Raccordement et Optimisation des Bi-bouteilles de Plongée : Évolution vers une Configuration Technique et Sécurisée

La plongée sous-marine, qu'elle soit récréative ou technique, offre un vaste champ d'exploration et de développement personnel. Pour de nombreux passionnés, l'évolution du matériel et des pratiques est une quête incessante d'amélioration et de sécurité. Au cœur de cette évolution pour la plongée technique se trouve le bi-bouteille, une configuration qui exige une compréhension approfondie de son assemblage, de son entretien et de sa philosophie d'utilisation. Le raccordement de deux bouteilles de plongée par un manifold est une étape fondamentale vers cette configuration.

Le Bi-bouteille : Fondamentaux et Composants Clés

Le système de bi-bouteilles, ou twinset, est un arrangement de deux cylindres de plongée montés côte à côte et reliés. Ce système offre une autonomie en gaz significativement accrue par rapport à une configuration mono-bouteille, ce qui est essentiel pour les plongées plus longues, plus profondes, ou en environnement fermé comme les grottes. Au centre de cette configuration se trouve un composant vital : le manifold.

Description du Manifold avec Isolateur

Le Manifold avec isolateur est un composant destiné aux plongeurs utilisant une configuration bi-bouteilles. Il permet de relier deux bouteilles de plongée au sein d’un même ensemble tout en intégrant une valve d’isolement centrale. Ce système de connexion n'est pas un simple raccord, mais un élément de sécurité sophistiqué. Le Manifold avec isolateur constitue un élément essentiel dans l’assemblage d’un bi-bouteilles. La présence d’une valve d’isolement permet de contrôler la communication entre les deux bouteilles reliées au manifold. Cette capacité d'isoler une bouteille en cas de fuite ou de problème est cruciale pour la sécurité. En cas de défaillance d'une des deux bouteilles ou de l'un des détendeurs qui y sont connectés, la valve d'isolement permet de couper l'alimentation en gaz de cette bouteille défectueuse, préservant ainsi le gaz de l'autre bouteille pour la poursuite de la plongée ou un retour en toute sécurité. Robuste et conçu pour s’intégrer aux configurations bi-bouteilles compatibles, le Manifold avec isolateur participe à la réalisation d’un montage organisé et adapté aux exigences des plongeurs techniques. Il existe différents types de manifolds, mais la version avec isolateur est privilégiée dans les configurations techniques modernes pour la redondance et la gestion des incidents qu'elle permet.

Configuration Générale du Bi-bouteille et Installation

Une fois le manifold choisi, l'assemblage des bi-bouteilles nécessite des accessoires spécifiques pour solidariser les deux cylindres. Jean-Marc a mentionné son expérience, indiquant qu'il venait d'installer deux cerclages inox de 50 mm de large (diamètre des fûts 7,5l 140 mm). Ces cerclages, souvent complétés par une visserie tout inox en diamètre 8mm, sont essentiels pour maintenir fermement les deux bouteilles ensemble, garantissant la rigidité de l'ensemble et sa stabilité sur le dos du plongeur. Les diamètres des fûts sont des paramètres importants pour le choix des cerclages, qui doivent être parfaitement adaptés pour éviter tout mouvement ou torsion. Un bi-bouteille est solidarisé par des arceaux métal, garantissant une structure unifiée et stable pour le plongeur.

Cette structure est ensuite fixée à un harnais et une wing (une vessie de flottabilité dorsale) pour former le scaphandre autonome. Il est essentiel que l'ensemble soit ajusté de manière ergonomique pour le plongeur, comme l'indique Jean-Marc : "J'ai réglé la visserie pour monter le bi sur ma vénérable stab Black Diamond, mais j'attend du matériel plus adapté encore". Cela souligne l'importance d'un ajustement précis et l'évolution constante vers un équipement optimisé. Pour beaucoup, la transition vers une wing avec plaque est souvent recommandée pour accompagner l'utilisation d'un bi-bouteille, offrant une meilleure stabilité et un profil plus hydrodynamique que les gilets stabilisateurs traditionnels.

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La Philosophie "DIR" et l'Optimisation de l'Équipement

L'adoption d'un bi-bouteille est souvent le premier pas vers des pratiques de plongée plus techniques, inspirées par des philosophies comme le "DIR" (Do It Right). Cette approche met l'accent sur la standardisation, la simplicité et la redondance de l'équipement afin d'optimiser la sécurité et la performance du plongeur.

Le Passage au Standard "DIR" : Une Révolution Culturelle

Le parcours vers une configuration "DIR" représente une véritable révolution culturelle pour de nombreux plongeurs. Jean-Marc l'exprime clairement : "c'est dire la révolution culturelle qu'on subit en devenant Deep Tec Diver PADI…". Cette transformation ne se limite pas à l'achat de nouveau matériel, mais implique une remise en question profonde des habitudes et des accessoires. Par exemple, il a indiqué avoir "viré tout les filets et autres ficelles ainsi que les bouchons de protection attachés sur les détendeurs qui se balladaient. J'ai même plongé sans mon tuba !!". Ces gestes, anodins en apparence, sont emblématiques de la simplification et de la minimisation des points d'accroche et des éléments superflus, des principes fondamentaux du DIR pour réduire les risques d'accrochage en milieu confiné ou de désordre sous l'eau.

Un autre exemple de cette évolution est l'abandon du "cul en plastoc" ou des culots de bouteilles en plastique. Jean-Marc a fait le pas, et d'autres comme Fabrice ont acquiescé : "Tu m'as enlever les mots de la bouche…". La raison derrière cette pratique est de prévenir la stagnation de l'eau entre le plastique et la bouteille, ce qui pourrait engendrer de la corrosion. Jean-Michel a également insisté : "pour éviter que l'eau stagne et corrode le bloc sous le plastique idem pour les mano pas de plastique". Cette approche vise à prolonger la durée de vie de la bouteille et à maintenir son intégrité structurelle. Cependant, comme le fait remarquer tik140, "pour ce qui est des culots je suis assez mitigé je me demande si l eau stagnante fait autant de degats que les chocs des poses et reposes des bi qui n ont plus de culots pour en avoir vu pas mal ils sont tous rouillés !". Cette observation met en lumière un débat persistant : si la corrosion par l'eau stagnante est un risque, l'absence de protection peut exposer la bouteille aux chocs répétés et à l'usure, ce qui pourrait également compromettre son état. Le choix de retirer les culots en plastique est donc une décision qui s'inscrit dans une philosophie de maintenance et d'inspection régulière des bouteilles.

Origines et Principes du "Do It Right"

L'origine de la "plongée tec" et des écoles "DIR" (Do It Right) provient directement de la "plongée sout" (plongée souterraine), un domaine qui a longtemps été un espace de liberté totale en France, assimilée à la spéléologie et non au "sport", ce qui a permis un développement autonome des techniques et du matériel. Cette plongée exigeante a façonné des standards rigoureux en matière de fiabilité et de sécurité. Le principe fondamental est que l'équipement doit s'adapter à l'usage particulier qu'on en fait et qu'il n'y a pas un seul équipement qui convient pour tout. Cela signifie que chaque élément de l'équipement est choisi et configuré dans un but précis, en fonction du type de plongée envisagé, qu'il s'agisse d'une plongée en mer ouverte ou d'une exploration de grotte complexe.

Détails Techniques de l'Assemblage et de l'Équipement

L'assemblage d'un bi-bouteille selon les standards techniques implique des choix précis concernant chaque composant, de la robinetterie aux détendeurs, en passant par les accessoires de sécurité.

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La Robinetterie et les Connexions : DIN vs. Étrier

Le choix de la robinetterie est primordial pour la sécurité et la fiabilité. Il existe principalement deux standards de connexion pour les détendeurs : le DIN et l'étrier (ou Yoke). La connexion étrier sur le scaphandre peut fuir au niveau de la connexion et est limitée à 230 bars de pression de service. C'est une limitation importante pour les plongées techniques qui utilisent souvent des pressions plus élevées. En revanche, les robinetteries DIN sont disponibles en deux standards : 200 et 300 bars. La connexion DIN est plus robuste, car le joint torique se trouve à l'intérieur du pas de vis du détendeur, assurant une étanchéité supérieure et réduisant considérablement le risque de fuite, même sous haute pression. Une vis de raccordement plus longue pour le DIN 300 bars est nécessaire pour s'engager correctement dans la valve. Un détendeur DIN 300 bars peut se connecter sur une robinetterie DIN 200 bars à l'aide d'un adaptateur, mais le contraire n'est pas possible en raison de la longueur du pas de vis et de la pression de service. Les plongeurs techniques et les adeptes du DIR n'utilisent que les robinets DIN pour leur fiabilité et leur capacité à gérer des pressions plus élevées.

Gestion des Détendeurs et des Accessoires

Dans une configuration bi-bouteille, il est standard d'installer deux détendeurs, le principal et celui de secours. Ces deux détendeurs sont connectées ensemble virtuellement via le manifold (dans le cas d'un manifold non isolé) ou via la communication ouverte par la valve d'isolement (dans le cas d'un manifold isolé). Cela permet une gestion de gaz redondante : si un détendeur ou l'un des circuits tombe en panne, le plongeur peut basculer sur l'autre. Chaque détendeur est généralement équipé de son propre manomètre haute pression (mano HP), permettant de surveiller indépendamment la pression de chaque fût. Jean-Marc a décrit la configuration du plongeur spéléo qu'il a formé : "Deux détendeurs Scubapro (tout métal) arrivant à droite pour le plongeur, deux mano HP (un pour chaque fût)". Cette configuration est typique et assure une surveillance complète de l'approvisionnement en gaz.

Un élément crucial de la configuration DIR est le "long hose", un tuyau de détendeur d'une longueur d'environ 2 mètres. Jean-Marc a indiqué qu'il lui restait à trouver le "long hose" de 2m. Ce long tuyau est enroulé autour du corps du plongeur et est destiné à être utilisé pour le don d'air en cas d'urgence à un coéquipier. Sa longueur permet au plongeur en difficulté de nager devant le donneur d'air, offrant un espace confortable et sécurisé pendant l'ascension et les paliers de décompression. Il est une pierre angulaire des procédures de sécurité en plongée technique.

Par ailleurs, une pratique courante chez les plongeurs techniques et spéléos est de retirer les "moustaches" des 1er étages, ces déflecteurs de bulles qui dirigent l'échappement du gaz. "ils viraient les moustaches des 1er étages ( les 'pots d'échappement' à bulles) car il y avait eu des cas de colmatage". Ces "pots d'échappement" à bulles peuvent effectivement accumuler des sédiments ou des débris, entraînant un colmatage et un mauvais fonctionnement du détendeur, surtout dans les environnements chargés comme les grottes. Leur suppression simplifie le premier étage, réduit les points d'accroche et facilite l'entretien.

Enfin, la simplification s'étend aux accessoires personnels. Retirer les bouchons de protection attachés sur les détendeurs qui se balladaient est une pratique DIR. De même, plonger sans tuba est un signe d'une configuration allégée. Ces éléments, jugés superflus et potentiellement sources d'accrocs ou de désordre, sont écartés au profit de l'essentiel.

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Les Choix de Bouteilles et la Gestion du Poids

Le choix des bouteilles qui composeront le bi-bouteille est un facteur déterminant pour l'équilibre, la flottabilité et le confort du plongeur. Plusieurs matériaux et volumes sont disponibles, chacun avec ses avantages et inconvénients.

Comparaison des Matériaux : Acier, Aluminium, CarbonDive

Les bouteilles de plongée sont majoritairement fabriquées en acier ou en aluminium, et plus récemment en fibre de carbone.

  • Bouteilles en acier : Elles sont appréciées pour leur robustesse et leur densité élevée, qui leur confère une flottabilité négative significative même lorsqu'elles sont vides. Cela signifie qu'elles nécessitent moins de lestage de la part du plongeur. Jean-Marc mentionne qu'un "bi 2x10 l est au programme" pour lui, probablement en acier, car il ajoute "j'investirais plus tard dans un bi 2x10l (acier) sans doute". Des marques comme ROTH sont réputées : "les moins lourds du marché sont aujourd hui les ROTH mais aussi les plus chers…". Pour un bi10 avec cerclage inox et robinetterie, chargé à 230 bars, un Roth pèse environ 33 kg. Les Eurocylinder sont une alternative, "parfaits et moins chers d environ 100€ comparés aux Roth mais coté poids il sont bien plus lourds", avec un poids de 37 kg pour un bi10 chargé à 230 bars. tik140 note cette différence : "mefiance coté poids sur les futs Eurocylinder". Pour pmk, un utilisateur d'Eurocylinder, le poids n'est pas un problème car "je fais peu de portage avec, ça ne me gêne pas. Et pas besoin de rajouter de lest." Le bi 9 Roth (18L, 29kg chargé à 230b avec cerclage inox et robinetterie) est un exemple de choix visant le "volume maxi a moins de 30kg".
  • Bouteilles en aluminium : Elles sont plus légères dans l'air, mais ont tendance à devenir positives en fin de plongée, ce qui peut nécessiter un lestage plus important. "Pour ce qui est de l'alu, faire un bi-bouteille avec 2 S80 (11l, et 200 bars de pression de service) çà donne 34 Kg à l'arraché dans l'air! (bon les tecs doivent être des costaud(e)s) et le poids du gaz dans l'eau en gros …". Le poids élevé dans l'air est trompeur, car leur flottabilité en eau douce et salée est différente et évolue avec la consommation de gaz.
  • Bouteilles en fibre de carbone (CarbonDive) : Ce sont les plus légères, mais aussi les plus chères (plus de 1000€ pour un bi). Jean-Michel les mentionne : "Tu oublies les carbon dive mon ami ou même les bi alu". Leur légèreté extrême peut parfois être un inconvénient en bi-bouteille, car elle peut nécessiter un lestage excessif pour compenser leur flottabilité très positive. Cependant, elles sont très appréciées comme bouteilles de secours (bailout) avec un recycleur : "Pour le CarbonDive, je n'ai jamais essayé en bi mais j'aurais peur que ça soit trop léger (obligé de rajouter du lest). Par contre, en bailout avec mon recycleur, c'est nickel ;-)".

Impact du Poids sur l'Équilibre et le Portage

Le poids des bouteilles a un impact direct sur le confort du plongeur, tant hors de l'eau que sous l'eau. Un bi-bouteille lourd peut être difficile à transporter sur le bord, nécessitant une bonne condition physique. Une fois dans l'eau, le poids et la flottabilité du bi-bouteille influencent la trim (assiette) du plongeur. Un ensemble trop léger nécessitera l'ajout de lest, ce qui peut augmenter la traînée et rendre le trim plus difficile à maintenir. Inversement, un ensemble trop lourd peut entraîner une flottabilité excessivement négative. L'objectif est d'atteindre une configuration où le plongeur est neutre avec des bouteilles presque vides, sans lestage excessif. Cette gestion équilibrée du poids est cruciale pour une plongée confortable et sécurisée, permettant au plongeur de maintenir une position horizontale idéale.

La Plongée Technique, Sidemount et l'Adaptation de l'Équipement

La plongée technique englobe une multitude de disciplines, de la plongée profonde à la plongée souterraine, et chacune exige une adaptation spécifique du matériel. La philosophie générale est qu'il n'y a pas d'équipement universel, et la personnalisation est essentielle.

Sidemount : Une Alternative à l'Évolution

Si le bi-bouteille dorsal est la configuration classique pour la plongée technique, le sidemount (bouteilles montées sur les côtés) offre une alternative séduisante. Si vous choisissez de suivre la formation «sidemount», ce n’est pas parce que vous respirez beaucoup sous l’eau et que vous voulez faire de plus longues plongées. Plongée en «sidemount» vous donne la chance d’améliorer vos habiletés de plongée et de devenir un plongeur plus expérimenté. Cette configuration permet une meilleure accessibilité aux robinetteries, un profil plus fin dans certains passages étroits et une gestion plus flexible des bouteilles. Le «sidemount» vous donne un avant-goût du prochain niveau, sans élever les risques comme lors de la plongée technique ou en grotte. C'est une porte d'entrée vers les techniques de plongée avancées. Si vous aimez beaucoup la plongée sous-marine, «sidemount» est définitivement votre nouveau jouet pour jouer avec. Il représente une évolution pour le plongeur récréatif vers plus d'autonomie et de compétences sans l'engagement immédiat des profondeurs ou des environnements exigeants.

Adaptation de l'Équipement à l'Usage Spécifique

Ce qui est délicat à intégrer parfois pour les plongeurs qui découvrent ce monde de la "plongée tec" c'est que l'équipement doit s'adapter à l'usage particulier qu'on en fait et qu'il n'y a pas un seul équipement qui convient pour tout. Cette phrase résume parfaitement la philosophie de la plongée technique. Un exemple frappant est l'anecdote d'un plongeur souterrain avec 20 ans d'exercice mais sans aucun brevet qui souhaitait obtenir un brevet Open Water Diver PADI pour pouvoir se balader en plongeur dans le monde. N'ayant pas plongé depuis un bon moment (et sans aucun carnet de plongée), il était très inquiet sur le fait qu'on ne "l'autorise" pas à plonger avec son matériel. Il fut surpris quand je lui dis de ne pas faire de complexe et de plonger avec son materiel (qu'il avait cependant adapté à une stab classique) : il utilisait "2 futs Faber 9l longs avec cerclages (pas de cul en caoutchouc en effet) en bi bouteille totalement séparés en robinetterie". Cette configuration avec des robinetteries totalement séparées est moins courante que le manifold avec isolateur, mais elle est plébiscitée par certains plongeurs pour sa simplicité et sa redondance maximale, puisque chaque bouteille est indépendante. Son matériel, bien que non standard pour le monde récréatif, était le fruit de décennies d'expérience et d'adaptation à un usage exigeant.

L'Importance de la Formation et de l'Expérience

Les rencontres avec des profils non-conventionnels, comme ce plongeur spéléo, sont extrêmement enrichissantes. Comme l'a souligné ebourzeix : "C'est vraiment une belle rencontre Cotoyer des plongeurs spéléo m'a redonné pendant longtemps l'envie de progresser dans ma technique et de faire évoluer mon matériel." Ces échanges permettent d'apprendre des expériences concrètes et des solutions innovantes. Cependant, il est aussi important de ne pas basculer en mode "je détiens la vérité, toi pas". L'élitisme sectaire de certains courants de la plongée tek est regrettable. La plongée est un domaine où l'humilité et l'ouverture d'esprit sont essentielles, et où les expériences diverses contribuent à une meilleure compréhension des défis et des solutions. Il est toujours très sain de rencontrer, en plongée comme dans le boulot, des personnes aux profils non-conventionnels. La recherche de l'optimisation doit rester pragmatique et dictée par la sécurité, sans tomber dans le dogmatisme.

Sécurité et Manutention des Gaz et du Matériel

La sécurité est la priorité absolue en plongée, et plus encore en plongée technique où les contraintes sont plus importantes. La manipulation des gaz, l'entretien du matériel et les procédures d'urgence doivent être maîtrisés.

Prévention de la Corrosion et Contamination

La prévention de la corrosion est un aspect essentiel de l'entretien des bouteilles. La décision d'enlever le cul en plastoc des bouteilles est une mesure visant à éviter que l'eau stagne et corrode le bloc sous le plastique. Cette eau stagnante, en particulier si elle est salée, peut accélérer la rouille et affaiblir la paroi de la bouteille. Pour la même raison, il est déconseillé d'avoir des protections en plastique sur les manomètres, car l'eau ne ventile pas et corrode pas mal sous le plastique. Une inspection visuelle régulière, notamment lors de la requalification des bouteilles, est cruciale pour détecter toute trace de corrosion.

La contamination est une autre menace majeure, surtout lorsque l'on utilise des mélanges enrichis en oxygène. Tout le matériel qui entre en contact avec l'oxygène, en particulier les bouteilles et la robinetterie, doit impérativement être dégraissé. L'oxygène est un puissant oxydant, et sa présence à haute concentration rend le système vulnérable à la combustion. Pour qu'une combustion se produise, il faut trois composants : un combustible, un oxydant et une source de chaleur. C'est le "triangle de combustion". Si des graisses, des huiles ou d'autres contaminants organiques sont présents, ils peuvent agir comme combustibles. Une compression rapide ou un choc thermique peut fournir la source de chaleur nécessaire à l'inflammation. Il est donc primordial de retirer tout combustible possible du système. Les contaminations peuvent également être introduites par le compresseur si celui-ci n'est pas correctement entretenu et filtré. C'est pourquoi un filtre adéquat en sortie du compresseur est nécessaire pour éviter que des particules fines ou des résidus d'huile ne se déposent dans la robinetterie et la paroi de la bouteille. Il faut être attentif à la recontamination éventuelle des bouteilles après leur nettoyage.

Manipulation des Gaz : Oxygène et Mélanges

Lors de l'utilisation de mélanges gazeux, il est vital de connaître la concentration exacte des gaz. Oublier de noter la concentration d'Oxygène avec un marqueur sur du ruban adhésif ou la date et la pression n'est pas une pratique recommandée et peut mener à des erreurs graves. Il faut toujours mesurer la contenance en oxygène juste avant la plongée. La toxicité de l'oxygène, ou hyperoxie, peut survenir si la concentration partielle d'oxygène est trop élevée à une certaine profondeur, provoquant des convulsions et une perte de conscience, ce qui peut être fatal. L'évanouissement est l'un des symptômes les plus graves de la toxicité à l'oxygène. Les mélanges dans les bouteilles, surtout s'ils ont été préparés par transvasement de gaz (comment réaliser les mélanges est une procédure complexe), doivent être vérifiés méticuleusement. Le comportement non parfait des gaz et les interactions entre les différents gaz dans un mélange, ainsi que les effets de la pression et de la température, doivent être pris en compte.

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