Optimisation et Apprentissage en Foil : Synergies entre Flotteurs, Kites et Traction Externe

L'univers des sports de glisse aquatiques a été profondément transformé par l'avènement du foil, une technologie permettant de "voler" au-dessus de l'eau, réduisant considérablement la traînée et ouvrant la voie à des sensations de glisse inédites. Que ce soit en windfoil, en kitefoil ou avec les disciplines émergentes comme le wingfoil, la quête d'optimisation du matériel et des techniques est constante. Cet article explore les interactions complexes entre le design des flotteurs, les systèmes de propulsion tels que les voiles de kite, et l'apport des méthodes de traction externe, notamment par bateau, dans l'amélioration des performances et la facilitation de l'apprentissage.

L'Influence Cruciale de la Largeur du Flotteur en Windfoil et Kitefoil

L'un des éléments fondamentaux dans l'optimisation de la performance en foil réside dans le choix et les caractéristiques du flotteur, la planche sur laquelle le rider évolue. L'expérience des pratiquants démontre l'impact significatif de la largeur du flotteur, en particulier pour la remontée au vent, communément appelée le "cap", et la capacité à naviguer au "travers" ou au "largue".

Un pratiquant, avec trois ans d'expérience en windfoil et un poids d'environ 70kg, naviguant avec un Lokefoil LK1 et un flotteur Fanatic Stingray de 110 litres d'une largeur d'environ 60 cm, exprime une impression persistante : J’ai l’impression de ne devoir que caper en windfoil. Cette situation conduit à s'interroger sur le potentiel d'un flotteur aux mensurations différentes. L'hypothèse est qu'avec le même modèle de flotteur, mais un peu plus volumineux et plus large de 10 à 15 cm supplémentaires, ça me permettrait de faire plus de travers. Plus précisément, la question se pose : avec même voile même Foil même flotteur mais par exemple en 125 litres et 10cm de plus en largeur, le cap serais plus efficace lorsque je suis au près à remonter au vent. Et me permettait donc de passer ensuite plus de temps au travers ou au largue.

Cette interrogation trouve un écho favorable chez d'autres experts. En effet, pour moi, et surtout pour un léger, avoir un flotteur plus large permet de mieux cranter/plus facilement contregiter. Il est clairement établi qu'une largeur de 60 cm est considérée comme trop faible pour être à l'aise au cap. Les témoignages appuient cette idée avec des comparaisons éloquentes. Si tu prends 10 ou 15 de plus, tu seras dans un autre monde ! Un rider partage son expérience : J’ai eu une SB de 75 de large, et bien je peux t’assurer qu’elle remontait moins bien que ma 81 actuelle. Ces observations soulignent que la largeur du flotteur est une arme absolue pour optimiser l'angle de remontée au vent.

La planche actuelle, une Fanatic Stingray 110 litres, est décrite comme bien bien étroite sur l’arrière, ce qui peut expliquer certaines limites ressenties. Cette configuration "pintail" a des conséquences directes sur la position du rider et la stabilité. Moi c'est pas tellement l'angle qui pose problème, c'est la position à tenir pour l'atteindre qui est pas très naturelle. Jambe arrière tendue/avant fléchie et bras arrière en tension pour maintenir la voile bordée. Surtout dans le light, c'est moins vrai dans le vent avec 5m. Et mon fiston c'est pareil, il n'arrive pas à border à fond de façon naturelle. La position contre-gitée, essentielle pour caper efficacement, devient alors très instable, car dès qu'on s'incline au-dessus de l'eau avec un pied arrière pas très large, immédiatement on perd le contrôle de l'assiette longitudinale. Cette situation conduit à une limite intrinsèque liée au flotteur, même si le pratiquant parvient à caper en s’y employant.

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Face à ces constatations, l'idée d'expérimenter d'autres planches émerge. J’ai envie d’essayer une ahd compact 72 pour voir. Elle fait le même poids cad environ 8.5 kg il me semble. 12 cm de plus de largeur pour le même poids, c’est interessant d’essayer pour voir si je gagne au près. Après, à voir comment elle se comporte aux autres allures… Le test de l’ahd 72, qui reste quand même raisonnable niveau mensurations, semble indispensable. Surfone, par exemple, propose des flotteurs à tester, ce qui constitue la meilleure chose à faire pour valider ces hypothèses sur l'eau. Des planches comme la F-One 120, qui fait 78 de large avec un arrière quasiment carré, illustrent des designs offrant une meilleure stabilité et un contrôle accru pour le cap.

Stratégies de Propulsion et d'Équilibre : Voiles et Positionnement

Au-delà de la conception du flotteur, les choix en matière de voiles et la finesse de la technique de navigation jouent un rôle prépondérant dans l'efficacité globale en foil. Le pratiquant utilise le plus souvent la 1000 et la 1300 freeride, et parfois l’aile perf quand c’est plus fort et plus régulier, et considère que ses voiles sont bonnes. Avec trois ans de foil, la technique devrait être suffisante, à moins de ne pas voler assez vite. Un aspect souvent négligé est la vitesse effective en navigation. Au près, je navigue à 17/18nds avec ma plus grande aile (100cm x 1050 cm²); mais plus 18/20nds si je j'utilise ma plus petite aile (70cm x 600cm²) pour avoir assez d'accroche. Sinon, je dérive trop pour que ce soit efficace, voire ma 600 décroche sous 14nds de vitesse. Pour une évaluation objective, il est conseillé de se faire prêter une montre GPS pour vérifier la vitesse.

L'optimisation ne se limite pas au matériel. L'amélioration du positionnement corps/gréement est une piste essentielle pour être encore plus efficace, notamment pour remonter au vent. Un pied de mât un peu trop avancé peut obliger à basculer le gréement sur l’arrière, ce qui rassure car ça calme le foil (surtout le LK1 V1 qui a tendance à un peu plus monter que la concurrence), mais au plus on avance, au plus le bras de levier latéral du pied de mât est important. Il n'y a aucune raison de ne pas faire de cap, même avec l'aile de base du LK1 (la 850 par exemple), étant donné que le pratiquant a assez de toile (vu les surfaces mini de ces 2 modèles), un foil moderne, et une planche dédiée avec plus de largeur que les planches de slalom sur lesquelles certains ont commencé.

Par ailleurs, les habitudes de navigation peuvent influencer les performances. Le pratiquant ne peut pas s’empêcher de jiber à chaque rafale, ce qui forcément n’aide pas au cap, mais c’est ce qui est le meilleur ! Cette passion pour le jibe, bien que procurant un grand plaisir, induit des bords très courts qui exigent une très bonne remontée au vent. Pour cela, pas de miracle : être bien toilé, et plutôt une grosse aile avant est recommandé, ce qui est le cas visiblement. La synergie entre un flotteur adapté, des voiles performantes et une technique peaufinée permet d'atteindre une efficacité maximale, offrant la possibilité de varier les allures de navigation et de profiter pleinement du largue ou même du quasi vent arrière après une remontée au vent efficace.

Le Foil Tracté par Bateau (Wakefoil) : Un Outil d'Apprentissage et de Plaisir

Au-delà des disciplines propulsées par le vent, le foil tracté par un bateau, communément appelé wakefoil, offre une perspective unique sur l'apprentissage et les sensations de glisse. Il représente une étape primordiale pour comprendre et intégrer l’équilibre sur le foil sans avoir l’esprit occupé par le maniement de la wing ou du kite. Cette pratique est particulièrement intéressante pour les débutants, car les premiers pas en bateau peuvent constituer un moyen de progresser, même si l'on privilégie seulement un côté (goofi ou regular). Avec un bateau équipé d'une tour de wake, cela doit être plus proche de la traction en kite.

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De nombreux pratiquants soulignent la facilité déconcertante de l'initiation en wakefoil. J’en ai fait beaucoup. C’est vraiment un super trip. Encore plus épuré qu’en kite car la traction est parfaite et linéaire. Mes potes doués sont sortis en 2 minutes. Et au bout de 500m ils géraient le foil en ligne droite. C'est incomparable avec l'initiation en kitefoil qui est rude pour la plupart d’entre nous je crois. Le départ est bien plus facile qu'avec un kite si l'on s'attache à un point bas, même si avec un point de traction bas, certains le considèrent comme une fausse bonne idée. Un point de traction bas avec une corde longue peut cependant bien fonctionner, notamment derrière un jetski.

Plusieurs facteurs clés contribuent à cette expérience unique :

  1. La qualité du plan d'eau : Sur le glassy c’est in-cro-yable. Si vous aimez le foil, alors là c’est une tuerie. On ride dans de la crème pâtissière. C’est doux, les erreurs disparaissent. Génial. Dès qu’il y a du clapot, c’est pénible,,, voir franchement pas drôle. Un plan d'eau plat facilite grandement l'apprentissage et le plaisir.
  2. Le contrôle de l'assiette : Le principe est ultra simple. Tu sors comme en wake. Le bateau accélère à 8nds, pas plus et doucement. Tu mets la planche dans l’axe, mais décalé par rapport aux turbulences d’hélice. Tu glisses tranquille avec le poids pied avant et palonnier au niveau des côtes flottantes. Et bien si tu baisses le palo, le foil monte, si tu le lèves le foil descend. C'est ultra simple. Zéro histoire de dauphin si le pilote du bateau n’est pas un bourrin. La gestion de la hauteur de vol est donc intuitive.
  3. La vitesse et les types de pratique : La vitesse se gère sur un bateau sans souci si l'on a un gros moteur. On distingue deux types de pratiques : vers les 13/15nds pour surfer la vague et faire des courbes, ce qui est absolument fabuleux, et plus vite pour sauter, carver comme un âne et se prendre des boites. Pour les débutants, il semble que cela manque un peu de vitesse lors des premiers essais, et quand ça monte, c'est assez brusque et incontrôlé si l'on appuie trop fortement sur le pied arrière, provoquant un cabrage.
  4. Le matériel et l'expérience préalable : Pas besoin d'un gros bateau contrairement au wake ; un 60 cv 4 temps et un bateau pas trop lourd suffisent largement. Le régime moteur reste alors aux environs de 3 000 tours/min et le niveau sonore de l'ensemble n'est vraiment pas élevé. La pratique initiale du wakeboard est également un facteur important : si l'on est déjà d'un bon niveau en wake, ce sera forcément plus facile.

Les sensations procurées par le wakefoil sont souvent décrites avec lyrisme. Moi ce qui m’a le plus surpris et séduit en foil, depuis les premiers bords, après le cap, c’est le silence. Cette glisse silencieuse est absolument unique, le délicat ruissellement du spray, le chuchotement léger du vent dans les lignes, la chant des gloup gloup quand le foil se rapproche un peu trop de la surface, une symphonie de pureté qui transcende tout. Et pouvoir parler à son pote en ridant sans élever la voix, et entendre derrière soi jumper un poisson délivrant, en retard mais qu’importe, son message parfumé. La nature qui nous aime enfin, on n’y croyait plus, et qui nous le fait savoir à cette façon particulière de caresser nos tympans épanouis. Cette dimension sonore et cette pureté de la glisse confèrent une zénitude que de nombreux riders viennent y chercher et trouver, en faisant un moyen de décompresser très efficace.

La transférabilité de l'apprentissage du wakefoil au kitefoil ou au windfoil fait l'objet de discussions. Certains estiment que même si l'on semble doué derrière un bateau, on se découvrira des talents de quiche dès que l'on aura un kite en main. D'autres pensent que, une fois que l'on a un peu compris les appuis qu'il faut, cela peut constituer un moyen de progresser. Cependant, il m'est avis que l'expérience relatée par Patrice doit être remise en perspective. Le foil utilisé semble vraiment adapté pour cet usage. Les avis sont très divergents là-dessus. Pour certains, on a cru au début que cela facilitait l’apprentissage, mais au bout d’un moment il faut bien repasser par son kite en 3D, et là on reprend pratiquement tout. Pour le débutant avec un foil, ceux qui n'ont jamais fait de foil auparavant n'ont pas eu de réussite avec la population qui a voulu essayer. Le wake cable, avec sa traction vers le haut, aide beaucoup et le taux de départ des débutants en wake est bien plus élevé au cable qu’en bateau. L'intérêt du bateau se réduit après avoir trouvé les premières sensations avec le kite foil, car la plage de kitefoilage grandit énormément avec la pratique.

La différence majeure avec le kitefoil est qu’en wakefoil on n’a pas à opposer au bateau pour rider. En kitefoil, l’aile tire sous le vent et on doit opposer à l’aile pour tirer de travers et avancer. En Wakefoil, on suit le bateau dans l’axe. C'est comme si l'on était au portant complet en kitefoil avec une aile qui tracte pile ce dont on a besoin. Avec un bon pilote, c'est super simple. Cependant, quand on engage des courbes, on crée de l’opposition et on retrouve le comportement kitefoil avec les beaux dauphins et les cavitations hautes. Il est vital de faire attention aux gamelles : si on ne lâche pas la corde, les chevilles sont dotées d’une énorme extension qui fait un grooooooos porte à faux avec le foil. Le plaisir que l'on y prendra dépendra largement des capacités à waker correctement.

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