L'attrait des fonds marins et la fascination pour la vie aquatique ont toujours poussé les explorateurs à documenter leurs aventures. Avec l'avènement des caméras d'action, et notamment de la GoPro, cette documentation est devenue accessible à un public plus large. Initialement conçue pour capturer des moments extrêmes dans des environnements variés, la GoPro a rapidement trouvé sa place dans le monde de la plongée et de l'apnée. Cependant, l'utilisation d'un appareil électronique dans le milieu aquatique, particulièrement sous la surface, présente des défis uniques, tant en matière de qualité d'image que de capture sonore. Cet article explore l'évolution des GoPro, depuis leurs premières itérations jusqu'aux modèles les plus récents, en se penchant sur leurs capacités photographiques et vidéographiques sous-marines, les solutions apportées aux problèmes rencontrés, et les avancées en matière de capture audio qui enrichissent l'expérience de l'utilisateur.
Les Fondations : La GoPro des Premières Générations et ses Promesses Sous-Marines
Dès ses débuts, la GoPro s'est imposée comme une solution miniature et polyvalente pour la capture d'images. Avec des dimensions réduites de 6 x 4 x 3 cm, elle offrait un encombrement minuscule, comparable à celui d'un ordinateur de plongée, la rendant idéale pour des prises de vue originales en apnée, en plongée ou pour l'image animalière. Son grand-angle, presque "fish eye", était une caractéristique distinctive, permettant des champs de vision étendus. En mode terrestre ou aérien, elle pouvait atteindre un angle de vue extrême de 170°, tandis qu'en sous-marin, cet angle était de 127°. Cette caractéristique, associée à une optique performante, a immédiatement séduit les amateurs d'activités aquatiques.
La GoPro excellait particulièrement dans de bonnes conditions de luminosité, notamment dans les petits fonds et près de la surface. Plus en profondeur, le manque de chromatisme devenait perceptible, rendant l'éclairage additionnel nécessaire pour restaurer la fidélité des couleurs. Cependant, même en faible luminosité, elle restait performante, capturant des détails souvent insaisissables par d'autres moyens.
Les premières versions, comme la GoPro HD Hero 2, proposaient diverses résolutions pour s'adapter aux besoins des utilisateurs. Pour la vidéo, la résolution de 1920 x 1080 pixels à 30 images par seconde offrait une très belle qualité. D'autres options incluaient 960p, qui fournissait le plus grand champ de vision, et 720p à 30 ou 60 images par seconde pour des effets de ralenti. Des modes WVGA à 60 ou 120 images par seconde étaient également disponibles, permettant des ralentis encore plus prononcés. Le mode photo n'était pas en reste, avec une résolution allant jusqu'à 11 Mpix, une possibilité de position rafale de 10 images photo en une seconde, et des déclenchements répétitifs à intervalles réglables, offrant une grande flexibilité pour capturer des instants précis.
L'ergonomie des modèles initiaux, comme la GoPro HD Hero 2, était pensée pour la simplicité. Sur le dessus, un bouton unique servait à déclencher l'enregistrement et à confirmer les paramètres. La face avant accueillait l'objectif, un mini-écran LCD pour l'affichage des données, le bouton de mise en route et de navigation dans les menus, ainsi qu'une grosse LED clignotant trois fois lors de la mise en marche, signalant le début de l'opération. À l'arrière, un connecteur de batterie et la possibilité d'ajouter un écran optionnel de vision étaient présents. Ce dernier accessoire, qui se clipsait directement sur le dos de la mini-caméra, était fortement recommandé pour faciliter le cadrage et le suivi du fonctionnement, évitant ainsi des prises de vue "en aveugle". Il convient toutefois de noter que cet écran supplémentaire utilisait la batterie de la caméra, réduisant légèrement son autonomie.
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Les Premiers Plongées : Défis Optiques et Quête de la Netteté
L'utilisation subaquatique de la GoPro Hero a suscité de nombreuses discussions et défis dès 2010-2011, notamment en raison de problèmes de focus et d'étanchéité en plongée profonde. La caméra était livrée en standard avec deux caissons de protection : l'un ouvert, destiné au branchement de câbles audio et autres, et l'autre étanche jusqu'à 60 mètres, équipé d'un dôme. C'est précisément avec ce caisson étanche standard que les problèmes majeurs sont apparus. Le caisson de base, muni de sa lentille bombée, s'est avéré "tout simplement inutilisable sous l’eau", en raison de l'impossibilité d'obtenir une image nette dans le milieu subaquatique. Une "erreur de conception" évidente, où la lentille sphérique initiale possédait un rayon de courbure insuffisant pour que l'image virtuelle sous l'eau puisse entrer dans la plage de mise au point de la caméra.
Ces "dures histoires" d'indices de réfraction entre l'eau et l'air, combinées à la taille du rayon de courbure d'un dôme, expliquent pourquoi le petit hublot sphérique d'origine ne produisait qu'une image floue sous l'eau. L'eau modifie la trajectoire de la lumière différemment de l'air, et une lentille bombée agit comme une lentille grossissante sous l'eau, rendant la mise au point impossible pour l'objectif de la GoPro qui est conçu pour l'air.
Heureusement, des solutions ont émergé pour pallier ces limitations optiques. La première approche consistait à installer des lentilles plates, de préférence en verre, pour remplacer la lentille en dôme d'origine. Cette modification permettait d'obtenir une image nette, bien que le champ de vision devienne plus étroit et qu'un vignetage assombri puisse apparaître dans les coins. Cependant, cette solution n'était pas sans risque : l'étanchéité du caisson pouvait être compromise, nécessitant un "bon bricoleur très soigneux". De nombreux tutoriels en ligne ont démontré le processus de démontage et de remontage pour changer la lentille, mais avec la mise en garde que "Le montage de tout hublot est de la responsabilité de l’utilisateur. Il est fortement recommandé de réaliser une plongée à vide (sans caméra) une fois celui-ci monté, afin de vérifier la bonne étanchéité du caisson. Scuba People ne pourra pas être tenu pour responsable en cas de dommages occasionnés sur une caméra ayant pris l’eau!". Pour beaucoup, cette démarche représentait un risque trop élevé.
Par la suite, des adaptateurs ingénieux ont été développés spécifiquement pour la plongée, tels que l'adaptateur Blurfix à hublot plat. Ce type d'adaptateur permettait de supprimer l'effet de flou inhérent au hublot sphérique d'origine et offrait la possibilité de fixer des filtres standards, améliorant ainsi la qualité colorimétrique des images sous-marines. Pour les utilisateurs moins enclins au bricolage, des caissons GoPro réadaptés sont apparus sur le marché, équipés d'une lentille plate de type "Eyes of Mine", offrant une solution prête à l'emploi.
Plus récemment, deux solutions distinctes ont émergé, l'une proposée par GoPro et l'autre par un spécialiste des équipements sous-marins. GoPro a introduit le caisson GoPro Dive, un caisson étanche conçu spécifiquement par la firme pour la plongée, garanti jusqu'à 60 mètres. Ce caisson est équipé d'une grande lentille plate d'origine en verre, accompagnée d'un capuchon de protection, proposé à un prix avoisinant les 60 euros. Parallèlement, Subspace, une société bien connue des photographes et vidéastes sous-marins, a capitalisé sur son expérience pour développer un système optique avancé. Ce système est constitué d'un hublot sphérique agissant comme un pré-objectif, un système dit "afocal", qui a pour avantage de conserver l'angle de champ d'origine et de supprimer les aberrations optiques. Installé sur un caisson étanche à 60 mètres avec un capuchon de protection pour le dôme, ce système a été testé à vide jusqu'à 55 mètres sur une épave sans aucun problème. Bien que plus onéreuse (entre 200 et 250 euros), cette option permet d'obtenir des images "très bien piquées sous l’eau", avec un vignetage très minime dans les angles supérieurs, sans perte d'angle de champ (127° en Full HD) et une conservation de l'excellente luminosité du capteur. De plus, elle facilite grandement les prises de vue "mi air-mi eau".
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Précautions et Bonnes Pratiques en Plongée avec GoPro
Pour garantir des prises de vue réussies et surtout la longévité de l'équipement en milieu subaquatique, il est crucial d'adopter des pratiques rigoureuses en matière de manipulation, de sécurité et d'entretien. La prise en main de la caméra est un premier point important. L'utilisation d'accessoires vendus avec le kit de la caméra, tel que le clip avec son embase, qui crée une petite poignée grâce à son attache courbée, peut grandement améliorer la maniabilité. Pour des usages spécifiques, comme l'image animalière ou des plans très rapprochés, un bras télescopique peut s'avérer très efficace, comme en témoignent les "merveilles" réalisées par certains avec des requins filmés de près.
La sécurisation de l'appareil est une préoccupation majeure en plongée. Une méthode simple et efficace consiste à fixer un cordon au socle de l'accessoire de prise en main, ce cordon passant autour du poignet. Un mousqueton plastique peut être ajouté à l'extrémité pour fixer l'ensemble à un anneau de la stab de plongée si nécessaire, évitant ainsi toute perte accidentelle.
L'étanchéité du caisson est le point le plus critique. Il est impératif d'observer attentivement le joint de caoutchouc blanc, souple et sec, avant chaque manipulation et ouverture de l'appareil. Cette vérification doit inclure l'absence de poussière, de particules de sable ou de fils qui pourraient compromettre le joint. Une technique simple pour vérifier l'intégrité du pourtour est d'utiliser un doigt propre légèrement humidifié de salive. Dans le milieu de la prise de vue sous-marine, il est d'usage d'appliquer de temps en temps, et rarement, une très petite quantité de graisse silicone sur le joint. Cependant, cette application doit se faire avec une "très grande parcimonie", car un excès de graisse peut s'avérer "le pire" et nuire à l'étanchéité. Le meilleur moment pour graisser le joint est lors du stockage du boîtier, afin qu'il soit propre et prêt pour la prochaine utilisation.
Le problème de la buée dans les caissons est une question classique pour les plongeurs. Bien que l'auteur n'ait pas rencontré ce problème avec sa GoPro, il est bien connu que la condensation de l'humidité, résultant des variations thermiques, peut opacifier le caisson et créer des zones de buée. L'utilisation d'inserts antibuée, souvent des sachets de silicagel reconditionnés, est une solution courante. Cependant, l'espace est souvent "étroit dans le caisson, quasi pas de place autour de la caméra", rendant cette solution parfois difficile à mettre en œuvre. Le "danger" de la buée réside dans l'emprisonnement d'air chaud et humide à l'intérieur du caisson, la buée se formant si la température de l'eau est froide et si la caméra est laissée en marche en permanence sous l'eau. Les solutions préventives recommandées consistent à fermer le caisson dans un endroit aussi sec que possible (comme une voiture ou une chambre climatisée en région tropicale) et à ne pas exposer le caisson au soleil avant de plonger.
Enfin, pour la plongée profonde, certains utilisateurs ont rapporté que la charnière de fermeture du caisson pouvait "s’entrouvrir" sous l'effet de la pression écrasant le boîtier. Une solution préventive simple consiste à placer un élastique entourant le boîtier et passant sur la charnière, une mesure appliquée par principe par de nombreux plongeurs expérimentés. Une fois tous ces détails techniques maîtrisés, l'expérience de la prise de vue sous-marine avec cette mini-caméra vidéo embarquée devient un véritable plaisir. Pour la photo et le film jusqu'à une dizaine de mètres de profondeur, la GoPro se révèle "excellente". Il convient toutefois de faire attention aux "changements brutaux de lumière" lors du passage du "bleu profond vers le soleil de la surface", car le capteur a besoin de "quelques secondes pour s’adapter" à ces variations intenses.
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L'Ère de l'Innovation : La GoPro Hero 3 et ses Avancées
Fin 2012, la GoPro Hero 3 a fait son apparition sur le marché, déclinée en trois versions ou kits : White, Silver et Black. Cette nouvelle génération a apporté son lot de nouveautés techniques. Globalement, elle était "encore plus compacte, 25 % plus légère et plus petite" que ses prédécesseurs. Bien que les dimensions de la GoPro 2 étaient déjà très réduites, cette optimisation a continué à affiner le design. L'écran de base LCD d'affichage frontal n'a pas changé, mais l'interface a été rendue "un peu plus simple à utiliser". Une nouveauté notable était l'ajout d'une deuxième LED bleue, qui signalait les pressions sur le bouton principal de déclenchement, offrant une meilleure confirmation visuelle des actions.
Une avancée significative pour toutes les versions de la Hero 3 fut l'intégration du WiFi. Cette fonctionnalité a ouvert la voie à un contrôle à distance et à un partage de contenu plus aisés, même si son utilité directe en plongée profonde restait limitée. En termes de performances, seule la version Black de la Hero 3 s'est distinguée par une sensibilité améliorée en basse lumière. Il est important de noter que la sensibilité de la GoPro 2 était déjà considérée comme "excellente", ce qui soulignait les hautes performances intrinsèques de la gamme. En résumé, la GoPro Hero 2 pouvait être considérée comme équivalente à la version 3 Silver, et même meilleure que la version 3 White, particulièrement en résolution photo, démontrant la pérennité des capacités des modèles plus anciens face aux nouvelles entrées de gamme.
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