Le vol au-dessus de l'eau a révolutionné le monde de la glisse, offrant une sensation unique de liberté et de légèreté. Que ce soit en windsurf foil, en wing foil ou en surf foil, le choix du matériel est le pilier d'une progression réussie. Ce guide complet décrypte les paramètres essentiels pour s'y retrouver parmi les différents modèles et faire le bon choix.
Prérequis et philosophie de l'initiation au windfoil
Avant toute chose et on ne le répétera jamais assez, il est important d’avoir déjà un bon niveau en Windsurf avant de se lancer dans les windsurf foil. En préambule à l'initiation au windfoil, je dirais qu'avoir un niveau correct en windsurf est quasi obligatoire (bien maitriser son gréement, savoir planer les 2 pieds dans les straps, gyber, gérer dans un vent de 30/35knts, idéalement water-start). De plus, le windsurf est complementaire au windfoil car le windfoil se pratique jusqu'à 30/35 knts de vent max, aprés devient trop risqué pour le bonhomme et le matériel car les chutes deviennent inévitables, là ou en windsurf en peut rester serein jusqu'à 40/45 knts si matériel adapté.
La pratique du foil reste une pratique à risque et il faut s’équiper en conséquence. Nous vous recommandons vivement de prendre un casque et un gilet d’impact pour parer aux chutes inévitables du début.
Le choix stratégique de la planche de windfoil
Pour la planche, prenez impérativement un flotteur dédié foil car les efforts sont colossaux sur le foil box que l'on soit lourd ou même intermédiaire. Si possible achetez d'occase, n'allez pas massacrer une board neuve inutilement car il y aura des crashs au début. Plus c'est large, plus c'est facile, idéalement 85 à 91 de large. Il faut privilégier des inserts de straps arrière multi positions avec des choix de positions assez rentrées, c'est-à-dire plus centrées qu'en aileron sur le pont. Les positions de straps arrière exentrées ne favorisent pas le largue qui peut devenir périlleux dans le vent fort.
Évitez les technologies carbone pour la planche. Vous allez tomber, et si vous devez mettre le paquet quelque part, c'est sur la qualité du foil. Un exemple de choix peu judicieux serait une board carbone avec un foil alu ; préférez largement un foil carbone haut module avec une planche de technologie basique, car une fois en l'air, le poids de la board se fait oublier.
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N'oubliez pas d'installer une protection de nez en mousse ou en sandwich moulé pour parer les coups de mât. Évitez les bent curve et autres mast déviator qui risquent d'arracher le rail de pied de mât car les chutes peuvent être plus mauvaises qu'en aileron. Un dernier conseil et pas des moindres, surtout ne serrez pas trop la sangle de strap arrière car, en cas de chute, le pied arrière peut rester coincé et vous risquez de vous faire très mal, avec une élongation ou pire. La Starboard Freeride Starlite 150 est un excellent exemple de planche répondant parfaitement à tous ces critères, mais il en existe beaucoup d'autres sur le marché. Pas de mystère, prenez une planche avec du volume et spécifique à la discipline.
L'importance de la rigidité et des dimensions du foil
S'il y a bien un équipement sur lequel vous devez dépenser des sesterces, c'est sur le foil lui-même. C'est encore plus vrai pour un gabarit lourd. En gros, la facilité en foil c'est la stabilité. Plus votre foil, et notamment le mât, sera rigide, plus il sera facile car stable en navigation. Un foil alu pour un pratiquant de plus de 95 kg, qui va beaucoup déformer le mât, est à proscrire. On trouve de très bons foils d'occasion bradés si vous ne souhaitez pas du neuf, comme le Starboard IQ Foil, Lokefoil Race, les vrais F4 (pas le Pryde), l'AFS T-bar non démontable, le Phantom Iris R, ou encore les modèles Taaroa et Patrik en haut module. Prenez bien soin de prendre un mât spécifique au Windfoil.
Concernant la longueur du mât, plus c'est long, plus c'est bon. Au début, certains constructeurs proposaient des mâts de 75 cm. C'est en fait beaucoup trop court car en cas d'erreur, votre aile sort très vite de l'eau, souvent suivi d'un crash. Le 85 cm reste également un peu court. Une longueur de 95 cm commence à être bien et offre suffisamment de marge de hauteur en cas de montée soudaine, comme lors d'une dévente ou d'une perte d'appui sur le pied de mât, pour avoir le temps de corriger sans sortir de l'eau. Un mât de 100, 105 ou 110 cm est encore plus confortable de ce côté-là. Cependant, n'oubliez pas que plus le mât sera long, plus le carbone devra être rigide. Les bonnes qualités de carbone se classent dans l'ordre croissant de rigidité : T600, T700, T800 et M40J. Les constructeurs étant assez discrets sur les carbones employés, fiez-vous plutôt aux supers conseils sur les rigidités des mâts avec le site "windfoilfan" de Glissattitude Marseille qui teste les rigidités des mâts en torsion et flexion.
Plus le mât sera long, plus vous passerez facilement la houle creusée. En revanche, les mises à l'eau et sorties d'eau seront délicates à cause de l'encombrement sous la planche. En Atlantique avec les marées, l'utilisation de cales de mise à l'eau facilite l'entrée et la sortie, la pente étant constante et la distance ne variant pas quel que soit l'horaire.
Choix du gréement et des voiles selon le vent
Pour débuter sereinement, évitez les 30 nœuds et plus en foil, ce qui s'avère très périlleux. Pour un gabarit de 115 kg, il convient de débuter dans 12 à 18 nœuds de vent avec une voile de 7.8 m², et dans 8 à 14 nœuds avec une voile de 9 m². Évitez de monter au-dessus de 9 m², car on se retrouve très vite à la rue dans les rafales un peu plus fortes.
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À partir de 7 m², une voile dédiée foil présente un intérêt réel. Elle est très vivement recommandée à partir de 7.8 ou 8 m² pour des questions de centre de poussée de la voile. Le creux d'une voile de foil est très bloqué sur l'avant, ce qui évite de trop solliciter le pied arrière dans les risées, une situation qui peut s'avérer dangereuse. Pour les petites tailles de voiles, de 6.5 m² et moins, une voile de windsurf classique fait parfaitement l'affaire. Concernant les cambers, sachant que vous débuterez dans du vent léger, privilégiez les voiles à cambers. Elles sont plus faciles à contrôler que les voiles sans cambers dès que vous dépassez les 6 m², car les voiles sans cambers ont tendance à guidonner, ce qui constitue une source d'instabilité supplémentaire indésirable.
Les premiers réglages et la gestion du Rake
Pour vos premières navigations, oubliez les vents de 20 nœuds et plus sous peine de vous dégoûter. Débutez par vent léger, entre 8 et 18 nœuds, avec un vent side-shore. Un vent on-shore vous rabattra sur le bord pendant que vous relèverez au tire-veille, avec le risque d'abîmer les ailes du foil en touchant le fond. Le meilleur conseil est d'aller discuter avec les foileux de votre spot. Demandez à un pratiquant expérimenté de même gabarit d'essayer votre foil pour vérifier s'il est bien réglé. Un stabilisateur mal réglé peut vous faire perdre beaucoup de temps au début et vous écœurer.
Le stabilisateur (stab) contrôle la stabilité et la maniabilité du foil. Il doit être neutre. S'il est trop cabreur (bord de fuite du stab relevé), vous subirez une portance énorme dès que vous accélérerez, ce qui vous éjectera même en mettant tout votre poids sur l'avant. S'il est trop piqueur (bord de fuite vers le bas), vous serez constamment en appui pied arrière, et dans les molles, vous perdrez votre marge d'appui, ce qui plaquera la planche sur l'eau. Un foil réglé neutre ou très légèrement pied arrière offre une meilleure conservation du planing et reste peu sensible au clapot.
Il existe deux philosophies de réglage. Un foil typé pied arrière avec un stabilisateur neutre (cale zéro ou négative) vous mettra moins en difficulté car il aura moins tendance à vous éjecter, mais il aura tendance à marsouiner (faire le yoyo). À l'inverse, un foil stable longitudinalement sera réglé cabreur avec des cales positives sous le stab, mais il faudra compenser cela par un fort appui sur le pied avant en se déhanchant et en chargeant les bouts de harnais. Notez qu'il est quasiment impossible de passer un air gybe avec un foil piqueur.
Concernant l'aile avant, plus elle sera grande et épaisse, plus elle vous portera et plus vous serez stable. La longueur de l'aile ne doit idéalement pas dépasser la largeur au maître-bau de votre planche de plus de 5 cm. Une aile d'un mètre de large sur une planche de 80 cm sera très inconfortable en raison d'un appui talon trop prononcé. Visez une envergure d'aile inférieure de 5 à 10 cm par rapport à la largeur de la planche.
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Le Rake correspond à l'angle donné entre une ligne imaginaire perpendiculaire au pont au niveau de l'avant du foil box et la ligne de l'arête du bord d'attaque du mât de foil. Cet angle doit être compris entre 1° et 3°. Il détermine l'inclinaison en l'air de votre planche. Un angle de rake positif proche de 3° permet, en cas de décrochage ou de sortie d'eau, de rattraper la redescente sans enfourner et d'éviter la catapulte. Cependant, trop de rake positif augmente la traînée en pré-planning car l'avion sous l'eau tire de l'eau en étant incliné vers le bas. Commencez proche de 3° par sécurité, puis revenez vers 0° lorsque vous maîtrisez vos vols.
Techniques de pilotage pour les premières sessions
Au début, habituez-vous à faire des ronds dans l'eau sans décoller pour appréhender ce grand plan anti-dérive qui modifie vos repères. Entraînez-vous à empanner et à naviguer à plat. Prenez le planning sans accélérer excessivement et tentez des décollages sur quelques centimètres de hauteur en donnant un léger appui arrière. Ne cherchez pas la hauteur immédiatement, mais apprenez à allonger vos vols au ras de l'eau en jouant sur les appuis : pied avant et léger choqué si vous montez trop, pied arrière et bordé si vous touchez l'eau. En foil, on vole à plat ou à la contre-gîte. La gîte sous le vent vous enverra systématiquement à la chute.
La rigidité des jambes et notamment des chevilles est cruciale. Des chevilles non verrouillées rendront le foil très instable. Montez votre wishbone plus haut qu'en windsurf classique, au niveau des épaules ou du menton, afin de favoriser un appui constant dans le harnais. Reculez vos bouts de harnais de 2 à 3 cm par rapport à un gréement d'aileron et rapprochez leurs points d'attache sur le wishbone (15 cm maximum) pour faciliter le pivot et l'ouverture de la voile en vol.
En cas de surcroît de vitesse et de portance dans une rafale, asseyez-vous avec un maximum d'appui dans le harnais pour charger le pied de mât. Veillez à ce que votre bassin soit légèrement excentré au vent au-dessus de l'eau, et non directement au-dessus du rail, pour éviter une gîte irrécupérable. Poussez sur vos pieds pour vous écarter du rail.
Pour le largue, sortir le pied arrière du strap pour le replacer près de l'axe médian de la planche facilite l'abattée et augmente le sentiment de sécurité, bien que cela réduise la vitesse maximale. Pour le petit ou moyen largue, conserver le pied arrière strapé reste préférable pour maintenir une bonne vitesse.
L'univers du Wing Foil : volume, shapes et constructions
Le Wing Foil est une discipline jeune, dynamique et incroyablement amusante, qui combine la sensation de liberté du windsurf ou du kitesurf avec la légèreté du foil. Mais pour vraiment ressentir la sensation de “voler sur l'eau”, il faut une planche adaptée: stable, équilibrée et cohérente avec votre niveau d'expérience. La planche est ton point d'appui en wingfoil. C'est elle qui te porte au waterstart, te stabilise pendant le décollage et influence tes sensations une fois en vol.
Le premier paramètre à prendre en compte, et probablement le plus important, est le volume de la planche de Wing Foil, exprimé en litres. Le volume représente en effet la capacité de la planche à flotter et à supporter le poids du rider et de son équipement. Pour calculer le volume idéal en wing foil, on applique des règles simples selon le niveau :
- Débutants : poids du rider + 15 à 25 litres (ou +30/40 litres pour un maximum de confort). Viser 110 L minimum pour un gabarit de plus de 80 kg.
- Intermédiaires : poids du rider + 5 à 15 litres.
- Avancés : volume proche du poids, voire 10 à 20 litres en dessous.
Le shape influence grandement le comportement dans l'eau. Les planches compactes (courtes et nerveuses) conviennent aux riders confirmés recherchant de la réactivité pour le freestyle. Les shapes freeride ou polyvalents offrent un volume centré et un pont plat, constituant le meilleur compromis pour débuter. Les planches midlength, comme la North Midi Midlength Foil Board, offrent un compromis parfait entre stabilité et maniabilité grâce à une longueur moyenne et une largeur généreuse. Enfin, les planches downwind, comme la Naish Hover Downwind Crossover, dépassent les 2 mètres et sont conçues pour glisser avec un minimum de résistance, facilitant le décollage par vent très faible.
Concernant la construction des planches de wing foil :
- Epoxy / Bamboo : Excellent rapport qualité/prix, solide et facilement réparable, idéal pour débuter.
- Full Carbone : Apporte plus de légèreté, de rigidité et une meilleure réactivité au pumping.
- SLS / D-Lab / PVC Sandwich : Le nec plus ultra pour la compétition, offrant un poids minimal et une rigidité extrême.
- Gonflable : Idéale pour le transport et les voyages. Des modèles comme la RRD Air Beluga intègrent une plaque en carbone sous la carène pour garantir une excellente rigidité tout en restant pratiques et résistants aux chocs.