La genèse du surf et la philosophie de la glisse
Le surf, bien plus qu'une simple activité physique, s'est imposé comme une véritable philosophie de vie. Il demande à la fois de l'adaptation, de l'anticipation et de la résilience, car si des problèmes adviennent, il y a toujours une manière de les surmonter. Pour les passionnés, il ne s'agit jamais de dompter la vague, mais d'être complémentaire avec elle ; il n'y a pas de domination. On utilise ensemble la force et le plaisir qu'elle nous donne. La glisse est avant tout une question de position, de souplesse des chevilles, des hanches et des bras, mais aussi de volonté.
Ce n’est qu’à la fin des années 1950 que ces longues planches ont débarqué sur la côte basque. À cette époque, Joël de Rosnay, alors étudiant, devient l’un des pionniers de cette pratique en France. Avec son groupe de copains surnommés les "Tontons surfeurs", il va la populariser et en faire un sport de légende. Jeune, il faisait du surf à plat ventre et puis, après avoir vu un film qui se passait à Hawaï, tout a changé. Avec ses copains, ils ont créé des clubs, dont le premier à Biarritz, le Waikiki surf club. Joël de Rosnay a été prof de surf, l'enseignant à tous ses amis, participant aux championnats du monde sans jamais gagner d'argent, préférant exercer son métier de consultant pour des entreprises scientifiques. Cette dimension pure, loin des logiques commerciales, marque l'âge d'or du surf comme pratique de liberté. Aujourd'hui, même à 83 ans, il continue de pratiquer sa passion sur les côtes basques, témoignant de cette vitalité inaltérable liée à l'adrénaline et l'endorphine, qui marchent ensemble : l'adrénaline pour le danger, l'endorphine pour le plaisir.
La commercialisation du surf : entre authenticité et spectacle
La commercialisation du surf a parfois du bon. Il existe quelques rares exemples de publicités qui intègrent les valeurs du surf sans trop les égratigner. Si l'on remonte aux années 80, en Australie, Mark Richards, après avoir remporté ses 4 titres mondiaux, devient l'égérie de la bière Tooheys. Si vous êtes australien, il y a fort à parier que vous connaissiez à peu près par cœur les paroles de cette chanson pour une pub vantant les mérites de cette boisson. Plus tard, au début des années 90, il était juste impossible de ne pas être en transe devant sa télé en Australie si des surfeurs comme Luke Egan, Jodie Cooper, Kye Fitzgerald ou Stuart Bedford-Brown apparaissaient à l'écran en train de surfer un Nias parfait. À cette époque sans internet ou presque, tomber sur du surf à la télé pouvait faire la différence entre une journée moyenne ou la plus belle journée de votre semaine. De l'émotion, du surf et un sentiment d'urgence : qui n'aimerait pas être surfeur et… porter du Old Spice ?
Certaines marques ont choisi de jouer sur le fantasme pur de la vie de surfeur. Corona Extra, avec sa campagne "From Where You'd Rather Be", propose un clip outrancier surf & bière de 3 minutes, réalisé par le talentueux Taylor Steele. Il nous emmène en road trip sur la Côte Ouest Mexicaine à bord d'un camping-car de 1976. Fameux donc, avec cette lumière dorée californienne, les jolies droites qui défilent et une bande-son des Years Around the Sun qui fait son effet. Dans un registre plus nostalgique, la Guinness Ad Big Wave, diffusée de 1981 à 1983 dans les cinémas irlandais, reste gravée dans les mémoires. On n'est pas encore tout à fait sûr du rapport entre la Guinness et le surf hawaïen des années 70, mais qui s'en préoccupe vraiment ? Les images du North Shore, entre Pipe et Sunset, sont entrecoupées de plans presque sexy de cette Guinness. La soundtrack est signée Bill Whelan et finit en apothéose sur un solo de sax de Rafe Ravenscroft. Cela donne toujours envie de se prendre une petite bière et de partir à Hawaii.
Quand le surf devient un outil promotionnel détourné
L'industrie a parfois recours à l'humour ou à l'absurde pour captiver les audiences. La pub pour la chaîne de supermarché Aldi en 2012 met en scène une trentaine de Pères Noël qui surfent avec un jambon entier sur le nose de leurs boards, le tout dans les environs de Byron Bay. Plus c'est kitsch, plus on aime ! De son côté, la réclame de Cadbury, avec "Wouldn't It Be Nice", reprend à son compte les paroles de la célèbre chanson des Beach Boys : “Wouldn't it be nice if the world was Cadbury's, you could surf inside a chocolate tube. And if a shark came up and tried to bite you, you could say I'm chocolate, I invite you.” C'est drôle, irrévérencieux, et il y a quand même du surf (en chocolat).
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Parfois, le mélange des genres frôle l'incohérence, comme dans le cas de la campagne Pepsi "Football vs Surfing". Est-ce si mauvais que ça en devient bon ? Est-ce si bon, que c'en est mauvais ? Dans tous les cas, tant que David Beckham, Thierry Henry, Raúl, Fernando Torres et Ronaldinho font des retournées et des ciseaux, ça attire notre attention. Il semblerait qu'à 00:41, Beckham tente de ramer sur sa planche. Même si pour être honnête on s'emballe un peu, il a plus l'air de se noyer. Et, en vérité, ce ne sont pas les vrais qui sont filmés.
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