une fois sur l’eau, permettant de ramer avec le moins d’habits possible et de se baigner régulièrement dans le lac à 19/20°C pour se rafraîchir. Les journées se décomposaient généralement en deux périodes de rame, avec une pause repas quand la faim se faisait sentir.
Un défi fut la recherche de bivouacs en dehors du parc naturel, où toutes les berges étaient occupées par des maisons, rendant difficile de respecter la règle de ne pas poser la tente à moins de 150m d’une habitation. Pour autant, il était rare de voir des gens dans les maisons ou sur leur porche, ce qui donnait une atmosphère très particulière. Malgré les mauvaises nuits dues à un matelas gonflable percé, l’expérience fut incroyable.
Le vent, parfois contre, parfois portant, a pimenté l'aventure. Les coups de rame réguliers devenaient hypnotiques, mettant dans un état méditatif, ou entraînant des vagues de folie propices aux chants et chorégraphies. Les sens étaient constamment en éveil, la beauté des paysages un régal permanent pour les yeux. Les seules préoccupations se résumaient à trouver un endroit où s’arrêter pour déjeuner et poser la tente.
Une journée fut particulièrement difficile avec un vent de côté d’environ 12 nœuds. Des îles repérées comme potentielles zones de bivouac se sont avérées inexploitables car proches du continent, occupées par des maisons et entourées de roseaux. Après 28 km de rame, ils sont arrivés à 20h30 sur une minuscule île qu'ils ont privatisée, qu'ils ont nommée « l’île aux insectes ». Le lendemain, portés par un vent de 15 nœuds, ils ont pu explorer davantage, s'arrêtant après une quinzaine de kilomètres. La sécurité fut également une préoccupation, aidant un arbre mort à tomber au sol car de nombreux arbres se déracinaient en cas de vent. Une blessure, une popote d'eau bouillante renversée sur le pied, a rappelé les risques même simples.
Les repères sont parfois difficiles à maintenir sur de grandes étendues d'eau. La météo se dégradant, avec un orage prévu, ils ont décidé de s'arrêter dès qu'un refuge serait trouvé. Le campement fut installé sur une petite île, ce qui, après réflexion, ne s’est pas avéré être le choix le plus judicieux en termes de sécurité face aux éclairs. Accroupis sous la pluie, ils ont réalisé que la proximité de l'eau les rendait potentiellement conducteurs. L'orage passé en quinze minutes, un arc-en-ciel majestueux a offert un spectacle inoubliable, l’une des images les plus marquantes du séjour. Après l’insécurité ressentie, ils ont décidé, en cas de prévision d’orage, de rester proches des côtes afin de pouvoir se réfugier au plus vite près d’une habitation.
La routine tente/rame et contemplation a fait un bien fou, permettant de se déconnecter totalement de l’agitation. Quelques frayeurs dues aux orages et un matelas trop vieux ont pimenté l’aventure et rajouté de la fatigue, mais globalement, tout s’est passé merveilleusement bien. La préparation du trip ainsi que le choix du matériel a joué pour beaucoup dans la réussite du projet, tous les soucis pouvant être gérés en amont doivent l’être. Le voyage s’est terminé sous la pluie, dans une brume qui a révélé un nouveau paysage, une nouvelle atmosphère, plus ressemblante à l’idée que les voyageurs avaient de la Finlande avant leur départ, empreinte de mystique et de beauté.
Explorer le Monde : Destinations Privilégiées pour le SUP Touring
Le SUP a la particularité de pouvoir transformer chaque plan d’eau en un terrain de jeu infini. Lac, mer, eau vive, surf, fleuve, rivière calme ou agitée, roubine, tous recèlent une infinité de lieux à découvrir, au pied de chez soi ou plus loin dans le monde. Pagayer debout sur une planche large et volumineuse offre stabilité et temps pour s’évader et contempler les paysages, l’angle donné par la hauteur permettant aussi de mieux voir ce qui se passe sous l’eau.
Voici quelques destinations qui se prêtent particulièrement bien à l'itinérance en stand up paddle :
La France et ses Rivières Sauvages
- Le lac des Vieilles-Forges (Ardennes) : Au cœur du massif des Ardennes (08), ce plan d’eau de 150 hectares aux allures de lac canadien est entouré d'une magnifique forêt, offrant un "coin secret" idéal pour une évasion.
- La Leyre (Landes de Gascogne) : Surnommée « la petite Amazone », la Leyre n’a pas volé son statut de « rivière sauvage ». C’est un petit paradis de verdure au cœur du parc naturel régional des Landes de Gascogne. On peut y naviguer quelques heures ou organiser une descente de 2 à 5 jours en bivouac sur les 90 kilomètres navigables jusqu’au bassin d’Arcachon. C’est un fleuve facile (classe 1), avec une ambiance presque tropicale et une faune et une flore exceptionnelles.
- La Loire : Une destination incontournable aux yeux des pagayeurs amateurs de longue randonnée en bivouac. Sa force est la diversité de ses paysages, un cocktail mi-sauvage, mi-patrimoine. Hervé Barrière recommande cette navigation, en mode randonnée, la Loire étant un fleuve magnifique et les paysages somptueux.
- Les Gorges du Tarn : Un coup de cœur pour les amateurs de SUP. Faire du paddle dans les Gorges du Tarn, ce n'est pas seulement une activité ludique ou sportive. C'est aussi traverser un site grandiose, découvrir les traces des castors sur les rives ou le ballet du cincle plongeur. On y trouve également un petit endroit pour se détendre dans une eau limpide ou préférer l'atmosphère étrange de la nuit. Cependant, c’est une vraie rivière (classe 2 et 3) avec ses dangers et ses obstacles (rapides, siphons, rappels, etc.). Il est fortement conseillé d’être accompagné d’un professionnel pour cette itinérance lorsque l’on n’a aucune connaissance de la navigation en rivière.
- Le Canal des Deux-Mers : Pour les plus sportifs qui souhaitent une longue randonnée en bivouac, ce parcours de 600 km relie la Méditerranée à l’océan Atlantique en passant par le canal du Midi, la Garonne, et l’estuaire de la Gironde. Au départ de Port-la-Nouvelle (Méditerranée) et arrivée à Royan (Atlantique), il offre des bivouacs au fil de l’eau, des ravitaillements dans de magnifiques villages, de superbes rencontres mais aussi des centaines d’écluses à franchir, le va-et-vient de la marée à partir de Castets-en-Dorthe et les périlleuses traversées de Toulouse et Bordeaux.
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