La bouteille de plongée, souvent appelée « bloc » dans le jargon des plongeurs, est l'élément indispensable permettant de stocker le mélange gazeux nécessaire à la respiration en scaphandre autonome. L’invention de la bouteille de plongée est attribuée à deux Canadiens, James Elliott et Alexander McAvity, avec un brevet déposé le 4 mars 1839 dans l'état du Nouveau-Brunswick. Ce document décrivait le concept d’une personne transportant sous l’eau une quantité d’air comprimé proportionnelle à la profondeur et au temps d’immersion prévu. Un autre brevet historique fut déposé en 1860 par Benoit Rouquayrol, marquant l'évolution technologique de cet équipement essentiel.
Les matériaux et la structure du bloc de plongée
Un bloc de plongée est constitué de deux parties principales : la robinetterie et le fût (le corps de la bouteille). Dans la majorité des cas, le fût est fabriqué en acier ou en aluminium, bien qu'il soit possible de trouver des blocs en carbone. Les bouteilles en aluminium et en carbone sont souvent choisies pour éviter le phénomène de rouille que l’on peut rencontrer sur un bloc en acier.
La fabrication des blocs suit des procédés industriels rigoureux. Pour les modèles en acier, des plaques ou des tôles sont découpées, embouties et filées pour former le cylindre, l'ogive étant ensuite soudée sur le tube. Pour les blocs sans soudure, les tubes sont coupés, chauffés par induction, puis mis en forme par fluotournage, un procédé appelé ROTH. Après fabrication, les bouteilles subissent un traitement thermique pour assurer une plus grande résistance du métal. Dans le cas des blocs acier, le culot est souvent plus épais, augmentant le poids total de 1 à 2 kg.
Dimensions, pressions et mélanges gazeux
Le volume d'une bouteille de plongée standard est habituellement compris entre 4 et 20 litres, les capacités les plus courantes étant de 12 et 15 litres. Ces réservoirs supportent des pressions de service variables : 150 bars, 200 bars, 232 bars (souvent arrondi à 230 bars) ou 300 bars. Ces hautes pressions permettent de stocker une grande quantité d’air comprimé : par exemple, 3000 litres d’air pour un bloc de 15 litres gonflé à 200 bars.
Si l’air comprimé reste le mélange le plus utilisé, les bouteilles peuvent contenir des mélanges spécifiques comme le Nitrox, l’Héliair, l’Hydrox, le Trimix ou l’Héliox afin d’améliorer certaines propriétés, comme l'augmentation des profondeurs atteignables ou la réduction des paliers de décompression. Lorsqu’un bloc est destiné à un mélange enrichi en oxygène (supérieur à 40 %), une attention particulière doit être portée à la propreté du fût, aux lubrifiants et à la qualité des joints (o-rings). Ces bouteilles doivent porter des marquages spécifiques (ex: "Oxygen", "TMx").
Lire aussi: Procédures de contrôle des gilets de sauvetage
La robinetterie : types et fonctionnement
La robinetterie permet de libérer l’air contenu dans la bouteille. Il existe deux types principaux de raccords : le DIN (Deutsches Institut Normung) et l’étrier (INT). Les robinets DIN sont habituellement plus utilisés en Europe, tandis que les robinets étrier sont plus courants en Amérique du Nord.
Certaines robinetteries disposent d'un mécanisme de « réserve ». Historiquement, il s'agissait d'un ressort taré à 30 bars qui bloquait l’arrivée d’air précocement. Bien que le terme « réserve » soit resté dans le jargon pour désigner les 50 derniers bars de pression, l'utilisation généralisée des manomètres a rendu ce système mécanique moins indispensable. Il est important de noter que le robinet, bien que non soumis à une obligation de révision stricte, doit être vérifié régulièrement pour garantir la sécurité et le confort du plongeur.
Procédure de gonflage et règles de sécurité
Pour remplir une bouteille à de telles pressions, l’utilisation d’un compresseur de plongée est impérative. Il existe deux solutions pour y accéder : l’achat personnel d’un compresseur (souvent onéreux) ou le remplissage payant dans un centre de plongée. Le gonflage n'est pas une simple opération de transfert d'air : c'est un processus encadré nécessitant une qualité d’air contrôlée, sèche et filtrée.
Lors de la première mise en service d'une bouteille neuve ou après une période d'inactivité, il est crucial de s'assurer que le matériel respecte les normes en vigueur. Dans l’Union européenne, les bouteilles sont soumises à la directive européenne 97/23/CE (PED). La fabrication et le contrôle initial incluent systématiquement une épreuve hydraulique à 1,5 fois la pression de service.
Si vous choisissez de gonfler vos bouteilles vous-même, inspectez-les régulièrement. La présence d’humidité ou d’huile à l’intérieur du fût est un facteur critique. Pour les plongeurs voyageant avec leur matériel, sachez que certains pays, comme les États-Unis, refusent parfois de recharger des blocs en acier, préférant les modèles en aluminium.
Lire aussi: Apprendre à naviguer en catamaran
Entretien et requalification périodique
En France, les bouteilles d’un volume supérieur à 1 litre sont soumises à une requalification périodique. Cette opération doit avoir lieu tous les 2 ans et consiste à réaliser une épreuve hydraulique pour vérifier la résistance du fût. Parallèlement, une inspection visuelle (T.I.V - Technicien en Inspection Visuelle) est effectuée pour détecter d'éventuelles traces de rouille ou de pollution par des hydrocarbures.
Pour le stockage, il est recommandé de conserver la bouteille droite et non couchée. L'utilisation d'un culot (pour la maintenir debout) et d'un filet de protection contre les chocs est fortement conseillée. Quant aux protections en caoutchouc installées sur le fond des bouteilles, elles font l'objet de débats : si elles protègent la peinture des chocs, elles peuvent aussi emprisonner l'humidité et favoriser la corrosion si elles ne sont pas retirées pour inspection.
Préparation du bloc avant la plongée
Apprendre à équiper son bloc est une compétence fondamentale. Avant tout montage, vérifiez la pression de la bouteille avec un manomètre pour éviter des surprises sous l'eau. Pour monter le gilet stabilisateur, placez la sortie d'air de la bouteille face à vous. Les gilets sont généralement équipés de deux boucles : une pour fixer la bouteille et une boucle de sécurité. La sangle doit être placée environ trois doigts en dessous de l’épaule de la bouteille.
Une fois le gilet en place, installez le premier étage du détendeur. Si vous utilisez un système DIN, vissez le détendeur jusqu’à la butée sans forcer excessivement. Connectez ensuite le flexible du « direct système » à l’inflateur du gilet, comme un raccord de tuyau d’arrosage. Une fois l'ensemble monté, ouvrez le robinet très doucement jusqu’à la butée, puis revenez d’un quart de tour en arrière. Cette étape permet de vérifier l'étanchéité et la pression disponible. Effectuez systématiquement un contrôle croisé avec votre binôme avant toute mise à l'eau.
#
Lire aussi: Astuces pour un décollage réussi en parapente