Depuis ses origines hawaïennes jusqu’à l’engouement de l’après-guerre pour le surf, ce sport a été un défi à l’éthique calviniste du travail et aux pressions commerciales du capitalisme. Mais ces forces sociales délétères pourraient finalement réussir à éteindre l’esprit du surf. Cet article explore les racines culturelles et historiques de ce phénomène, en mettant en lumière la transformation du surf d'une pratique ancestrale à un symbole de rébellion et de liberté, tout en examinant l'évolution de l'image du surfeur à travers les époques.
Le surf : une histoire de rébellion et de liberté
Le surf, bien plus qu'un simple sport, est une communion avec la nature et les forces de l'univers. Les surfeurs, en défiant les vagues, se connectent à une énergie primordiale, une danse éphémère où chaque vague est unique. Cette connexion profonde a conduit des générations de surfeurs à faire des sacrifices matériels pour être au bon endroit, au bon moment, afin de vivre ces instants de bonheur transcendantal.
Les racines hawaïennes du surf
Diverses formes de surf remontent à des siècles dans ce qui est aujourd’hui le Pérou et l’Afrique de l’Ouest, mais les origines de ce que la plupart des gens considèrent comme le surf, s’allonger sur une planche et pagayer avec les bras dans une vague, sont indéniablement hawaïennes. Les femmes et les hommes de toutes les classes sociales pratiquaient le surf, mais certains affirment que les meilleures vagues étaient réservées aux ali’i, l’élite sociale indigène de Hawaï. Le surf était bien plus qu'un simple loisir ; il faisait partie intégrante de la culture et de l'identité hawaïennes.
La commercialisation du surf et la résistance
Depuis plus de deux siècles, le capitalisme industriel occidental mène une guerre contre l’âme du surf. La commercialisation du surf en tant que marchandise a une résonance culturelle beaucoup plus large. Comme le dit Cornel West : « L’une des façons dont le capitalisme se reproduit est la marchandisation de tout et de tous ». Au XIXe siècle, les missionnaires protestants ont méprisé le surf sur les vagues et d’autres aspects du mode de vie athlétique des indigènes, qu’ils considéraient comme de la paresse et de la folie païennes.
Cependant, lorsque le roi David Kalākaua monta sur le trône dans les années 1870, il fit renaître le surf. Les colons haole renversent la monarchie en 1893 et instaurent une république de colons suprémacistes blancs. En 1898, les États-Unis ont officiellement, bien qu’illégalement, annexé l’archipel. Ironiquement, c’est le capital occidental qui a relancé le surf au début du XXe siècle. Lorsque Alexander Hume Ford s’est installé à Hawaï en 1907, il a été captivé par le surf et utilisa le surf pour attirer les investisseurs occidentaux sur le territoire.
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L'essor de la culture surf dans les années 1960
La popularité du surf a explosé dans les années 1960, lorsque les baby-boomers sont entrés dans l’adolescence. La culture du surf s’inscrivait parfaitement dans l’éthique générale de la liberté et de la rébellion des jeunes. Nombreux sont ceux qui ont romancé l’image du surfeur comme étant l’ultime décrocheur. Il est devenu cool de ressembler à un surfeur, même si l’on ne sait pas de quel côté de la planche mettre la wax.
Des figures de la contre-culture et de l’anti-héros, comme Miki Dora de Malibu, se sont ouvertement opposées à la popularité de masse du surf, alors que des novices amateurs de sports nautiques, souvent issus des communautés méprisées des vallées intérieures, envahissaient leurs plages bien-aimées. Miki Dora détestait la marchandisation de la culture surf et qu’il a donc tenté de la sauver en la rendant invendable.
Le surfeur moderne : entre tradition et transmodernité
Aujourd’hui, le surfeur moderne est un waterman, une personne en prise avec un territoire, souvent fier de son patrimoine et cherchant à intégrer cet héritage dans ses pratiques quotidiennes ou au sein d’associations culturelles ou écologiques. Le waterman incarne une approche transmoderne du surf et de ses dérivés.
Le waterman, qu’il soit hawaïen, basque ou breton, ne ressemble pas à la figure du rebelle ; c’est une personne en prise avec un territoire, souvent fier de son patrimoine et cherchant à intégrer cet héritage dans ses pratiques quotidiennes ou au sein d’associations culturelles ou écologiques. La construction de l’identité du waterman moderne se fait dans la transversalité entre loisirs et sociétés. Cette nouvelle figure de sportif, en faisant le lien entre le passé et le présent, construit l’avenir des sports côtiers, en modernisant l’offre de pratique sportive tout en respectant les principes du développement durable.
Les cheveux longs : un symbole d'identité et de liberté
L'image du surfeur aux cheveux longs et blonds, décolorés par le soleil et le sel, est un stéréotype tenace. Pourtant, cette apparence est loin d'être anodine. Les cheveux longs sont un symbole d'identité, de liberté et de rébellion contre les normes sociales. Ils représentent un mode de vie décontracté, en harmonie avec la nature et détaché des contraintes du monde moderne.
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L'entretien des cheveux longs des surfeurs
Les cheveux des surfeuses font l’objet d’un réel entretien. Avant chaque séance de sport, les surfeuses appliquent un sérum protecteur pour protéger les fibres capillaires contre le soleil. Après la session, elles lavent leur crinière avec du shampoing doux et d’origine naturelle. Dès la sortie de l’eau, la plupart des surfeuses appliquent directement de l’huile de Kérastase. Elles font également un masque naturel à base d’aloe vera, d’huile de coco ou encore d’huile d’argan une fois par semaine. Il existe également des sprays que l’on peut vaporiser sur les cheveux humides afin de les protéger au mieux. Aussi, la brosse démêlante fait partie des accessoires indispensables d’une surfeuse.
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