Québec : Entre l'Adrénaline des Rivières et la Quête du Saumon Atlantique

Le Québec, terre de vastes étendues naturelles, offre des expériences aquatiques d'une richesse exceptionnelle, allant des descentes de rivières tumultueuses en rafting à la pêche contemplative du majestueux saumon atlantique. Ces activités, profondément ancrées dans le patrimoine naturel et touristique de la province, dépendent intrinsèquement de la vitalité de ses cours d'eau. Cependant, des phénomènes récents, marqués par des variations hydrologiques significatives, mettent en lumière la fragilité de ces équilibres, impactant tant les amateurs de sensations fortes que les passionnés de pêche, et soulevant des questions cruciales sur la préservation de l'environnement fluvial et de ses espèces emblématiques.

Le Rafting au Québec : Une Aventure Adrénaline sur des Rivières Impétueuses

L'appel des vagues tumultueuses d'une rivière et l'adrénaline d’une descente en rafting sont des expériences qui attirent un nombre croissant d'aventuriers au Québec. Que ce soit en canot, en kayak ou en radeau pneumatique, l'objectif reste de rester à flot et de maîtriser les éléments. Ces cours d’eau, tantôt calmes, tantôt mouvementés, possèdent chacun une personnalité qui leur est propre, invitant à empoigner une pagaie pour choisir sa prochaine route navigable. Pour ceux qui cherchent à vivre des nouvelles aventures chaque année, le rafting représente une opportunité de se surpasser et de découvrir la nature sous un angle dynamique.

Une expérience récente illustre parfaitement cette quête d'adrénaline. Une amie, passionnée de plein air, a invité un groupe à faire du rafting le 18 mai, une période jugée idéale pour les sensations fortes. L'activité s'est déroulée au Rafting Nouveau Monde à Grenville-sur-la-Rouge, sur la rivière Rouge. Le forfait choisi comprenait deux descentes, la combinaison de plongée - car, il faut le dire, l'eau est froide au mois de mai -, le dîner et le souper, le tout pour un prix de 103 dollars, bien que les prix puissent varier selon la saison et les forfaits.

L'arrivée sur place procure rapidement l'impression d'être une personne "bohème en quête d’adrénaline", avec la nature environnante, l'humeur décontractée de tous, et une ambiance "de fou" animée par des guides décrits comme "dynamiques" et de véritables "junkies de l’adrénaline". Après une brève explication et l'habillage, le départ en autobus annonce le début de l'aventure. Il est souvent dit que le meilleur moment pour y aller est au mois de mai, lorsque les rapides sont au plus fort et les descentes les meilleures. Généralement, en rafting, l'on commence par un petit rapide, et l'intensité augmente au fur et à mesure de l'avancée sur la rivière. Cependant, à Nouveau Monde, la tradition est bousculée. Après seulement cinq minutes de promenade, les participants sont confrontés au premier "IMMENSE rapide", celui qui fait tomber "presque tout le monde". Au moment de la chute, l'impression "d'aller mourir ce jour-là" peut submerger, mais "après quelques secondes de nage", le calme de l’eau succède, et l'expérience se transforme en une "grosse dose d’adrénaline". Cette sensation est décrite comme "intense, malade, fou", presque indéscriptible. Ce jour-là, neuf bateaux faisaient les descentes simultanément, créant une journée riche en émotions et en adrénaline, marquée par beaucoup d’entraide, des sauvetages, des fous rires et des moments légers. Après la deuxième descente, un bon souper attendait les participants dans une ambiance "festive et relaxe à la fois", souvent agrémentée d'un spa, d'une bonne bière et de la présentation des vidéos de rafting de la journée, scellant ainsi une expérience fortement recommandée pour quiconque souhaite la vivre.

Les Défis Actuels des Niveaux d'Eau : Impact sur le Rafting et le Saumon Atlantique

Cependant, les conditions idéales pour le rafting ne sont pas toujours garanties, et les défis liés aux niveaux d'eau affectent de manière significative cette activité, tout comme la survie du saumon atlantique. Le niveau des rivières est particulièrement bas présentement dans la région. Ce phénomène a des répercussions concrètes : des excursions de rafting ont même dû être annulées au Lac-Saint-Jean. Cette situation pourrait également avoir un impact sur la situation déjà précaire du saumon atlantique. À Desbiens, par exemple, le niveau de la rivière Métabetchouane est particulièrement bas actuellement. Pour l’entreprise H2O Expédition, qui organise des excursions de rafting depuis 32 ans, c’est du jamais-vu.

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Sylvain Alarie, propriétaire de H2O Expédition, a expliqué : "On a déjà vu des niveaux bas mais qui ne sont jamais restés tout l’été. On n’a pas eu de pluie au Lac-Saint-Jean, donc on a joué avec de l’eau basse tout l’été et même des records. Au mois de septembre, on a fermé 10 jours, ça fait que 10 jours de rafting au mois de septembre… ça ne s’était jamais vu." Le bas niveau de la rivière Métabetchouane est d'ailleurs visible à son embouchure, à Desbiens. Face à cette réalité, l'entreprise a dû s’adapter, notamment en utilisant des bateaux plus petits. "Au lieu de mettre des bateaux de six, sept et huit personnes, on jouait plus dans le quatre, cinq personnes, à peu près, par bateau. Ça fait qu’on a diminué, on mettait un peu plus de bateaux," a précisé Sylvain Alarie, tout en ajoutant : "On a une belle clientèle, sauf que c’était très bas."

Le peu de précipitations reçues dans la région explique en partie cette situation, en particulier au Lac-Saint-Jean. Simon Legault, météorologue à Environnement Canada, a détaillé : "Il y a eu moins de pluie, donc le tiers environ des précipitations normales au courant du mois de septembre. Du côté du Saguenay, c’est plus la moitié, environ. Mais quand même, les deux, ça donne des portraits assez loin des normales, donc des conditions qui sont sèches. C’est normal, je dirais, d’observer des quantités d’eau très faibles dans les rivières à ce moment-ci." Le niveau des rivières préoccupe aussi à Saguenay, où à La Baie, la rivière à Mars est observée de près. Marilou Tremblay, directrice des communications et du marketing chez Contact Nature, a souligné que "la moyenne habituelle à ce moment-ci de l’année s'établit entre 8 et 15 mètres cubes par seconde. Et cette semaine, on est plus autour du 2 mètres cubes par seconde." L'ensemble de ces faibles niveaux est attribuable au peu de neige reçu l’hiver dernier, aux faibles pluies reçues au printemps et aux faibles précipitations du mois de septembre, qui expliquent collectivement le bas niveau des rivières dans la région.

La Vulnérabilité du Saumon Atlantique et la Gestion de la Pêche au Québec

Les répercussions de ces faibles niveaux d'eau ne se limitent pas au rafting; elles touchent de plein fouet le saumon atlantique, une espèce déjà dans une situation précaire. On peut penser qu'à certains endroits où il n’y aurait pas beaucoup d’eau, il pourrait devenir difficile pour les saumons de se déplacer d’un endroit à l’autre. Autrement, cela ferait en sorte qu’ils seraient contraints de se reproduire dans des frayères de moindre qualité. Au-delà des faibles niveaux, un autre facteur critique menace le saumon : la température de l’eau. Depuis 2020, la pêche au saumon peut être interdite dans certaines rivières lorsque la température de l’eau devient trop élevée pour le saumon atlantique.

Cette mesure de gestion est essentielle car plus la température de l’eau est élevée, plus l’oxygène disponible est réduit, ce qui occasionne un stress pour le saumon et une accumulation de sous-produits toxiques dans son organisme. Dans ces conditions, la survie des saumons pêchés et remis à l’eau diminue drastiquement. Il est donc primordial de limiter au maximum leur stress pendant ces périodes, notamment le dérangement occasionné par les activités de pêche. Pour l'année 2026, quatre rivières sont particulièrement concernées par des fermetures possibles si la température de l’eau devient critique pour le saumon.

Ces rivières et leurs tronçons spécifiques ont été identifiés comme prioritaires pour l’application de cette mesure de gestion. Parmi elles, on retrouve tous les secteurs de la zec de la Rivière-Petit-Saguenay, gérés par l’Association de la rivière Petit Saguenay. Le secteur 3 de la zec de la Rivière-Saint-Jean-du-Saguenay, géré par la Corporation de gestion Rivière Saint-Jean Saguenay, est également concerné. Deux tronçons de la rivière à Mars, gérés par l’organisme Contact Nature - Rivière à Mars, sont aussi sous surveillance : la partie comprise entre une droite joignant les points 48° 20' 13,9" N., 70° 52' 36,5" O. et 48° 20' 18,8" N., 70° 52' 40,7" O., située à l’embouchure de la rivière, et le point 48° 18' 14,5" N., 70° 59' 12" O., situé à 60 mètres en aval du bâtiment d'accueil du Centre plein air Bec-Scie ; ainsi que la partie comprise entre le pont, au bâtiment d'accueil du Centre plein air Bec-Scie, et le côté en aval de la fosse numéro 80 (48° 12' 16" N., 70° 59' 52" O.). Enfin, deux tronçons de la rivière Malbaie (Charlevoix), en partie gérés par Saumon rivière Malbaie, sont également visés : à Clermont, la partie comprise entre une droite perpendiculaire à la rivière face à l'exutoire des étangs situés sur le parcours des Berges Alexis le Trotteur à Clermont (47° 41' 30'' N., 70° 12' 34'' O.) et une droite perpendiculaire située en aval de l'embouchure de la rivière Jacob à Clermont (47° 41' 49,2'' N., 70° 13' 24,6'' O.) ; et dans le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, la partie comprise entre la limite sud du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie et le barrage des Érables (47° 53' 31" N., 70° 28' 37" O.). Pour la rivière Malbaie spécifiquement, un communiqué de presse sera diffusé pour annoncer la fermeture ou la réouverture des activités de pêche en fonction de la température de l’eau. La pêche peut rouvrir si la température de l’eau est redescendue à un niveau favorable pour le saumon et que les prévisions météorologiques indiquent qu’elle le demeurera pendant quelques jours. Lorsque la décision de rouvrir les activités de pêche est prise, celle-ci est effective jusqu’au prochain épisode de température d’eau élevée ou jusqu’à la fin de la saison. Pour connaître le statut actuel de la pêche, il est toujours recommandé de consulter la réglementation en vigueur.

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À la Rencontre du Saumon Atlantique : Les Rivières Emblématiques de la Gaspésie

Malgré ces défis environnementaux, la Gaspésie demeure une destination de choix pour les amateurs de pêche au saumon en quête de dépaysement et de belles prises. Les rivières de cette région offrent des opportunités uniques de vivre l’expérience authentique de la pêche au saumon.

La rivière Matane se distingue comme la "rivière école par excellence". Facilement accessible et non contingentée, elle jouit d’une montaison annuelle moyenne de plus de 1 400 saumons. S’étendant sur près de 80 km, elle relie le lac Matane au Saint-Laurent en traversant le centre-ville. Pour les non-initiés, un cours de 8 heures, offert par la Société de gestion de la rivière Matane, permet d'acquérir les rudiments de cette pêche et, surtout, de découvrir tout le plaisir qu’elle procure.

Coulant du côté nord de la péninsule gaspésienne, la rivière Madeleine parcourt 150 km, des hauteurs des monts Chic-Chocs jusqu'à son embouchure dans le golfe du Saint-Laurent. En moyenne, plus de 1 200 saumons frayent chaque année dans ses eaux, qui comptent 76 fosses. La rivière Madeleine comporte, entre autres, l’impressionnante chute du Grand-Sault, haute de 25 mètres, qui barrait autrefois l’accès aux saumons vers le haut de la rivière.

Le trio des rivières York, Darmouth et Saint-Jean offre une expérience unique. Coulant toutes trois en grande partie en zone inhabitée, ces trois légendaires rivières s’entrecroisent et se rejoignent avant de se jeter dans la baie de Gaspé. Peu achalandée, la Darmouth est reconnue pour ses paysages à couper le souffle. La Saint-Jean, d’une limpidité notoire, est réputée pour l’expérience tout inclus de son pavillon du même nom. Enfin, la rivière York, qui compte parmi les plus convoitées au Canada, émerveillera les pêcheurs avec ses eaux émeraude.

Prenant sa source dans le parc national de la Gaspésie, la rivière Bonaventure coule sur 125 km, dont 65 km sont ouverts à la pêche, avant de se jeter dans la baie des Chaleurs. Elle compte un nombre impressionnant de 98 fosses. Ses eaux de grande qualité, froides et transparentes, offrent d’excellentes conditions de pêche au saumon et rendent ce dernier facilement repérable.

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Les rivières Matapédia et Patapédia sont également des joyaux pour les pêcheurs. Avec des prises de 18 kilos qui ne sont pas rares et plus de 5 000 saumons qui remontent son cours chaque année, la rivière Matapédia honore sa réputation d’être l’une des meilleures rivières à saumon au Québec. Prenant naissance au lac Matapédia, elle sillonne une magnifique vallée sur 87 km. Sa sœur, la rivière Patapédia, coule sur 70 km en pleine forêt et offre un habitat exceptionnel au saumon. Ces rivières illustrent la richesse et la diversité des opportunités de pêche que le Québec peut offrir.

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