L'éveil d'une vocation sur les rivages landais
L'histoire de Richard Ellerington ne peut être dissociée de la puissance de l'océan et d'une quête spirituelle profonde qui a traversé les frontières. Richard Ellerington, avec sa famille, a établi une Surf Church à Hossegor, en France, qui est l'un des centres mondiaux du surf. Rich et Regi Ellerington sont les missionnaires des sports extrêmes d'Elim à Hossegor. Son physique et son look trahissent sa passion et ses origines. Ses tongs comme ses boardshorts indiquent son côté surfeur. Ses cheveux blonds et sa peau claire révèlent ses origines anglaises et les heures passées dans la mer. Il a découvert ce sport avec son frère, lors de vacances à Bude, un spot - lieu de pratique du surf - dans le nord des Cornouailles.
Comme tout surfeur européen qui se respecte, Richard Ellerington est venu surfer les vagues landaises, avec sa petite amie Regi, devenue depuis son épouse. En se promenant à Hossegor, à l’écart de leur bande de copains, ils se sont assis sur les marches de la chapelle Notre-Dame-des-Dunes et ont décidé de prier pour leur futur. “Nous avons prié pour que Dieu nous utilise pour sa gloire, que notre mariage soit centré sur lui.” Richard et Regi reviennent surfer à Hossegor dès qu’ils le peuvent. Ils finissent par consacrer toutes leurs vacances aux surfeurs de la côte landaise. Ils organisent de façon informelle des événements dans des cafés, distribuent des vidéos de surf gospel sur la plage et des bibles. Au fil des ans, ils y montent un petit réseau. En août 2012, Rich avec toute sa famille est monté dans un camion et a conduit jusqu’à Hossegor, en France. Pour ce faire, ils voulaient créer un espace pour les surfeurs et la communauté locale de la plage afin d’explorer à quoi ressemble la foi en Jésus et la différence extraordinaire qu’Il peut faire dans leur vie. “Au début, les enfants étaient tristes de quitter la maison, les grands-parents, leurs jouets, c’était un grand départ pour l’aventure. On a laissé dernière nous tout ce qui n’avait pas d’importance. Nous étions en famille et Dieu avec nous, ça nous suffisait”, se souvient-il avec nostalgie. Ils vivent les premiers temps dans une camionnette, sur le parking de la plage.
L'ancrage dans la communauté : de la camionnette à la chapelle
Tout d’abord accueillis par les Églises protestante et évangélique, de fil en aiguille, l’Église catholique leur confie la fameuse chapelle de leur première prière commune. Richard Ellerington ne se considère pas vraiment comme un pasteur, qui desservirait une paroisse, mais comme un missionnaire dans une contrée sécularisée, la France, au sein d’un milieu éloigné du corps de l’Église. Les surfeurs sont une tribu qui a son propre mode de vie, qui tourne autour de l’océan. “À la fois égoïstes, au point de tout abandonner pour aller à la rencontre de la vague aperçue à l’horizon, mais aussi spirituels. Dans l’eau, ils ressentent physiquement la puissance de Dieu. Il faut aller à eux, dans l’eau, et non pas les attendre perché sur une chaire.” C’est pourquoi planche (et non bible) sous le bras, il surfe, rencontre, discute. Et ça marche ! Bien établie aujourd’hui, son église sert d’exemple à divers spots dans le monde entier.
La démarche de Richard est empreinte d'une volonté de dialogue constant. Pour ce faire, l’église s’associe à une église catholique locale qui leur a gracieusement donné l’usage de leur chapelle en bord de mer. Ils prévoient de rénover un grand appartement délabré dans le bâtiment pour l’utiliser en été comme Surf Hostel, accueillant tout le monde dans un environnement chrétien. En septembre 2018, un article de fond a été publié par l’édition française de Vice.com. Dans cet article, Rich a déclaré : "Les surfeurs sont des gens spirituels. Ils ont cette capacité naturelle de comprendre qui a créé le monde parce qu’ils apprécient ce cadeau immense qu’est l’océan. Jésus Lui-même a marché sur l’eau." Également au cours du même mois, France 2 a diffusé un service religieux depuis l’église.
L'expression médiatique et l'aventure comme vecteur de foi
La communication autour de la Surf Church a pris des formes variées, cherchant à toucher le public au-delà des simples habitués des spots de surf. Deux ans plus tard, une vidéo honnête et inspirante intitulée 'Forgotten Shores' a été publiée. “Que se passe-t-il lorsque Dieu parle à un homme et à sa femme et modifie la direction de leur vie ?” En avril 2016 est sortie 'The Church On The Ocean', un long métrage réalisé par Sarah Cogden, qui documente l’histoire de la Surf Church. L'année dernière a vu le lancement d’une nouvelle mini-série vidéo intitulée 'The Adventures of the Ginger Vicar and the Balding Bishop', également réalisée par James Chapman. Ensemble, ils parcourent le monde en quête d’aventure et pour explorer les grands enjeux à travers le prisme de la foi. Les épisodes mettent en scène Rich et Andy surfant dans des lieux épiques, faisant du rodéo sur taureau, du saut de falaise, voyageant dans le cercle arctique, apprenant à devenir cascadeur, pratiquant l’escrime, conduisant des buggies dans les dunes et marchant sur les ailes d’un avion à 12 000 pieds. Vous pouvez suivre leurs aventures sur Youtube. Rich et Andy poursuivent actuellement leurs 1 000 premiers abonnés Youtube avec l’espoir de débloquer l’accès aux studios Youtube à Londres et de suivre une formation d’une semaine sur le cinéma pour aider à développer leurs nouvelles compétences.
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La dimension humaine de ce projet est illustrée par des anecdotes personnelles, comme celle où il a demandé à la foule, alors qu'il était sur scène avec sa femme Regi enceinte, quel nom donner à l'enfant qu'ils attendaient. Cette proximité avec son audience, ce désir de partage, est le moteur de leur mission.
Le cheminement physique et spirituel : au-delà de l'horizon
Parmi ses multiples expéditions, la dernière en date a surpris son entourage. En octobre 2019, il s’est mis en tête de partir sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, un sac et une planche de surf sur le dos. Malgré le poids et la prise au vent de la planche, sur laquelle il a inscrit “Pray 4 surfers”, il l’a portée, non comme une croix, mais comme une lumière. “À des kilomètres de la mer, c’était un excellent moyen d’engager la conversation. Quand j’expliquais que je marchais pour prier pour les surfeurs, les sourires remplaçaient les expressions dubitatives”, raconte-t-il. En trente-trois jours, il a rencontré des dizaines de pèlerins de toutes nationalités, des villageois, des randonneurs… Au cours des 885 kilomètres parcourus, ses pieds ont souffert comme ceux de tous ces marcheurs. Ça ne l’a pas empêché de rendre grâce pour ces rencontres, de louer Dieu pour ses bienfaits (même la pluie, le vent, le froid automnal) et d’évangéliser. En effet, cheminent sur le Camino autant de croyants (de toutes confessions) que de personnes en quête spirituelle. “En tant que surfeur, je ne pouvais pas m’arrêter à Saint-Jacques-de-Compostelle, je devais aller au bout (deux jours supplémentaires) afin de rejoindre l’océan.”
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