Loin de nos kayaks gonflables contemporains dans lesquels nous nous promenons au fil de l’eau, des gorges et des rivières, l’histoire du kayak traditionnel commence chez les peuples du grand nord. Vivants sur les banquises proches du cercle polaire arctique, ces embarcations fabriquées en bois leur permettent de pêcher, chasser et se déplacer. Pour filer sur les flots et vous déplacer avec votre kayak tels les agiles eskimos, il vous faut un élément crucial et indispensable, celui qui vous permettra de vous orienter et d’avancer : la double pagaie de kayak. Pour la pratique du kayak, on utilise, en effet, une double pagaie de kayak, c’est-à-dire une pagaie composée de deux pâles, une à chaque extrémité du manche. L’eau plate en marathon gagne de plus en plus de popularité dans l’univers du tourisme professionnel en kayak. Le choix d’une pagaie adaptée à cette discipline exige une attention particulière, car elle est déterminante pour votre pratique, garantissant propulsion et équilibre. Un mauvais choix de pagaie peut vite transformer la plus belle journée en galère, voire en blessure. Il est donc essentiel de comprendre les différents éléments qui composent une pagaie et comment les adapter aux exigences spécifiques du kayak marathon.
Les Matériaux de la Pagaie : Un Enjeu de Performance et de Durabilité
La composition des matériaux de votre pagaie de kayak est assez importante et corrélée à votre niveau, et généralement reliée à la fréquence à laquelle vous pratiquez le kayak. Comme pour tout sport nautique d’extérieur en pleine nature, notre matériel est en confrontation avec les éléments naturels. C’est pourquoi choisir le bon matériau assurera la durabilité de votre pagaie de kayak et votre plaisir sur l’eau, aspects cruciaux pour les longues distances des marathons.
Plusieurs matériaux entrent dans la fabrication des pagaies, chacun apportant ses avantages et inconvénients. Les pagaies de kayak en aluminium, robustes, simples et malléables, sont adaptées pour les personnes débutantes qui ne pratiquent que ponctuellement le kayak. Cependant, l'aluminium présente le désavantage d'être inconfortable l'hiver, lourd et agressif pour les rails du SUP, des caractéristiques moins désirables pour une utilisation intensive en marathon.
Pour les pagayeurs confirmés pratiquant souvent le kayak et souhaitant investir dans du matériel de qualité onéreux, les pagaies de kayak en carbone sont recommandées. Légères, techniques et puissantes, ces pagaies en carbone sont aussi plus fragiles en raison de leur composition. Celles en 100 % carbone ont l'avantage d'être extrêmement légères mais sont toutefois fragiles et présentent un prix plus élevé. La légèreté du carbone est un atout majeur en marathon, où chaque gramme compte pour réduire la fatigue sur de longues périodes. Il est important de se méfier de l'utilisation très décontractée du mot "carbone" comme descripteur marketing pour augmenter la valeur perçue d'une pagaie composée principalement de matériaux moins chers. Les fibres de carbone peuvent être utilisées pour ajouter de la résistance à un manche composé à 90% de fibre de verre, mais cela ne justifie pas de l'appeler un manche en carbone s’il ne s'agit que d'une légère amélioration par rapport à la fibre de verre d'origine.
Les manches en fibre de verre apportent un vrai gain côté poids, qualité de contact et souplesse. Cette souplesse évite la transmission des vibrations et réduit les blessures de type tendinites du coude, ce qui est particulièrement pertinent pour les efforts répétés en marathon. Il faudra cependant être plus soigneux avec ces pagaies beaucoup plus fragiles que celles en alu. Les pagaies en carbone et fibre sont des modèles hybrides milieu de gamme très polyvalents. Elles sont plus lourdes que des pagaies 100 % carbone mais sont plus souples et plus solides.
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Concernant les pales, les pales en carbone sont nerveuses, destinées aux pratiquants plus aguerris qui recherchent de la performance, un critère clé pour les courses de marathon. Les pales en plastique, quant à elles, présentent l'intérêt d'être très solides, quasiment incassables, et sont souvent associées à des manches en aluminium pour des modèles d'entrée de gamme.
Le bois, enfin, a la particularité de présenter un bel objet. La rame est douce et confortable en main. Mais la pagaie est plus fragile et est souvent d'un prix conséquent. La pagaie traditionnelle, autrefois fabriquée à partir de bois flotté renforcé d’os aux extrémités, est aujourd'hui majoritairement fabriquée en bois de cèdre rouge d’Amérique, offrant une qualité de toucher appréciée.
La Forme des Pales : Adapter la Poussée à l'Endurance et à la Vitesse
Maintenant que l’on sait quel matériau choisir pour la composition de notre pagaie, il est temps de définir quelle forme doivent prendre les pales en fonction de l’effort physique et de l’énergie que l’on veut dépenser. Chaque élément compte ! Le choix de la forme de la pale sera aussi important que celui des ailes d’un avion, ce sont elles qui vous guideront et vous feront avancer, surtout sur les longues distances d'un marathon.
On distingue principalement deux grandes catégories de pales :
- Les pales fines et longues, dites Low Angle : Elles vous permettront de parcourir de plus longues distances sans trop vous fatiguer, car une partie moindre de la pale rentre dans l'eau, sa prise en est donc affaiblie. Les pales low angle sont parfaites pour les randonnées en kayak et sont souvent privilégiées pour le kayak marathon en raison de leur efficacité sur la durée et de la réduction de la fatigue musculaire qu'elles procurent.
- Les pales larges, arrondies et courtes, dites High Angle : La prise d’eau avec cette forme de pale sera plus importante, par conséquent vous avancerez plus vite et pourrez être beaucoup plus dynamique et réactif. En revanche, ce sera une activité physiquement plus éprouvante, car le mouvement sera plus résistant et vous devrez pagayer verticalement. C'est le genre de pagaie à privilégier pour le kayak de slalom, où l'explosivité est recherchée, mais potentiellement trop exigeant pour un marathon.
La tendance actuelle s'est fortement déplacée vers des lames plus petites pour une cadence de pagayage plus élevée. Dans la gamme moyenne des tailles de lame, faire correspondre une taille de lame à un utilisateur n'est pas aussi critique qu'on pourrait le penser. Dans la plupart des cas, le style de pagayage de l'utilisateur s'adapte à la taille de la lame. Pour un racer, une pale de pagaie plus petite sera optée pour privilégier la cadence. Nous notons qu'une excellente pale est disponible pour les sprinteurs légers ou les pagayeurs de marathon très puissants, soulignant l'importance d'une conception de pale performante pour ces usages.
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La pagaie traditionnelle, parfois appelée groenlandaise ou inuite, puise sa forme aux origines du kayak de mer. Elle se caractérise par des pales étroites et très longues, qui se fondent progressivement avec le manche. Cette forme induit un mouvement de pagayage avec les épaules et coudes bas et une rotation du tronc marquée. Les avantages sont une faible mobilisation des articulations des coudes et des poignets, une moindre mobilisation des muscles des bras et épaules et une fatigue réduite. Ces pagaies se prêtant peu aux appuis suspendus, on évite avec elle les traumatismes de l’épaule type luxation. Ce caractère peu traumatisant en fait une forme de pagaie particulièrement bien adaptée à la randonnée, pratique où l’on ne cherche, en général, ni l'explosivité, ni la vitesse ou la performance, mais plutôt une efficacité douce sur la durée, ce qui peut intéresser certains pagayeurs de marathon. Il existe un modèle de pagaie traditionnelle inspiré des îles Aléoutiennes, très intéressant pour la randonnée car présentant une nervure longitudinale sur une face des pales qui offre théoriquement plus de puissance et d’efficacité.
Héritée du monde du kayak de rivière, la pagaie européenne se caractérise par des pales courtes et larges, largement distinctes du manche. Elles permettent des manœuvres rapidement efficaces et des appuis sur l’eau très solides. Les modèles dits “high brace”, à très larges pales, permettent de reproduire le mouvement de rivière le plus fidèlement, avec une pagaie plantée très verticalement dans l’eau, offrant puissance, explosivité et vitesse. C’est un mouvement efficace mais difficile à tenir sur la durée et entraînant d’importantes contraintes sur les muscles des épaules et des bras et sur les articulations quand il est beaucoup répété. C’est pourquoi les fabricants proposent des pagaies européennes “low brace”, plus adaptées à des efforts prolongés.
Réglage de l'Angle et Croisement des Pales : L'Optimisation du Coup de Pagaie
Afin d'optimiser l'efficacité de votre pagaie et de réduire la fatigue musculaire sur les longues distances d'un marathon, il est crucial de penser à régler l’angle entre les pales. Cela permet que votre mouvement de poignée soit le plus fluide, le moins agressif possible et le plus adapté à votre pratique.
Suivant l’angle que vous choisirez, il y aura une rotation du poignet différente. Pour la pratique du kayak randonnée / touring, optez pour un angle entre 45 et 90° dans le but de limiter la prise de vent et d’éviter une perte d’énergie. Cette plage d'angle est souvent préférée en marathon pour maintenir une cadence régulière et réduire la résistance de l'air. Pour la pratique du kayak réactif en eau vive, privilégiez un angle entre 0 et 45° pour votre pagaie de kayak afin de moins perdre de temps et d’économiser vos mouvements de rotation du poignet.
Toutes les pagaies traditionnelles présentent toujours les deux pales sur le même axe. Cependant, la plupart des pagaies européennes ont, quant à elles, un axe plus ou moins croisé. L’objectif est double : permettre que la pagaie rentre dans l’eau perpendiculairement au kayak, dans la position idéale, sans nécessiter une trop grande rotation du poignet et ainsi réduire les risques de tendinites. Plus l’angle est marqué, plus la rotation du poignet est faible. L'autre objectif est de permettre également de couper l'air avec le haut de la pagaie et éviter la prise au vent de ces pales à grande surface. En kayak de mer, on privilégie généralement des angles de 60° à 90°. Il faut noter que plus l’angle est marqué, moins les placements de pales pour les appuis seront naturels et spontanés.
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Il existe des systèmes réglables tels que le QNECT, qui permet d’ajuster l’angle de croisure de 0° à 85° à droite ou à gauche par incréments de 5°. C'est une fonctionnalité très utile pour affiner ses réglages en fonction des conditions ou de l'évolution de votre technique en marathon.
Le Manche de la Pagaie : Ergonomie, Solidité et Modularité
Le manche est la partie centrale de la pagaie, et son choix impacte directement le confort et l'efficacité, surtout lors d'un effort prolongé comme un marathon. Encore une option s’offre à vous pour le façonnement de votre pagaie de kayak, la forme du manche et sa structure.
On retrouve différents types de manche de pagaie de kayak en fonction de l’encombrement et des préférences ergonomiques :
- Les manches droits : Ce sont les plus répandus.
- Les manches avec des courbures : Situés à l’emplacement des mains, ils facilitent la prise en main, réduisant la fatigue des poignets et des mains sur les longues distances.
- Le diamètre du manche : Il s'agit d'un critère important selon que vous avez de grandes ou petites mains, afin d'assurer une prise confortable et ferme.
- La section ovale du manche : Une caractéristique qui facilite la préhension et évite que la pagaie mouillée ne glisse trop mais qui, chez certaines personnes, provoque des douleurs des muscles de la main.
Concernant la structure du manche, on distingue :
- Les manches de pagaie fixes (monobrins) : En un seul morceau, ils garantissent une grande solidité. Cependant, ils sont aussi plus encombrants et leur taille ne peut pas être réglée.
- Les manches de pagaie en 2 parties : Idéal compromis entre robustesse et facilité de transport et de rangement, ces manches offrent aussi la possibilité d’être réglés plus facilement. Cette modularité est très appréciée pour le marathon, permettant d'adapter la longueur de la pagaie aux conditions et à la fatigue du pagayeur.
- Les manches de pagaie en 4 parties : De loin les plus compacts pour les transporter et voyager, ils sont aussi les plus susceptibles de s’abimer au niveau de leurs nombreuses jonctions.
Les manches des pagaies réglables sont tout de même plus pratiques afin d’être ajustés à la personne et à la pratique. Elles présentent plusieurs avantages : d'abord, le gain de place grâce au fait d'être rétractable, elle se range facilement. Régler la longueur apporte de nombreux intérêts : testez et trouvez la longueur qui vous convient, changez d'activité et de pratique facilement, prêtez la pagaie à quelqu'un qui ne fait pas la même taille que vous. Cependant, contrairement aux pagaies fixes en une seule partie, les pagaies télescopiques présentent l'inconvénient d'être plus lourdes et moins flexibles. La force exercée par le rameur sera moins bien répartie que sur une pagaie unique. Plus la pagaie réglable est rentrée plus elle est raide, mais plus elle est sortie, plus elle est fragile. À cela s'ajoutent d'éventuelles entrées d'eaux entre les différentes parties de la pagaie, particulièrement en cas de session surf, ce qui n'est pas idéal pour un marathon.
Nos pagaies sont disponibles avec le système réglable QNECT (aluminium ou composite). Il permet d’ajuster la longueur totale de la pagaie (sur 10 cm). Le QNECT aluminium est fabriqué dans un type d’aluminium spécial utilisant la technologie de protection cathodique pour prévenir la corrosion en eau salée ; il est idéal pour les pagaies de canoë et de kayak en eau plate et en eau douce. Le QNECT composite est un système composite robuste, fabriqué dans un matériau polyamide spécial extrêmement résistant aux impacts et à l’eau salée. Très facile à utiliser, il offre aussi la possibilité de corriger la croisure.
La Longueur de la Pagaie : Un Ajustement Précis pour l'Efficacité Marathon
Le dernier critère, mais pas le moindre, est le choix de la taille de la pagaie de kayak. Il vous faudra régler la longueur du manche de votre pagaie en fonction de votre taille, de votre pratique du kayak (et notamment pour les exigences du marathon), mais aussi de la largeur du kayak. On dit qu’un kayak est étroit lorsque sa largeur est inférieure à 60 cm et large quand elle est au-dessus. La taille est le critère déterminant dans le choix de votre pagaie. Elle doit être adaptée à celle du pratiquant.
La règle de base en SUP est la suivante : la pagaie doit faire votre taille + 10-20 cm. En kayak, si la pale n'est pas totalement immergée quand vous ramez, que vous « grattez » l'eau en quelque sorte, la pagaie est trop courte. Si au contraire, vous tapez votre planche à chaque fois que vous changez de côté pour ramer ou que vous avez la sensation d'être trop raide, alors la pagaie est trop grande. Pour la randonnée en kayak de mer, on considère en général qu’elle se détermine en se tenant debout, bras et main levés. La pagaie, verticale, devrait pouvoir être tenue du bout des dernières phalanges, repliées.
Pour le kayak marathon, qui combine souvent des aspects de touring et de sport, la longueur idéale se situe entre ces deux pratiques. Une pagaie trop longue pourrait engendrer une fatigue inutile et une cadence plus faible, tandis qu'une pagaie trop courte pourrait limiter la puissance de propulsion sur la durée. Pour les pratiques comme le freestyle et en rivière, la moyenne tourne entre 188 et 190 cm. Pour le creek, certains kayakistes ne prennent pas une pagaie trop courte parce qu'ils pensent que ça les empêchera de pouvoir prendre de la vitesse comme il faut sur certains passages critiques, mais une pagaie courte permet de pagayer plus vite, et donc d'avoir de bonnes accélérations. Pour un marathon, la capacité à maintenir une cadence élevée et une bonne accélération peut être un atout.
Nous vous avons recensé dans le tableau suivant des longueurs indicatives à choisir en fonction de votre taille et de votre activité. Comme ça, plus de prise de tête, vous n'avez qu'à regarder les centimètres !
| Taille du kayakiste | Taille de la pagaie de kayak touring | Taille de la pagaie de kayak sportif |
|---|---|---|
| 150 - 160 cm | 210 cm | 190 cm |
| 161 - 170 cm | 215 cm | 195 cm |
| 171 - 180 cm | 220 cm | 195 cm |
| 181 - 190 cm | 225 cm | 200 cm |
| 191 - 200 cm | 230 cm | 200 cm |
Il est fortement conseillé de tester un bon nombre de pagaies pour choisir votre favori. Rien ne vaut l'essai. Il est recommandé de commencer avec un produit de bonne qualité mais pas trop cher en 1,90m ou 1,95m et de demander à d’autres kayakistes si vous pouvez tester leur pagaie. Si vous devez ajuster une pagaie, l'opération de décollage du manche peut se faire avec un sèche-cheveux si la colle est thermoplastique. Ensuite, il est possible de couper le manche à la bonne taille et de recoller la pale avec de l'Araldite rouge (prise rapide 5min). N'oubliez pas le petit fil de fibre de verre pour l'étanchéité.
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