L'Aquagym : Des Origines Modernes aux Racines Millénaires de l'Exercice Aquatique

L'aquagym, également connue sous le nom de gymnastique aquatique, est aujourd'hui une activité physique répandue et appréciée pour ses multiples bienfaits. Si le terme "aquagym" est entré dans le langage courant, le concept a connu une évolution significative, notamment avec l'émergence du terme plus moderne d'« aquafitness ». Cet anglicisme apporte de la cohérence avec le mouvement du fitness en salle et contribue à intégrer pleinement cette pratique dans le contexte actuel du monde de la forme et du bien-être. La question de savoir quelle activité est précisément pratiquée dans ces cours d’aquagym pouvait autrefois prêter à confusion, car aucune classification officielle n’existait avant certains ouvrages de référence, mais l'aquafitness englobe désormais une gamme variée de pratiques dans l'eau. Pour comprendre pleinement l'aquagym, il est essentiel d'explorer non seulement ses incarnations contemporaines et leurs avantages, mais aussi les jalons de son histoire récente et ses liens profonds avec l'interaction millénaire de l'homme avec le milieu aquatique.

L'Aquafitness Contemporain : Une Panoplie de Bienfaits et de Pratiques Innovantes

L'intérêt d'une pratique sportive dans le milieu aquatique est multiple, et c'est ce qui confère à l'aquafitness sa popularité grandissante. Les propriétés physiques de l'eau transforment radicalement l'expérience de l'exercice. En effet, du fait des actions de l'eau sur le corps, les mouvements subissent des résistances dans les trois dimensions, ce qui sollicite davantage les muscles sans que la personne ne ressente une difficulté excessive. Cette résistance supérieure à celle de l'air demande aux muscles de travailler plus intensément, mais la différence ne se ressent pas toujours, conduisant à des résultats visibles plus rapidement.

Un avantage majeur réside dans l'atténuation significative des impacts des chocs ostéo-articulaires. La pression de l'eau, un élément clé dans cet amortissement, évite les chocs, minimise les risques de courbatures, de claquages ou d'élongations musculaires, contrairement à la majorité des sports terrestres où ces risques sont plus présents. De plus, le corps ressent une exceptionnelle liberté grâce à la poussée d’Archimède, qui procure une sensation de légèreté et favorise la flottaison. Ainsi, une personne de 660 kg immergée dans l’eau jusqu’au cou semble n’en peser plus que 6 approximativement, soit seulement un dixième de son poids. D'autres estimations indiquent qu'une fois immergé dans l'eau, le corps ne pèse plus que le tiers, voire le sixième de son poids terrestre, selon la profondeur d'immersion et la densité corporelle de l'individu. Ce principe fondamental rend tous les mouvements plus faciles à réaliser, même pour ceux qui souffrent de problèmes articulaires ou de mobilité réduite.

Ces conditions font de l'aquafitness un environnement propice à de nombreuses activités que toutes les tranches d’âge, ainsi que les personnes fragiles ou en surpoids, peuvent pratiquer dans un cadre sécurisé et confortable. L'aquagym permet de remodeler la silhouette de manière efficace. La variété des mouvements réalisés dans l'eau fait travailler l'ensemble de la musculature, ciblant des zones spécifiques. La taille est affinée, la poitrine tonifiée, les fesses raffermies, et le dos renforcé, tandis que les abdominaux sont sollicités et les bras et épaules galbés. Côté dépenses énergétiques, l’aquagym marque également un bon point : 30 minutes d’aquagym permettent de brûler environ 600 calories, ce qui équivaut à une heure et demie de gym au sol, une performance rendue possible par la résistance bienfaitrice de l'eau.

Enfin, toujours grâce à ce phénomène de résistance de l'eau, chaque mouvement accompli génère des pressions et des courants qui, à leur tour, entraînent un effet massant sur les muscles et les surfaces du corps. Ce massage drainant est efficace pour stimuler la circulation sanguine, lutter contre la rétention d’eau et chasser la cellulite. De nombreuses activités proposées en aquafitness sont des adaptations au milieu aquatique d’exercices déjà pratiqués dans les salles de fitness ou de musculation. On trouve par exemple l'aérobic aquatique sur des thèmes spécifiques tels que l’aqua-latino ou l’aquaboxing. Par ailleurs, de nombreux concepts sont déposés par des groupes de gestionnaires privés d’établissements aquatiques. Ces concepts de cours, également déposés, sont destinés à être exploités par les établissements qui en acquièrent les droits, comprenant des contenus comme des enchaînements ou des chorégraphies, accompagnés de compilations musicales et de recommandations pédagogiques.

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L'Aquabiking : Une Révolution d'Intensité dans l'Eau

Pour ceux qui trouvent que l’aquagym est une activité agréable mais pas assez intense, pas tout à fait à la hauteur de leurs capacités physiques, l’aquabiking offre une alternative dynamique, combinant la convivialité et le bien-être des activités aquatiques avec une sportivité accrue. Ce sport aquatique intense a une histoire fascinante et relativement récente.

L’aquabiking, bien que son nom soit un terme anglais, a été créé en Italie par des kinésithérapeutes dans les années 90. Le paradoxe linguistique est intéressant ; dans le respect de son lieu de création, on devrait logiquement utiliser le terme "Acquabicicletta", bien que celui-ci soit un peu plus complexe à prononcer que l'aquabiking. Cette activité a été pensée au départ pour aider les patients kinésithérapeutiques à diminuer leurs contraintes articulaires et à se remuscler. Popularisé et étendu en France depuis 2008, l'aquabiking ne date pas d'aujourd'hui, mais il y a plus de 25 ans. Malgré son ancienneté relative, il ne s'est toujours pas démodé ; au contraire, il est plus que jamais dans l'air du temps.

L'aquabiking consiste à pédaler sur une bicyclette aquatique, nommée aquabike, immergée dans une piscine d’eau douce ou de mer. C'est un sport complet, approprié à tous. Que l'on soit un homme, une femme, un adolescent, un ou une retraité, une femme enceinte, un sportif débutant ou confirmé, un fan de fitness ou non, une personne désirant perdre quelques kilos à l’approche de l’été, ou souhaitant sculpter son corps, l'aquabiking s'adresse à un public très large. L'aquabike est un matériel exceptionnel créé et pensé pour muscler et remuscler le corps, faisant de l'aquabiking un très bon programme de musculation aquatique. Cette pratique renforce un grand nombre de muscles du corps humain. Les premiers touchés sont les cuisses, les abdominaux, les fesses, les mollets et les quadriceps. Pour faire travailler les muscles au-dessus des abdominaux, il est conseillé de bien bouger les bras pendant la séance, souvent au rythme de la musique. Pour les aquabikeurs les plus motivés, certains aquabikes, comme ceux d'AquaSport Concept, sont équipés d’un système unique et innovant permettant d’augmenter la résistance à l’effort simplement et rapidement en augmentant la largeur des pédales.

De l'Émergence du Fitness à l'Institutionnalisation de la Gymnastique Aquatique Moderne

La genèse de l'aquagym et de l'aquafitness modernes est étroitement liée à l'histoire plus large du fitness. Le terme "fitness" est une abréviation de l’expression anglaise "physical fitness", désignant l’ensemble des activités de mise en forme et de bien-être, incluant la musculation, le cardio training et le stretching. Ses origines remontent à l'aérobic, un concept popularisé en 1968 par Kenneth H. Cooper, médecin lieutenant-colonel dans l’armée de terre des États-Unis. Il proposa une activité visant à améliorer la condition physique grâce à des exercices sollicitant le système cardiovasculaire, et publia un ouvrage intitulé "Aerobic" qui marqua l’histoire du fitness.

Dans les années 1980, le fitness arrive en Europe. En France, l’émission télévisée "Gym Tonic", avec ses célèbres animatrices Véronique et Davina, a largement contribué à populariser l’aérobic et, par extension, le concept de maintien en forme. C’est aussi durant cette période que les premières initiatives de gymnastique aquatique voient le jour, souvent sous l'impulsion de maîtres-nageurs pionniers qui expérimentent des concepts alors assez basiques, lesquels n’auront de cesse d’évoluer par la suite. Parallèlement, en 1986, Gin Miller crée une composante majeure du fitness terrestre : le step. Sa version aquatique, l’aquastep, peinera cependant à se développer pour quasiment disparaître aujourd’hui.

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Un événement clé dans la naissance de l'aquagym moderne est souvent attribué au Club Méditerranée. C'est à Ipsos, Corfou, en juillet 1977, que tout débute. Sous la houlette de Jean Pierre Batard, chef de village, et son équipe, dont Jean Bourgeois-Desboutin (aide Chef de Village), Robert Hérin (Chef des Sports) et Marie Christine Bourgeois Flad (gestionnaire), Alain Revaillot, alors GO sport terrestre pour sa première saison, a une idée novatrice. Confronté à un village bondé et des files d'attente pour toutes les activités, il observe sa séance de gymnastique sur le terrain de rugby au soleil. L'idée lui traverse l'esprit : et si l'on faisait la même chose dans l'eau ? Il propose l'idée à Robert Hérin qui donne son accord, à condition d'obtenir l'aval de la gestion et la surveillance du maître-nageur Philippe Lainé. C'est ainsi que l'idée est vendue aux clients du Club Med sur la plage, marquant ce qui est souvent considéré comme la naissance de l'aquagym telle que nous la connaissons.

À partir de 1985, aux États-Unis, l’aquatic fitness s’institutionnalise avec la création de l’Aquatic Exercise Association, et se professionnalise. Des mouvements similaires s’initient progressivement dans la plupart des pays industrialisés, notamment en France, où la gymnastique aquatique est devenue "aquagym" dans le langage courant après la parution du livre éponyme écrit par Christiane Gourlaouen et Jean-Louis Rouxel en octobre 1993, suivi d'un tome 2 en octobre 1998. Les années 2000 ont été marquées par la venue d’une clientèle plus large, grâce notamment à une facilité d’accès à de nombreux créneaux et la création d’activités innovantes. Si le public a longtemps été composé en majorité de femmes d’un certain âge ou de personnes recherchant une activité douce adaptée à des problèmes de santé, l’aquafitness moderne peut aujourd'hui répondre aux besoins de publics plus exigeants en termes d’intensité et de technicité, grâce à l’arrivée de nombreuses activités très intenses ces dernières années.

Encadrement et Pédagogie dans l'Aquagym

L'enseignement de l'aquagym est une pratique qui requiert des compétences spécifiques. En France, il est important de noter qu'aucun autre brevet que ceux reconnus pour l'enseignement sportif ne permet de donner des cours d'aquagym. En aucun cas, l'aquagym ne peut être enseignée par des titulaires du BNSSA (Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique), dont le rôle est principalement la surveillance. Chaque enseignant possède sa propre façon de mener à bien cette activité, avec ou sans musique, apportant sa personnalité au cours pour le rendre vivant et captivant.

Le travail dans l'eau permet à l'enseignant d'être au contact des usagers, de les aider dans les exercices, ce qui est particulièrement bénéfique pour les personnes ayant moins d'aisance dans le milieu aquatique. Une communication claire et positive est essentielle dès le début du cours, ainsi qu'une interaction proactive avec tout le groupe, y compris avec les clients connus. L'objectif est de créer une ambiance agréable où chacun peut passer un bon moment tout en bénéficiant d'un travail varié et accessible. L'aquagym moderne, parfois appelée "aquafitness", regroupe tous types de cours de remise en forme dans l'eau, à l'image de ce que l'on trouve dans un studio d'aérobic. Aujourd'hui, la majorité des piscines municipales proposent des cours d'aquagym, témoignant de sa large acceptation et de son accessibilité.

Des Eaux Ancestrales aux Pistes de Compétition : La Longue Histoire de l'Homme et de l'Eau

Pour situer pleinement l'aquagym dans une perspective historique, il est pertinent de retracer les relations millénaires de l'humanité avec l'eau et les pratiques physiques qui y sont associées, bien avant l'émergence des concepts modernes de fitness. La natation, dans ses formes les plus rudimentaires, est probablement aussi ancienne que l'humanité elle-même.

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L'Antiquité et les Premières Traces

Il est fort possible que les êtres humains aient su nager dès la Préhistoire. Bien sûr, les nages n’étaient pas codifiées comme elles le sont aujourd’hui. Cependant, des chercheurs comme Granat et Heim dressent un portrait réaliste de ce que devait être le sport aux temps préhistoriques. Ils décrivent comment "toute l’évolution du genre Homo s’est faite en milieu plus ou moins découvert, à la lisière des forêts et proche des points d’eau. Pour survivre, ces hommes devaient être avant tout bons marcheurs, bons coureurs, bons grimpeurs, peut-être nageurs, être capables de ramper et de transporter de lourds fardeaux. Ils devaient réfléchir pour trouver des parades à tous ces pièges et en premier entretenir leur corps à faire des exercices physiques." Bien que la capacité de l'homme préhistorique à nager comme nous l'entendons aujourd'hui reste une hypothèse non résolue, la fin de cette période, marquée par l'invention de l'écriture, fait surgir des preuves de l'existence d'un art de nager à cette époque. En Égypte, à Wadi Sura, une grotte contient des peintures rupestres qui attestent que la natation était pratiquée il y a quelque 6000 ans.

Les Égyptiens, les Romains, les Assyriens et les Grecs, d'après les premiers documents découverts à ce sujet, développèrent la natation vers 2500 avant Jésus-Christ. À cette époque déjà, l'historien grec Pausanias commentait un concours de natation. Bien que les courses de natation ne figuraient pas au programme des jeux olympiques de l'Antiquité, la natation n'était pas ignorée en Grèce ; l'Odyssée d'Homère fait référence au rapport de l'homme à la mer, les nombreuses tempêtes emmenant les hommes à l'eau. À Rome, des compétitions de natation étaient organisées au Colisée et de nombreuses mosaïques représentent des Romains plongeant et nageant la brasse. Suétone nous raconte qu'Agrippine, la mère de Néron, se sauva d'un naufrage en parcourant de nombreux kilomètres à la nage. C'est à cette époque que les premiers thermes publics, pensés pour accueillir un large public, apparaissent au Ier siècle avant J.-C. Peu à peu, les thermes se répandent dans toutes les provinces de l’Empire, la pratique thermale devenant caractéristique de la culture romaine. Même les villes romaines les plus modestes s'équipent en établissements thermaux, comme la colonie de vétérans de Timgad, qui ne comptait que 5 à 6 000 habitants mais possédait huit établissements balnéaires. Les Romains se rendaient aux bains ou aux thermes pour soigner leur hygiène corporelle grâce à des soins complets du corps. La natation était également un signe de savoir et faisait partie de l'éducation du bon gentilhomme, enseignée aux citoyens dès leur enfance. N'est-ce pas qu'à Rome antique on disait d'un homme manquant de culture qu'il "ne savait ni lire ni nager" ?

Moyen Âge et Renaissance : Entre Détente et Érudition

Au Moyen Âge, la natation était plutôt considérée comme une détente que comme un sport. Différentes classes de la population avaient un lien avec l’art de nager. Les paysans, par exemple, après une dure journée de labeur, se rendaient à la rivière pour se délasser. L'apprentissage de la natation faisait aussi partie de la formation du chevalier, en même temps qu'il apprenait le maniement des armes, l'équitation et le tir à l'arc. Les joutes nautiques figuraient régulièrement sur le calendrier au printemps et à l'été. D’ailleurs, Charlemagne disposait d’une sorte de piscine à Aix-La-Chapelle où il venait nager pour se détendre.

C'est naturellement pendant la période de la Renaissance qu’apparaissent les premiers ouvrages consacrés entièrement à la natation. Nicolaus Wynmann, par exemple, explique en 1538 comment imiter les mouvements des animaux aquatiques et conjurer la peur des eaux profondes. Le fameux livre "Gargantua" de Rabelais offre aussi une place à la natation dans l’éducation de son héros, qui "nageait en profonde eau, à l’endroit, à l’envers, de cote, de tout le corps, des seuls Pieds, une main en l’air, en laquelle tenant un livre, transpassoit toute la rivière de Seine sans icelui mouiller, & tirant par les dents son manteau, comme faisait Jules César." Encore un livre qui associe l’apprentissage de la natation à la bonne éducation, c’est-à-dire à l’éducation des gentilshommes. "Le Livre du Courtisan" de Castiglione présente l’art de nager comme une activité de plaisir, réservée aux gens du monde.

Certes, la discipline connut des périodes moins fastes. À l'époque de Louis XIV, par exemple, on se mouillait rarement ; ses biographes racontent que le Roi-Soleil avait une telle horreur de l’eau qu’il ne se lavait jamais plus loin que le bout de son nez. Mais sous le règne de Louis XV, le style changea.

L'Organisation et la Militaire : Vers une Formalisation des Pratiques

Le Japon fut le premier pays à réaliser une organisation nationale de la natation sportive. Un édit impérial, datant de l'an 1603, fit de la natation une partie intégrante du programme scolaire et ordonna que sa pratique soit encouragée par la création de matchs inter-écoles. Les fonctions allouées à la natation de l’époque étaient diverses mais toutes utilitaires : militaire, hygiénique et thérapeutique, éducative aussi, mais du point de vue du corps. La nage chien, la nage grenouille, la nage sous l’eau ou en plongée, la planche et la nage sur le dos sont des techniques décrites par Le Vicomte de Courtivron, et qui, toutes, participent à la formation du soldat. L’apprentissage de la natation militaire était alors cadré et se faisait en trois étapes : premièrement par des "mouvements élémentaires", c’est-à-dire des mouvements de gymnastique, puis par de la "natation en l’air" grâce à de nouveaux appareils. La natation scolaire prendra plus tard pour modèle ces pratiques militaires, reproduisant les mêmes méthodes d'enseignement. Au XIXème siècle, c’est l’apprentissage de la brasse à quatre temps qui prévaut, dans un but plus disciplinaire que d'apprentissage pur. La mise à l'eau des enfants, quand elle avait lieu, était surtout à but hygiéniste, pour les ablutions et le toilettage. Les bains se déroulaient en général dans des retenues d’eau de mer sur les plages (bains de mer) ou dans des espaces structurés sur les fleuves près des grandes villes.

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