L’Allier, longue de près de 420 kilomètres, prend sa source à la Moure de la Gardille au sein du pays de la Margeride dans le département de la Lozère à 1503 mètres d’altitude. Son embouchure se situe au bec d’Allier, 10 kilomètres en amont de Nevers, chef lieu de la Nièvre dans laquelle elle se jette dans le fleuve de la Loire. Elle est considérée comme l’une des dernières rivières sauvages en Europe en effet, elle est libre de suivre son cours à travers des méandres (et il y en a tout le long du parcours) favorisant les nombreuses zones humides plutôt qu’elle soit “domestiquée” de suivre un cours bien précis réduisant de ce fait les zones humides.
Envie de trouver un itinéraire pour faire du canoë sur l’Allier en bivouac pour vous perdre en pleine nature cet été ? On a une bonne nouvelle pour vous ! Au programme de cette micro-aventure seul ou en famille, vous descendez l’Allier au fil de l’eau grâce à vos coups de pagaie (et un peu aussi grâce au courant !). Considérée comme l’une des dernières rivières sauvages d’Europe de l’Ouest, c’est le spot idéal pour 4 jours d’itinérance en canoë entre les castors, les poissons et autres milans noirs.
Comprendre la rivière Allier : niveaux et sécurité
Pour parler plus précisément de l'Allier, que je navigue depuis 20 ans en ck ou raft, il est important pour vous de choisir les bons parcours selon votre expérience, votre matériel et les conditions de navigation. Il faut savoir que la partie supérieure de l'Allier n'est pas adaptée à la pratique du canoë de loisir car c'est une partie "sportive".
Pour pratiquer ces sports d’eaux-vives, que cela soit canoë, kayak, stand up paddle, il est impératif savoir nager 25 mètres. Il est également possible de faire des parcours en amont de Prades en rafting mais il faut impérativement être équipé, expérimenté ou accompagné de guides moniteurs pour avoir des sensations fortes en toute sécurité. Avant Prades la rivière est réservée aux pratiquants de kayak de rivière de très bon niveau puisque la rivière est cotée de classe 4. Entre Prades et Brioude, la rivière accessible aux débutants est en classe 2 puis ensuite en classe 1 jusqu’à sa jetée dans la Loire.
Voici les classifications techniques :
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- Classe I : Niveau facile.
- Classe II : Niveau intermédiaire. Cours régulier, vagues régulières, remous moyens, faibles tourbillons et rapides, obstacles simples dans le courant.
- Classe III : Niveau difficile. Des vagues hautes et irrégulières, de gros remous, des tourbillons, des rapides sur lesquels on garde néanmoins une bonne visibilité.
- Classe IV : Niveau très difficile. La classe IV diffère principalement de la classe III par le manque de visibilité dont dispose le kayakiste au moment où il s'apprête à franchir les passages. Une reconnaissance précise devient obligatoire.
- Classe V : Niveau extrêmement difficile. Une reconnaissance particulièrement soignée de rigueur avant d'aborder la descente. Vagues, tourbillons, rapides à l'extrême, dans des passages étroits, des chutes très élevées avec entrées et sorties difficiles, rochers dangereux…
- Classe VI : Infranchissable. On touche là aux limites de la navigabilité.
Pour ceux qui veulent partir dans de bonnes conditions de sécurité, partez du Pradelles, 2 km en aval de Prades. Pour les niveaux d'eau, consultez le site "vigicrue". Pour référence, le niveau d'été de l'Allier à Prades est en général compris entre 5m3/s et 15m3/s. Pour le matériel : gilet de sauvetage (homologué en eaux vives) et chaussures fermées obligatoires.
Préparation et logistique : les indispensables
Se faire une entorse au mois d’août n’a jamais été la meilleure manière de préparer ses vacances ! Alors qu’elle avait prévu de partir en rando, Solène se retrouve à chercher un plan de secours : le roadtrip en mobylette est rapidement écarté au profit d’une descente de l’Allier, à moins de 3 heures de Lyon où elle habite. La portion du fleuve à laquelle Solène s’attaque avec Marc est garantie sans portage sur une centaine de kilomètres (pas de barrage ou d’écluse à franchir), et traverse très peu d’agglomérations.
Un petit courant porte tranquillement leur embarcation, chargée de 4 jours de vivre et de leur matos de bivouac. Nous sommes passés par un service de location de canoë kayak, Canoe Val d’Allier qui fournit un topo du parcours pour bien les repérer, un canoë, des pagaies, un gilet de sauvetage et un bidon étanche de 50L.
Nous avons beau avoir l’habitude de partir en bivouac, arriver à caser toutes ses affaires dans le bidon de forme circulaire de 50L ne paraît pas intuitif au premier abord, il faut jouer aux LEGO, d’autant plus si l’on veut se faire plaisir : bière, apéro, fruits. Vraiment, en location de canoë, la contenance du bidon est primordiale. Essayez d’en avoir un par personne, d’emporter vraiment ce qui est nécessaire et si possible de mutualiser les affaires, une tente de bivouac 2 places par exemple au lieu de deux tentes 1 place. La question de prendre un canoë monoplace ou un biplace a également son importance : le monoplace offre plus de liberté et d’autonomie, le biplace va plus vite et mutualise les efforts à produire.
Itinéraires recommandés : 3 à 4 jours d'aventure
Option 1 : Prades - Brioude (55 km en 3 jours)
Le rendez-vous est pris à Langeac avec le loueur qui nous emmène ensuite au lieu d’embarcation à Prades. Ce lieu de rendez-vous est très pratique car il permet de dormir au camping aussi bien la veille et que le soir du premier jour de l’itinéraire. Au bout des 15 premiers kilomètres, accéder au coffre de sa voiture pour quelques ravitaillements est également d’un bon confort.
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Au départ de Prades, le loueur détaille les deux possibilités pour ces trois jours de navigation : rejoindre Brassac les Mines pour 78 km ou Brioude avec 55 km. La seconde option est plus cool et autorise les débarquements pour aller visiter les villages. Bien entendu, le loueur laisse la possibilité de l’appeler la veille de l’arrivée pour lui indiquer notre choix, qui sera finalement Brioude.
- Jour 1 : Prades vers Chanteuges. Première initiation canoë sur un plan d'eau, en douceur, très ludique, sous les imposants orgues basaltiques de Prades. Apprentissage de la navigation et de la sécurité en eau vive. Au fil de l'eau, nous contemplons la superbe chapelle de Sainte Marie des Chazes, les orgues basaltiques du Pradel et le joli village de Saint Julien des Chazes.
- Jour 2 : Chanteuges vers Lavoûte-Chilhac. Nous traversons la petite ville de Langeac et sa glissière à canoës. Au plan d'eau de Truchon, les plus motivés pourront découvrir autrement le canoë, de manière plus ludique. Nous découvrons ensuite le très joli village de Chilhac, perché sur ses orgues basaltiques. Soirée au camping de Lavoute-Chilhac, classé parmi les plus beaux villages de France.
- Jour 3 : Lavoûte-Chilhac vers Brioude. Dernier jour de navigation avec une descente très agréable dans un cadre incroyable, entre granit et basalte. Arrivée à La Vialette vers 14h30-15h. La rivière s'élargit, devient plus calme, quelques rapides s'offrent à vous de temps en temps.
Option 2 : Le grand parcours (78 km)
Il est possible de faire ce raid de 78 km entre Prades et Brassac les Mines sur 3 jours, mais ce sont alors des longues journées nautiques sportives. Tout en sachant que la dernière partie entre Brioude et Brassac-les-Mines est très calme de classe 1.
Conseils pour le bivouac et l'éthique de navigation
Pour le soir, le bivouac sauvage est autorisé tout le long du parcours, sauf au début du parcours dans la Réserve du Val d’Allier (jusqu’à Moulins). Le bivouac sur les terrains privés est autorisé contrairement à de nombreuses autres rivières, probablement parce que l’activité hydroélectrique est faible et le niveau d’eau évolue moins.
Cependant, bien rester discret et appliquer le principe "leave-no-trace". Les berges ne sont pas légion au milieu des saules argentés et de peupliers noirs. Très souvent le cours d’eau creuse directement un sillon et un talus doit souvent être franchi pour arriver la terre ferme.
Concernant les couchages, nous dormons sous une bâche montée, faisant office de toit, et les matelas sont posés au sol dessous. Tout le groupe dort sous cette grande "tente" ouverte. C'est un abri léger à transporter dans les canoës et modulable qui nous permet de nous adapter aux conditions du terrain. Bien monté, il protège très bien des intempéries. C'est aussi l'abri idéal pour être au plus proche de la nature !
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Immersion dans la faune et la flore
La descente en canoë sur l’Allier est le moyen parfait de retrouvailles entre amis pour la contemplation, l’observation de la faune sauvage, les apéros et les bivouacs isolés. En l’occurrence faire du canoë kayak sur l’Allier est un excellent moyen d’être en pleine nature parmi la tranquillité, sérénité et silence, sauf celles des vagues se heurtant aux embarcations.
Le silence apporté par nos embarcations est un moyen privilégié de se rapprocher de la faune sauvage en toute discrétion. Les libellules bleues et jaunes viennent en masse prendre une pause sur mon bras mouillé. Sans le vouloir, nous pourchassons plusieurs hérons cendrés jusqu’à ce qu’ils puissent nous esquiver. Les canards et moustiques nous tiennent compagnie tout au long de la navigation. Même un ragondin se fait apercevoir brièvement. Mat aperçoit également des merles noirs et pics noir. Sur cette rivière sauvage où se côtoient castors, saumons et martins pêcheurs, vous profiterez d’un dépaysement et d'une connexion totale à la nature.
Aspects environnementaux et responsables
Nous pensons qu’il est important que chaque voyageur soit informé des engagements que nous prenons sur chacun de nos voyages pour un tourisme plus responsable. Chaque année, nous auditons et évaluons nos pratiques sociales et environnementales en collaboration avec nos partenaires sur une dizaine de catégories en lien avec les 17 objectifs de développement durable (ODD) des Nations-Unis. Nous nous rendons régulièrement sur place afin de vérifier et d’améliorer continuellement notre démarche responsable.
Nous accordons le plus grand intérêt au respect de nos lieux de pratiques, ainsi qu’à leurs occupants qu’ils soient animaux ou végétaux. Il est en effet possible de parcourir de longues distances en autonomie ou non, en suivant le cours d'une rivière comme l'Allier. Ce voyage est à faible impact carbone. Pour aller plus loin dans cette démarche, nous finançons 100% de la contribution carbone afin de réduire l’empreinte de ce séjour.
Hébergements et points de ravitaillement
Les campings éparpillés tout au long du parcours restent une source d’eau sûre.
- Camping La Rybeyre (Lavoûte-Chilhac) : Classé 2 étoiles, c'est un petit camping municipal très nature et tranquille au bord de la rivière, "les pieds dans l'eau", accès facile à pied environ 5 minutes du centre bourg du village classé depuis 2022 parmi "les plus beaux villages de France".
- Camping La Bageasse (Brioude) : Classé 3 étoiles, situé sur un terrain de près de 3 hectares, il se situe au bord de la rivière, le centre historique de la ville de Brioude se situe à environ 20 minutes à pied, une fois dans la ville on y trouve toutes commodités : restaurants, bar, boulangeries, épiceries et grande surface.
Il est important de noter que si l’on croit de premier abord qu’il est facile de débarquer dans une rivière, cela n’est pas tout à fait exact. Il faut bien penser à prendre suffisamment d’eau sur le canot, même si l’on approche plusieurs villages, les points d’eau ne sont pas forcément accessibles directement.
L'expérience de l'itinérance sur l'Allier
Chaque matin en remballant le bivouac, y’a pas à tortiller du cul pour décider du programme de la journée : le courant dicte la direction à prendre. L’écho d’une route nationale qu’ils entendent parfois au loin leur rappelle de profiter du calme que leur offre ce trip contemplatif. Dire qu’il y en a qui sont en train de se battre pour quelques centimètres carrés de sable au Cap d’Agde !
Quand il fait trop chaud, rien de plus facile que de s’arrêter à l’ombre d’un arbre ou d’accoster sur un banc de sable pour piquer une tête. Au cœur de l’été, la rivière nous offre des rafraîchissements permanents. Nous en profitons pour apprendre à naviguer en douceur, mais aussi à jouer avec nos embarcations, et à nager dans les rapides.
L'Allier n'est pas l'Ardèche ni la Drôme, elle est réellement sauvage. Venir en plein mois de juin, qui plus est en semaine et vous avez la tranquillité assurée. Tout au long du parcours des formations géologiques curieuses se présente à nous, tantôt volcanique sur le haut du parcours, tantôt granitique sur le bas, qui sont tous des incitations à des pauses photos.