Le water-polo est considéré comme l’un des sports les plus physiques qui soient, requérant des qualités hors pair. Les poloïstes professionnels sont généralement de véritables forces de la nature et s’assurent, eux aussi, de travailler physiquement et notamment en musculation, pour maintenir un niveau de performance extrêmement haut. L’occasion de se demander quel type de travail est important pour une performance une fois dans l’eau ? Comme dans tout sport, le water-polo nécessite divers besoins pour un gain de performance évident. Si le physique est prépondérant, que dire du mental dans un sport aussi rude ! Avant de penser au physique pur et dur, il est donc important de comprendre les attentes que requiert un tel sport. Il faut absolument anticiper l’aspect mental et travailler à ce sujet lors de moments difficiles, à l’entraînement notamment. Ce n’est pas parce qu’il est rare de les observer dans l’eau qu’elles ne sont pas importantes dans le travail du joueur. Bien au contraire ! Le travail à effectuer est donc permanent et relativement simple à mettre en place, que l’on possède ou non un matériel de musculation. Chaque joueur le sait mieux que quiconque : ce sport est traumatisant également au niveau de l’endurance. Les longues séances de natation permettront une nage plus efficace dans le futur et également, un gain majeur en matière d’endurance. Cela peut paraître évident, mais les exercices de gainage, tout comme ceux d’étirements lors de séances spécialisées, seront bénéfiques.
Fondements physiologiques et exigences musculaires du water-polo
Le water-polo est un sport exigeant qui demande une combinaison unique de force, d’endurance et de technique. Le fait que les joueurs évoluent dans l’eau ajoute une dimension supplémentaire à l’effort physique et favorise le renforcement musculaire tout en ménageant les articulations. Quels sont exactement les muscles les plus sollicités lors de la pratique du water-polo ? Il suffit de s’attarder quelques secondes sur la morphologie des poloïstes pour s’en rendre compte : le water-polo est un sport aquatique exigeant qui permet de développer sa musculature de manière harmonieuse et de sculpter progressivement son corps.
Pour rappel, les matchs de water-polo se déroulent en piscine : deux équipes s’affrontent pour marquer le plus de points en lançant un ballon dans le but adverse. Les poloïstes doivent être capables de nager rapidement dans l’eau tout en faisant preuve de souplesse et de force pour changer de direction et réagir aux mouvements de leurs adversaires. Autrement dit, ils doivent faire preuve d’une grande endurance et être en excellente condition physique pour tenir sur la durée. Les muscles des bras, comme les biceps, les triceps et les deltoïdes, sont constamment sollicités pour propulser les joueurs à travers l’eau et pour effectuer des tirs puissants au but ou bloquer des tirs adverses.
Comme indiqué ci-dessus, le water-polo ne se limite pas aux seuls mouvements des bras. Les muscles du bas du corps jouent également un rôle crucial dans l’équilibre et la posture des joueurs. Les quadriceps, les ischio-jambiers et les muscles fessiers sont fortement sollicités lors du rétropédalage et des mouvements de battements de jambes utilisés pour se déplacer, pour changer de direction ou pour maintenir une position stable lors des phases de défense et d’attaque. Par ailleurs, le water-polo renforce les muscles respiratoires (le diaphragme et les muscles intercostaux). Vous l’aurez compris, ce qui distingue le water-polo des autres sports collectifs, c’est la résistance de l’eau. Même des mouvements simples, comme avancer ou reculer, se transforment naturellement en exercices de renforcement musculaire efficaces.
Protocoles de renforcement musculaire et prévention des blessures
Intégrer des séances de renforcement musculaire en parallèle de l’entraînement spécifique au water-polo est vivement recommandé. Ces séances permettent de cibler spécifiquement les groupes musculaires impliqués dans la pratique du water-polo et de renforcer les muscles qui travaillent le plus pendant le jeu, assure Dominique Cupillard, afin de réduire le risque de blessures, en particulier celles liées à la surutilisation ou aux déséquilibres musculaires. Les séances de renforcement musculaire peuvent inclure une variété d’exercices, tels que des squats, des fentes, des pompes, des tractions, des exercices avec des poids libres ou des machines, ainsi que des exercices de gainage et de stabilisation.
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Soyons claires : une seule séance de water-polo ne suffira pas à renforcer durablement vos muscles. Au risque de vous décevoir, vous devrez sans doute patienter quelques semaines, voire quelques mois avant de constater les premiers résultats. Là encore, la vitesse à laquelle vous observerez des changements en termes de musculation dépendra de votre condition physique initiale, de votre routine d’entraînement, de votre génétique, de votre métabolisme, de votre alimentation et de votre hygiène de vie globale. En conclusion, le water-polo est un sport complet qui permet bel et bien de développer une musculature harmonieuse et d’améliorer sa condition physique générale.
Dans une approche professionnelle, comme lors de la préparation des Jeux Olympiques, l’accent doit être mis sur la réathlétisation des blessés et sur les qualités d’explosivité. Pour pouvoir tenir, en fin de saison, des cycles intensifs de stage, il est impératif de mettre en place 2 à 3 séances de sécurité par semaine basées sur le gainage, le travail des rotateurs externes, des adducteurs et sur le travail des postures. Une longue période de préparation permet de travailler les aspects musculaires (prise de masse, force max, explosivité et endurance de force et de vitesse) et le travail de Puissance Maximale Aérobie (PMA) nécessaire à l’enchainement des matchs et des phases de jeu.
Pour une prise de masse musculaire efficace en début de saison, il est possible d'adopter un cycle d’hypertrophie couplé au développement de la force maximale. Le tempo d’exécution des mouvements peut être fixé à 3-0-1-0 afin d’optimiser le développement de ces qualités physiques en réduisant petit à petit le temps de récupération entre les séries et en augmentant progressivement le poids. Le travail d’hypertrophie sur 4 séries de 10-12 répétitions permet ensuite de passer sur 4 séries de 6-8 répétitions pour avoir une action sur le maintien de la force maximale.
Méthodologie de reprise et exercices pratiques
Comment reprendre le water-polo sans se blesser ? Quels exercices privilégier à sec et dans l’eau ? Découvrez les ficelles d'une bonne reprise au Water-Polo grâce à l'entraînement que notre coach Gilles Madelenat, ancien joueur olympique, vous a préparé.
L’importance de la respiration
On n’y pense pas assez mais c’est le B.A.BA du water polo : la clé d’un bon retour à l'entraînement est la respiration. Nécessaires pour retrouver ses capacités cardio, impératives pour retravailler la technique, une bonne oxygénation et des exercices de respiration seront la base de retrouvailles sans souffrance avec le sport. Pour cela, n’hésitez pas à regarder ce que le yoga propose.
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L’échauffement : le rituel obligatoire
Le deuxième pilier d’une bonne reprise au water polo, est de ne pas oublier l’échauffement. A sec, puis dans l'eau, cette phase de préparation musculaire et articulaire est un passage obligé.
A- L'échauffement à secPour l’échauffement articulaire, il vous faut mobiliser de manière douce et progressive toutes les articulations par des actions de rotation naturelle allant de la tête aux pieds ou l'inverse (3/4mn). Pour l’échauffement musculaire (3/4mn), vous allez effectuer des pressions de 3 à 4 secondes des muscles pectoraux droit et gauche au niveau de la main, puis des triceps fortement sollicités en natation, et enfin des avant-bras pour ce qui est des membres supérieurs. Pour les membres inférieurs, la démarche est la même au niveau des quadriceps, ad et abducteurs ainsi que les ischios jambiers. Enfin pour terminer, un travail de gainage préventif est essentiel :
- Dans un premier temps, travaillez les abdos du haut de la paroi abdominale par des relevés de buste (dos au sol, jambes fléchies à 90 degrés, mains derrière la tête, coudes écartés, sans rapprocher votre menton de la poitrine, en expirant à la montée tout en retenant la descente en inspirant) : en faire 15/20 répétitions.
- Dans un second temps, les abdos du bas en faisant des relevés de jambes sur la poitrine toujours de la même position initiale, avec les mains pouvant être au niveau du haut des fessiers ou à côté du corps. Expirez pendant le relevé et inspirez en retenant la descente.
- Pour terminer, n’oubliez pas les obliques en réalisant 10/15 répétitions de chaque côté en essayant de rapprocher main derrière la tête votre coude vers le genou de la jambe opposée, posée au niveau de la cheville sur l'autre posée, fléchie au sol ; en expirant toujours à la montée, et en inspirant pendant la descente que l'on retient.
- Libre à vous de faire également quelques lombaires à plat ventre, bras et jambes tendues, en faisant légèrement décoller du sol en même temps bras droit/jambes gauche et inversement (20 répétitions).
B- L'échauffement dans l'eauUne fois l’échauffement à sec terminé, il est temps d’enfiler votre bonnet de bain et vos lunettes. En fonction de votre niveau et condition générale, vous pouvez adapter les distances et le rythme :
- 200/400m crawl (cr) souple bien nagé.
- 100m 4 nages jambes (ondulations ou rétro, battements dos, ciseaux brasse, battements de crawl) avec planche ou non.
- 100m 4 nages éducatif (Ex : remplacer les bras de papillon par crawl, dos, brasse, crawl).
- 100m 4 nages nage complète.
Travail spécifique et retour au ballon
Une fois les muscles chauds, il est temps de passer sur le travail spécifique au water polo : des éducatifs, des exercices de respiration et, enfin, le retour du ballon.
A- Les éducatifsPour retrouver du confort dans son crawl polo, Gilles Madelenat propose trois éducatifs :
- 100m cr (25m bras droit, 25m bras gauche, 25m en rattrapé, 25m normal).
- 100m brasse (25m avec un mouvement de brasse complète bras et jambes + un ciseau seul, 25m avec un mouvement de brasse complète + un mouvement de bras seul) X 2.
- 100m dos (25m bras droit, 25m bras gauche, 25m dos à 2 bras, 25m dos normal).
B- Récupération des capacités pulmonairesPour poursuivre le travail dans l’eau, effectuez une série de 200/300 m : 50 m brasse respiration 2 temps (c'est à dire un mouvement de brasse normal + un mouvement de brasse sous l'eau sans respirer) + 50 m crawl respiration 5 temps (c'est à dire une inspiration tous les 5 mouvements de bras), le tout X 2 ou X 3.
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