La mer est un espace de liberté et de découverte, mais elle constitue également un milieu fragile dont la préservation dépend du comportement de chacun. Afin que chacun puisse profiter de la mer en toute sécurité, pour soi-même, pour les autres usagers et pour le milieu marin, certaines bonnes pratiques sont à adopter. La pratique de la plongée et de la pêche sous-marine s'inscrit dans un cadre réglementaire strict, conçu pour protéger la biodiversité, garantir la sécurité des pratiquants et assurer une cohabitation harmonieuse entre tous les usagers de l'espace maritime.
Origines et évolutions de la chasse sous-marine
La pêche sous-marine ou pêche en plongée, aussi appelée chasse sous-marine (CSM), est une forme de pêche qui consiste, pour un humain en plongée, à capturer sous l’eau certains poissons et mollusques ainsi qu’à prélever des algues, oursins, crustacés, éponges et perles. Depuis l’Antiquité jusqu’à notre époque, dans différentes régions du monde, des pêcheurs pratiquaient l’apnée pour récolter sous l’eau des crustacés, des éponges de mer, des coquillages ou du corail. Le prélèvement systématique de coquillages est attesté dans l’Ancien Empire égyptien (3000 ans avant notre ère) ou en Chine 2000 ans avant notre ère.
La pratique de la chasse sous-marine évolue beaucoup à partir du XXe siècle avec les progrès techniques de l’équipement du plongeur (masque, palme, combinaison, scaphandre autonome…) et des armes (pointes en métal, foëne et arbalète à sandow, fusil pneumatique…). Dans les années 1920, la chasse sous-marine pratiquée uniquement avec du matériel précaire de construction artisanale devient populaire sur la côte méditerranéenne française et italienne, en Californie et en Floride. Après la Seconde guerre mondiale, vers 1945, il y a vraisemblablement un millier de pratiquants loisir de chasse à travers le monde. À partir des années 1960 et 1970, le loisir de la plongée en scaphandre autonome se distingue progressivement de celui de la plongée libre (apnée) et du loisir de pêche sous-marine : les plongeurs en scaphandre deviennent nombreux et majoritaires, des clubs de plongée en scaphandre sont créés, la pratique en scaphandre s’institutionnalise (moniteurs, diplômes), l’encadrement se professionnalise et la plongée scaphandre devient l’enjeu d’un nouveau type de tourisme.
Distinction entre pratique professionnelle et loisirs
La pêche professionnelle en plongée sous-marine est une technique spécialisée utilisée pour capturer des mollusques tels que la coquille Saint-Jacques, les couteaux, l’ormeau, les oursins, ainsi que les coraux et les éponges. Appartenant au sous-groupe des techniques de pêche dites de « cueillette », cette méthode peut être pratiquée en apnée, sans équipement respiratoire autonome, ou en plongée avec un scaphandre autonome (bouteille de plongée). Cependant tous les outils ne sont pas autorisés : depuis 2019, l’utilisation de fusils harpons est interdite pour les professionnels, bien qu’elle reste autorisée pour les chasseurs sous-marins amateurs.
Dans de nombreux pays, la pêche sous-marine est pratiquée comme un loisir ou un sport, à l’identique d’autres formes de pêches sportives ou de plongée loisir. Pour ces pratiquants, la capture des prises ne représente pas une nécessité ou une contrainte permettant d’assurer leur subsistance (nourriture, argent). Cette pêche est une activité de passe-temps : c’est un sport ou loisir de pleine nature permettant la découverte de la faune et la flore marine, l’amélioration ou le maintien de la forme physique. Cette activité récréative est souvent rattachée à des organisations de sport ou de pêche loisir, à l’exemple des clubs et fédérations. De manière générale, la pêche sous-marine est une méthode de pêche qui nécessite peu d’investissement économique ; elle nécessite surtout de la main d’œuvre (plongeurs), ce qui favorise le travail et la mise en place rapide d’équipes de pêche.
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Sécurité, équipement et risques inhérents
La pêche sous-marine est une activité relativement dangereuse, qui nécessite une formation solide et des aptitudes physiques spécifiques. Elle expose le pratiquant à différents risques pour sa vie et sa santé, occasionnés par l’usage inadéquat du matériel, les conditions extérieures, ses capacités physiques et son comportement. Le relief sous-marin (corail, anfractuosités, épaves), les lignes et filets de pêche peuvent occasionner des coupures et plaies ou bien devenir des pièges mortels pour le chasseur qui se trouverait immobilisé. Le port d’un couteau facilement accessible est conseillé, pour pouvoir découper un filet ou une ligne qui retiendrait le pêcheur. La circulation des bateaux est un risque important de collision et noyade pour le chasseur, généralement peu visible lorsqu’il nage en surface. Pour prévenir ce risque, le pratiquant peut rester à proximité d’une bouée ou d’une embarcation munie d’un pavillon de plongée.
Pour commencer correctement la chasse sous-marine, il est primordial de vous former pour acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à une plongée en toute sérénité. La formation à la chasse sous-marine doit être réalisée auprès d’un organisme agréé de formation et avec l’accompagnement d’un moniteur. Avant de débuter la CSM, vous devez savoir utiliser le matériel de plongée, être à l’aise en mer et connaître les techniques de nage efficaces, connaître les différentes techniques de respiration, de relaxation, d’équilibrage de la pression, savoir gérer les situations d’urgence, être capable d’identifier les signes de danger potentiel, maîtriser les gestes de secours en cas d’urgence, comprendre la physiologie de la plongée et l’environnement marin.
L’équipement de base pour un chasseur sous-marin est composé d’un masque avec ou sans tuba et de l’arme de chasse, généralement une arbalète, souvent appelé "harpon". Un pêcheur sous-marin cherchant à optimiser ses plongées s’équipera en outre de palmes, d’une combinaison isotherme, d’un lest (ceinture de plombs, baudrier, plombs de cheville), d’un couteau ou une dague, et d’une bouée avec un pavillon de plongée pour signaler sa présence. L’usage du harpon, qu’il soit propulsé par un fusil ou une arbalète, est interdit aux mineurs de moins de 16 ans. La réglementation précise que la force propulsive ne peut être développée au moyen d’un « mélange chimique ou à la détente d’un gaz comprimé, sauf si la compression de ce dernier est obtenue par l’action d’un mécanisme manœuvré par le seul utilisateur ». Il ne doit jamais être tenu hors de l’eau et ne peut pas être utilisé pour la capture de crustacés.
Réglementation et protection des milieux marins
Il est obligatoire de respecter la réglementation générale des pêches maritimes et la réglementation spécifique à la pêche sous-marine. Il est ainsi indispensable de se renseigner auprès de l’administration des Affaires maritimes locales. Afin de préserver le milieu marin, cette activité est très réglementée. Si elle ne nécessite pas de permis de chasse spécifique, le chasseur sous-marin doit être couvert par une assurance (responsabilité civile).
Les interdictions générales comprennent l’utilisation d’une bouteille de plongée, la pêche de nuit, l’utilisation de lumières artificielles, la pêche à moins de 150 m des navires ou des embarcations de pêche ainsi que des filets signalés par un balisage, la prise de poissons qui se trouvent dans des engins de pêche et la vente des produits pêchés. Le produit de la pêche sous-marine de loisir est exclusivement destiné à votre consommation, et ne peut en aucun cas faire l’objet d’un commerce.
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La Posidonie est une plante marine protégée et un habitat essentiel de notre littoral. Ne positionnez pas votre ancre dans l’herbier de Posidonie. Je laisse filer doucement la chaîne, au moins trois fois la profondeur, sans forcer sur la marche arrière. Afin de préserver la biodiversité marine, il existe des zones protégées où toutes formes de pêche sont interdites. Les ressources marines ne sont pas inépuisables, pêcheur, je me renseigne et respecte notamment : les tailles minimales de capture ; le matériel utilisé, les espèces réglementées (mérous, corb, oursins…) et les zones interdites.
Certaines espèces sont formellement interdites sur l’ensemble du territoire : la grande nacre, le jambonneau rude, la datte de mer, la grande cigale, la grande patelle, l’oursin diadème. En Méditerranée, le mérou brun, la badèche, le cernier et le corb sont protégés. Des règles spécifiques s'appliquent également à certaines espèces : un maximum de 2 spécimens de lieu jaune (Pollachius pollachius) par pêcheur et par jour peuvent être capturés et détenus. Aucun spécimen de lieu jaune ne peut être capturé et détenu du 1er janvier au 30 avril, période durant laquelle la pêche de type "capture suivie d’un relâcher" peut néanmoins être pratiquée. La taille minimale de capture du lieu jaune en zone 8 est de 42 cm. Pour la dorade rose (Pagellus bogaraveo), la pêche est interdite dans les zones CIEM VI, VII, VIII jusqu’au 30 juin 2026.
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