Le raid nautique, et plus spécifiquement le raid en catamaran de sport, représente une expérience toujours intense, une forme d'aventure à l'état brut. Cette pratique, qui réclame un engagement certain de l’équipage, reste sans conteste la forme la plus « pure » de la randonnée nautique. Elle offre des instants magiques et de grands moments de bonheur, mais également son lot de galères et d'épreuves désagréables, forgeant ainsi le caractère et l'esprit de ceux qui s'y adonnent.
La Philosophie du Raid : Entre Liberté et Engagement
L'attrait pour le raid en catamaran de sport émane souvent d'une aspiration profonde à la liberté et à la découverte. Chaque fois, les récits d'aventures similaires m’obligent à me dire « pourquoi pas moi ? », poussant à s'affranchir des contraintes du quotidien. Le principe même du raid en catamaran est de s'éloigner des rives pour explorer des zones de navigation parfois moins accessibles, sans se soucier de l’heure du goûter ou du dîner, pour vivre pleinement chaque instant. C'est une immersion totale où l'horizon est souvent muré par les îles, offrant des paysages vierges et une côte rocheuse découpée comme un labyrinthe. La navigation devient alors un moyen de s'évader, de laisser derrière soi les bruits de voitures de Paris pour s'endormir bercé par les bruits de mer.
Le choix de l'embarcation, quel que soit le modèle de catamaran de sport choisi, obéit au même principe fondamental : la limitation du volume et du poids embarqué. Cette contrainte, loin d'être un frein, participe à la philosophie minimaliste du raid, où chaque élément à bord doit prouver son utilité et sa nécessité. L'engagement de l'équipage n'est pas seulement physique ; il est aussi mental, une capacité à embrasser l'incertitude et à s'adapter aux conditions changeantes, car on ne sait jamais à quoi s'attendre sur l'eau. C'est cette combinaison de pureté, d'aventure et de défi personnel qui rend le raid en catamaran de sport si unique et si gratifiant.
Préparer l'Aventure : Choix du Matériel et Planification Rigoureuse
Une aventure telle que le raid en catamaran de sport exige une préparation minutieuse, depuis la sélection du bateau jusqu'à l'organisation des repas. Cette phase est cruciale pour assurer la sécurité, le confort minimal et le succès de l'expédition.
Le Choix du Catamaran : Robustesse et Polyvalence
La sélection du catamaran est une étape fondamentale. Les options varient considérablement, allant de quelques centaines d’euros pour un dériveur de plage d’occasion, à quelques milliers d’euros pour un voilier neuf. L'important est de trouver un bateau adapté à l'usage envisagé. Certains cherchent un cata moins orienté sport et plus capable de répondre à des aspects pratiques comme le mouillage. Par exemple, la commune où j'habite sur le bassin d'Arcachon limite fortement le droit au stationnement de catas de sport. Le club local dispose d'une zone, mais elle est pleine à craquer, et sur la plage, le stationnement n'est pas autorisé. Reste le mouillage à l'ancre, mais ce n'est pas très adapté à un cata de sport, ou du moins c'est une question qui se pose. Un vieux Tornado, par exemple, serait difficile à imaginer en mouillage asséchant vu la hauteur du mât. Des alternatives comme un Hitia 17 Warham pourraient être envisagées, bien que l'absence de papiers puisse être un frein à l'acquisition. Des discussions avec d'autres passionnés évoquent des modèles comme le Hobie 21, mais souvent au-delà d'un budget de 3000 euros.
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L'état général du catamaran est primordial. Avant le départ, une inspection rigoureuse s'impose : vérifier les coques (pas de pops, bon signe !), le gel coat, le pandouille entre deux coques. L'accastillage est également un point crucial ; on rencontre alors Manu, responsable du Club qui nous les montre, s'assurant qu'ils sont bien à la hauteur de nos espérances. Les catamarans pour le raid doivent être robustes. Il faut s'assurer du bon fonctionnement des systèmes : le hook de la grand-voile, la barre de liaison, l'aiguillot, les safrans, les poulies, les écoutes. L'utilisation de WD40 sur les poulies et les mécanismes amovibles est une astuce pratique pour s'assurer que tout glisse parfaitement. Les sticks télescopiques sont un plus. La stabilité du bateau est également une considération importante ; un catamaran de raid, bien qu'il puisse être moins nerveux qu'un pure-sang de régate, est tellement plus stable, ce qui est un avantage certain pour le chargement et la vie à bord.
La Planification de l'Itinéraire et la Météo
La zone de navigation est choisie sans trop d’hésitations pour ce type d'aventure. Le Morbihan, les îles bretonnes, ou encore l'archipel des Kornati en Croatie, sont des destinations prisées. L'itinéraire est ensuite élaboré, par exemple, partir de Carnac direction les îles, comme Belle-Île. Il est essentiel de s'assurer de la possibilité de naviguer dans certaines zones ; l'accès à certaines îles peut être interdite ou nécessiter des autorisations spéciales, comme c'est le cas pour Penfret l’hiver. Olivier se chargera de ces démarches administratives, espérant que les autorités n’hésiteront pas à accorder ce petit privilège aux marins aventureux.
Un coup d’œil à la météo est impératif. Des vents de 5 à 6 beauforts, comme dans mes souvenirs d'une expérience passée, peuvent transformer une navigation en défi. Les marins responsables ne peuvent pas prendre de risque inconsidéré face à des conditions potentiellement dangereuses. La connaissance des courants est également cruciale, surtout dans des zones comme le Golfe du Morbihan, où Gaël, connaissant bien le coin, sait par où passer pour éviter les difficultés. La VHF branchée sur le canal 16 est un outil de sécurité indispensable pour être au courant de la position et des éventuels appels de détresse.
L'Équipement Indispensable : Minimalisme et Fonctionnalité
Le matériel à emporter doit être réduit au minimum vital pour survivre, tout en garantissant la sécurité et un certain confort.
- Vêtements : Une combinaison shorty, un top en lycra, un boléro tribord, ainsi qu'une polaire, un k-way, des sous-vêtements et une écharpe sont des éléments de base. La superposition est clé pour s'adapter aux variations de température. Des gilets de sauvetage sont bien sûr obligatoires.
- Matériel de camping : Bien que le terme ne soit pas toujours explicitement mentionné, l'idée est de pouvoir dormir à même le trampos des catas, ou sous tente si la pluie nous tombe dessus. La question de l'hygiène est aussi importante ; prendre chacun une douche par jour ou une tous les deux jours est l'idéal.
- Alimentation : L'approvisionnement est un défi. Pour les déjeuners, ce sera pain, charcuterie et fromage. Les provisions seront à renouveler au milieu du raid. Des figolus et des desserts au chocolat sont des compléments appréciés. Pour le dîner, des féculents sont indispensables tous les jours : des pâtes ou du riz, avec des saveurs variées (espagnol, goût italien bolognaise, trappeur…). La gestion de l'eau douce est primordiale ; l'option d'une bouteille de 1/3 d’eau douce et 2/3 d’eau de mer est parfois envisagée pour la cuisine. Une salière, mine de rien, prend de la place, et l'eau de mer est déjà salée. Le service de table est minimaliste : une assiette, un couteau, quelques fourchettes et une ou deux cuillères.
- Matériel personnel : Un sac étanche est vital pour protéger les affaires. Des duvets doivent être bien au sec. Les téléphones portables, bien qu'éteints pour économiser la batterie, et les portefeuilles, même vides, font partie des essentiels que l'on emporte, signe d'un lien avec la civilisation.
Les Préparatifs Finaux et le Départ
Une fois le matériel rassemblé, vient l'étape du chargement. Le premier jour a deux objectifs : se familiariser avec l'eau et le bateau. Le chargement des affaires personnelles, des réserves d'eau, des tentes et des ustensiles de cuisine sur le bateau est un véritable échauffement. L'inventaire des bateaux est une routine pour les plus expérimentés : commencer par les coques, leur état, s'assurer qu'il n'y a pas de "pops". Puis, on apprend à hooker la grand-voile, une manœuvre qui demande de la coordination. Les équipages se forment naturellement, souvent entre amis. L'excitation est palpable : ça y est, le départ est proche ! Enfin ! Depuis le temps qu’on en parle !
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L'Expérience du Raid : Navigation, Défis et Moments Inoubliables
Le raid en catamaran de sport est une succession de moments intenses, combinant la beauté de la navigation, la gestion des défis imprévus et la richesse des interactions humaines.
Les Premiers Bords : Apprentissage et Adrénaline
Les premiers instants sur l'eau sont souvent marqués par une certaine nervosité, mêlée à une immense excitation. On observe un peu le fonctionnement du Nautic Club, les autres bateaux qui partent, certains qui dessalent, ce qui laisse perplexe mais prépare à l'éventualité. Les premières manœuvres sont des moments d'apprentissage. Mon premier virement de bord n’est pas passé, m’obligeant à pousser ma barre fort. D'autres équipages affirment avoir manqué leur premier virement également. Rapidement, on apprend les finesses : border, choquer, sortir au trapèze, rentrer. Des beaux bords de près au double trap, un réel bonheur !
Le dessalage, ou chavirage, est une étape que beaucoup appréhendent mais qui fait partie intégrante de la pratique du catamaran de sport. Ce n’a pas été volontaire la première fois ; une banane un peu mal tenue et hop, les deux à la flotte ! Heureusement que le poids de l'équipage n’étant pas très élevé, le bateau peut être ressalé. Pour Gaël et Emmanuelle, ce fut à peu près le même topo. C'est un moment où l'on s'amuse, mais il faut garder à l'esprit que le temps presse pour rejoindre la prochaine étape.
Le départ est souvent accompagné d'une effervescence particulière. Un bruit étrange peut vous sortir de votre rêverie, comme une poulie d’écoute de grand-voile qui se casse en deux, la voile se choquant en grand en moins d’une seconde. Un accastillage qui ne tient pas sur un bord de près est source de frustration et nécessite une réparation de fortune immédiate. Les autres bateaux se mettent à la cape sous notre vent pour nous aider, ou pour récupérer un crochet cassé dans le rail de la bordure. Ces incidents, bien que source de stress, montrent l'ingéniosité et la solidarité des équipages.
Naviguer en Milieu Inconnu : Courants, Obstacles et Rencontres
La navigation nous emmène dans des environnements variés. L'entrée du Golfe du Morbihan, par exemple, est un moment fort. C'est le lieu idéal pour immortaliser cette entrée avec un appareil photo. Il faut être vigilant aux courants forts et aux nombreux parcs à huître et cailloux. Gaël, connaissant bien le coin, sait par où passer, nous guidant devant des lieux emblématiques comme Gavrinis. Le paysage est en perpétuelle évolution, l'horizon est muré par les îles.
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Les rencontres en mer sont une part essentielle du raid. Croiser les escadres des Glénans, avec leurs ris pris et trois équipiers par bateau, pousse à la réflexion. Voir les glénanais nous regarder un peu bizarrement alors que nous sommes seulement deux par bateau, même si c'est un peu débile, procure un sentiment de fierté. Le fait que Gaël les connaisse bien, ayant encadré un mois cet été sur place, facilite les échanges. Plus tard, à Arradon, des moniteurs de la base poseront des questions : "Mais, vous êtes qui ? L'Archipel venus tripper dans le golfe !" Des discussions s'engagent sur les bateaux, le trajet. Ces moments de partage enrichissent l'expérience. Le sentiment de dépasser et d'aller plus vite que les autres, beaucoup plus vite qu'eux, en particulier au près sous double trapèze, est un réel plaisir. Par contre, au portant sous spi, l'équilibre est différent.
Les Avaries : Défis et Réparations en Pleine Mer
Les avaries sont monnaie courante en raid et testent la résilience de l'équipage. Un aiguillot tordu peut être remplacé par une vis de la même taille, une réparation rapide qui tient le coup. Parfois, les incidents sont plus spectaculaires. Peu de temps après avoir quitté une plage, une avarie d'une toute autre beauté peut survenir : un catamaran d'Olivier et Guillaume se retrouve dans un parc à huître, avec leur grand-voile affalée après avoir changé d’amure. La panique peut monter à l'idée que leurs duvets sont sur ce cata, espérant qu'ils resteront au sec.
Le chavirage peut être une hantise, avec la peur du chapotage qui peut faire retourner entièrement le bateau. Mais la vue de la voile verte et bleue de leur Nacra après un incident est un soulagement. Fixer la pelle du safran est alors une urgence. Des problèmes techniques comme une liaison de safran qui se casse en deux, ou la grand-voile qui s'affale toute seule parce qu’elle n’est pas hookée correctement, exigent des interventions rapides. Ces imprévus, même s'ils sont sources de mise hors de soi, font partie de l'aventure et renforcent l'autonomie et l'esprit d'équipe. Re-hooker la grand-voile sur une petite plage est une étape nécessaire avant de reprendre la navigation.
Une coque endommagée est un problème sérieux. Sur la plage d'Arradon, après un choc contre un caillou, il faut impérativement trouver un moyen d'étanchéifier la coque. Chercher du matériel en ville, espérant que le magasin ne soit pas fermé, est une course contre la montre.
La Vie Quotidienne à Bord et à Terre : Joies et Désagréments
Les bivouacs sont des moments privilégiés. Dormir sur le trampo d'un cata, en mode "cata-lit", est une expérience unique. Gaël, Emmanuelle et moi optons pour le lit trampoline, et on y dort très très bien ! Le réveil au soleil sur nos visages, face à la mer, est un moment magique, bien loin des bruits d'immeubles, de pigeons et de voitures de la vie urbaine. Cependant, des désagréments peuvent survenir, comme les puces de sable, un truc horrible. La solution est de dormir isolée du sol.
Les moustiques peuvent aussi rendre la vie impossible, particulièrement dans les marécages derrière les plages. Les piqûres partout, le fait qu'ils ne décollent pas quand on est salés et humides, peut créer des nuages de moustiques. Courir pour échapper aux essaims devient une stratégie.
L'alimentation est simple mais efficace. Les petits déjeuners avec muesli aux raisins secs, les déjeuners de pain, charcuterie et fromage, et les dîners de pâtes ou de riz sont le quotidien. Les réserves d'eau douce sont précieuses, parfois complétées par de l'eau de mer pour la cuisson. Les desserts au chocolat sont toujours les bienvenus.
Les moments de ravitaillement sont des excursions à terre, comme la marche jusqu'à Arradon. On peut y croiser des gens amusés ou étonnés par notre accoutrement, avec des lunettes de mouches et un style "raid". Faire du stop pour se déplacer est une option, et on peut tomber sur des personnes sympathiques, comme un chauffeur qui nous dépose au supermarché. Dans les rayons, on se fait plaisir, achetant ce qui nous est vraiment utile, mais aussi se lâchant sur le camembert, le comté, les mueslis au chocolat. Le retour peut être long et chaud, avec les sacs lourds, cherchant désespérément un autre conducteur pour nous aider.
La camaraderie de l'équipage est essentielle. On ne parle pas beaucoup sur le bateau avec Eric, mais la concentration sur l'équilibre du bateau est constante. On se chamaille, on se pousse, on se charrie, mais toujours avec bienveillance. C'est dans ces moments que l'on se rend compte de la valeur des liens tissés par l'aventure.
Destinations de Raid : Des Côtes Bretonnes aux Archipels Croates
Le raid en catamaran de sport permet d'explorer des destinations d'une beauté exceptionnelle, chacune avec ses particularités et ses défis.
Les Merveilles du Golfe du Morbihan et les Îles Bretonnes
Le Golfe du Morbihan est une destination privilégiée pour les raids. Ses eaux plates et translucides, les horizons d'îles, offrent un cadre idyllique. Des navigations sont possibles de Carnac vers les îles comme Belle-Île, Houat (même si elle n'est pas toujours accessible), Arradon, ou des îles plus petites comme Berder ou Gavrinis. Le Golfe est connu pour ses forts courants, ce qui exige une bonne connaissance des marées et des coefficients. Les nombreux parcs à huître demandent une vigilance constante pour éviter les collisions. Les îles bretonnes, avec leur charme sauvage et leur histoire (comme cette île que je connais depuis ma scolarité, et qui me fait penser à une de mes peurs - celle des requins), sont des joyaux à découvrir.
L'Archipel des Kornati en Croatie : Un Paradis Navigable
Une autre destination de rêve pour le raid en catamaran est l'archipel des Kornati en Croatie. L'aventure débute souvent par un accueil à la base de Pakostane, avec un apéritif le soir pour faire connaissance avec le groupe. La journée commence par un copieux petit-déjeuner au bord de l'eau, suivi de la présentation des bateaux et la distribution du matériel nautique. Le premier jour vise à se familiariser avec l'eau et le navire, avec un échauffement consistant à charger les affaires personnelles, l'eau, les tentes et les provisions de cuisine. Le guide présente ensuite l'itinéraire avant le départ final.
L'itinéraire mène vers l'île de Sit le long de la côte nord. Les réveils calmes au bord de l'eau et les petits-déjeuners sont l'occasion d'une courte baignade avant les préparatifs. La route traverse le parc national des Kornati. Il faut passer par le passage étroit de Proversa avant de naviguer entre les îles jusqu'à un fort byzantin sur l'île de Kornat. De là, le périple continue vers Mana et enfin Levrnaka. L'itinéraire se poursuit plus au nord, vers le parc national de Telascica. Après avoir traversé le phare de Sestrica, une halte est prévue sur une plage de sable cachée au fond d'une petite crique pour le déjeuner. Selon les conditions météorologiques, une promenade le long des falaises du parc est possible.
Les matins sont rythmés par un autre petit-déjeuner au bord de l'eau avant de se diriger vers le canal de Zut. Tel un grand fjord ouvert, les bateaux glissent d'un côté à l'autre, révélant une autre facette du parc national des Kornati. L'exploration se poursuit vers l'archipel de Murter, slalomant à travers de magnifiques îles et lagons. La beauté des paysages, avec des horizons d’îles et une eau plate et translucide, des vents entre 12 et 20 nœuds chaque jour, crée des conditions idéales pour une navigation intense et mémorable.
Au-delà de l'Aventure : Réflexions et Impacts Durables
Le raid en catamaran de sport est plus qu'une simple excursion nautique ; c'est une expérience transformatrice qui laisse des souvenirs indélébiles et forge l'esprit d'aventure.
L'Impact Personnel et les Enseignements
Les multiples journées de navigation, comme celles du 6 au 10 septembre 2004, avec des bords de près de plus de deux heures, sont gravées dans la mémoire. L'aventure, c'est aussi un lot de galères et d'épreuves désagréables. Des moments où l'on se dit « je ne ressemble pas à grand-chose », avec les pieds nus parce qu’on ne supporte plus d’avoir des chaussures, et où l'on s'interroge sur l'avenir : où vais-je dormir le soir même, ni même les 5 prochains soirs ? Où je vais, ni vraiment avec qui ? Vais-je rentrer à temps à Carnac ? Et si on il pleut toute la semaine ? Et si y’avait pétole toute la semaine ? Ces incertitudes sont aussi ce qui rend l'expérience si riche. Le stress peut monter, parfois on commence un peu à flipper, se demandant si c'est un cauchemar. Mais c'est cette incertitude qui donne du piquant à l'aventure.
Le raid apprend la gestion de l'imprévu. Il y a toujours une petite chose qui commence sérieusement à me déranger, ou des pannes techniques, mais l'équipe trouve toujours des solutions. L'expérience apprend à être ingénieux, à remplacer une pièce cassée, à réparer un élément vital. On apprend aussi à gérer le corps, les douleurs (mal au dos), la fatigue, et l'impact de l'environnement (moustiques, soleil).
La Camaraderie et les Liens Forgés
La vie en équipe, dans un espace restreint et face à des défis communs, renforce les liens. Les équipages se font naturellement, souvent entre amis. Les moments de tension, comme les hésitations d'Olivier et Guillaume qui se sont perdus sur le chemin du retour, se transforment en anecdotes amusantes après coup. La solidarité est omniprésente, qu'il s'agisse d'aider un bateau en difficulté, de partager les repas ou de se soutenir moralement. Les discussions le soir, assis sur les rochers, profitant du coucher de soleil, sont des instants de paix et de partage, qui font oublier les tracas de la journée. La sensation de vivre des moments uniques, comme plusieurs fois j'en ai rêvé lorsque j’étais à Paris, loin du tumulte urbain, renforce cette camaraderie.
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