Le paysage politique contemporain est régulièrement le théâtre d'interrogations fondamentales sur la nature et la pertinence de ses structurations historiques. Parmi ces questions récurrentes, les formules interpellatrices telles que « Le clivage gauche-droite existe-t-il encore ? », « A-t-il toujours du sens ? », « Est-il encore pertinent ? », « Est-il dépassé ? » ou encore « Est-il mort ? » ont ponctué les chroniques, les tribunes et les débats en plateau d'un grand nombre de commentateurs et d'experts de la vie politique. Ces interrogations se sont amplifiées en particulier depuis mai 2017, cherchant à décrypter un paysage partisan français en profonde mutation. Dans ce contexte, où les citoyens sont sujets aux infidélités électorales et où les acteurs politiques tendent parfois à abandonner leurs étiquettes traditionnelles pour tenter de se construire une identité en dehors de l'opposition gauche-droite, l'incertitude semble régner. Face à tant d'incertitudes et de remises en question, l’ouvrage de Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche émérite en science politique (CEVIPOF, CNRS), offre une perspective essentielle, invitant à reconsidérer avec un recul salutaire le phénomène du clivage politique. Grâce à une analyse rigoureuse prenant la forme d'une fresque historique et se concentrant sur les valeurs économiques, sociales et culturelles que les Français attachent aux deux camps politiques, la chercheuse souligne, à l’inverse de l'idée d'une disparition, la permanence de grandes tendances idéologiques au fil des dernières décennies.
La Genèse Historique d'une Distinction Fondamentale
Pour saisir la complexité du clivage gauche-droite, il est impératif de se plonger dans ses origines. Ce sont deux camps politiques qui s'opposent, fondamentalement en désaccord sur la façon de gouverner un pays. Tout commence, de manière emblématique, lors de la Révolution française, en 1789. À cette période charnière de l'histoire de France, des responsables politiques, réunis à l’Assemblée, se sont divisés physiquement pour marquer leur positionnement. Ceux qui étaient favorables au maintien de prérogatives importantes pour le roi prirent place à la droite du président de l’Assemblée, tandis que ceux qui s'opposaient à lui et militaient pour davantage de réformes et de pouvoir pour l'Assemblée s'assirent à sa gauche. Cette disposition spatiale, initialement pragmatique, est devenue le fondement symbolique d'une distinction politique qui perdure jusqu'à nos jours, et aujourd'hui encore, la droite et la gauche sont toujours placées ainsi et elles continuent à s'opposer.
Cependant, c'est véritablement au XIXe siècle que l'on commence à parler, de manière plus structurée et idéologique, de droite et de gauche. Durant cette période agitée, la droite se caractérise principalement par son orientation royaliste et contre-révolutionnaire, se montrant favorable à un retour de la monarchie absolue et à la restauration de l'ordre ancien. Par contraste, la gauche de l'époque est résolument libérale, se positionnant comme l'héritière directe des Lumières. Elle défend avec ferveur les libertés individuelles, prône le libre-échange économique et soutient le principe d'une monarchie constitutionnelle, marquant une rupture avec l'absolutisme. Tout le XIXe siècle est ainsi agité par ces clivages idéologiques profonds qui persistent et structurent la vie politique jusqu'à l'instauration de la IIIe République. Avec l'avènement de cette dernière, la question de la royauté devient moindre, reléguée au second plan des préoccupations politiques, et les valeurs fondamentales associées à la gauche et à la droite évoluent en conséquence, s'adaptant aux nouveaux défis et aux nouvelles aspirations de la société française. Ce contexte historique est essentiel pour comprendre que le clivage droite/gauche est avant tout fondé sur l'opposition fondamentale entre le conservatisme et le progressisme, une opposition qui, bien que ses manifestations changent, demeure une constante sous-jacente.
Les Valeurs Fondatrices de la Gauche : L'Égalité comme Fil Rouge
L'analyse des valeurs que les Français attachent à la gauche et à la droite, telle que menée par Janine Mossuz-Lavau à travers ses archives d'entretiens, révèle une remarquable permanence des idéaux. Pour la gauche, le thème de l’égalité apparaît immanquablement chez les enquêtés, quelle que soit la décennie, même si le vocabulaire ou les connotations peuvent varier au fil du temps. Cette aspiration profonde à l'égalité constitue le fil rouge idéologique de la gauche, structurant sa vision du collectif. Les répondants expriment invariablement l'idée que le collectif doit aider à gommer les disparités individuelles, illustrant ainsi une foi dans la capacité de la société à œuvrer pour une plus grande justice distributive.
Ainsi, alors que les Trente Glorieuses arrivaient à leur terme, c'est l’aspiration à l’égalité des conditions de vie qui résumait le mieux les attentes et les revendications de la gauche. À cette époque, le vocabulaire marxiste et anticapitaliste était prégnant dans les discours, pointant sans ambiguïté les antagonismes de classe comme source majeure des inégalités. La chercheuse note ensuite des inflexions significatives qui s’installent progressivement dans le discours et les valeurs de la gauche. À la suite du premier septennat de François Mitterrand, les désillusions quant aux marges de manœuvre du pouvoir face aux réalités économiques se font sentir. L’idéal d'« égalité des conditions » se mue alors petit à petit en un combat plus nuancé « contre les inégalités » et en une recherche active de l'« égalité des chances ». Cette évolution marque une adaptation de la gauche aux contraintes du réel et à une vision moins radicale de la transformation sociale.
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Au tournant des années 2000 et jusqu’à aujourd’hui, c’est plutôt l’expression de la « justice sociale » qui est mise en avant par les personnes s'identifiant à la gauche. Ce concept englobe à la fois la lutte contre les inégalités et la promotion de l'égalité des chances, tout en dénonçant avec force les dérives de l’argent roi et l’appât du gain, perçus comme des facteurs d'accroissement des disparités. De même, le terme d'« anticapitalisme » se transforme pour certains en « antilibéralisme », reflétant un déplacement des critiques vers les excès du marché et des politiques économiques néolibérales. À défaut de pouvoir changer profondément la société de manière radicale, la gauche tend à se positionner comme le premier soutien de l’État-Providence et des services publics, les considérant comme les garants essentiels de la solidarité et de la réduction des inégalités. Cette constance dans l'aspiration à l'égalité, malgré les adaptations sémantiques et les évolutions de stratégies, démontre une permanence idéologique profonde au cœur de la gauche française.
Les Principes de la Droite : Ordre, Hiérarchie et Responsabilité Individuelle
Par opposition aux idéaux de la gauche, le caractère naturel des inégalités et la nécessité de la hiérarchie et de l’autorité dans la société sont inévitablement mentionnés au fondement de l’idéal de la droite. Cette vision, reflétant une anthropologie plus pessimiste de l’être humain, où l'individu est perçu comme fondamentalement imparfait et nécessitant un cadre strict, conduit les enquêtés à associer à la droite un besoin profond de règles pour encadrer les comportements en société. Ils insistent également sur la nécessité de structures pyramidales pour susciter le travail, l'effort et stimuler l’envie d’une mobilité sociale ascendante, fondée sur le mérite individuel. L'idée est que la compétition et la reconnaissance des talents individuels sont les moteurs du progrès.
Cette vision sous-tend ainsi autant le soutien au gaullisme à la fin des années 1960, qui incarnait une certaine idée de l'ordre et de la grandeur nationale, que la critique souvent virulente des politiques publiques qualifiées d'« assistanat » mises en place par la gauche au pouvoir. Pour la droite, ces politiques sont perçues comme décourageant l'effort individuel et favorisant la dépendance plutôt que l'autonomie. De la même manière, cette perspective nourrit la crainte d’un laxisme croissant, souvent associée au renouvellement générationnel et à l'évolution des mœurs. Mossuz-Lavau relève ainsi dans ses entretiens, dès les années 1980, l'émergence du thème du « remplacement », qui est vécu comme la peur latente que la structure sociale s’effondre. Cette angoisse est alimentée par la remise en cause des hiérarchies établies selon le statut social, le genre ou l’origine ethnique, perçues comme des piliers de l'ordre social. Une peur similaire se retrouve sous forme de nostalgie chez ses enquêtés des années 1990, qui expriment un fort désir de défendre les traditions et l’héritage culturel et social qu'ils estiment menacés.
Cédant néanmoins du terrain au libéralisme culturel, la défense des inégalités naturelles et de l’autorité semble se recentrer au tournant des années 2000. Les préoccupations majeures de la droite se cristallisent alors autour du contrôle des flux migratoires d’un côté et de la flexibilisation du marché du travail de l’autre. Ces deux thèmes traduisent des volontés de régulation et de dynamisation économique, toujours dans la perspective d'un ordre social et économique jugé plus efficace. Si les prestations sociales continuent d’être qualifiées d'« assistanat » par une partie des sympathisants de droite, l’auteure note une évolution relative de cette appréciation. Cela suggère une certaine adaptation du discours, ou du moins une nuance, même si le principe fondamental de la responsabilité individuelle et de la réduction de la dépendance à l'État demeure central. En général, la droite est plutôt pour la réussite individuelle et la sécurité, des valeurs qui, bien que leurs applications concrètes évoluent, restent des piliers idéologiques. Il y a aussi dans chaque camp des partis qui veulent faire appliquer leurs idées de manière radicale : ce sont des extrêmes, et leurs propositions accentuent les différences fondamentales.
Le Renouveau des Interrogations : Une Permanence du Doute
L'idée d'une crise du référent gauche-droite est omniprésente ces dernières années, donnant l’impression d’avoir atteint son paroxysme en 2017. Cette année-là, les deux partis héritiers de la gauche et de la droite gouvernementale, qui avaient historiquement dominé la vie politique française, n’ont pas réussi à passer le premier tour de l’élection présidentielle. Au contraire, cette élection a vu se qualifier un candidat se réclamant du progressisme et du pragmatisme « de gauche et de droite », proposant une dépassement des clivages traditionnels. Parallèlement, une candidate s'est revendiquée héritière du slogan « ni de gauche ni de droite, français ! », une formule propre à l’extrême droite antisystème [1]. Ces événements ont alimenté l'idée que le clivage historique était en voie de disparition ou du moins fortement affaibli.
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Pourtant, Janine Mossuz-Lavau nous invite à relativiser ces symptômes de « crise ». D’abord, à l’aide d’une mise en perspective historique, elle rappelle que la pertinence de l’opposition gauche-droite a déjà été remise en cause à maintes reprises au cours de l'histoire française. Elle cite ainsi, de demi-siècle en demi-siècle, les interrogations récurrentes des experts, nourries par les changements de régimes successifs. Ces doutes sont apparus au milieu du XIXe siècle, pendant la reconstruction de l'entre-deux-guerres, dans le sillage du RPF gaulliste au tournant des années 1950, et de nouveau depuis la fin des années 1980 au prisme de nouveaux enjeux qui bousculent les lignes de conflit habituelles [2]. Selon elle, l’avènement du « mythe macronien » et la stratégie électorale qui l’a porté au pouvoir [3] ne font que relancer ces mêmes interrogations chez les commentateurs politiques. Ce n'est donc pas un phénomène inédit, mais plutôt une constante dans l'observation de la vie politique.
Au-Delà de l'Agitation Partisane : La Stabilité des Valeurs Citoyennes
La mise en perspective historique du côté des citoyens permet également de constater que les signes de remise en question du clivage ne sont pas non plus inédits de ce côté-là. Cependant, et c'est un point crucial de son argumentation, à l’aide de l’historique des enquêtes par sondage, l’auteure rappelle que l’obsolescence diagnostiquée du clivage gauche-droite concerne bien plus la vie partisane que les valeurs des Français eux-mêmes. En effet, en parallèle des jugements sur l’état des partis politiques et la nature de la compétition électorale, les mêmes enquêtes révèlent une grande stabilité dans la capacité d’un individu à s’autodéfinir de gauche ou de droite. Les citoyens se positionnent encore très clairement sur une échelle numérique qui représente un continuum de positions idéologiques. De plus, ces sondages montrent des corrélations très nettes entre l’auto-apparentement idéologique et les opinions exprimées en matière de politique économique, de mœurs ou de rapport à autrui. Cela signifie que l'appartenance à la gauche ou à la droite continue de structurer profondément les convictions des Français sur des sujets de société fondamentaux.
Pour donner corps à la permanence des idéaux de gauche et de droite dans la conscience citoyenne, Janine Mossuz-Lavau s’emploie à plonger le lecteur dans ses archives d’entretiens [5] menés au fil de sa carrière. Ces archives couvrent six terrains d'enquête distincts entre 1969 et 2019, avec des intervalles d'une dizaine d'années entre chaque série. À travers ces séries successives d’entretiens fouillés, la chercheuse ausculte plusieurs décennies de la vie politique française pour interroger les valeurs que les Français interrogés attachent ouvertement à la gauche et à la droite. Les données recueillies confirment que, malgré les inflexions et les adaptations discursives, les cœurs idéologiques de la gauche et de la droite sont stables et naturellement exposés par les enquêtés : l’égalité contre la hiérarchie, l’émancipation contre l’ordre [8]. Ces oppositions fondamentales demeurent des ancrages stables dans les représentations mentales des citoyens, informant leur compréhension du monde politique et de leur propre place au sein de celui-ci.
L'Évolution des Discours : Démarxisation et Déchristianisation
Malgré la stabilité des cœurs idéologiques, Janine Mossuz-Lavau note quelques inflexions significatives au fil des décennies dans les manifestations et les rhétoriques associées aux deux camps. Parmi ces évolutions, elle identifie notamment la « démarxisation de la gauche » et la « déchristianisation de la droite ». La démarxisation de la gauche fait référence à l'atténuation progressive de l'influence du marxisme et de son vocabulaire dans le discours de la gauche française. Si, à l'issue des Trente Glorieuses, l'anticapitalisme et les antagonismes de classe étaient des notions prégnantes, le glissement vers l'« antilibéralisme » et la priorité donnée à la « justice sociale » et à l'« égalité des chances » marque un éloignement d'une analyse purement matérialiste et révolutionnaire. La gauche s'adapte, cherchant à définir son projet dans un cadre moins dogmatique et plus pragmatique, tout en restant fidèle à son aspiration fondamentale à réduire les inégalités.
De même, la « déchristianisation de la droite » illustre une évolution des fondements idéologiques du camp conservateur. Si historiquement, une partie significative de la droite française était profondément ancrée dans les valeurs catholiques et la défense d'une morale chrétienne, cette dimension a perdu de sa centralité avec le temps. Si les principes d'ordre, de famille et de tradition demeurent importants, leur justification s'est laïcisée, s'appuyant davantage sur des arguments liés à la stabilité sociale, à la sécurité ou à l'héritage culturel plutôt qu'exclusivement religieux. Cette transformation ne signifie pas une disparition des valeurs, mais une redéfinition de leurs sources et de leurs expressions publiques, montrant la capacité des idéologies à se réinventer tout en conservant un socle de principes. Ces évolutions témoignent de la nature dynamique du clivage, où les formes changent mais où les tensions sous-jacentes persistent.
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Un Parcours Politique Éloquent : L'Exemple de Victor Hugo
L'histoire politique elle-même offre des illustrations éloquentes de la complexité et des évolutions des positionnements idéologiques, défiant parfois les assignations simples. Le parcours politique de Victor Hugo en est un exemple frappant. Dans sa jeunesse, Victor Hugo fut un farouche partisan de la monarchie, au point d'être nommé Pair de France sous Louis-Philippe, une marque de reconnaissance de ses sympathies royalistes. En 1848, il devint même député conservateur, et participa à la répression des émeutes ouvrières de juin, un acte qui le positionnait clairement à droite de l'échiquier politique de l'époque.
Cependant, la question de la pauvreté et de la misère sociale le rattrapa profondément, provoquant une évolution radicale de ses convictions. En 1851, il prononça un discours très fort et très émouvant sur « les caves de Lille », mettant en lumière les conditions de vie abominables des travailleurs. Dans son chef-d’œuvre littéraire, « Les Misérables » (publié en 1862), il critiqua sévèrement la société industrielle naissante et ses effets déshumanisants, à travers les destins tragiques de personnages comme Fantine et Cosette. Parallèlement, Victor Hugo se montra un farouche adversaire de la peine de mort, de l'esclavage et des inégalités sociales, des positions qui l'éloignèrent progressivement du conservatisme pour le rapprocher des idéaux de justice et d'humanité de la gauche. Sénateur après la Commune de Paris, il affirmera son engagement républicain et radical, ce qui le classe désormais sans équivoque à gauche. L'itinéraire de Hugo démontre que les personnalités politiques, de gauche comme de droite, peuvent avoir un but commun, celui d'améliorer la vie des Français, même si leurs moyens et leurs philosophies divergent. Il met également en lumière comment les convictions personnelles peuvent évoluer, transcendant les étiquettes partisanes rigides.
La Volatilité des Concepts : Le Cas du Libéralisme
L'évolution des idéologies et des valeurs au sein du clivage gauche-droite est également perceptible à travers le déplacement de certains concepts clés. Le libéralisme en est un exemple significatif. Au XIXe siècle, les libéraux, c'est-à-dire les partisans de la liberté sous toutes ses formes (individuelle, d'expression, économique), étaient généralement associés à la gauche, dans la mesure où ils défendaient les acquis de la Révolution face à l'ordre monarchique et clérical. La gauche de l'époque était libérale, héritière des « lumières », défendant les libertés individuelles, le libre-échange et le principe d'une monarchie constitutionnelle.
Cependant, au fil du temps, les libéraux ont progressivement quitté le giron de la gauche pour représenter, de nos jours, un courant politico-économique majoritairement associé à la droite. Ce libéralisme contemporain, souvent qualifié de néolibéralisme sur le plan économique, défend la liberté totale du « marché » et des entreprises face à la société. Dans cette perspective, l'État ne doit pas s'occuper directement d'économie, mais seulement exercer ses « droits régaliens » fondamentaux, à savoir la police, l'armée et les relations internationales. La régulation du marché par l'État est perçue comme une entrave à la croissance et à l'initiative individuelle. Ce déplacement du libéralisme, d'une position progressiste et émancipatrice à une doctrine économique conservatrice en matière de régulation sociale, illustre la fluidité des catégories politiques et la nécessité de contextualiser les termes pour comprendre leur signification idéologique à une époque donnée. Les différences entre la gauche et la droite, même si certains Français trouvent qu'elles s'effacent peu à peu, continuent d'exister et de se manifester à travers de telles évolutions sémantiques et idéologiques.