Sur un voilier quand le vent monte, il faut savoir réduire la voile. Autrement dit être capable de prendre un ris. On dit aussi « ariser ». Quand le vent monte il faut réduire la surface de voile pour soulager le gréement et équilibrer le voilier. Savoir prendre un ris est indispensable. Savoir réduire la voile quand le vent monte est une manœuvre essentielle, à maîtriser parfaitement à bord d’un voilier. Prendre un ris ? Par cette expression, les marins désignent le fait de réduire la voilure. Une manœuvre essentielle, que l’on pratique lorsque le vent monte. Le but est de diminuer la surface de voile. En navigation à la voile, tout est une question de compromis, de dosage. Un de ces bons dosages est résumé par une expression marine bien connue : « il faut toujours porter la toile du temps ».
La voile est une activité intemporelle pour les aventuriers et les passionnés, car elle offre un moyen unique d'exploiter la puissance du vent et d'explorer les eaux libres. Cependant, la maîtrise de l'art de la voile passe par la compréhension de différentes techniques, et l'une d'entre elles, cruciale pour une navigation sûre et efficace, est la prise de ris. Dans ce guide complet, nous allons nous plonger dans le monde de la prise de ris, en explorant sa définition, son importance et la manière de l'exécuter efficacement.
Comprendre la prise de ris et son importance
La prise de ris est une manœuvre de voile fondamentale utilisée pour réduire la surface de la voile exposée au vent, principalement en réponse à des conditions météorologiques changeantes. C'est une technique que tout navigateur devrait avoir dans son arsenal, car elle permet de garder le contrôle du bateau par vent fort et d'éviter qu'il ne devienne trop puissant.
La prise de ris joue un rôle essentiel dans la sécurité de l'équipage et du bateau. Lorsque le vent se lève de manière inattendue, le fait de ne pas prendre de ris peut entraîner une surpuissance du bateau, ce qui le rend difficile à manœuvrer. Cela peut entraîner des accidents et des dommages à la voile, au gréement, voire au bateau lui-même. En réduisant la surface de la voile, la prise de ris permet aux navigateurs de mieux contrôler le bateau, même dans des conditions défavorables. Ce contrôle est essentiel pour éviter de chavirer ou de se retrouver dans des situations dangereuses. De plus, la prise de ris permet également de prolonger la durée de vie des voiles. Les voiles qui sont constamment exposées à des vents violents peuvent se détériorer rapidement, ce qui entraîne des remplacements coûteux. En prenant un ris lorsque c'est nécessaire, vous protégez vos voiles et votre portefeuille.
Identifier le bon moment pour réduire la voilure
Le ris ne se prend pas seulement quand le vent devient fort. Il se prend dès que le bateau commence à montrer qu’il porte trop de toile pour les conditions, l’équipage ou le programme de navigation. Sur un petit voilier familial ou transportable, plusieurs signes doivent alerter : le bateau gîte durablement, la barre devient physique, les virements passent moins bien, l’équipage se crispe ou les rafales obligent à choquer sans cesse. Ce ne sont pas des preuves de danger immédiat, mais des indices clairs qu’une réduction de voilure peut rendre la sortie plus saine.
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Les signes que le vent est trop fort incluent une gîte excessive : si le bateau penche trop sur le côté, c’est un signe clair que le voilier est surtoilé et qu’il faut réduire la voilure. La gîte empêche le bateau de naviguer correctement et peut faire perdre du contrôle au barreur. Si le voilier dévie constamment du cap prévu, c’est qu’il est difficile de le manœuvrer à cause d’une trop grande surface de voile exposée au vent. Enfin, quand les voiles battent fortement et que l’écoute claque, cela signifie que la tension sur les voiles est trop grande et qu’une prise de ris est nécessaire pour stabiliser la navigation.
Il est préférable de prendre un ris trop tôt que trop tard. Le bon réflexe consiste à ne pas attendre que le bateau soit déjà trop ardent, trop gîté ou difficile à tenir. Un ris pris tôt se fait calmement. Un ris pris trop tard demande plus d’effort, plus de coordination et laisse moins de marge à l’équipage. Mieux vaut donc prendre un ris avant un passage exposé, avant de s’éloigner d’un abri ou dès que le vent semble s’installer. La manœuvre sera plus propre, plus lisible et moins fatigante.
Préparation et matériel essentiel
Un ris se prend plus facilement quand tout est prêt avant le départ. Les bosses de ris doivent être claires, libres de circuler et faciles à identifier. Les garcettes, si le bateau en possède, doivent être accessibles. La drisse de grand-voile, le hale-bas, l’écoute et le point d’amure doivent pouvoir être manipulés sans chercher au dernier moment. Avant de quitter la cale ou le mouillage, il est utile de regarder comment le gréement est organisé. Tous les petits voiliers ne se règlent pas exactement de la même manière. Certains disposent d’un système de prise de ris très simple au pied de mât, d’autres ramènent les manœuvres au cockpit, d’autres encore demandent une intervention plus directe sur la voile.
Le système de ris est généralement composé de bosses de ris et de points de ris sur la grand-voile, ce qui permet de diminuer la toile en abaissant le guindant de la voile jusqu’au niveau souhaité. Les drisses servent à hisser et à abaisser les voiles. Lors de la prise de ris, il faut larguer la drisse pour réduire la hauteur de la voile et ajuster la tension sur le mât. Les bosses de ris, quant à elles, passent à travers les œillets de ris et se fixent à la bôme. Elles maintiennent la voile en place après la réduction de surface pour que le voilier reste équilibré.
Méthodologie de la manœuvre
La priorité n’est pas d’aller vite, mais de stabiliser le bateau. Pour prendre un ris, il faut réduire la pression dans la grand-voile afin de pouvoir l’affaler partiellement sans forcer. Selon le bateau, le plan d’eau et l’équipage, on peut se placer face au vent, naviguer au près avec la voile légèrement déventée, ou utiliser une allure qui garde le bateau contrôlable. L’idée reste la même : éviter une voile pleine qui tire trop fort pendant que quelqu’un travaille sur la drisse ou les points de ris.
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La séquence varie selon l’accastillage, mais l’ordre général reste constant. D’abord, il faut soulager la grand-voile. On choque l’écoute si nécessaire, on garde le bateau dans une position stable, puis on détend juste ce qu’il faut de drisse pour descendre la voile jusqu’au niveau du ris choisi. Ensuite, on fixe le nouveau point d’amure. C’est le point avant du ris, près du mât. Il doit être bien en place, car il redonne à la voile son appui bas. Une fixation approximative crée une voile mal tenue et un réglage moins propre. Puis on reprend le nouveau point d’écoute, à l’arrière de la voile. La bosse de ris doit ramener la chute et la bordure vers la bôme, sans plis excessifs ni traction de travers. L’objectif n’est pas de faire disparaître toute ride, mais d’obtenir une voile stable, tenue, qui ne bat pas inutilement. Une fois ces deux points établis, on retend la drisse avec mesure. La voile doit reprendre sa forme sans être brutalement écrasée. On ajuste ensuite l’écoute et, si besoin, le hale-bas. Les garcettes intermédiaires, quand elles existent, servent surtout à rassembler la toile excédentaire ; elles ne doivent pas porter les efforts principaux du ris.
Éviter les erreurs et optimiser les réglages
La première erreur est d’attendre trop longtemps. Beaucoup de sorties deviennent inconfortables non parce que le bateau est inadapté, mais parce que la réduction de voilure arrive après plusieurs rafales subies. La deuxième erreur consiste à confondre vitesse et maîtrise. Un petit voilier trop toilé peut donner une impression vive, mais une gîte excessive, une barre dure et une voile mal contrôlée ne sont pas des signes de bonne navigation. La troisième erreur est de forcer sur les bouts sans comprendre ce qui bloque. Si la voile ne descend pas, si une bosse de ris ne vient pas ou si un point de ris se place mal, il faut chercher la cause : bout croisé, tension excessive, voile encore trop chargée, mauvaise orientation du bateau.
On évite aussi de traiter le moteur comme une solution magique. Sur certains petits bateaux équipés d’un auxiliaire, il peut aider à garder une route ou à rentrer plus sereinement, mais il ne remplace pas une voilure adaptée. La meilleure prise de ris est celle que l’on a déjà répétée. Par vent modéré, sur un plan d’eau dégagé, l’équipage peut essayer la manœuvre sans pression : identifier les bouts, descendre la voile au bon repère, fixer les points, repartir, puis renvoyer toute la toile.
Avant de réduire sa toile, il y a plusieurs choses à faire pour enlever à sa voilure un peu de puissance. La toute première des actions à envisager, pour diminuer la puissance de ses voiles sur un monocoque, c'est de réduire leur creux. Le hâle-bas participe fortement à l'aplatissement de la grand-voile. En hâlant bas la bôme, il contribue fortement à lui donner un profil moins creux. D'une manière similaire, le pataras permet de cintrer le haut du mât. Quand on cintre le mât, un cintre se crée dont la position est avancée vers la proue. Le réglage en tension vient après celui des espars. Pour le génois sur enrouleur, on peut reprendre de la drisse en prenant bien soin de maîtriser parfaitement la manœuvre tout comme il faudra la maîtriser dans l'autre sens en choquant légèrement la drisse le moment venu.
Systèmes avancés de prise de ris
Réduire efficacement la surface de grand-voile est un aspect essentiel pour dépuissancer le bateau à mesure que la force du vent augmente. En course au large ou en croisière, il est particulièrement important de pouvoir le faire rapidement et en sécurité. La forme la plus courante de prise de ris à coulisse utilise une bosse de ris en 2:1 à l’écoute et une corne de bélier au vit-de-mulet. Prendre un ris nécessite qu’un équipier se rende au mât pour tirer le guindant vers le bas et crocheter l’œillet de ris sur la corne de bélier. Le guindant est ensuite étarqué à la drisse avant de border la bosse de ris.
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Un système de prise de ris à double bosse remplace le crochet ou la manille au vit-de-mulet par une bosse de Cunningham de ris supplémentaire au guindant, pour chaque ris. La réduction de surface se fait en affalant la grand-voile, en tirant sur le Cunningham de ris puis en le bloquant dans un bloqueur ou un taquet coinceur. Un système à bosse unique est axé sur la facilité d’utilisation. Chaque ris dispose d’une seule bosse qui part du cockpit, passe d’abord au point d’amure puis longe la bôme jusqu’au point d’écoute. Enfin, un crochet ou verrou de ris est une alternative où la bosse de ris au point d’écoute est remplacée par un mécanisme de verrouillage. Ce système est généralement utilisé uniquement sur les bateaux de course ou les croiseurs performants de plus de 45 ft, afin de réduire la compression dans la bôme et le nombre de manœuvres fortement chargées dans les bloqueurs.