La cavité buccale constitue un écosystème complexe où la muqueuse, en dehors de l’épithélium de la langue, est, dans sa constitution, très proche de la peau. Cette zone, souvent sujette à des désagréments, nécessite une attention rigoureuse. La muqueuse buccale recouvre toute notre bouche : les joues, le pharynx, le palais et également l'intérieur des lèvres. Les gencives sont également constituées de muqueuse, bien que dans le jargon médical, une inflammation des gencives ne soit pas considérée comme une stomatite. Le palais mou, ou voile du palais, est la partie arrière du toit de la bouche, située derrière le palais dur. Bien que souvent oublié, il joue un rôle essentiel dans la déglutition, la parole et la respiration. Il est constitué de tissus mous qui séparent la bouche du nasopharynx.
Inspection clinique et anatomie de la cavité buccale
Très méthodique, l’inspection examine chaque région de la cavité buccale de l’extérieur vers l’intérieur même si la lésion apparaît au premier coup d’œil. Une attention toute particulière est portée sur les replis entre la joue et les gencives ainsi qu’au niveau des commissures des lèvres. L’examen de la muqueuse du palais est facilité par l’emploi du miroir de bouche. L’examen clinique explore la totalité du revêtement cutané, cuir chevelu compris. Les fonctions neurologiques, les structures osseuses ainsi que les orifices naturels (narines et oreilles) sont également examinés. Ce bilan clinique et para clinique permet le plus souvent d’établir un diagnostic.
Les glandes salivaires sont au nombre de six dites « principales » : deux glandes parotidiennes (situées en avant de l’oreille), deux glandes sous mandibulaires (situées sous la mâchoire) et deux glandes sub linguales (sous la langue). Leur examen clinique est effectué par un palpé endo et exo buccal. Le palais mou contient de nombreux types de tissus différents : des vaisseaux sanguins, des muscles, des ligaments et de la graisse. Il est donc normal que cette partie du corps enfle en cas d’infection virale, bactérienne ou fongique. La fonction principale du voile du palais est de se lever et de fermer le nez et la gorge lorsque vous avalez pour garder les aliments hors de vos poumons et de vos voies nasales. C’est aussi à cet endroit que se termine la cavité buccale et que l’oropharynx commence.
La Stomatite : Inflammation de la muqueuse buccale
La stomatite se définit comme l’inflammation de la muqueuse buccale. C’est un terme médical générique qui regroupe une grande variété de pathologies buccales. En cas de stomatite, les causes sont très nombreuses et peuvent potentiellement concerner tous les individus. Comme la plupart des organes et tissus du corps humain, la muqueuse de la bouche, ou muqueuse buccale, peut faire l’objet d’une inflammation. Lorsque la muqueuse buccale est saine, elle a une couleur rose. Toutefois, en cas d’inflammation, elle présente souvent des rougeurs, des gonflements, des douleurs brûlantes et des ulcères. Un enduit blanchâtre ou des taches blanchâtres peuvent également apparaître.
Les symptômes les plus courants sont l’apparition de lésions buccales, la douleur, les difficultés pour s’hydrater et s’alimenter. En cas de stomatite, un des symptômes les plus importants est la douleur ressentie par le patient. Les inflammations de la muqueuse buccale peuvent se manifester à un seul endroit ou même sur une grande surface, en fonction du type de stomatite. Certaines personnes peuvent présenter un gonflement et une rougeur de la muqueuse buccale ou des ulcérations isolées et douloureuses. Une consultation chez votre médecin ou dentiste s’impose afin d’établir le diagnostic. Il cherchera à identifier la ou les causes et les facteurs favorisants afin de vous indiquer le traitement médicamenteux adapté à suivre.
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Origines infectieuses et mécanismes pathologiques
Les stomatites d’origine infectieuse sont dues à un agent infectieux, un virus, une bactérie ou encore un champignon. Notre bouche regorge de bactéries. Toutefois, si l’équilibre est rompu et que des bactéries nocives se multiplient sans être dérangées, des inflammations peuvent survenir. Une forme particulièrement grave d’inflammation bactérienne est la « stomatite ulcéreuse ». Il s’agit d’une infection bactérienne qui entraîne souvent la formation d’ulcères purulents.
Le champignon Candida albicans réside normalement dans la bouche. Il est le résultat de la colonisation, en masse, de la bouche par un champignon dont la présence y est naturelle. Cependant, il peut proliférer chez des personnes qui ont été sous traitement antibiotique ou par corticoïdes, ou qui présentent une déficience du système immunitaire. Lorsqu’une stomatite est causée par des champignons, on parle de muguet buccal ou de candidose orale. Les personnes concernées font état d’une sensation de fourrure dans la bouche et d’un dépôt blanc sur la muqueuse buccale. Souvent, des plaies qui saignent rapidement se trouvent sous le dépôt effaçable. Il n’apparaît parfois que des zones rouges et plates.
Les virus sont également des causes infectieuses courantes. La stomatite herpétique, due au virus de l’herpès, se développe typiquement lors du premier contact avec le virus, essentiellement au cours de la petite enfance. Elle est très douloureuse et s’accompagne de fièvre. Les boutons de fièvre sur la lèvre et, moins fréquemment, les ulcères sur le palais, provoqués par le virus herpès simplex sont peut-être les plus connus. Le virus varicelle-zona, responsable de la varicelle et du zona, peut également entraîner la formation de nombreuses ulcérations buccales sur un côté de la bouche. Le virus Coxsackie peut aussi provoquer des inflammations, touchant surtout les enfants, avec des vésicules apparaissant sur les mains et les pieds en plus de la bouche.
Ulcérations, aphtes et traumatismes
Un ulcère est une lésion qui forme un trou sur la muqueuse buccale lors de la destruction des couches superficielles des cellules. De nombreux ulcères peuvent être rouges, mais certains présentent un aspect blanc en raison de dépôts de cellules mortes et de résidus des aliments. Les ulcérations non cancéreuses sont généralement douloureuses tant qu’elles ne sont pas en voie de guérison. La stomatite aphteuse récidivante est l’une des formes les plus fréquentes. Dans un premier temps, la muqueuse buccale brûle et démange, puis des zones inflammatoires blanchâtres et rougeâtres apparaissent.
Tout type de dommages ou de lésions infligés à la bouche, par exemple quand la face interne de la joue est mordue ou déchirée accidentellement par des dents cassées ou ayant des bords irréguliers ou par des prothèses dentaires mal adaptées, peut provoquer la formation de cloques ou d’ulcères. Les stomatites prothétiques se développent chez des personnes porteuses d’une prothèse dentaire amovible. Une brûlure ou un ébouillantage peut également endommager la muqueuse buccale et déclencher une stomatite. Les aliments acides, les arômes de cannelle ou les agents astringents peuvent être particulièrement irritants.
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Facteurs systémiques, tabagisme et médicaments
De nombreuses maladies atteignent la bouche en même temps que d’autres parties de l’organisme. Le syndrome de Behçet, une maladie inflammatoire qui affecte de nombreux organes, peut induire de douloureuses ulcérations récidivantes. Certaines personnes souffrant de maladies intestinales inflammatoires développent également des ulcérations de la bouche. Les personnes atteintes d’une maladie cœliaque grave développent souvent des ulcérations de la bouche. Des carences nutritionnelles en fer, niacine, vitamine B6, vitamine B12 et vitamine C peuvent également provoquer des ulcérations buccales.
Le tabac peut provoquer des ulcérations buccales. Les ulcérations sont très probablement dues à l’exposition aux substances irritantes, aux toxines et aux agents carcinogènes, mais peuvent également provenir d’effets desséchants sur la muqueuse. Les médicaments les plus fréquents qui provoquent des ulcérations buccales comprennent certains médicaments de chimiothérapie contre le cancer. La radiothérapie constitue également une cause fréquente. Pour les patients traités pour un cancer et dont la muqueuse buccale est fragilisée, plusieurs précautions supplémentaires s’imposent.
La sécheresse buccale, appelée xérostomie, due à un déficit quantitatif ou qualitatif de la sécrétion de salive, favorise l’apparition d’ulcérations. La salive protège en effet les dents et les muqueuses des bactéries nocives. En cas de diabète, le risque d’inflammation est accru car le système immunitaire est affaibli et la production de salive peut diminuer.
Diagnostic et examens approfondis
L’examen clinique, associé aux tests, permet de façon générale d’affirmer le syndrome de bouche sèche ou d’identifier la stomatite. Cependant, d’autres pathologies nécessitent la mise en œuvre d’examens plus sophistiqués (imagerie, biologie, biopsie) pour en faire le diagnostic. La biopsie des glandes salivaires accessoires, acte peu douloureux effectué en consultation, est réservée au diagnostic de maladie plus générale.
La couleur de la muqueuse normale est due à la présence de mélanine et d’hémoglobine. Aussi, la découverte d’une ou de plusieurs plages brunes, bleutées voire noirâtres doit faire l’objet d’une consultation spécialisée. Toute ulcération persistant plus de 10 jours doit être examinée par un dentiste ou un médecin pour vérifier que l’ulcération n’est pas cancéreuse ou précancéreuse. Le cancer de la cavité buccale, dont le carcinome épidermoïde, peut apparaître à n’importe quel endroit de la bouche. Les signes d’alerte incluent des grosseurs, des rougeurs, de la douleur et une perte de fonction.
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