Le nom de Brice, surfeur raté mais légende assurée, évoque instantanément l'humour, des répliques cultes et des paysages ensoleillés. Deux décennies après son apparition, le phénomène "Brice de Nice" reste une déclaration d’amour fluo à la région, ayant réussi l’exploit de graver dans la mémoire collective des lieux emblématiques de notre littoral. C'est un voyage inattendu à travers le paysage azuréen que propose cette comédie devenue culte, tissant des liens profonds entre un personnage décalé et les splendeurs de la Méditerranée, tout en explorant les coulisses d’un film qui a beaucoup plus à dire sur la région qu’on ne le croit.
La Naissance d'une Icône : Brice, de l'Esquisse au Grand Écran
Le personnage de Brice de Nice a été inventé par Jean Dujardin en solo et en tant que membre de la troupe de comiques les Nous Ç Nous dans les années 1990. Apparu pour la première fois aux yeux du grand public dans un sketch télévisé, lors de l'émission "Graines de star" sur M6 en 1995, le personnage de Brice a spontanément plu par son originalité et son attitude singulière. Au fil des sketches des Nous Ç Nous, il a eu le temps de mûrir, s'affranchissant progressivement de ses créateurs initiaux. Avant même l'adaptation cinématographique, de nombreux sites avaient éclos, consacrés à ce "surfeur-frimeur-qui-ne-sait-pas-nager", avec des "fan art", des courts-métrages amateurs et, bien sûr, la diffusion des vidéos d'origine qui ne passaient plus à la télévision depuis longtemps, témoignant de l'engouement du public.
L'inspiration pour Brice Agostini, le nom complet du personnage, a des racines inattendues. Jean Dujardin a raconté que c’est en terminale qu’il a rencontré un dénommé Brice qui passait son temps à « casser » ses copains de classe, persuadé qu’il était d’être intelligent et spirituel. Cette ébauche de personnalité a été complétée par un look improbable, devenu indissociable du personnage. Jean Dujardin a également confié : « Au niveau de son “staïle”, la perruque blonde s’est imposée tout de suite. Pareil pour l’espèce de fausse dent autour du cou et le teeshirt bien jaune et bien moulant que j’ai acheté dans un magasin de fringues pour filles. » Cet accoutrement distinctif, combiné à une attitude unique, a contribué à forger l'identité visuelle de Brice. Il est difficile de croire que derrière ce surfeur désinvolte se cache un travail méticuleux : incarner Brice a demandé à Jean Dujardin cinq mois de préparation physique avec un coach, à raison de six heures par semaine ! Au programme, de l’assèchement, de la musculation avec des poids, une surveillance optimale de l’alimentation et une prise de protéines. Car, comme le dirait Brice, « Casser » demande beaucoup de travail.
Grâce au succès des sketches de Brice à la télé, concoctés avec son ami Bruno Salomone, Jean Dujardin a connu une ascension fulgurante, étant choisi pour incarner, aux côtés d’Alexandra Lamy, le Loulou de Chouchou et Loulou dans "Un gars, une fille". Après quatre années passées dans la fameuse série, le comédien s’était persuadé que le public avait oublié son « surfeur casseur ». Pourtant, les fans continuaient de l’appeler « Brice » lorsqu’ils le croisaient dans la rue, signe indéniable de l'impact durable du personnage. Une bonne raison de faire renaître l’univers de ce personnage décalé. C’est dans les années 2010, alors que le public s’entichait des trentenaires torturés par des problèmes existentiels, que Dujardin a décidé de prendre le contrepied de ces rôles « prise de tête ». Il a enfilé de nouveau le t-shirt jaune et les tongs de son personnage fétiche, puisant dans plusieurs de ses anciens sketches et construisant une histoire avec l’aide de son amie scénariste Karine Angeli, qui officiait pour "Un gars, une fille". C’est ainsi qu’est né le film, ancrant définitivement Brice dans le panthéon des figures cultes du cinéma français.
Le Scénario Mythique : L'Attente de la Vague Parfaite à Nice
À Nice, Brice Agostini (interprété par Jean Dujardin) mène une belle vie. Il est fan du film "Point Break", en particulier de son personnage principal Bodhi, joué par Patrick Swayze. Brice attend, comme son idole Bodhi, la vague parfaite. Mais à Nice, il n’y a pas de vague. Ce détail, loin d'être un obstacle, devient l'essence même de son personnage et de son humour. Aucune vague à Nice ne permet de surfer, ce qui force Brice à trouver d'autres exutoires. Son passe-temps est d'organiser des soirées festives assez « sélect », appelées « Yellow », où il participe à des joutes verbales dont le perdant (toujours son adversaire qu'il "casse") bascule dans la piscine. Sa vie se déroule dans l'insouciance, faite de "yellow parties" autour de sa piscine, qui consistent à « se casser » en duel.
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Mais l'existence dorée de Brice bascule du jour au lendemain. Jusqu'au jour où son père, qui blanchit de l'argent pour la mafia sicilienne, est arrêté. Ses biens sont saisis par la police et la domestique de maison est contrainte de démissionner. Brice, qui n'a jamais travaillé, se retrouve sans un sou, perd brutalement ses amis et découvre la vie sous un angle nouveau et brutal. Il s'essaie à un emploi de serveur dans un restaurant, mais se fait renvoyer au bout d'une journée après avoir inondé la cuisine. Sa "vague parfaite" de l'insouciance s'est brisée.
Pendant sa fuite, il rencontre Marius Lacaille (Clovis Cornillac), un marginal souffrant de difficultés à s'exprimer. Clovis Cornillac, alias Marius Lacaille, un homme dont la particularité est d’avoir les pieds en forme de gros orteil, a rencontré Jean Dujardin pour la première fois en mars 2004 au Printemps du cinéma, dont ils étaient tous deux les parrains. Clovis Cornillac a raconté : « On ne se connaissait pas, mais le courant est tout de suite passé entre nous. On a bu quelques verres ensemble et je lui ai demandé quels étaient ses projets. Il m’a alors parlé de ce pseudo-surfeur de Brice. L’idée m’a fait hurler de rire et je lui ai dit : “Il te manque un personnage ? Ne cherche plus, tu l’as devant toi”. Jean s’est bien sûr montré extrêmement surpris. »
Marius apprend qu'il y a une compétition de surf à Hossegor, avec 100 000 $ de prix, montant suffisant pour se payer une opération des pieds, les siens ressemblant à de gros pouces sans autres orteils. Ses envies de vague étant trop fortes, Brice décide donc, avec Marius, d’aller tenter de gagner cette récompense. Sur place, la concurrence est rude, le monde du surf étant peuplé de personnalités hautes en couleur : il y a Igor d'Hossegor, le maître des lieux, mais aussi Jibé du Tibet, Babacar de Dakar, Loïc du Croisic, Arnaud de Lacanau et Nikos de Mykonos. Brice devient rapidement populaire dans le milieu, la veille de la compétition, et est largement désigné favori. Mais le jour venu, Brice, n'ayant jamais surfé sur de vraies vagues, échoue lamentablement en manquant de se noyer à l'entrée de l'eau sous le regard hilare de tout le public. Brice se rend compte qu'il doit sortir de sa vie de rêve pour vivre dans la réalité. De retour à Nice, Brice travaille au nettoyage de plages. Et sa vague tant attendue déferle sur les côtes de Nice, qu'il réussira à surfer, symbolisant une maturation inattendue. Finalement, Alice, Brice, Marius et Jeanne font le tour du monde ensemble, concluant cette première aventure sur une note d'espoir et d'amitié.
Le film, réalisé par James Huth, s'est avéré un succès retentissant. Lors de sa sortie, la comédie a rassemblé environ 4,5 millions de spectateurs pour un budget de 5 340 000 euros. Les recettes ont rapporté presque six fois plus que ce que le film a coûté : Brice de Nice a récolté plus de 28 millions d’euros avec ses 4,5 millions d’entrées, alors qu’il n’en a coûté "que" 5,33 millions à produire. Jean Dujardin, très admiratif du talent de son réalisateur, a déclaré : « Il aime décaler ce qui est déjà décalé. Il va parfois très loin, mais il se goure rarement. Avec James, on a aussi voulu semer plein de petits gags très furtifs. Comme la scène où un petit vieux se plaint d’avoir mal au dos et Brice arrive pour s’asseoir et lui prend sa chaise : le petit vieux se casse alors la figure. On ne fera qu’entendre sa chute, mais on ne la verra pas. » Cette attention aux détails et à l'humour décalé a largement contribué à faire de "Brice de Nice" un film culte.
Des Plages Niçoises aux Vagues de l'Atlantique : Les Lieux de Tournage d'un Film Culte
"Brice de Nice" a su graver dans la mémoire collective des lieux emblématiques de la région. De la plage de la Réserve au cœur battant du Vieux Nice, en passant par des répliques qui font désormais partie du patrimoine local, le film est un véritable hommage aux paysages azuréens. Saviez-vous que le plus grand surfeur de tous les temps, l’Américain Kelly Slater, considère "Brice de Nice" comme le meilleur film de surf qu’il ait jamais vu ? Ou que derrière une réplique absurde se cache une vraie catastrophe naturelle survenue à Antibes ? À travers anecdotes, lieux réels et clins d'œil historiques, le film révèle une facette insoupçonnée de la région.
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Les premières scènes de plage dans "Brice de Nice" ont été tournées sur les plages de… Nice bien entendu ! La plage où Brice attend la "vague parfaite" s’appelle la Plage des Bains Militaires, une petite plage de galets située entre le port Lympia et le cap de Nice. C’est sur cette plage, en contrebas du boulevard Franck-Pilatte, que le « surfeur loser » a attendu en vain LA vague de sa vie, et c’est ici que fut tournée la fameuse séquence où Jean Dujardin, faux surfeur, vrai rêveur, scrute l'horizon. La ville de Nice offre de plus un lieu dédié aux tournages, ouvert en 1919 et toujours en activité : les Studios de la Victorine, qui ont sans doute servi de base logistique pour le film.
Si le cœur de Brice bat à Nice, les scènes de surf, en revanche, ont exigé un déplacement. Le film a été en partie tourné en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, mais une autre partie a été tournée en Nouvelle-Aquitaine. La majorité des scènes de plages dans le film ont été ensuite tournées à Hossegor dans les Landes, région emblématique du surf en France. La Nouvelle-Aquitaine, la région la plus étendue de France avec ses 12 départements, a fourni des cadres parfaits pour simuler la confrontation de Brice avec de véritables vagues. La plage de la Gravière, située au nord de la station balnéaire de Biscarosse, est l’un des spots phares pour le surf sur la côte sauvage. Cette plage a également été le lieu de tournage de scènes emblématiques du film. C’est ici que Brice, interprété par Jean Dujardin, rencontre Igor, joué par Bruno Salomone, pour la première fois, donnant lieu à la célèbre réplique « T’es qui toi ? T’es qui la ? Tequila. Brice, Brice de Nice. Ouais ? » Biscarosse, une station balnéaire célèbre pour ses spots de surf, se trouve dans les Landes en Nouvelle-Aquitaine, et ses magnifiques plages ont notamment été utilisées comme décor dans le premier film. Biscarrosse-Plage s’étend sur 15 km le long d’une magnifique forêt, proposant plus de 100 km de pistes cyclables pour des balades à pied ou à vélo. Il est même recommandé de découvrir la Dune Verte qui offre un superbe panorama sur cette vaste plage de sable, un lieu propice à l'aventure et à la contemplation, bien loin de la mer d'huile niçoise.
Le Retour de Brice : Le Tournage de "Brice de Nice 3"
Dix-huit ans après le premier volet des aventures du surfeur sur une mer d’huile, l’acteur Jean Dujardin a rempilé pour la suite, intelligemment intitulée "Brice 3"… mais où est donc passé le 2 ? Cette pirouette humoristique est à l'image du personnage lui-même. Cette fois, ça y est, après des jours de préparation des équipes techniques, le tournage de "Brice de Nice 3" a commencé ce lundi matin. Les premières mises en place avaient débuté dès le jeudi précédent, signe de l'ampleur du projet. Derrière une palissade construite sur la plage pour l'occasion, on aperçoit au bout d’une perche un micro, signe que le tournage a bel et bien commencé. On distingue aussi une cabane délabrée jaune : un décor. C'est en fait la cabane de Brice, alias Jean Dujardin, qui reprend ainsi ses quartiers sur les plages niçoises.
Le tournage, bien que source de curiosité et d'excitation pour les fans, implique quelques restrictions de circulation, notamment sur le boulevard Franck Pilatte, démontrant l'impact concret de la production cinématographique sur la vie locale. Ce retour sur les lieux emblématiques du premier film, tel que la plage des Bains militaires, marque une continuité et un clin d'œil aux aficionados qui ont fait de Brice un phénomène générationnel. Le site, en contrebas du boulevard Franck-Pilatte, a non seulement accueilli la fameuse séquence du premier film, mais ouvre également ses portes au "Brice de Nice 3", tourné dix ans plus tard, en 2015. Ce lieu, qui a fait l’objet d’un lifting complet en 2020, avec son plongeoir emblématique redevenu un restaurant offrant des vues incroyables, continue d'être un décor vivant et évolutif pour les aventures de Brice.
La Côte d'Azur : Entre Plages de Rêve et Art de Vivre
Au-delà des péripéties de Brice, la Côte d’Azur est en soi une destination de rêve, où chaque plage a son histoire et son charme. À Nice comme sur toute la Côte d’Azur, de nombreuses plages offrent des spots idéaux pour une photo Instagram ou pour se retrouver seul (ou presque) dans une crique bien dissimulée. En Méditerranée, au bord de la Grande Bleue, chacun trouvera son petit bonheur. Il y a les vacanciers à la recherche de plages « Instagram » : elles ont un cachet fou. Il suffit d’un fort, d’un phare ou d’une vue à couper le souffle pour enflammer les réseaux sociaux. Certains préfèrent des lieux plus secrets, à l’abri du surtourisme. Sur la côte d’Azur, ces plages ressemblent vraiment à un petit coin de paradis. Mais elles ne se trouvent pas facilement, même à deux pas de la civilisation.
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Parmi ces joyaux, la Paloma, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, est une petite crique de galets à l’ombre des pins, photogénique en diable avec en ligne de mire, Beaulieu-sur-Mer et les falaises d’Eze. En matière d’Instagram, elle affole tous les compteurs. La Paloma et son restaurant légendaire le Paloma Beach, lancé en 1948, furent le rendez-vous estival des VIP : la famille Picasso (et leur fille Paloma), mais aussi Matisse, Cocteau, Sean Connery, Elton John ou Tom Cruise y ont laissé leur empreinte. Difficile à croire, mais il existe bel et bien à Monaco une plage confidentielle, au bout du chemin des Pêcheurs, en contrebas du Rocher et du Palais. Le mieux est d’y accéder par le parking du chemin des Pêcheurs. Ce parcours du combattant se termine par des escaliers un peu raides. Une fois en bas, vous trouverez une plage de galets qui offre un tête-à-tête avec la mer scintillante et une vue sur le ballet des yachts contournant Monaco.
Le plaisir de la Côte d'Azur ne se limite pas aux plages, mais s'étend à l'art de vivre qui l'accompagne. Imaginez-vous dans votre chambre, installé face à la Baie des Anges, pour un petit déjeuner devant la mer. Il vous suffit ensuite de traverser la rue pour rejoindre la plus belle plage niçoise. La Vieille Ville se situe à quelques minutes seulement, comme les musées Chagall et Matisse, ainsi que le marché aux fleurs du Cours Saleya. L’avantage avec le Radisson Blu, c’est que vous pouvez découvrir la ville d’en haut. La petite porte d’entrée du restaurant, sous sa marquise, est reconnaissable entre mille. Quelques marches plus bas, vous trouverez la plage Castel, où les vagues viennent finir en écume. Le Castel Plage est l’un des rares restaurants niçois de bord de mer, sa carte affiche une cuisine aux sensations très provençales. Côté mer : une dorade royale rôtie, huile d’olive, herbes de Provence, sauce vierge et émulsion du jour, ou une fricassée de poulpes à la Nissart. Côté terre : tagliata de bœuf aux artichauts, parmesan, huile de truffe, ou magret de canard du Sud-Ouest laqué au miel, romarin, fruits de saison.
Non loin de là, la terrasse de la Réserve de Nice surplombe la Méditerranée. C’est un paquebot version Art déco, au pied du mont Boron, un hommage aux Années folles durant lesquelles le restaurant a connu ses heures de gloire. Aujourd’hui, on y déguste une cuisine inventive, aux accents du Sud, concoctée par le chef Sébastien Mahuet. À la carte : gambas en beignet aux amandes ou risotto Carnaroli aux girolles fricassées. À deux pas de là, Le Plongeoir affiche une ambiance plus contemporaine. On y accède par un petit escalier accroché à la paroi ou, plus chic, directement par bateau. Sur un rocher, l’endroit est atypique et chargé d’histoire. La carte s’inspire largement de la cuisine méditerranéenne, avec par exemple un dos de cabillaud demi-sel, barigoule de légumes au chorizo, panisses au citron à se pâmer. Vous pouvez finir votre soirée au bar lounge Le Vivier pour un dernier cocktail sous la pergola, au milieu des flots.
Au cours des dernières années, les croisières attirent une clientèle de plus en plus exigeante. Contrairement aux circuits effectués sur d’énormes navires souvent associés au tourisme de masse, ces propositions mettent l’accent sur l’intimité, l’authenticité, la personnalisation et l’accès à des lieux hors du commun, offrant des expériences uniques au large des côtes. Plus sauvage et préservée que sa cousine festive Ibiza, des îles comme Formentera, par exemple, conservent une douceur de vivre rare malgré leur succès grandissant, avec leurs eaux turquoises, leurs falaises impressionnantes et leurs forêts luxuriantes, illustrant la diversité des "plages somptueuses" et des "paysages grandioses" que l'on peut découvrir en Méditerranée.