La multiplication des restrictions concernant les véhicules nautiques à moteur (VNM), incluant les jet-skis et scooters nautiques, marque un tournant dans la gestion des espaces littoraux et lacustres. Si cette tendance est souvent perçue comme une mesure radicale, elle s'inscrit dans une volonté croissante des autorités de concilier sécurité des usagers, préservation des écosystèmes et apaisement des conflits d'usage sur des plans d'eau de plus en plus fréquentés.
Le cadre réglementaire des VNM : l'exemple du Léman
Le Léman illustre parfaitement la complexité de cette transition réglementaire. Depuis le 1er juin, le nouveau règlement de navigation sur le Léman, également appelé RNL, est entré en application. La Préfecture de Haute-Savoie précise le cadre de cette interdiction : "ce règlement édicte les principales règles de navigation sur l’ensemble du plan d’eau. Une des évolutions majeures du nouveau RNL est l’instauration de l’interdiction de la circulation des véhicules nautiques à moteur (VNM) dont font partie les jet-skis et scooters nautiques - sur l’ensemble du lac."
Cette interdiction, qui concerne désormais la partie française, s'aligne sur les règles déjà en vigueur sur la partie suisse, s'appuyant sur un accord bilatéral entre les autorités. Toutefois, l'application de cette mesure fait l'objet de débats. Des contrôles seront régulièrement effectués par la brigade nautique de la Gendarmerie nationale d’Evian-les-Bains, et les contrevenants seront passibles d’une contravention de 3ème classe. Le contexte historique de cette décision est marqué par quatre ans de tentatives préfectorales pour restreindre l'activité. Après avoir été retoqué par la justice administrative sur l'interdiction qui datait de 1989, le préfet avait mis en place en 2014 des restrictions de pratique qui n'ont pas été appliquées car les engins électriques autorisés n'existent pas encore sur le marché.
Certains acteurs, comme Pascal Guarniéri, gérant du Sealac Jet Club ouvert en 2015, contestent la légitimité de ce nouvel arrêté. Pascal Guarniéri affirme avoir été contrôlé sans qu'aucune contravention ne lui ait été signifiée, arguant qu'il détient les textes nécessaires pour poursuivre son activité de location, d'initiation et de randonnée.
La montée des restrictions sur le littoral méditerranéen et atlantique
Au-delà des lacs, le littoral français fait face à une pression touristique intense. Longtemps tolérés malgré les nuisances qu’ils génèrent, les jet-skis sont désormais dans le viseur de nombreuses communes littorales. En Méditerranée comme sur la côte Atlantique, plusieurs ports ont décidé d’en restreindre ou d’en interdire l’usage, notamment en été.
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À Frontignan-la-Peyrade, dans l'Hérault, les autorités ont adopté un arrêté interdisant toute navigation de jet-skis du 1er juillet au 31 août dans l’enceinte du port et la cale de mise à l’eau, incluant le stationnement des remorques. Les motifs invoqués sont la sécurité des usagers et la congestion estivale. L'intensité de la circulation maritime, professionnelle et de plaisance, est jugée incompatible avec l’usage sécurisé des jets dans ces zones.
Sur la façade atlantique, Arcachon et le Cap Ferret interdisent depuis 2024 les jet-skis privés du 15 juin au 15 septembre, ne laissant la navigation qu’aux professionnels. Cette décision fait suite à une série d'accidents graves, dont un accident mortel à Arcachon en 2024, et à une augmentation significative des opérations de secours liées aux jet-skis, passées de 34 en 2022 à 55 en 2023. Face à ces tensions, certains constructeurs, comme Sea-Doo, tentent de promouvoir une navigation plus responsable via des programmes de formation comme « Eau 101 », axés sur la sécurité et la préservation de l'environnement.
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