Les Jeux olympiques de Paris 2024 ont attiré une attention particulière sur la natation, notamment grâce aux performances exceptionnelles de Léon Marchand. Au-delà des exploits des athlètes, les routines de préparation des nageurs suscitent la curiosité. Une question revient fréquemment : pourquoi les nageurs se tapent-ils le corps avant de plonger ? Cet article vise à éclaircir cette pratique courante.
Les routines d'échauffement des nageurs de haut niveau
Les nageurs de haut niveau suivent des routines d'échauffement spécifiques pour se préparer physiquement et mentalement à la compétition. Parmi ces routines, l'une des plus visibles est le fait de se taper le corps, en particulier les pectoraux, les bras et les jambes.
L'augmentation de la circulation sanguine
Se taper le corps aide à augmenter la circulation sanguine vers les muscles. En stimulant la circulation, les nageurs s'assurent que leurs muscles sont bien oxygénés et donc prêts à fournir un effort intense. Cette action peut être considérée comme une forme d'échauffement qui permet également de prévenir les crampes et les blessures musculaires pouvant survenir si les muscles ne sont pas suffisamment chauds et flexibles.
La stimulation physique des muscles
Se taper le corps avant de plonger permet également de stimuler physiquement les parties frappées. Ce geste permet de "réveiller" les muscles et de les mettre en alerte afin que les nerfs puissent réagir le plus rapidement possible au signal de départ.
L'importance de la doudoune
Les nageurs portent également une doudoune jusqu'au moment de monter sur le plot de départ. Cette habitude, qui peut sembler contre-productive en période estivale, est essentielle pour maintenir les muscles échauffés. Les nageurs doivent rester au chaud pour que leurs muscles ne perdent pas le bénéfice de l'échauffement. Les compétitions de natation incluent souvent des périodes d'attente prolongées, notamment dans des chambres d'appel où la température peut être assez fraîche. En portant une doudoune, les nageurs préservent ainsi leur chaleur corporelle, empêchant une baisse de température qui pourrait grandement affecter leurs performances.
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L'activation du système nerveux
Selon Cyril Vieu, préparateur physique de l'équipe de France, "claquer les masses musculaires active le système nerveux". Une bonne claque permet au muscle d'être bien réveillé pour réagir au signal de départ et donner la pleine puissance qui va lui être demandée pendant la course.
L'habitude des sprinteurs
Ce travail sur la tonicité est particulièrement utile sur les courtes distances, où il faut donner son maximum pendant une poignée de secondes. Antoine Fournot, préparateur physique de l'équipe de France junior, explique que "sur des courses de 50, 100 mètres, il faut être assez disponible nerveusement et physiquement en amont. Si on arrive tout mou derrière le plot, ça va être compliqué".
Chez les sprinteurs, la stimulation musculaire s'accompagne le plus souvent d'un travail sur la mobilité. L'Américain Caeleb Dressel, adepte des coups sur les pecs, est aussi connu pour réaliser un grand saut vertical avant de monter sur le plot. Ces grands mouvements peuvent permettre de libérer un trop-plein d'énergie ou de se détendre après la chambre d'appel, qui peut être stressante.
A contrario, il est plus rare d'observer un demi-fondeur s'agiter autant sur la ligne de départ. Sur de plus longues distances, il est plus judicieux de poser sa nage et de se concentrer sur sa respiration, selon les préparateurs.
Une routine propre à chacun
Cet ultime échauffement avant de monter sur le plot reste propre à chacun. Les routines varient donc d'un nageur à un autre. Si, à la sortie de l'entraînement dans l'eau, les entraîneurs proposent des exercices standardisés à leurs poulains (des jeux de réflexe pour activer le système nerveux, ou du travail musculaire à l'aide d'un élastique), une fois dans la chambre d'appel, les athlètes se retrouvent seuls.
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Pendant ce temps d'attente, où la pression monte, l'autre enjeu est mental : rentrer dans sa bulle et y rester. Il n'existe pas de recette miracle à suivre pour réussir sa routine d'avant-course. Chacun se conditionne tout au long de sa carrière à entrer dans l'arène.
La part de superstition
Jérémy Stravius, champion olympique en relais 4x100m nage libre aux Jeux de Londres en 2012, explique qu'"à force de répéter sans cesse la même gestuelle, ça en devient une habitude". Il se souvient qu'entre la chambre d'appel et le plot de départ, il faisait beaucoup de rotations de bras et d'épaules, avec toujours le même nombre de mouvements, et qu'il s'étirait beaucoup aussi. Il y a un peu de superstition. Ça rassure.
Une stratégie de déstabilisation
Faire étalage de ses qualités athlétiques, bomber le torse et taper du poing sur les pecs avant le départ peut également s'inscrire dans une stratégie de déstabilisation. Cyril Vieu rappelle que "c'est un peu un combat de coqs. Il faut être le plus fort. Il peut y avoir un peu d'intox vis-à-vis des adversaires, d'où l'importance de se concentrer sur soi". Il estime toutefois que jouer un rôle est à double tranchant, car à trop en faire pour impressionner la galerie, le risque est d'y laisser de l'influx nerveux.
Les différents types de départs en natation
Il existe différents types de départs en natation :
- Les départs plongés de crawl, de brasse, de papillon.
- Le départ dans l'eau du dos.
Pour les départs plongés, c'est le départ accroché, de l'anglais « grab start », qui est uniformément appliqué parce qu'il permet une mise en action très rapide. Les pieds sont décalés, et le nageur est en extension, tête dans l'axe. La trajectoire du corps dans l'air se compose de deux phases, l'une ascendante et l'autre descendante. Le nageur passe tout entier dans le trou d'eau fait par les mains. Si le premier nageur d'un relais peut utiliser le "grab start", les suivants devraient quant à eux prendre leur élan puisqu'ils peuvent se mettre en mouvement avant l'arrivée de leur équipier. Le nageur qui prend le relais peut, à l'aide d'un moulinet de bras, prendre plus d'élan pour une meilleure poussée sur le plot qui va lui permettre une plus grande vitesse de départ et une plus grande inertie à l'entrée dans l'eau. Le nageur qui prend le relais peut prendre son élan avec ce moulinet de bras au moment où le bras du nageur qui arrive sort de l'eau pour toucher le mur. Un entraînement est nécessaire pour affiner les automatismes entre les nageurs et pour faire en sorte que les prises de relais soient excellentes sans être « volées ».
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Pour les courses de Nage Libre, de Brasse, de Papillon et de Quatre Nages Individuel, le départ doit s'effectuer par un plongeon. Au long coup de sifflet du juge-arbitre, les nageurs doivent monter sur le plot de départ et y rester. A la commande "Take your marks" ("à vos marques" en français) du starter, ils doivent immédiatement prendre une position de départ avec au moins un pied à l'avant des plots de départ. La position des mains est indifférente.
Le départ en Dos et dans les courses de Relais 4 Nages se fait dans l'eau. Au premier long coup de sifflet du juge -arbitre, les nageurs doivent immédiatement entrer dans l'eau. Au deuxième long coup de sifflet, les nageurs doivent retourner sans délai à leur position de départ. Lorsque tous les nageurs ont pris leur position de départ, le starter doit donner l'ordre " Take your marks ". Tout nageur partant avant le signal de départ sera disqualifié. Si le signal de départ est émis avant que la disqualification ne soit déclarée, la course continuera et le nageur ou les nageurs seront disqualifiés à la fin de la course. Si la disqualification est déclarée avant le signal de départ, le signal ne doit pas être donné, mais les nageurs restant doivent être rappelés, et le starter redonne le départ.