Que Signifie le Voile Islamique: Un Aperçu Complet

Le voile islamique, souvent appelé hijab, est un sujet complexe et multiforme, source de fascination et de controverse. Cet article vise à explorer en profondeur la signification du voile, en tenant compte des perspectives religieuses, culturelles et sociales, tout en démêlant les idées reçues et en offrant une compréhension nuancée de ce symbole important.

Introduction

Le voile islamique suscite souvent des débats passionnés, tant en Occident que dans le monde musulman. Perçu par certains comme un symbole d'oppression et de soumission, il est considéré par d'autres comme une expression de foi, d'identité et de liberté personnelle. Afin de mieux comprendre les enjeux qui entourent le voile, il est essentiel d'examiner ses racines religieuses, ses significations culturelles et ses implications sociales.

Qu'est-ce que le Hijab?

Le mot "hijab" est dérivé de la racine arabe "hajaba", qui signifie "dissimuler" ou "couvrir". Dans un sens large, le hijab fait référence à l'exigence de pudeur et de modestie dans le comportement et l'apparence, tant pour les hommes que pour les femmes. Plus spécifiquement, le terme est souvent utilisé pour désigner le voile que portent certaines femmes musulmanes pour couvrir leurs cheveux, leur cou et leur poitrine.

Les racines culturelles et linguistiques du hijab font partie intégrante de la culture islamique et arabe. "Hijab" se traduit par couvrir, envelopper, rideau, voile, écran, cloison. Le même mot est utilisé pour désigner les amulettes que l’on porte sur soi (en particulier pour les enfants ou les personnes en état de vulnérabilité) pour se protéger du mal.

Les Différentes Formes de Voile

Il existe différentes formes de voile islamique, chacune ayant ses propres caractéristiques et significations culturelles:

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  • Le hijab: Il s'agit de la forme la plus courante de voile, qui couvre les cheveux, les oreilles et le cou, ne laissant apparaître que l'ovale du visage.
  • Le niqab: Ce voile couvre entièrement le visage, à l'exception des yeux.
  • La burqa: C'est le voile le plus couvrant, qui dissimule complètement le corps et le visage, avec un grillage permettant de voir.
  • Le tchador: Vêtement traditionnel en Iran, une grande pièce de tissu posée sur la tête, laissant apparaître l'ovale du visage, tenue fermée à l'aide des mains.

Raisons du Port du Hijab

Les raisons pour lesquelles les femmes musulmanes choisissent de porter le hijab sont variées et personnelles. Certaines femmes le portent par conviction religieuse, considérant qu'il s'agit d'un commandement d'Allah. D'autres le voient comme un moyen d'affirmer leur identité musulmane et de se distinguer des normes de beauté occidentales. Certaines encore le portent pour se protéger du harcèlement et de l'objectification.

Obéissance à Allah

Pour de nombreuses femmes musulmanes, porter le voile est avant tout un acte d'obéissance à Allah. Elles considèrent que le hijab est un commandement divin, mentionné dans le Coran: "{ Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allâh est Pardonneur et Miséricordieux. }" Dans cette perspective, le port du voile est un acte de foi et de soumission à la volonté divine.

Dignité et Respect de Soi

Le hijab peut également être perçu comme un moyen de s'accorder dignité et respect de soi. En se couvrant, les femmes musulmanes souhaitent être jugées pour leur personnalité, leur intelligence et leurs qualités morales, plutôt que pour leur apparence physique. Le hijab permet ainsi de lutter contre l'objectification et la marchandisation du corps féminin.

Protection

Le voile peut également être considéré comme une forme de protection contre le harcèlement et les avances non désirées. En se couvrant, les femmes musulmanes envoient un message clair qu'elles ne souhaitent pas être sexualisées ou objectifiées. De manière naturelle, une femme couverte sera moins sujette aux paroles déplacées de certains hommes, ou encore à la drague et pire aux harcèlements de plus en plus courants dans nos sociétés actuelles. La représentation de la sagesse du hijab dicte de minimiser l’attrait sexuel et la dégradation morale de la femme dans la société et cela de différentes façons : protection contre les avances non désirées, des tentations et des agressions sexuelles, protection contre les regards pervers et les regards suspicieux, protection face à l’exploitation des femmes fondée sur l’apparence.

Identité et Expression Personnelle

Pour de nombreuses jeunes femmes musulmanes en Occident, le hijab est également un moyen d'affirmer leur identité et de revendiquer leur place dans la société. Elles considèrent que le voile est un symbole de fierté et d'appartenance à la communauté musulmane. Le voile symbolise la dévotion et la piété et que le porter est leur propre choix. Pour elles, il s’agit d’une question d’identité religieuse et d’expression personnelle.

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Le Voile et la Mode

Contrairement à l'idée reçue selon laquelle le hijab est un vêtement austère et démodé, il est devenu un véritable phénomène de mode. Les femmes musulmanes portant le voile ont trouvé les moyens de se différencier en choisissant différents styles et combinaisons. Le vêtement traditionnel musulman de la femme est proposé par les marques fabricants en différentes couleurs (chaudes, froides, nude…) et différents tissus (Mousseline, coton, soie de Médine, plissé, satin…), les coupes pour faciliter le port du Hijab (prêt à enfiler par exemple). Nike, Adidas, Decathlon tout comme la marque créateur Dolce Gabbana ont créé des stylismes exceptionnels. Certaines superposent différentes écharpes pour obtenir un certain look, rajout d’accessoires en forme de broches épingle strass et ruban paillettes.

Accessoires pour Hijab

Pour bien maintenir son hijab et personnaliser son style, il y a une multitude d’accessoires hijab comme les pinces, les broches, les épingles. Les épingles, pinces anti trous sont idéales et faciles à utiliser pour maintenir le foulard. Les attaches ou broches aimantées sont incassables et n’abiment vos hijabs. Par leur forme et leurs couleurs, les attaches aimantées sont très tendance.

Le Voile dans le Coran

Il est important de noter que le Coran ne prescrit pas explicitement le port du voile tel qu'il est pratiqué aujourd'hui. Le terme "hijab" est mentionné à plusieurs reprises dans le Coran, mais il désigne généralement une séparation physique ou métaphorique. Le verset le plus souvent cité en faveur du port du voile est le suivant: "Dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leurs voiles sur leurs poitrines…" (Coran, 24:31). Cependant, l'interprétation de ce verset fait l'objet de débats parmi les érudits musulmans.

Hijab et Khimar: Distinctions Importantes

Il est essentiel de distinguer les termes "hijab" et "khimar". Le hijab, comme mentionné précédemment, désigne une séparation ou un voile au sens large. Le khimar, quant à lui, fait référence à un foulard ou une écharpe que les femmes portaient à l'époque du prophète Muhammad. Le Coran invite les croyantes à rabattre les pans de leurs écharpes ou khimar sur leur poitrine afin de dissimuler la partie haute de leurs bustes.

Le Voile: Un Symbole Controverse

Le port du voile est un sujet de controverse, tant dans le monde musulman qu'en Occident. Les critiques du voile le considèrent comme un symbole d'oppression et de discrimination à l'égard des femmes. Ils affirment que le voile est imposé aux femmes par des sociétés patriarcales et qu'il les empêche de participer pleinement à la vie publique.

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Les défenseurs du voile, quant à eux, soulignent que le port du voile est un choix personnel et que les femmes qui le portent le font librement et volontairement. Ils affirment que le voile est un moyen d'affirmer leur identité musulmane et de se protéger du harcèlement.

Le Voile et la Laïcité

Dans certains pays occidentaux, le port du voile est perçu comme une remise en question des principes de la laïcité. Les lois interdisant le port du voile dans les écoles publiques et autres institutions gouvernementales sont souvent justifiées par la nécessité de protéger la neutralité religieuse de l'État et de promouvoir l'égalité entre les sexes.

Le voile dit islamique : une relecture des concepts

La question du « Hijab » ou « voile » est actuellement l’une des questions les plus controversées aussi bien en terres d’islam qu’en Occident où cette question connaît des paroxysmes d’hystérie collective récurrents.

La thématique du « voile » s’avère être sans conteste le noyau central d’une problématique assez complexe où s’imbriquent d’une façon assez confuse, des notions aussi diverses que la tradition, la modernité, la liberté, le corps des femmes, les tragédies identitaires et le défi du vivre ensemble des sociétés multiculturelles.

Il reste évident que tous les débats sur ce sujet ont au moins eu le mérite de « dévoiler » deux grandes problématiques contemporaines. La première en Occident, en rapport avec la visibilité de plus en plus importante des musulmans et de là, de la place de l’Islam dans ces sociétés, qui sont elles mêmes, en phase de restructuration identitaire. La seconde, en terres d’islam, où la problématique du « voile » n’a fait que confirmer l’existence d’une profonde et grave crise identitaire, illustrée par l’intensité de la « charge passionnelle » édifiée autour de ce signe, lequel a finit par symboliser à lui seul, l’essentiel de l’identité musulmane. Mais au delà de la problématique en elle - même, du droit de le porter ou non et de sa légitimité religieuse ou non, il faudrait revenir dans un premier temps à la source coranique afin de voir comment le texte sacré aborde ce sujet. Revoir la véritable terminologie utilisée par le message spirituel et son rapport à l’éthique vestimentaire des femmes.

De prime abord, il serait important de souligner d’emblée ici que le terme de « Hijab » usuellement utilisé ne correspond absolument pas à ce qu’il est sensé désigné, à savoir, le foulard, qui recouvre les cheveux des femmes musulmanes.

Nulle part dans le texte coranique le terme de Hijab ne traduit cette signification et dans la réalité coranique le terme de Hijab dans son interprétation aussi bien sémantique que conceptuelle incarne plutôt l’opposé de ce qu’il est sensé désigné dans la réalité.

Le terme « HIJAB » dans le Coran

Le terme Hijab revient sept fois dans le texte coranique et traduit à chaque fois exactement la même signification et ce à la différence d’autres mots utilisés par le texte sacré et qui des fois peuvent être polysémiques.

Hijab désigne en arabe rideau, séparation, cloison, autrement dit, tout ce qui cache et dissimule quelque chose. Cela correspond en français au terme de « Voile » qui voile, autrement dit, masque et protège quelque chose. Le synonyme de Hijab en arabe c’est « Satr » et correspond à toute chose qui sépare comme un mur, un paravent ou tout autre séparation virtuelle.

On retrouve le sens de ce terme dans les versets coraniques suivants : « Quand tu récites le Coran, Nous plaçons un rideau invisible (Hijab) entre toi et ceux qui ne croient pas à la vie future » Coran 17 ;45. « Il n’est pas donné à un homme, que Dieu lui parle directement, si ce n’est pas inspiration ou derrière un voile (Hijab) ou par l’envoi d’un messager qui lui révèle, par Sa permission, ce qu’il veut. » Coran 42 ; 51.

Mais le verset qui a été le plus souvent utilisé pour prouver « l’obligation » de voiler les femmes et dans lequel on retrouve encore un fois le terme de Hijab est celui qui affirme : « Ô croyants n’entrez dans les demeures du prophète que si vous êtes invités….Quand vous demandez quelque chose aux épouses du Prophète, faites-le derrière un voile (Hijab)… » Coran 33 ;53. Ce verset a été révélé lors du mariage du prophète avec Zeynab Bint Jahch. En effet, le prophète en cette occasion a tenu a invité un grand nombre de personnes pour un repas de fête organisé dans sa petite demeure.

La tradition raconte qu’après le repas, trois hommes sont restés à discuter entre eux très tard dans la nuit alors qu’il ne restait plus dans la pièce que le prophète accompagné de la mariée. Le prophète connu pour son extrême courtoisie n’a pas pu s’excuser auprès de ces derniers invités et s’étant retrouvé très gêné par cette situation, c’est la Révélation de ce verset qui est venue en quelque sorte le délivrer…

D’autres versions reprennent la même explication des causes de la révélation et s’accordent sur le fait que ce verset fut énoncé afin d’éduquer les croyants de l’époque à respecter l’intimité du prophète en particulier et des gens en général et de savoir, lors d’une invitation, prendre congé au moment opportun, des hôtes de la maison. D’autres commentateurs signalent le fait que lors de cette cérémonie, étaient présentes les autres épouses du prophète dont Aicha et la nouvelle mariée qui mangeaient à la même table que les autres invités, ce qui a finit par exaspérer le compagnon du prophète Omar Ibn al Khattab connu pour sa rigueur et son conservatisme. A plusieurs occasions, ce dernier avait réitéré au prophète la nécessité de dresser un Hijab ou rideau entre les hommes étrangers qui rentraient dans la demeure du prophète et ses épouses dans le but de leur préserver le respect qui leur est due.

Donc il est évident ici que ce verset a été révélé dans un but pédagogique, celui de respecter l’intimité d’abord du prophète qui du fait de son statut spécifique de Messager avait droit à un respect particulier lui et ses épouses. Cet événement a définitivement permit aux épouses du prophète d’accéder au statut particulier de « Mère des Croyants » et d’être respectés et honorées par tous les membres de la communauté.

Le Hijab - en tant que devanture et non pas en tant qu’habit - qui a été instauré ici et dont il s’agit, concerne uniquement les épouses du prophète et répond à une nécessité conjoncturelle de l’époque où il fallait préserver l’intimité du prophète et sa vie privée. Cela ne correspond donc en aucun cas à un modèle de vêtement ou de comportement vestimentaire particulier. L’esprit de cette prescription était surtout d’éduquer les arabes de l’époque à respecter l’intimité des gens et à les initier aux bonnes manières.

Il faudrait aussi noter que le Hijab, tel qu’il fût décrété à cette période, ne consistait pas du tout à « cloitrer » les épouses du prophète dans un espace reclus et à les isoler de leur environnement. Les épouses du prophète, elles mêmes, ne l’ont pas comprit ainsi puisqu’elles pouvaient sortir et vaquer à leurs occupations comme elle le voulaient et cela n’a pas empêcher Aicha, de voyager, d’accomplir le pèlerinage et de continuer à recevoir dans sa propre demeure, même après la mort du prophète, de nombreux compagnons mais aussi les savants de contrée lointaine qui venaient chez elle en quête de son immense savoir dans les sciences religieuses.

Il est donc tout a fait clair que le terme de Hijab ne correspond absolument pas à la signification qu’on lui donne actuellement et qui est celle du foulard recouvrant la tête et qui est, dans la même logique, incorrectement traduite en français par l’expression Voile. Le Hijab n’a absolument rien à voir avec une quelconque tenue islamique des femmes, il s’agit comme on l’a vu, d’un symbole de séparation, entre la vie publique et la vie privé du temps du prophète et qui a eu pour but la consécration des épouses du prophète en Mères des croyants.

Le foulard dont parle le Coran…

C’est dans un autre verset coranique que l’on retrouve le terme qui correspond dans sa signification exacte à un foulard ou écharpe. Ce verset énonce ce qui suit : « …Dis également aux croyantes de ne laisser paraître de leurs beauté (zinatouhouna) que ce qui en paraît et de rabattre leurs écharpes (khoumourihina) sur leur poitrine (jouyoubihina) et à ne montrer leurs atours qu’à leurs époux, leurs pères, leurs beaux pères, leurs fils, leurs frères, leurs neveux…. » Coran 24 ;31

C’est donc ce verset coranique - et non celui qui parle de Hijab - qui précise certains « aspects » du comportement vestimentaire des femmes croyantes dont notamment celui du foulard. Le terme de khoumourihina pluriel de khimar évoqué dans ce verset désigne le foulard ou écharpe que portaient en ce temps là les femmes dans la péninsule arabique mais aussi dans toutes les autres civilisations de l’époque.

Le Coran invite les croyantes à rabattre les pans de leurs écharpes ou khimar sur leur poitrine (jouyoubihina) afin de dissimuler la partie haute de leurs bustes et ce, quand elles doivent sortir dans l’espace public.

En effet, les commentaires classiques, rapportent que les femmes arabes de la Mecque avaient l’habitude pour sortir de porter leurs foulards (khimar) en rabattant ses pans derrière leur cou, autrement dit, en laissant la gorge et le haut de la poitrine découverts, d’où l’injonction coranique qui invitait les femmes croyantes à rabattre leurs pans de khimar sur leurs bustes. Le Coran précise aussi aux croyantes de ne laisser paraître de leurs « attraits », traduit par « zinatouhouna » que ce qui normalement reste apparent ou selon le Coran « ce qui en paraît ». Concernant l’expression « ce qui en paraît », Ibn Abass l’explique comme étant « le visage et les mains ». C’est ce à quoi la majorité des exégètes et savants musulmans vont conclure concernant ce verset, autrement dit, que les croyantes doivent couvrir leurs cheveux par un khimar et ne laisser paraître que leur visage et leurs mains. Le verset semble aussi assez explicite, puisqu’il prescrit que les femmes ne devraient montrer leurs atours qu’en présence d’hommes qui n’ont pas de rapport de parenté direct avec elles. En effet, le reste du verset, cite de manière assez exhaustive la liste des hommes auprès desquels les femmes peuvent laisser paraître leurs attraits comme, leurs pères, leurs beaux pères, leurs frères, leurs neveux ect…

Une minorité des savants appartenant à l’école Hanbalite préconise que les femmes doivent se couvrir entièrement et que même les mains et le visage doivent être dissimulés, car faisant partie de ces « atours » décrits par le Coran. C’est cette même école qui prescrit donc le Niquab ou la Burqua et qui considère que tout le corps des femmes est « illicite » à voir. Leur argumentaire ne provient pas du Coran où le verset sur le khimar est clair et ne donne pas plus de détails sur le comportement vestimentaire. Leur justificatif est essentiellement culturel et relève des traditions de certaines régions de l’Arabie qui sont restés très à cheval sur leurs coutumes vestimentaires ancestrales. Il est à rappeler que couvrir la face des femmes reviendrait a annuler une prescription coranique à savoir celle du « ghad el bassar » et donc il n’y aurait aucun sens à recommander le respect de cette éthique du regard comme le préconise le Coran.

Une autre preuve vient conforter l’idée que le Niquab n’a aucune origine coranique est la présence d’une tradition du prophète qui rapporte l’interdiction de ce voile du visage Niquab lors du pèlerinage et dans l’enceinte de la Kaaba. Ce qui confirme l’origine culturelle de ce vêtement connue dans la tradition antéislamique mais, fait plus important, que le visage découvert était une obligation au sein de l’endroit le plus sacré en Islam, à savoir l’enceinte sacrée de la Kaaba, ce qui contredit fortement l’argumentaire des adeptes de ce vêtement intégral.

Entre Hijab et Khimar : un glissement sémantique fortuit ?

Ayant fait cette distinction importante entre Hijab et Khimar, on serait en droit ici de se demander pourquoi remarquons nous cette persistance linguistique à utiliser le terme de Hijab pour ce qui a été désigné par le texte coranique comme étant un Khimar ou foulard ?

L’on constate avec étonnement comment cette confusion sémantique a fini par être généralisée et intériorisée et ce dans toutes les sociétés et communautés musulmanes, qui depuis l’élite savante, en passant par les académiciens, jusqu’au commun des mortels, tous sans exception, utilisent de façon erroné le terme de Hijab pour désigner ce qui étymologiquement a pour dénomination Khimar. Il va sans dire qu’actuellement, l’erreur sémantique, s’étant tellement répandue et sa reproduction inconsciente s’étant à ce point systématisée, il est devenu presque impossible de tenter de la rectifier de façon rationnelle.

Il est assez surprenant aussi de voir comment au niveau académique et à l’échelle des institutions religieuses et malgré la confusion régnante, aucune tentative de rectification n’a été pensée encore moins amorcée.

D’aucuns affirmeront que cette erreur sémantique est de l’ordre du négligeable et qu’il serait absurde de rectifier cette mégarde linguistique alors que son usage a été généralisé et accepté selon un consensus tacite.

Mais, il convient de constater, que devant l’étendue des dégâts provoquée par les débats stériles sur la thématique du dit « Hijab » et devant la confusion qui règne dans les esprits quant à son instrumentalisation religieuse, il est devenu urgent d’attirer l’attention sur cette problématique qui ne pourra, d’ailleurs, être résolue, que si l’on déconstruit toute la littérature conceptuelle qui l’a fondé.

Certes, actuellement cette erreur n’est pas induite volontairement et elle reste dans la majorité des cas reproduite inconsciemment mais force est de constater que l’origine de ce glissement sémantique à travers l’histoire de la production intellectuelle islamique, n’est, par contre, pas innocent et n’a pas été fortuit.

Les glissements sémantiques, justement sont généralement le produit d’interprétations et de traductions incorrectes et obéissent à des impératifs d’ordre socioculturel, qui à un moment donné de l’histoire tentent de forger des concepts « sur mesure » en relation avec l’ordre politique établi.

Et c’est bien ce qui s’est passé avec ce Hijab forcé que l’on a voulu à tout prix imposer aux femmes musulmanes en le transposant volontairement dans le registre de l’éthique corporelle en islam.

Quand on revient à l’origine du terme Hijab, et qui comme on l’a déjà vu, signifie « cacher » ou « séparer » et qu’on constate le processus de transformation qu’il a subit pour devenir « foulard », on est en droit de nous demander si ce concept n’a pas été finalement utilisé justement dans ce double sens afin de justifier religieusement parlant l’enfermement des femmes musulmanes.

On a imposé le « Hijab » aux femmes musulmanes dans son sens de « séparation » afin de bien indiquer à ces dernières où est leur place dans la société, autrement dit afin de les cantonner, au nom de l’islam, dans la relégation et l’ombre, loin de la sphère sociopolitique.

Remplacer ainsi le Khimar par le Hijab c’est intervertir des champs sémantiques et conceptuels différents voire opposés afin de cautionner, au nom de l’islam, l’enfermement des femmes derrière un rideau et de les exclure de l’espace sociopolitique !

En effet, substituer le Khimar par le Hijab c’est confondre deux registres très différents l’un de l’autre. Alors que le Khimar reste, selon la vision coranique, incontestablement un signe de visibilité sociale de la femme, voire de participation sociale active, le Hijab, est quant à lui un symbole de séparation.

Conclusion

Le voile islamique est un sujet complexe et multiforme qui ne peut être réduit à une simple question d'oppression ou de liberté. Il est essentiel de prendre en compte les différentes perspectives et motivations des femmes qui choisissent de porter le voile, ainsi que les contextes culturels et sociaux dans lesquels elles vivent. En comprenant les significations multiples du voile, nous pouvons favoriser un dialogue plus constructif et respectueux sur cette question sensible.

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