Le Morvan, véritable écrin de nature au cœur de la Bourgogne-Franche-Comté, est un lieu privilégié pour les amateurs de sports d'eaux vives, offrant une expérience inoubliable sur des rivières sauvages et techniques. Parmi elles, le Chalaux et la Cure se distinguent par leur caractère impétueux et leurs paysages grandioses, promettant des descentes riches en sensations fortes. La réputation de ces cours d'eau n'est plus à faire, notamment grâce à des passages célèbres comme le tumultueux Saut du Gouloux, également connu sous l'appellation de Saut du Glou-Glou. Ces rivières, creusées dans la roche granitique et serpentant au milieu de forêts denses, constituent un terrain de jeu exceptionnel pour la pratique du kayak, du rafting ou encore de l'hydrospeed, attirant des aventuriers venus de loin pour découvrir leurs secrets.
Le Morvan, Terre d'Aventures et de Sensations Aquatiques
Le Morvan est sans conteste une destination phare pour la pratique des eaux vives, où l'immersion en pleine nature est totale. Quoi de mieux que de s'adonner à une descente en rafting ou en canoë au milieu de la forêt, sur une rivière sculptée par des millénaires d'écoulement à travers la roche granitique ? La région, malgré une "couverture téléphonique exceptionnelle" (non sans une pointe d'humour), est une terre natale pour les passionnés et les organisateurs de ces virées aquatiques. Elle propose un large éventail d'activités pour tous les niveaux, permettant à chacun de trouver son bonheur et de tester ses limites face à la puissance de l'eau.
Le rafting, par exemple, est une activité accessible à tous, ne nécessitant ni condition physique particulière ni expérience préalable en navigation. Il se pratique sur des embarcations pour 4 à 6 personnes dans le Morvan, équipées de pagaies simples et dirigées par un guide positionné à l'arrière pour barrer l'embarcation. Pour ceux qui recherchent une expérience plus intime et plus engagée, le canoë-raft, surnommé "hot-dog", est une option idéale. Il s'agit d'une embarcation biplace où les pagayeurs, assis avec les jambes allongées, utilisent des pagaies doubles pour diriger leur embarcation. Enfin, pour les plus téméraires, l'hydrospeed offre une descente de la rivière en nageant, équipé d'un flotteur, d'une combinaison renforcée et de palmes, permettant une connexion directe et intense avec le courant. Le Chalaux et la Cure sont précisément les rivières du Morvan qui permettent de pratiquer toutes ces formes d'eaux vives, offrant une diversité d'expériences pour tous les goûts et toutes les envies.
Le Chalaux : Une Rivière de Classe Internationale
Le Chalaux se distingue comme une rivière de classe internationale, réputée pour son profil technique et ses rapides quasi incessants. C'est un affluent de la Cure, dont il vient gonfler le cours après avoir lui-même enchaîné une série de passages exigeants. Son parcours s'écoule principalement en sous-bois, offrant un cadre naturel d'une beauté sauvage. La rivière est classée en classe 3 avec des passages 4, ce qui la destine aux kayakistes expérimentés et en quête de défis.
Les descentes sur le Chalaux sont loin d'être une simple promenade de santé. Les participants se retrouvent souvent confrontés à des tronçons "très difficiles, voire impossibles d'esquimauter par manque de fond sur la majeure partie de la rivière". Cette particularité rend les "bains" fréquents et inévitables, ajoutant une dimension supplémentaire à l'aventure. Après six heures de route et une arrivée sous un soleil généreux, l'impatience de découvrir (ou redécouvrir) ces rivières mythiques se fait sentir, et le Chalaux ne tarde pas à livrer ses premières épreuves. Un bref pique-nique pour reprendre quelques forces, et la descente commence, souvent jalonnée par ces immersions inattendues. Même après une première descente exigeante, l'attrait de cette rivière est tel que l'équipe peut décider de "redescendre à nouveau cette rivière", malgré la certitude que "plusieurs 'bains' sont au rendez-vous". Le Chalaux est donc un terrain de jeu exigeant mais gratifiant, où l'apprentissage et le dépassement de soi sont monnaie courante.
Lire aussi: Votre aventure en canoë au Saut du Doubs
La Cure : Une Expérience Technique et Émotionnelle
La Cure, plus large que le Chalaux, n'en demeure pas moins une rivière qui offre de grandes sensations grâce à sa technicité. D'une sauvagerie initiale, elle "prend douceur à la vue de Vézelay" plus en aval, mais c'est sur ses sections hautes et médianes qu'elle révèle tout son potentiel pour les sports d'eaux vives. Classée au même niveau que le Chalaux, elle promet un parcours riche en émotions et en défis.
La Haute Cure et ses Premiers Frissons
La "haute Cure" offre une diversité de paysages et de difficultés. Une matinée peut être dédiée à sa découverte, par exemple "de Nataloup jusqu’au pont du Montal", une navigation qui peut se dérouler en partenariat avec des clubs locaux. Le début des descentes se déroule souvent bien, avec "quelques 'marches' au cœur d'un paysage magnifique". Ces premiers passages, plus tranquilles, contrastent avec les sections plus "engagées" qui suivent. Le lundi, certains peuvent choisir une sortie "plus tranquille", explorant la "partie située sur la haute Cure", qui offre une expérience différente des descentes précédentes. Mais le caractère de la Cure peut rapidement changer, passant d'un charme bucolique à une intensité redoutable.
Le Saut du Taureau et le Saut des Sept Taureaux : Des Obstacles Majeurs
La Cure se complique nettement à mi-parcours, devenant "plus 'engagée' avec l'apparition du premier obstacle le 'saut du taureau'". Ce passage est réputé pour sa difficulté et nécessite une attention particulière. Il est "recommandé de faire un joli stop" avant de s'y aventurer pour bien analyser la trajectoire.
Le "saut des sept taureaux" est décrit comme "un seuil constitué ensuite d’un gros rouleau à gauche et d’un pleureur à droite". Pour le franchir avec succès, "il faut bien viser pour éviter les magnifiques chandelles ou enterrements". C'est un passage où "l’approche correcte du seuil devient primordiale pour passer en toute propreté", surtout lorsque "les cailloux sont plus apparents" à des niveaux d'eau plus bas. Ce rapide n'est pas sans risques, comme en témoignent des incidents où des participants se sont blessés, notamment au pouce et à la joue, attribués aux "cailloux du saut du Gouloux et des 7 taureaux". Les épreuves s'accumulent et la vigilance est de mise, d'autant que "l’enchaînement avec le saut du Gouloux est quasi immédiat".
Le Légendaire Saut du Gouloux (ou du Glou-Glou)
Le "saut de Gouloux", parfois nommé "saut du glou-glou", est sans doute le rapide le plus emblématique de la Cure et l'un des plus redoutés. Il est en réalité un "double seuil", dont la description seule suffit à illustrer sa violence et sa complexité. Le "premier pouvant s’apparenter à la chute de SPB (en beaucoup plus étroit et pentu)", requiert une maîtrise technique irréprochable. Le "deuxième" est comparé à une "machine à laver en plus violent", signifiant des rouleaux puissants et des rappels intenses qui peuvent facilement déséquilibrer une embarcation.
Lire aussi: Quand le vent crée la légende
Ce saut met les nerfs et les compétences des kayakistes à rude épreuve. Les tentatives pour le franchir peuvent être variées, certains essayant la "pissette du milieu" avec des fortunes diverses, d'autres risquant de "passer le saut en marche arrière par la voie normale". Le défi est tel que "seul Pierre-Yves aura réussi le challenge" lors d'une des expéditions. L'intensité du passage peut même inciter certains à tenter un "stop entre les deux seuils", une manœuvre risquée qui peut entraîner des collisions inattendues. Le saut de Gouloux est la conclusion redoutable d'une section très engagée, où "beaucoup nagé durant ce passage (environs 150 mètres, voir plus…)" est une expérience vécue par certains. C'est un test ultime pour tout kayakiste sur la Cure.
Autres Passages et la Basse Cure
Au-delà des célèbres sauts, la Cure recèle d'autres passages remarquables. Le "seuil rappelant" est un autre point de vigilance, d'autant plus qu'à un niveau d'eau inférieur, il peut devenir particulièrement dangereux, nécessitant l'intervention de secours, comme le lancement d'une corde pour une nageuse tombée d'un raft. Après les sections les plus tumultueuses, comme l'enchaînement des "saut des sept taureaux" et "saut du Gouloux", la suite du parcours est souvent "beaucoup calme et se poursuit sans problèms".
La "basse Cure" présente généralement "pas de difficultés particulières", offrant un contraste bienvenu après l'intensité des rapides précédents. Toutefois, elle n'est pas exempte de surprises, avec "un petit seuil qui surprendra ceux qui se sont endormis entre temps" et le "saut du moulin", un petit barrage à franchir au niveau d'un ancien moulin. Même dans ces sections plus paisibles, l'observation et la réactivité peuvent être récompensées, comme en témoigne la cueillette "en urgence" d'un magnifique cèpe par une participante.
Comprendre la Difficulté : Le Classement des Rivières
Pour apprécier pleinement la complexité des rivières comme le Chalaux et la Cure, il est essentiel de comprendre la classification officielle des cours d'eau en fonction de leur difficulté. Cette classification, établie par l’arrêté du 4 mai 1995, est un indicateur précieux pour les pratiquants d'eaux vives.
- Classe I : Facile. Ces rivières se caractérisent par un cours régulier, des vagues régulières et de petits remous. Les obstacles y sont simples et facilement évitables.
- Classe II : Moyennement difficile (passage libre). Ici, le cours devient irrégulier, avec des vagues irrégulières, des remous moyens, de faibles tourbillons et des rapides. Les obstacles sont simples et se trouvent dans le courant, avec la présence de petits seuils.
- Classe III : Difficile (passage visible). Cette catégorie inclut des vagues hautes et irrégulières, de gros remous, des tourbillons et des rapides prononcés. On y rencontre des blocs de roche, de petites chutes et divers obstacles directement dans le courant. Le Chalaux et la Cure sont classés dans cette catégorie, avec des passages atteignant la classe 4.
- Classe IV : Très difficile (passage non visible d’avance, reconnaissance généralement nécessaire). Les rivières de cette classe présentent des grosses vagues continuelles, des rouleaux puissants et des rapides intenses. Des roches obstruent le courant, et des chutes plus élevées avec des rappels rendent la navigation complexe. La nécessité de reconnaître le passage avant de s'engager est cruciale.
- Classe V : Extrêmement difficile (reconnaissance inévitable). Il s'agit de vagues, de tourbillons et de rapides à l’extrême. Les passages sont étroits, et les chutes très élevées s'accompagnent d'entrées et de sorties particulièrement difficiles, rendant la reconnaissance du parcours indispensable et systématique.
- Classe VI : Limite de navigabilité (généralement impossible). Ces rivières sont à la limite de ce qui est navigable et sont généralement considérées comme impraticables. Elles peuvent éventuellement être navigables sous certaines conditions de niveau d'eau, mais cela reste exceptionnel et extrêmement dangereux.
La connaissance de cette classification permet aux kayakistes de jauger les risques et de préparer adéquatement leurs descentes, notamment sur des rivières comme le Chalaux et la Cure, où des passages de classe 4 exigent une technique et une prudence accrues.
Lire aussi: Tout savoir sur la Garmin Instinct 2