Définition du port du voile non légiféré en Islam

Le port du voile est un sujet complexe et souvent débattu au sein de l'islam et dans le monde entier. Il est essentiel de comprendre les différents aspects de cette pratique, en s'appuyant sur les sources scripturales et les interprétations des savants musulmans. Cet article vise à définir le port du voile non légiféré, en explorant les versets coraniques pertinents, les hadiths (paroles et actions du Prophète Muhammad), ainsi que les opinions des érudits.

Exigences islamiques concernant l'habillement de la femme musulmane

Selon les enseignements islamiques, l'habillement de la femme musulmane doit répondre à certaines exigences spécifiques.

  1. Amplitude et couverture du corps : L’habit de la femme musulmane doit être ample et couvrir tout le corps du regard des hommes ne faisant pas partie de son entourage (mahram).

  2. Non-moulant : Il ne doit pas être moulant de façon à ne pas épouser les formes du corps. Selon un hadith, les femmes qui portent des vêtements qui les dévoilent sont considérées comme "vêtues, mais dénudées" et ne pourront pas entrer au paradis. Cela consiste à mettre soit des vêtements légers et transparents qui laissent entrevoir la peau, ou soit un habit serré qui épouse les formes du corps comme les fesses, les avant-bras, ou autre. Or l’habit de la femme doit la couvrir (de la tête au pied) de sorte qu’il ne laisse entrevoir ni la peau ni les formes, pour être épais et large.

  3. Distinction de l'homme : La femme doit absolument se distinguer de l’homme au niveau de l’apparence, de sorte qu’elle doit se couvrir et se voiler pour ne pas ressembler aux hommes. Il devient évident que les vêtements utilisés en général par les hommes, deviennent interdits pour les femmes. Si à la fois dans son apparence, la femme manque de pudeur et ressemble aux hommes, l’interdiction s’étend à ces deux domaines, mais certes Allah seul sait.

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  4. Le Jilbab : La tunique (jilbab) correspond au manteau (malâa), c’est ce qu’ibn Mas'ud appelle le pardessus (ridâ), alors qu’elle est couramment désignée par le bas ou la cape (izâr). C’est une longue cape qui couvre la tête et le reste du corps.

Versets coraniques relatifs au voile

Le Coran contient plusieurs versets qui traitent de la pudeur et de l'habillement des femmes.

  1. Sourate An-Nur (24:31) : "Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines ; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu'elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu'elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l'on sache ce qu'elles cachent de leurs parures."

    Ce verset enjoint aux femmes de couvrir leurs seins avec un voile (khîmar) et de ne montrer leurs ornements qu'à certaines personnes spécifiées. Le terme "khîmar" désigne un foulard ou une écharpe que les femmes portaient à l'époque. Le Coran invite les croyantes à rabattre les pans de leurs écharpes ou khimar sur leur poitrine (jouyoubihina) afin de dissimuler la partie haute de leurs bustes et ce, quand elles doivent sortir dans l’espace public.

  2. Sourate Al-Ahzab (33:59) : "Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées."

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    Ce verset encourage les femmes à se couvrir avec leurs mantes (grands voiles) afin d'être reconnues et protégées. Il est important de noter qu'il existe différentes interprétations de ce verset, certains savants considérant qu'il s'agit d'une recommandation et non d'une obligation stricte.

Différentes interprétations du voile

Il existe différentes interprétations des versets coraniques relatifs au voile.

  1. Obligation canonique vs. protection : Certains savants considèrent le port du voile comme une obligation canonique, tandis que d'autres le voient comme un moyen de se protéger, en particulier dans un contexte social où les femmes étaient vulnérables aux agressions.

  2. Circonstanciel vs. absolu : Certains érudits estiment que les versets sur le voile sont circonstanciels et liés au contexte du VIIe siècle à Médine, où il était nécessaire de protéger les musulmanes des agressions. D'autres considèrent qu'il s'agit d'une obligation absolue qui s'applique à toutes les femmes musulmanes en tout temps et en tout lieu.

  3. Degré de couverture : Les opinions divergent également sur le degré de couverture requis. La majorité des exégètes et savants musulmans concluent que les croyantes doivent couvrir leurs cheveux par un khimar et ne laisser paraître que leur visage et leurs mains. Une minorité des savants appartenant à l’école Hanbalite préconise que les femmes doivent se couvrir entièrement et que même les mains et le visage doivent être dissimulés, car faisant partie de ces « atours » décrits par le Coran. C’est cette même école qui prescrit donc le Niquab ou la Burqua et qui considère que tout le corps des femmes est « illicite » à voir.

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Définition du port du voile non légiféré

Le port du voile non légiféré peut être défini comme une pratique qui s'écarte des exigences et des principes établis par les sources scripturales et les interprétations des savants musulmans. Cela peut inclure les aspects suivants :

  1. Non-respect des conditions du voile : Parmi les 8 conditions du voile, le fait qu’il ne soit pas parfumé ! Il est formellement interdit à la femme de sortir parfumé de son foyer. La raison de son interdiction est claire, car il éveille les désirs! Que ce soit un vêtement de luxe ou un vêtement laid. Il n’y a aucune différence entre celui qui porte un vêtement de luxe ou un vêtement médiocre, un vêtement semblable ou différent à celui des gens.

  2. Ressemblance aux hommes ou aux non-musulmanes : Il est interdit à la femme de se vêtir d’un habit dont le genre et la forme sont réservés aux hommes. C’est pourquoi, parmi les 8 conditions du voile, il y a l’interdiction que ce vêtement ressemble à celui des non musulmanes. C’est à dire un vêtement de mode, de renom. La connaissance des gens étant le but principale de cet habit.

  3. Exhibition de la parure : Parmi les actes qui font que la femme soit maudite : c’est qu’elle fasse paraître sa parure comme : son or, ses perles, son parfum lorsqu’elle sort de chez elle. Ainsi que, lorsqu'elle porte des vêtements en tissu de soies, des robes courtes et des manches larges et longues. Tout cela fait partie du (tabaroj) qu'Allâh déteste ici-bas comme dans l'au-delà.

  4. Transparence ou moulant : «J’ai vu Hafsa bint ‘AbdoulRahman bin Abou Bakr entrée chez ‘Aïcha, elle (Hafsa) portait un voile fin et transparent. Car s’il est proche du corps, il dessinera le corps de la femme .

Hijab vs. Khimar : une distinction importante

Il est important de noter la distinction entre les termes "hijab" et "khimar". Le terme "hijab" désigne en arabe rideau, séparation, cloison, autrement dit, tout ce qui cache et dissimule quelque chose. Le terme de khoumourihina pluriel de khimar évoqué dans ce verset désigne le foulard ou écharpe que portaient en ce temps là les femmes dans la péninsule arabique mais aussi dans toutes les autres civilisations de l’époque. Le Coran invite les croyantes à rabattre les pans de leurs écharpes ou khimar sur leur poitrine (jouyoubihina) afin de dissimuler la partie haute de leurs bustes et ce, quand elles doivent sortir dans l’espace public.

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