La Norvège, terre de contrastes saisissants, offre aux passionnés de nature une opportunité rare : rencontrer les géants des mers dans leur habitat naturel. Si Tromsø a longtemps été le point focal de cette activité, l’évolution des déplacements des cétacés a déplacé le centre d’intérêt vers le secteur de Skjervøy. Ce guide explore les enjeux, les techniques et les préparatifs nécessaires pour vivre cette expérience unique en Arctique.
L’évolution des zones d’observation : de Tromsø vers Skjervøy
Lorsque nous nous sommes installés en Laponie, nous avons appris qu’il était possible d’observer des orques et des baleines dans le nord de la Norvège. Historiquement, les orques et les baleines venaient dans le fjord de Tromso, mais depuis 3 ans, elles ne viennent plus ici mais sont plutôt dans le secteur de Skjervøy. Bien que les excursions partent toujours de Tromso, il faut du coup beaucoup plus de temps pour rejoindre le site d’observation, que ce soit en voiture ou en bateau.
Il est important de noter que la "herring season", ou saison du hareng, attire les cétacés dans ces eaux froides pour se nourrir. Cela fait quelques années que les orques et les baleines à bosse viennent à cet endroit précis pour se nourrir des bancs de harengs qui se rassemblent en cette saison. Il est d’ailleurs possible que le lieu change dans les années à venir, car cela dépend du choix de villégiature des poissons pour cette période.
Comprendre l’orque : le prédateur mythique
L’orque (Orcinus orca), aussi appelée épaulard ou baleine tueuse, est un cétacé odontocète de la famille des delphinidae. L’orque ne présente pas d’agressivité envers les hommes et se laisse facilement approcher lorsqu’elle est dans son milieu naturel. Par contre, la captivité modifie considérablement son comportement, et de nombreux accidents mortels ont eu lieu dans les parcs à thème.
Du fait de sa non-agressivité envers l’homme, il est possible de se mettre à l’eau avec les orques, tout en respectant des règles strictes. L’orque peut mesurer jusqu’à 9 m de long et peser jusqu’à 8 tonnes. Les femelles sont généralement plus petites, elles peuvent mesurer jusqu’à 6 m pour un poids de 4 tonnes. C’est un mammifère marin au corps massif, puissant et assez rond. Sa grande mâchoire est dotée d’une cinquantaine de dents. Son dos est noir avec des taches blanches au niveau des yeux, sur le ventre, derrière la nageoire dorsale, et sur les flancs. Elles vivent en communauté bien organisée, bien souvent en famille, et ce clan familial est souvent géré par une femelle. L’orque est en haut de la chaîne alimentaire, on ne lui connaît pas de prédateurs. C’est le plus grand prédateur des océans.
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Préparer son expédition : logistique et choix de la compagnie
La sélection de l’opérateur est cruciale pour garantir le respect des animaux. Il existe pas mal de compagnies à Tromso qui proposent des excursions d’observation des orques et des baleines. Pour choisir, je vous recommande fortement de vous renseigner sur la qualité de la compagnie d’un point de vue du respect des cétacés. Privilégiez une compagnie respectant le bien-être des mammifères et l’environnement.
Pour ceux qui souhaitent une immersion totale, des solutions existent près de Skjervøy. Rendez-vous en Norvège à Seglvik, où la maison d’hôte est située sur une péninsule, au nord du fjord de Kvaenangen. À partir du 22 octobre jusqu’à fin janvier, vous pouvez séjourner dans une maison entourée de montagnes, située sur une presqu’île, accessible après une navigation de 25 minutes en bateau. Ce lieu sert de point de départ pour des virées d’une journée pour l’observation en snorkeling des orques et des baleines à bosse.
L’expérience du snorkeling : entre adrénaline et respect
Le snorkeling avec les orques est une activité qui demande une préparation physique et mentale. Lors du briefing, le capitaine prévient : il faut être « au taquet » dans le bateau. Habillés, masqués, prêts à sauter. Il ne faut pas sauter, mais bien glisser doucement dans l’eau le long des côtés du bateau afin, encore une fois, de ne pas impacter ni effrayer les animaux.
L’idée est de laisser la nature suivre son cours et de l’observer sans l’impacter. Il est tout à fait possible que vous ne puissiez pas plonger. L’âge minimum pour faire du snorkeling est de 15 ans. Avant de participer à une excursion de snorkeling, vous devrez signer une décharge médicale attestant que vous êtes en bonne condition physique et à l’aise dans l’eau. Les combinaisons étanches fournies par les compagnies permettent de rester au chaud, l’eau du fjord étant souvent moins froide que l’air extérieur, qui peut descendre entre -5 et -10 degrés.
Équipement et conseils pratiques pour le froid arctique
La météo en Norvège peut être rude. Habillez-vous chaudement ! La plupart des compagnies vous prêteront des vêtements, mais le fait de ne pas bouger va vite vous refroidir. Pour le snorkeling, sous la combinaison étanche, il est recommandé de porter des vêtements techniques chauds, y compris deux couches de chaussettes, de préférence en laine. Un bonnet chaud de rechange et des gants imperméables peuvent également être utiles si vous souhaitez vous changer sur le chemin du retour sur le bateau.
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Pour le matériel photo, privilégiez le téléobjectif et une seconde batterie si vous avez, au cas où la première vous lâche avec le froid. Prévoyez de quoi protéger un minimum vos affaires, car on peut se faire mouiller avec les vagues, les embruns et même la pluie.
L’observation des cétacés : une loterie naturelle
L’observation de la nature c’est toujours une loterie, c’est elle qui choisit de se montrer et il y a des chances que l’on ne voie rien du tout. En Norvège, les baleines sont a priori visibles toute l’année, mais les espèces ne seront pas forcément les mêmes. Si vous choisissez Tromso comme destination, c’est entre novembre et janvier qu’il faut venir pour observer les nombreux orques et également les baleines à bosse.
De nombreux bateaux sont dans le fjord pour observer les orques et les baleines et, globalement, il m’a semblé que tout le monde respectait les cétacés. L’expérience de nager avec eux, bien que rare, offre une communion unique dans leur milieu naturel. Ce n’est pas dangereux de nager avec les orques ; même si ce sont des animaux sauvages, des prédateurs, nous ne sommes pas des proies pour eux. L’idée est réellement d’observer ces magnifiques animaux dans leur milieu naturel et non de chercher des sensations fortes comme dans la plongée en cage.
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