Techniques et Matériels : Du Wrap Photographique au Black Foil Professionnel

La photographie, qu'elle soit artistique ou technique, repose sur une maîtrise fine des outils et des supports. Dans cet article, nous explorerons deux facettes distinctes mais essentielles du matériel photographique : l'usage créatif des tissus d'emmaillotage ("wraps") pour la photographie de nouveau-nés, et l'utilisation technique du "Black Foil" (ou Photofoil) pour le contrôle de la lumière en studio professionnel.

Les Wraps : Outils de Mise en Scène pour Nouveaux-nés

Dans le domaine de la photographie de nouveau-nés, le "wrap" est un élément fondamental. En général, c’est un tissu assez long, entre 1,5 et 2,5 m, et large de 25 à 50 cm. Grosso modo, c’est une écharpe. Ce dispositif est essentiel pour recréer un environnement sécurisant pour le nourrisson, qui a passé 9 mois compressé dans du liquide ; le fait d’être à l’air libre est nouveau pour eux.

Le choix du matériel est primordial. Il existe de très nombreux wraps, que ce soit avec un choix de couleurs très varié, mais aussi avec de nombreuses textures. Investissez dans des produits de différentes longueurs et textures. Je vous conseille d’acheter quelques wraps de différentes couleurs et textures pour commencer. Cela vous permettra de tester ce que vous aimez, notamment en termes de texture. Si vous tombez vraiment amoureux d’une marque, d’une texture ou d’une couleur, achetez-en plusieurs. Dans tous les cas, il vous faudra une collection de couleurs afin de pouvoir vous adapter au reste du décor.

L’utilisation pratique varie selon les besoins : utilisez un morceau de tissu plus petit lorsque vous voulez juste couvrir une partie du bébé ou que le tissu est plus épais et que vous n’avez besoin que d’une seule couche. Utilisez toujours un morceau de tissu plus long lorsque vous devez le doubler, pour que le bébé ne soit pas visible à travers. Ou lorsque vous utilisez une « queue », laissez dépasser une partie du tissu comme une traîne, pour donner de la profondeur par exemple.

Pour les débutants, il est conseillé d’en regarder plusieurs, afin d’avoir des informations assez complètes sur le sujet, et voir différentes méthodes. Cela vous aidera à déterminer où placer l’écharpe sur le bébé pour commencer, si vous avez besoin de laisser plus de tissu sur un côté, et ainsi de suite. Après quelque temps, et l’habitude, vous serez capable de déterminer comment faire d’instinct, et vous n’aurez plus besoin de tester vos nouveaux wraps. Il est donc important d’organiser un minimum vos wraps avant la séance photo. Mettez de côté les wraps avec lesquels vous voulez travailler, en gardant à l’esprit les textures et les couleurs qui vont avec votre arrière-plan actuel.

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Commencez par les écharpes pour lesquelles vous n’avez pas besoin de trop bouger le bébé, considérez-les comme vos plans de sécurité, puis optez pour une écharpe plus compliquée. Vous pouvez superposer vos wraps pour plus de variété et éviter de tout refaire. C’est très utile si le bébé n’est pas dans un sommeil profond ou s’il est un peu agité. Enveloppez le nouveau-né bien serré pour les shoots entre frères et sœurs ; les bébés sursautent facilement et balancent leurs bras et leurs jambes. De plus, vous n’aurez pas à vous inquiéter que le bébé gratte son frère ou sa sœur ou qu’il bouge à un moment peu opportun… très pratique pour les photos de jumeaux.

Techniques de pose et composition

Chaque fois que vous le pouvez, bordez l’écharpe autour du bébé au lieu de le prendre et de l’enrouler autour de lui. Vos chances de réveiller le bébé seront moindres, ce qui vous permettra d’optimiser votre flux de travail. Lorsque vous utilisez une longue écharpe avec une traine, enroulez le tissu supplémentaire derrière le bébé pour avoir deux looks différents.

Le wrap peut également servir de support : lorsque vous travaillez sur votre Bean bag (un gros pouf rempli de billes de polystyrène), il faut éviter d’avoir une surface trop plane. On a par exemple besoin de soutenir la tête du bébé en hauteur, ou de relever ses fesses. Pour cela, on utilise en général des petits coussins de pose remplis de riz. Mais il peut être très pratique, d’avoir une petite épaisseur, ou de faire plusieurs petites bosses et pour cela le wrap est génial. On peut le plier en carré ou faire une boule. Il reste un peu souple et donne une forme naturelle.

Enfin, la traîne permet de donner de la profondeur. Utilisez les wraps pour donner de la profondeur à vos photos. Par exemple, en faisant comme une queue au bébé, c’est-à-dire en laissant dépasser derrière lui une partie du wrap. Il est aussi possible de seulement recouvrir le bébé avec le wrap et de le faire dépasser des deux côtés en donnant un mouvement de vague. Ça rajoute de la profondeur à l’image, donne de la texture, et guide l’œil vers le bébé. C’est une très bonne technique pour faire ressortir le bébé même avec une image un peu chargée. Faire un simple nœud autour du bébé et laisser dépasser le wrap de chaque côté donne de la texture grâce au nœud, de la profondeur grâce à la traîne, et en plus on guide l’œil grâce à la ligne créée par la traîne. Le wrap peut aussi être utilisé comme élément de décor, en le posant à côté du bébé ou juste sous lui, pour avoir une couleur complémentaire de la tenue du bébé, ou bien pour avoir une couleur de rappel.

Le Black Foil : Maîtrise de la Lumière et Rigueur Technique

Si le wrap sert à habiller et modeler le sujet dans la douceur, le Black Foil (aussi appelé BlackWrap, Cinefoil, ou Shadowfoils) est l'outil rigoureux indispensable du photographe et du technicien d'éclairage.

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Le ROSCO Photofoil, feuille ou petit rouleau d'aluminium, est une solution incontournable pour les professionnels de l'audiovisuel, caractérisé par sa finition double face noir mat. Ce matériau unique se distingue par sa malléabilité exceptionnelle, permettant de le plier, de le façonner et de lui faire conserver la forme désirée avec une grande facilité. Sa principale force réside dans sa capacité à bloquer la lumière indésirable et à éliminer les reflets, grâce à sa surface complètement non réfléchissante. Il est également conçu pour être résistant à la chaleur, le rendant sûr pour une utilisation à proximité des sources lumineuses professionnelles.

Le Photofoil est particulièrement prisé pour la sculpture et la direction précise du faisceau lumineux, offrant une maîtrise inégalée de l'éclairage. Il est idéal pour la création de coupe-flux personnalisés (flags), permettant d'occulter certaines zones ou de modifier la forme de la lumière. Il est également essentiel pour l'élimination des fuites de lumière (spill light) et la réduction des reflets parasites sur les objectifs ou les décors. Que ce soit pour des configurations d'éclairage complexes en studio ou pour des ajustements rapides sur le terrain, le ROSCO Photofoil est l'outil parfait pour les éclairagistes, directeurs de la photographie et techniciens vidéo. En tant que matériau qui "aspire" littéralement la lumière, il est utilisé dans n'importe quelle situation où une chaleur extrême pourrait brûler des drapeaux ou des coupe-flux classiques.

Fondements de l'Image : Du Support au Tirage

Pour comprendre la photographie dans sa globalité, il faut intégrer la nature des supports et des processus chimiques. Un papier photographique est un papier recouvert d’une surface photosensible : l’émulsion photographique sensible à la lumière. Une fois exposé à la lumière, le papier doit être chimiquement développé et insensibilisé à la lumière pour faire apparaître l’image et la rendre permanente.

Il existe plusieurs types d'émulsions. Les émulsions au Chlorure d’argent [AgCl] sont très lentes, destinées aux travaux de tirage par contact avec des temps de pose très longs, offrant une gamme tonale étendue. À l'inverse, les émulsions au Bromure d’Argent [AgBr] sont très rapides, et les émulsions au ChloroBromure d’Argent ont permis les travaux à l’agrandisseur, étant désormais présentes dans tous les papiers photo modernes.

La distinction entre les supports est tout aussi importante :

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  • Les papiers RC (Resin Coated) : lors des étapes de développement, le papier ne s’imprègne pas de chimie, il se rince donc plus rapidement. Aucun résidu chimique ne restant, on ne craint pas sa dégradation. Toutefois, le polyéthylène n’est pas stable dans le temps, et ces papiers ne sont pas considérés comme « archivables ».
  • Les papiers barytés (Fiber Base) : entièrement constitués de fibres de cellulose et recouverts de sulfate de baryum, ils sont plus durables. Cependant, le papier doit être rincé très longtemps pour éliminer tous les résidus de produits qui pourraient détériorer le support au cours du temps.

Le contraste d'un tirage est lié à la formulation de son émulsion. Avec les papiers à contraste variable, le papier est enduit de deux ou trois couches d’émulsion d’égal contraste et sensibilité à la lumière bleue, mais de sensibilité différente à la lumière verte. En faisant varier la couleur de la lumière entre le bleu et le vert, on peut choisir le contraste du papier, souvent par l'utilisation de filtres magenta ou jaunes.

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