Le domaine subaquatique au sein des forces armées françaises constitue un secteur d’une technicité et d’une exigence rares. Si la Marine nationale dispose de plongeurs démineurs dédiés à la neutralisation d’engins explosifs en mer, l’Armée de terre développe ses propres capacités à travers les Plongeurs de Combat du Génie (PCG) et les Plongeurs de l’Armée de Terre (PAT). Le sous-officier y occupe une place centrale, agissant à la fois comme un expert technique capable d’évoluer dans des milieux hostiles et comme un meneur d’hommes responsable de la sécurité et de la réussite des missions.
Le rôle et les responsabilités du sous-officier plongeur
Chargé de la formation et du commandement d’un groupe de soldats, le sous-officier de l’armée de terre peut être combattant, technicien, secrétaire ou comptable. Dans la spécialité subaquatique, il assume des responsabilités accrues dans la direction d’équipes spécialisées. Le chef de groupe plongeurs du génie assure sous statut militaire le commandement d’une équipe de plongeurs de combat (4 à 8 plongeurs) dans l’exécution de missions d’appui au franchissement de cours d’eau (rivière, lac, fleuve), d’intervention offensive, de reconnaissance ou de travaux sous l’eau.
Véritable meneur, le sous-officier de l’armée de terre assume des responsabilités dans la spécialité qu’il a choisie lors de sa formation. Il doit avant tout susciter l’adhésion à son type de commandement, car en contact direct et permanent avec ses soldats. Des compétences techniques, alliées à un certain charisme, lui sont donc indispensables pour asseoir sa légitimité. Attentif au moral de ses troupes, il doit aussi être volontaire, réactif et faire preuve de bonnes facultés d’adaptation. Le sous-officier joue un rôle clé dans l’armée de terre : chargé d’encadrer les militaires du rang, il les forme techniquement, leur transmet l’esprit d’équipe et le sens de la discipline.
Parcours de formation et spécialisation technique
L’accès à ces fonctions exige une rigueur exemplaire. Ces métiers de l’armée sont accessibles après le bac et une formation à l’Ensoa (École nationale des sous-officiers d’active). Tous les plongeurs de l’armée de Terre - à l’exception des nageurs de combat - sont formés à Angers. L’école du génie (EG) héberge la division formation plongeurs (DFP). Pour être plongeur de l’armée de Terre, il faut être volontaire, apte médicalement, apte à la plongée et breveté parachutiste. Après avoir réussi les tests de sélection à l’EG à Angers, un plongeur va suivre à la DFP sa formation élémentaire (FSE).
Le cursus se décline en plusieurs étapes clés. Le Certificat Technique Élémentaire (CTE) de plongeur de combat du génie est la formation obligatoire pour les officiers, sous-officiers et militaires du rang. Les modules du stage FSE PCG ont pour but de donner une formation leur permettant d’exercer leur rôle de plongeur de combat du génie au quartier comme en opération, associant pratique intensive à théorie détaillée. Par la suite, les sous-officiers peuvent accéder au CT1 plongeur de combat du génie, formation de spécialité de 1er degré qui a pour but de former les sous-officiers plongeurs de combat du génie au commandement d’une équipe de 6 plongeurs dans le cadre de toutes leurs missions en opération.
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La technicité est approfondie par des modules spécifiques, tels que la formation de spécialiste des techniques subaquatiques ou l’OXYBASE, qui permet l’utilisation des appareils à circuit fermé dans le cadre d’une infiltration subaquatique en toute sécurité. La DFP dispense également un stage de qualification Intervention Offensive (plongée à l’oxygène en circuit fermé) : trois semaines de technique pure et de maîtrise de l’appareil et deux semaines orientées sur la tactique. Les instructeurs de la DFP font évoluer leurs stagiaires dans les réseaux souterrains de la ville d’Angers, les rivières, lacs et carrières environnants.
Expertise opérationnelle et coopération interarmées
Les unités spécialisées de l’Armée de terre ne travaillent pas en vase clos. La DFP a établi une convention avec les plongeurs de l’armée belge pour mettre en place des échanges en termes de formation : les Belges se forment au réseau suburbain, les formateurs français bénéficient de la spécialité dépollution subaquatique et travaux sous-marins de l’armée belge. D’autres échanges vont se mettre en place avec des pays européens. En effet, la DFP est la seule formation en Europe à avoir développé l’aspect réseaux suburbains.
Ces compétences permettent au sous-officier de diriger des opérations complexes. La formation de chef d’équipe PAT a pour but de former les officiers et les sous-officiers plongeurs de l’armée de terre au commandement d’une équipe de 6 plongeurs dans le cadre des missions communes aux PAT. Plus haut dans la hiérarchie technique, la formation de directeur de plongée a pour but de former les responsables plongeurs de l’armée de terre à la direction des activités nautiques pour la partie sécurité. Enfin, le module de formation de chef de mission de plongée à l’oxygène permet aux sous-officiers et officiers de diriger un groupe engagé dans une mission de type intervention offensive, en totale discrétion, dans la frange des contacts.
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