L'art de la navigation : comprendre le croisement des pales de pagaie en kayak

Le kayak est une activité nautique passionnante qui permet d’explorer rivières, lacs et mers en toute liberté. Il n'y a pas de meilleure façon de passer un après-midi d’été qu'avec le soleil qui réchauffe la peau et une pagaie dans les mains. Cependant, pour profiter pleinement de cette expérience, il est essentiel de comprendre l'outil qui vous propulse. Après le kayak lui-même, c'est la pagaie qui a le plus d'impact sur vos performances sur l'eau. Parmi les réglages techniques les plus débattus, la question du croisement des pales (ou le « feathering ») occupe une place centrale, influençant à la fois l'efficacité aérodynamique, la fatigue physique et la précision du geste.

La mécanique du croisement des pales

Outre les questions de matériaux, il est important de prendre en compte la possibilité de « feather » (plumer) une pagaie. Les pales des pagaies appariées, ou non plumées, sont égales le long de l’axe central de la pagaie, alors que les pales plumées ne le sont pas. Au contraire, les pales en plumes sont décalées les unes par rapport aux autres, ce qui améliore l’efficacité de la pagaie en réduisant la résistance au vent. Cet angle permet à la pale aérienne d’être horizontale pour ne pas prendre le vent quand la pale immergée est verticale.

L'angle de croisement correspond à l’angle qui existe entre des pales qui ne sont pas sur le même plan. Les pales parallèles sont dites « en drapeau », alors que celles qui n’ont pas la même orientation sont dites « croisées ». Certains kayakistes affirment que les pagaies à pales croisées résistent bien au vent. Cela est vrai quand le vent est de face, mais ce n’est pas celui-là qui perturbe l’équilibre du kayak. Avec un fort vent latéral, il est fréquent de voir des débutants se faire « embarquer » par leurs pagaies croisées et finir à l’envers. C'est en fait une sensation contre-intuitive et qui peut s'avérer dangereuse.

L'impact ergonomique et le mouvement du poignet

L’angle entre les pales (souvent 60° mais il peut varier entre 45° et 90°) permet à la pale hors de l’eau d’offrir moins de prise au vent, mais cet angle induit un mouvement du poignet qui est souvent la source de douleurs. Il faut éviter de trop casser le poignet pendant le pagayage. Les mouvements, effectués des milliers de fois en randonnée, sont souvent la source de tendinites (souvent au niveau du poignet et du coude). Les tendinites sont très fréquentes surtout pour les pagayeurs peu expérimentés.

Pour maulen, l'usage d'une pagaie décroissée (que l'on peut facilement recroiser si nécessaire) semble être une alternative. Même chose que mau.len : douleurs au poignet. Par contre, dans le DVD de Brent, il me semble qu’il explique qu’un mouvement important du « cassage de poignet » est dû à une mauvaise sortie de la pale côté gauche. Si l'on débute seul, on peut avoir tendance à casser le poignet droit pour rentrer la pale gauche dans l’eau en étant carré. Pour avoir un maximum de puissance, on peut utiliser l’ensemble du corps. Pour cela, on penchera le corps en avant pour aller chercher loin devant, et ramener la pale en reculant également le dos en même temps que l’on tourne les épaules. Essayez de peu plier les coudes et de casser le moins possible les poignets. Les mains doivent être lâches (pas crispées sur le manche). Pour bien relâcher, on peut prendre l’habitude d’ouvrir la main du côté qui pousse. Il y a donc une alternance d’ouverture et de fermeture de chaque main.

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Réglages et adaptabilité selon la pratique

La pratique du kayak influence directement le choix de cet angle. Pour la pratique du kayak réactif en eau vive, privilégiez un angle entre 0 et 45° pour votre pagaie de kayak afin de moins perdre de temps et d’économiser vos mouvements de rotation du poignet. Pour la pratique du kayak randonnée / touring, optez pour un angle entre 45 et 90° dans le but de limiter la prise de vent et d’éviter une perte d’énergie.

Certains préfèrent des angles spécifiques selon la discipline : pagaie croisée à 70/75° grand max en slalom et pagaie pour le waveski, 45° pour la pagaie de mer et la pagaie cuillère. Les pagaies démontables dotées d’une virole médiane, quant à elles, peuvent être assemblées avec ou sans angle de croisement. Le type de virole détermine l’angle de croisement. Dans le cas des viroles à bouton-pression, l’angle de croisement peut être prédéfini (variant entre 60 et 75 degrés) ou ajustable par incréments de 15 degrés.

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