Guide exhaustif sur la navigation en dériveur : du gréement aux manœuvres de plage

Si vous êtes passionné de voile ou curieux de découvrir cet univers, vous avez probablement entendu parler du dériveur. Mais savez-vous exactement ce qu’est un dériveur et pourquoi il est considéré comme l’embarcation idéale pour apprendre à naviguer ? Un dériveur est un bateau à voile léger, souvent dépourvu de quille fixe, et équipé d’une dérive amovible. Cette dérive est une pièce immergée qui stabilise le bateau en contrant la dérive latérale provoquée par le vent. Contrairement aux voiliers plus grands, un dériveur repose sur l’équilibre du navigateur pour sa stabilité. Le dériveur peut être navigué en solitaire ou en équipage, selon le modèle, et il est utilisé aussi bien pour les loisirs que pour les compétitions. Naviguer sur un dériveur, c’est plonger dans l’essence même de la voile. Chaque action - une inclinaison du corps, un réglage de la voile ou un coup de barre - se traduit immédiatement sur l’eau. Le dériveur offre une navigation vivante et dynamique. Qu’il s’agisse d’une première sortie sur l’eau ou d’un entraînement intensif en vue de compétitions, il existe un dériveur pour chaque profil. Au-delà des manœuvres et des réglages, naviguer en dériveur développe un véritable sens marin. Le dériveur n’est pas seulement un bateau pour apprendre à naviguer : c’est une invitation à vivre pleinement la passion de la voile. Que vous soyez novice ou déjà conquis par l’appel du large, investir dans un dériveur est le premier pas pour explorer un univers riche en sensations et en découvertes.

Les éléments de gréement : comprendre et maîtriser les « bouts »

Il existe plusieurs types de cordages ou « bouts » et comme d’habitude, en voile, chacun d’entre eux porte un nom. Drisse (en rouge) : c’est un bout qui va sur le point de drisse, elle permettra de hisser et baisser (on dit affaler) une voile. Écoute (en jaune) : c’est une corde, que dis-je ! Un bout ! L’écoute permet d’orienter la bôme et donc la voile (à gauche ou à droite), plus on laisse de mou plus la voile s’ouvre. Cela permet donc de lui donner un angle par rapport au vent. Hale-bas (en bleu). Bosse d’empointure (en violet) : sur la GV elle relie le point d’écoute à la bôme. Elle permet de régler la tension de la bordure. Balancine (en vert). Bien vu ! C’est le seul point il n’y a pas de bout. Sur la VA on met deux écoutes (une à gauche et une à droite) directement fixées sur le point d’écoute de la voile. Contre écoute (en rouge) : c’est l’écoute qui ne sert pas actuellement, car la voile est de l’autre côté. Elle est donc « molle ». Pour terminer avec les noms de cordes, il reste celle liée à l’amarrage (pour le « garer » au port) : les amarres ou les aussières.

La manipulation demande de la pratique avec les termes techniques : border, choquer, étarquer, embraquer. En fonction de comment les bouts sont installés, ils reviennent dans le cockpit (un vrai bordel !). Chaque bout est bloqué dans un taquet pour conserver son réglage. Pour choquer un bout, il suffit d’ouvrir le taquet en le soulevant. Pour border, il suffit de tirer sur le bout… mais le poids de la voile et la force du vent peuvent rendre l’opération très physique. On fait 2-3 tours autour du corps, appelé poupée, dans le sens des aiguilles d’une montre. Plus il y aura de force dans la voile, plus il faudra faire de tours autour du winch. En effet à chaque fois que vous faites un tour, les frottements entre les tours vont empêcher au bout de glisser. Il suffit de tourner grâce à une manivelle pour border. Une fois décoincé de la mâchoire, on peut laisser filer (partir) le bout. Il arrive lorsqu’on tourne la manivelle que le bout s’enroule mal autour du corps et s’emmêle : on dit qu’on fait un surpattage.

La gestion dynamique de la dérive en navigation

Le succès d'une sortie en bateau ne tient parfois qu'à de petits détails. Le placement de la dérive en fait partie. La dérive d'un bateau est, grosso modo, la résultante entre la dérive due au vent et celle due au courant. En tant que windsurfer, vous savez combien il est important d’avoir le bon équipement. Il existe de nombreuses dérives de windsurf, comme les dérives de slalom & race, les dérives de vagues & freestyle et les dérives freeride. Largeur de la planche, taille de la voile et style de navigation : une dérive plus grande procure davantage de portance, ce qui vous permet de planer plus tôt par vent léger. La bonne longueur de dérive est essentielle pour une vitesse, un contrôle et un planing optimaux. Elle dépend principalement de la taille de la voile, de la largeur de la planche et de votre poids.

En dériveur, attention tout de même, même au vent arrière, à ne pas relever complètement la dérive non plus (en particulier sur un laser ou X4) : pas pratique de plonger sous le bateau pour remettre la dérive pour ressaler le batal, mais surtout propension particulièrement élevée des bateaux à rouler par grand vent si tu ne maîtrises pas parfaitement l'assiette et la puissance dans ta voile. Sans hésiter, tu enlèves de la dérive en même temps que le vent force. Au près, si tu laisses ta dérive entière, tu ne tiendras pas le bateau et celui-ci tapera fort. Tu lèves par tranche de 10 centimètres et tu verras ton bateau plus serein. Ceux qui n'enlèvent pas de dérive finissent par chavirer, départ au lof ou pire à l'abatée. Plus le vent monte, plus tu en enlèves, et en même temps tu vas sentir le besoin de te reculer sur le bateau. Le centre de voile recule dans la brise et le centre de dérive doit suivre. Concernant les réglages dérives safrans, essaye même s'il y a peu de vent, et ta navigation va devenir fort plaisante. En régate, passage de la bouée sous le vent, tu es au largue et va devoir lofer, il te faut de la dérive ; à l'inverse à la bouée au vent, tu la rentres au plus vite. Le réglage des voiles va avec : pour lofer, bordes d'abord la GV ; pour abattre choque d'abord la GV de manière à avancer ou reculer les centres de voiles et dérives plutôt que de tirer ou pousser comme un bœuf sur ta barre. Ton bateau doit toujours être équilibré.

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Choix du matériel : du débutant au compétiteur

Le dériveur est un bateau polyvalent qui convient aussi bien aux débutants qu'aux navigateurs expérimentés. Si vous commencez tout juste à apprendre la voile, il est essentiel de privilégier un dériveur stable, facile à manœuvrer et tolérant aux erreurs. Ces bateaux ont généralement une coque large, garantissant une bonne stabilité même dans des conditions de vent modéré. Ces dériveurs sont également robustes, capables de résister aux chocs fréquents. Une fois que vous maîtrisez les manœuvres de base et que vous vous sentez à l’aise dans différentes conditions de vent, vous pouvez envisager de passer à un dériveur plus performant. Les dériveurs intermédiaires offrent plus de réactivité et nécessitent un meilleur contrôle de la voile et du bateau. Ces dériveurs demandent plus de compétences en termes de réglages de voile et de gestion du vent, ce qui permet aux navigateurs intermédiaires de perfectionner leur technique. Pour les navigateurs expérimentés, les dériveurs de compétition ou à haute performance sont la voie à suivre. Ces dériveurs sont conçus pour maximiser la vitesse et offrir des sensations fortes sur l’eau. Ils sont souvent plus légers, dotés de coques rigides et de systèmes de voiles sophistiqués. Ils demandent une grande maîtrise des réglages et de l’équilibre, et offrent peu de tolérance pour les erreurs, rendant l’expérience plus technique et exigeante. Votre choix doit avant tout se baser sur votre maîtrise de la voile, les conditions de navigation habituelles et vos capacités physiques.

Procédures techniques : de la mise à l’eau au départ de plage

Votre bateau est fini d'être gréé ? Vous vous êtes habillé correctement ? Alors vous êtes presque prêt à partir sur l'eau ! Il va donc falloir déplacer le bateau jusqu'à l'eau. Soit le bateau est sur une mise à l'eau : dans ce cas, il vous suffit de prendre la mise à l'eau par la poignée, à l'avant, et de tirer (ou pousser) ! Attention : gardez toujours le dos bien droit pour ne pas vous faire mal. Si le bateau n'est pas sur une mise à l'eau, il va falloir le porter. Il y a juste une règle extrêmement importante à respecter : à terre, un bateau doit toujours rester face au vent. Ceci est aussi valable quand vous tenez un bateau dans l'eau : il vous suffit (dans la majorité des cas) de tenir le bateau par l'avant, et il se mettra tout seul face au vent. Faîtes donc bien attention, quand vous descendez un bateau sur une plage, à le garder au maximum avec le vent de face. Pour retirer la mise à l'eau, vous devez amener suffisamment le bateau dans l'eau pour qu'il flotte. Il vous suffit ensuite de la tirer vers l'avant du bateau. Attention : vous ne devez en aucun cas lâcher votre bateau, et devez toujours le tenir par l'avant pour qu'il reste face au vent.

Une fois votre bateau à l'eau, évitez les chocs avec les autres bateaux, et surtout ne faîtes jamais racler votre bateau sur la plage. Le safran et la dérive sont deux éléments essentiels sur un bateau : l'un permet de se diriger, et l'autre permet d'avancer droit. Il faut donc les descendre le plus possible, en faisant toutefois attention à ce qu'ils ne risquent pas de toucher le fond. La plupart des safrans sont pivotants : vous pouvez donc préparer votre safran à terre. Pour le fixer, il suffit d'enfiler les deux aiguillots dans les deux fémelots à l'arrière du bateau. Concernant la dérive, il existe la dérive sabre, une simple « planche » que l'on peut retirer complètement, et la dérive pivotante, solidaire du bateau. Il faut donc que vous descendiez le plus possible la dérive. Attention tout de même à ce qu'elle ne touche pas le fond. S'il s'agit d'une dérive sabre, faîtes bien attention à ce qu'elle soit suffisamment descendue pour qu'elle ne puisse pas bloquer la bôme. Sinon, vous risquez de la casser si la bôme passe brutalement au-dessus du bateau.

Pour le départ, vérifiez tout d'abord que les écoutes sont bien choquées, sinon vous n'arriverez pas à faire tourner le bateau, ou bien il partira tout seul et vous n'arriverez pas à le retenir. Une fois que le bateau est dans la bonne direction, vous devez partir rapidement car le bateau n'est plus face au vent, donc beaucoup moins contrôlable. C'est sans aucun doute l'étape la plus difficile. Si vous êtes deux, le barreur monte dans le bateau tandis que l'équipier continue à le tenir. Le barreur se prépare : il s'assoit du bon côté et prend la barre et l'écoute de GV (sans border pour autant !). Ensuite, l'équipier donne un peu d'élan au bateau et monte à son tour. Si vous êtes seul, le mieux est de vous faire aider. Dans tous les cas, ne bordez pas trop la voile quand vous partez, car cela ne ferait que accentuer la dérive du bateau, et c'est ce qu'il faut à tout prix éviter au départ. Si vous voyez que vous dérivez beaucoup, ne compensez pas trop avec la direction car vous pourriez vous retrouver face au vent, sans vitesse. Le mieux est d'essayer de descendre la dérive le plus possible et de rechercher un peu de vitesse. Pensez à bien bloquer le bout de safran pour qu'il ne remonte pas durant la navigation. Enfin, faites attention à la direction de votre bateau quand vous descendez le safran : on a souvent tendance à oublier tout ce qui se passe autour de soi, et les collisions peuvent très vite arriver.

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