L'intégration des élèves en situation de handicap ou malades dans le cadre de l'Éducation Physique et Sportive (EPS) au lycée est une démarche fondamentale qui vise à garantir l'accès à une pratique physique régulière et bénéfique pour tous. Cette approche, ancrée dans les principes d'inclusion et d'équité, requiert une compréhension approfondie des besoins spécifiques de chaque élève, ainsi qu'une adaptation rigoureuse des pratiques pédagogiques, des environnements d'apprentissage et des modalités d'évaluation. L'objectif est de créer un environnement sécurisant et stimulant, où chaque élève peut s'épanouir physiquement, socialement et émotionnellement, y compris dans des activités variées comme l'aquagym, qui offre des spécificités intéressantes pour l'adaptation.
Les Fondements d'une Pratique Inclusive en EPS au Lycée
La pratique de l’EPS pour un élève en situation de handicap ou malade nécessite de prendre en compte ses besoins de manière individualisée et holistique. Cette démarche débute par une attention particulière à la communication et à la compréhension. Il est essentiel de s’assurer de la compréhension par l’élève, ce qui peut être réalisé par la répétition et la reformulation des consignes, l'utilisation de supports visuels avec séquençage, particulièrement pertinents par exemple avec des élèves atteints du trouble autistique. Ces outils facilitent l'assimilation des informations et réduisent l'anxiété liée à l'incertitude.
Parallèlement, une vigilance constante est requise pour repérer les signes observables de stress ou de mal-être chez l'élève. Il s'agit d'être attentif à son attitude face à la tâche, à son comportement face aux autres élèves, à des gestes particuliers, à ses regards, ou encore à l'oubli de matériel. Cette attention doit également s'étendre aux camarades de l'élève, car les élèves en situation de handicap ou malades sont parfois confrontés à des jugements hâtifs et à des « provocations » qu’il faut réguler avec tact et fermeté.
Instaurer un cadre sécurisant est primordial pour le bien-être de l'élève. Cela passe notamment par l'instauration de rituels et l'évitement de changements importants d’une séance à l’autre. Cette stabilité permet à l’élève de se sentir en sécurité et donc apaisé, favorisant ainsi son engagement. La répétition des tâches dans le temps, accompagnée d'une évolution progressive des consignes et des critères de réussite - en ne changeant qu’une seule variable à la fois - est une stratégie efficace. Elle permet de noter les progrès, même légers, et d’inciter l’élève à s’engager dans une activité où il a plus de chances d’être en réussite, renforçant ainsi son estime de soi.
Favoriser les relations entre les élèves et l’appartenance au groupe est un autre pilier de l'inclusion. La formation de binômes, d’abord par affinité, puis par compétences (en lien avec l’évaluation), est une méthode éprouvée. La rotation des élèves avec tout élève en difficulté est opportune, en construisant l’activité autour de ces derniers. D’autre part, favoriser la mise en place de situations de sensibilisation où l’on se « met à la place de » contribue grandement à ce que le handicap ou la maladie soient mieux acceptés, et à améliorer le « vivre-ensemble ». Un exemple concret est de faire le silence pendant l’explication des consignes, permettant à chacun de percevoir l'importance de l'écoute.
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Les activités sportives collectives, par leurs objectifs intrinsèques - solidarité, respect de l’adversaire, confrontation à autrui, mise en œuvre de stratégies - permettent de créer des situations particulièrement profitables à ces élèves fragiles et souvent isolés, tant sur le plan scolaire que social. Ces pratiques doivent être anticipées par la vérification de l’accessibilité et du sol (béton, herbe, terre) du lieu d’activité et par la prise d’information auprès des différents partenaires afin de garantir le bien-être et la sécurité de l’élève. La pratique des jeux et sports collectifs doit répondre aux besoins identifiés de l’élève en permettant la mobilisation de ses différentes ressources, qu'elles soient perceptives, énergétiques, motrices, affectives ou sociales.
Stratégies d'Adaptation en EPS pour une Participation Optimale
L'adaptation en EPS est un processus dynamique qui implique la modification de divers éléments de l'activité pour correspondre aux capacités et aux besoins de l'élève. Ces adaptations peuvent être classées selon les ressources qu'elles visent à mobiliser ou à compenser.
Adaptations des Ressources Perceptives
Les ressources perceptives sont essentielles pour interagir avec l'environnement et comprendre la situation de jeu. Modifier les caractéristiques de l’espace est une approche courante. Cela peut inclure l'ajustement de la taille des cibles à viser, en modifiant la largeur ou la hauteur d’un but, ou le diamètre d’un panier. La taille du terrain peut également être réduite en largeur ou en longueur pour limiter les déplacements ou la complexité spatiale. La création ou l'aménagement de zones de jeu spécifiques, en déterminant ou modifiant des zones d’action pour chaque joueur, par exemple un couloir spécifique, peut simplifier les repères. La mise à hauteur des supports et des zones, par rehaussement ou abaissement, est cruciale pour que l’élève puisse l’atteindre, comme surélever les objets à prendre dans le jeu du foulard. Le positionnement des cibles peut être ajusté en abaissant la hauteur d’un panier de basket ou d’un filet, en mettant la cible au sol pour faire rouler la balle, ou en variant leur orientation (horizontale, verticale, oblique). Le rajout de cibles, en déterminant plusieurs espaces à viser de différentes natures, offre plus d'opportunités de réussite.
Améliorer la perception de l’environnement est également crucial. L'utilisation de sons (sifflets, voix, cornes, instruments de musique) peut aider à repérer les zones de jeu ou les objets, et permettre une meilleure orientation sur le terrain. Donner aux gardiens de but un objet sonore différent ou utiliser des ballons à clochettes sont des exemples pertinents, comme c'est le cas pour le Torball, un sport adapté aux déficients visuels. L'utilisation de couleurs (plots, rubans, craie) permet de mieux visualiser le but à atteindre et de repérer les différentes zones. Les objets tels que des panneaux avec des inscriptions (nombres, couleurs, dessins, textes) peuvent indiquer des zones. Enfin, l'utilisation de chasubles de couleurs vives permet de mieux identifier les rôles de chacun : une couleur pour l’arbitre, une pour chaque équipe, une pour les gardiens. Ces adaptations peuvent être très utiles dans un environnement comme l'aquagym où les repères visuels et auditifs peuvent être modifiés par le milieu aquatique.
Adaptations des Ressources Énergétiques
La gestion de l’intensité de l’effort est fondamentale pour les élèves dont les capacités physiques sont limitées. Décomposer des tâches pour laisser le temps de récupérer d’un effort est une stratégie clé. Accorder des temps de pause durant la séance est également important pour faciliter le repos ou l’hydratation. Attribuer un joueur supplémentaire dans l’équipe permet de réduire les efforts individuels et de lui attribuer un rôle particulier. La réduction des temps de jeu contribue aussi à moduler l'intensité. Pour un élève pratiquant l'aquagym, la flottabilité peut réduire l'impact sur les articulations, mais l'effort cardiovasculaire reste présent et doit être géré avec les mêmes principes d'adaptation.
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Adaptations des Ressources Motrices
Les adaptations des ressources motrices visent à compenser les habiletés motrices limitées. Cela peut impliquer de modifier les formes de lancers (à une ou deux mains, lancer/faire rouler, avec ou sans rebond). Le choix des parties du corps à toucher (une partie ou tout le corps), la détermination des modalités de prise (toucher/attraper, avec la main ou avec un objet), et la fixation des modes de déplacement (en courant/marchant, à cloche-pied/à quatre pattes, en avant/en arrière) sont autant de leviers. Les attitudes pour s’arrêter peuvent aussi être adaptées (assis/debout/allongé, isolé/en chaîne/dans un espace déterminé). Dans l'aquagym, les mouvements sont intrinsèquement différents de ceux sur terre, et la résistance de l'eau peut nécessiter des ajustements spécifiques pour compenser ou faciliter certaines actions motrices.
Le choix d'un matériel adapté est un aspect essentiel. Il s'agit de choisir un matériau pour modifier le poids de l’objet à lancer, par exemple un ballon de baudruche (à lester avec du scotch si nécessaire) plus léger et donc moins rapide au volley-ball, ou un ballon en mousse plus léger au basket-ball pour permettre de le lancer en hauteur. Le matériau peut aussi faciliter ou réduire la capacité à rebondir d’une balle, la lancer ou la faire rouler, à une ou plusieurs mains. Pour la préhension, on peut choisir un matériau qui la facilite, par exemple en accrochant une surface à une partie du corps pour faciliter la préhension de la balle avec du velcro et la renvoyer ensuite. L'ajout ou la modification d'un objet pour conduire/lancer une balle est une autre possibilité : accrocher avec une bande velcro une crosse au bras pour qu’elle soit dans le prolongement de celui-ci, ou utiliser un gant sur lequel est collée la surface adéquate. Établir le diamètre de la zone de contact pour faciliter le renvoi d’un objet, comme augmenter la largeur ou le diamètre de la batte (utiliser une raquette) à la thèque, ou agrandir ou réduire le volume d’un objet à lancer pour faciliter une bonne préhension (ballon en mousse plus grosse au hand-ball), sont des adaptations efficaces. Enfin, l'utilisation d'objets sonorisés permet de repérer plus facilement l’objet (ajout de clochettes, de bipper sur ou dans l’objet).
Adaptations des Ressources Affectives et Sociales
Ces adaptations visent à mettre l’élève en réussite et à lui donner du temps, ou à lui en faire gagner. Décomposer des tâches pour lui laisser le temps de s’organiser est crucial : permettre des reprises d’appui supplémentaires, autoriser le blocage de la balle dans les activités de renvoi, ou autoriser les reprises de dribble. Augmenter le temps pour une tâche en cas de lenteur d’exécution et de temps de réaction long est également important. Par exemple, la conservation du ballon sans intervention de l’adversaire pendant un temps fixé, exiger au moins deux rebonds avant de toucher un élève très lent à la balle au prisonnier, ou autoriser à partir plus tôt lors d’un jeu de relais du type « les passes et va ». Des consignes de jeu différentes pour l’adversaire, telles que des règles de déplacement plus contraignantes, peuvent équilibrer le jeu.
Attribuer des rôles spécifiques est une stratégie puissante pour l'intégration. Varier la position des acteurs au cours des parties (être attaquant ou défenseur pour mieux comprendre chaque rôle) enrichit l'expérience. Attribuer des rôles aux compétences différentes à chaque élève ou selon le profil, par exemple alterner entre pratiquant et observateur (arbitre, statisticien), favorise la participation. Inventer de nouveaux rôles sur le terrain pour répondre à un besoin particulier, comme désigner un joueur « relais » pour un élève qui ne peut effectuer un geste particulier, est très inclusif. Faire varier le nombre de joueurs avec un statut particulier pour équilibrer le jeu et mettre les élèves « à la place de » pour les sensibiliser au handicap ou à la maladie est une démarche pédagogique forte. Faire varier les modalités de permutation des joueurs (à chaque point marqué ou selon un temps déterminé) ou ajouter des rôles pour éviter l’élimination de joueurs sont des adaptations qui maintiennent l'engagement. Accompagner l’élève en situation de handicap ou malade pour l’aider à assimiler les règles est également essentiel, notamment par l'utilisation de contrats de comportement journaliers (besoin pour les élèves atteints d’autisme, de TDAH, et de troubles du comportement) et de supports visuels et d’affichage pour soutenir la mémorisation, qui peuvent devenir un outil d’aide et de compréhension pour toute la classe. Ces adaptations, pensées pour l'inclusion, s'appliquent pleinement à toutes les activités sportives, y compris l'aquagym, où les rôles et le temps peuvent être ajustés pour maximiser la participation de chacun.
La Participation Collective et la Sensibilisation : Clés de l'Acceptation
La modification des règles évoquées précédemment doit se faire avec le concours de la classe. Il est impératif que les camarades comprennent les répercussions du handicap ou de la maladie sur les déplacements, la manipulation, la compréhension et l’attitude de l’élève pour que les compensations choisies soient acceptées et intégrées naturellement par l'ensemble du groupe. Ces modifications visent plusieurs objectifs fondamentaux. Elles permettent de s’assurer de la compréhension des buts du jeu, garantissant une meilleure saisie des critères de réussite par tous. Elles facilitent la représentation de la tâche et de la situation pour l'élève en situation de handicap, mais aussi pour ses pairs qui développent ainsi leur empathie. Elles permettent de s’adapter à l’évolution des consignes de jeu, faisant de l'adaptabilité une compétence partagée. En outre, ces ajustements répondent aux besoins émotionnels de l’élève, en favorisant le partage du ballon et en ajustant le degré d’adversité, ce qui est crucial pour le maintien de la motivation et de l'estime de soi. Enfin, elles contribuent à maintenir un rapport de force équilibré pour préserver l’incertitude du résultat, élément essentiel de l'intérêt sportif. Cette approche collective de l'adaptation est d'autant plus pertinente dans des activités comme l'aquagym, où les interactions et la cohésion du groupe sont essentielles pour une expérience agréable et efficace.
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L'Évaluation Adaptée en EPS au Lycée : Équité et Valorisation
L'évaluation en EPS doit également être adaptée pour être équitable tout en valorisant l’élève en situation de handicap ou malade, pour qui la confiance et l’estime de soi sont primordiales. L'adaptation de l'évaluation, cruciale pour toute activité physique adaptée, trouve une application pertinente dans des disciplines comme l'aquagym, où les progrès peuvent être subtils mais significatifs et doivent être valorisés.
Plusieurs principes guident cette adaptation. Il est nécessaire de supprimer les attendus qui relèvent de l’incapacité, ce qui peut concerner la réalisation de gestes moteurs simples (lancer, courir, sauter, marcher) ou la maîtrise d’habiletés motrices spécifiques (coordination, équilibre, vitesse, force, précision). Ces éléments ne doivent pas constituer des freins à la reconnaissance des efforts et des progrès.
La modification des exigences de performance, notamment les barèmes, est un autre aspect essentiel. Il convient d'adapter leur forme pour les rendre moins « stressantes ». Il est par exemple préférable de favoriser l’évaluation en contrôle continu et d’éviter l’évaluation finale, surtout pour les élèves atteints de troubles cognitifs et psychiques. Cette approche a l’avantage de permettre l’analyse de la performance au fil du temps, offrant ainsi l'opportunité de l’améliorer la fois suivante et de reconnaître les efforts progressifs.
Pour éviter la stigmatisation, il est recommandé d’éviter le passage seul devant les autres et de favoriser le groupe pour les évaluations. L'évaluation doit aussi préciser à l’élève les critères évalués, notamment en termes de comportement : ce qui est valorisé (l'engagement, l'entraide), et ce qui n’est pas évalué (l'incapacité liée au handicap).
Il est important de mettre en avant les compétences liées à l’aspect collectif pour améliorer la convivialité et la solidarité. L’intégration du tutorat et des rôles particuliers dans les critères d’évaluation permet de mettre en avant la mise à profit des compétences et de l’expérience des élèves les plus avancés dans ce domaine. Par exemple, un « relais » sera évalué sur sa compétence à remplir le rôle qui lui est assigné (critères de précision de trajectoires, de passes, de modulation de vitesse), un tuteur sera évalué sur sa compétence à aider son camarade (critères de compréhension et/ou de réussite de l’élève tutoré dans des tâches bien identifiées), et un guide sera évalué sur sa compétence à guider (ne pas faire à la place, accompagner dans le « bon » timing).
Ces principes d'évaluation adaptés s'appliquent directement à l'aquagym, où les compétences évaluées peuvent porter sur l'engagement dans l'eau, la participation aux mouvements, la capacité à suivre des consignes adaptées, ou le rôle de soutien au sein du groupe. L'évaluation ne se limite pas à la performance physique pure mais englobe toutes les dimensions du développement de l'élève.
Cadre Réglementaire et Recommandations Médicales en EPS Adaptée
Le cadre réglementaire français souligne l'importance de l'adaptation en EPS. Des circulaires précisent les modalités d’évaluation de l’éducation physique et sportive (EPS) aux baccalauréats général et technologique, définies par l’arrêté du 21 décembre 2011 modifié par l’arrêté du 28 juin 2019 et applicables à compter de la session 2021 de l’examen. Ces textes concernent l’évaluation de l’enseignement commun obligatoire d’éducation physique et sportive. Un référentiel national pour l’examen ponctuel terminal et des modifications concernant les candidats sportifs de haut niveau sont également en place. L’évaluation de l’enseignement optionnel se réalise en contrôle continu.
Les circulaires n° 2019-129 du 26-9-19, du 29-12-20 et du 17-7-20 rappellent que seuls les handicaps ne permettant pas à l’intéressé une pratique adaptée entraînent une dispense d’épreuve. L’aptitude partielle permet la pratique des activités physiques, avec adaptation. L’inaptitude totale n’autorise pas la pratique des activités physiques, mais ne dispense pas de présence au cours. Pour favoriser la santé de l’élève, il convient de préserver l’activité physique même en présence de restrictions médicales.
En référence au décret du 11 octobre 1988 et à l’arrêté du 13 septembre 1989, et construit en étroite collaboration avec le médecin conseil du rectorat, un certificat médical d’aptitude à la pratique de l’EPS est proposé en version PDF remplissable et/ou imprimable. Il a pour objectif de permettre de concevoir et mettre en œuvre un protocole adapté d’enseignement et de proposer un enseignement de l’EPS à tous les élèves.
La Commission nationale des examens (CNE) a également publié un guide d’accompagnement pour la gestion des inaptitudes partielles temporaires en EPS. Ce document rappelle qu’avant toute éviction de pratique, l’adaptation doit être systématiquement recherchée, dans le respect du cadre réglementaire et du principe d’aptitude a priori de tous les élèves. Le guide propose une gradation claire des leviers à mobiliser, à examiner dans l’ordre, afin de préserver l’ambition éducative et la cohérence du projet d’évaluation :- 1 : ajuster le dispositif de pratique ou les conditions de l’épreuve ;- 2. modifier un paramètre sans en changer le sens ;- 3. adapter le barème ;- 4. transformer un contenu évalué ;- 5. avancer la date d’une épreuve ;- 6. permuter exceptionnellement une activité ;- 7. Pour tous les élèves scolarisés (école/collège/lycée).
L’enjeu est de limiter les restrictions à l’activité physique en milieu scolaire, afin de ne priver aucun élève du bénéfice, pour sa santé, d’une pratique physique régulière. Ce certificat médical est le fruit d’un partenariat entre l’académie de Rennes et la DRAJES Bretagne, avec le concours de pédiatres du CHU de Rennes. L’enjeu est de limiter les restrictions à l’activité physique en milieu scolaire, afin de ne priver aucun élève du bénéfice, pour sa santé, d’une pratique physique régulière.
Chaque élève doit pouvoir atteindre les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui sont d’une heure quotidienne d’activité modérée à intense, complétée de trois séances hebdomadaires de pratique sollicitant le système osseux et musculaire. L’éducation physique et sportive, discipline scolaire obligatoire de la maternelle à la classe de terminale, contribue activement à l’atteinte de ces recommandations et à la réduction des inégalités sociales en matière de sensibilisation et de formation aux problématiques de santé.
Des exemples concrets de gestion des conditions médicales sont fournis. Pour le sport à l’école, les adaptations de doses ou les apports de collations permettent d’éviter les risques d’hypoglycémie de façon très simple et reproductible d’une fois sur l’autre après quelques mises au point pour personnaliser les consignes.
L’épilepsie ne constitue pas une contre-indication à la pratique du sport. Bien au contraire, le sport est très bénéfique et participe à la qualité de vie des enfants et des jeunes ayant une épilepsie : la pratique régulière va permettre d’améliorer le contrôle des crises. Elle ne constitue aucunement un frein à l’activité physique. Au contraire, celle-ci est indispensable au contrôle du poids, à l’amélioration de la santé et donc au mieux-être. En augmentant la masse musculaire, on augmente les dépenses énergétiques.
Certaines conditions nécessitent des ajustements spécifiques. Les restrictions médicales n’impliquent pas systématiquement une inaptitude de longue durée. L’activité physique mobilisant la ou les articulations douloureuses est interrompue seulement lorsque la douleur est présente. Une fatigue chronique très importante est possible, avec faiblesse musculaire, et l’activité doit être réduite dans ce cas. L’activité doit être réduite également en cas d’insuffisance rénale ou de pathologie tubulaire avec risque de crampes.
Pour les élèves avec un cathéter central ou un niveau d’immunosuppression, l’activité physique est autorisée et même encouragée. Elle doit être adaptée à l’état de fatigue, à la présence du cathéter central, au niveau d’immunosuppression et à la présence d’une thrombopénie (risque d’hématome avec les plaquettes basses). La baignade est possible avec une chambre implantable, en privilégiant l’eau de mer. Ces principes s'appliquent directement à la pratique de l'aquagym, où l'environnement aquatique peut être particulièrement adapté pour certains de ces élèves, à condition de respecter les précautions médicales nécessaires.