Prévention, causes et conséquences des accidents en plongée sous-marine

La plongée sous-marine est une activité de loisir relativement sans danger pour les personnes en bonne santé qui sont bien informées et ont reçu un entraînement adéquat. Cependant, le milieu subaquatique impose des contraintes physiologiques et environnementales spécifiques qui exigent une vigilance constante. Pour pratiquer cette discipline en toute sécurité, il est crucial de comprendre la physiologie humaine sous pression, de maîtriser les procédures de sécurité et de savoir identifier les risques potentiels.

Physiologie et mécanismes de l'accident de décompression

L’accident de décompression (AD) est une pathologie touchant les tissus d’un organisme vivant, causée par une mauvaise décompression lors d’une remontée. Il s’agit d’une difficulté d’adaptation entre la pression dans une cavité et la pression externe. Les gaz sont compressibles avec l’augmentation de la pression, diminuant de volume, alors que les tissus ne sont pas compressibles. Il arrive parfois qu’un AD survienne même si les procédures habituelles de décompression ont été respectées, car l’être humain n’est pas considéré comme un modèle mathématique.

L’AD se catégorise en deux types : type I et type II. L’accident de type I présente souvent une douleur locale près des articulations, pouvant devenir insupportable, ou des symptômes cutanés comme de l’enflure, une rougeur ou une coloration marbrée. L’accident de type II touche la moelle épinière ou le système nerveux central et est très sérieux. Les symptômes d’AD se manifestent habituellement peu de temps après une plongée ou une exposition à la pression, 99 % survenant en moins de 24 heures. Si la décompression requise a été écourtée ou omise, le plongeur peut souffrir d’un AD avant d’atteindre la surface.

Parmi les autres mécanismes, l’embolie gazeuse artérielle est tout aussi grave que l’AD mais plus immédiate. En apnée, la diminution du volume pulmonaire lors de la descente facilite la redistribution des volumes sanguins périphériques vers le thorax, un mécanisme appelé "blood shift" qui, associé à une augmentation de la pression, peut entraîner des risques liés à la toxicité des gaz.

Les facteurs de risque et la gestion du stress

La plongée est une activité de loisir, mais elle implique des domaines de risque : l’humain, le matériel, la technique et l’environnement. Le stress est une émotion caractérisée par un état désagréable d'agitation intérieure, souvent lié à l'attente d'une menace future. La panique est une forme plus intense de stress, une poussée de peur soudaine qui peut entraîner une fuite totale et des comportements inefficaces, identifiés par les chercheurs comme la cause principale des décès en plongée.

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La panique peut être intense, provoquant une remontée rapide ou une recherche frénétique d'air, ou passive, où le plongeur semble calme, perd son détendeur et finit par s'enfoncer. La perte de repères, la désorientation et la privation sensorielle sont des facteurs déclenchants courants. Les plongeurs professionnels, tout comme les amateurs, doivent apprendre à gérer ces situations pour éviter l'épuisement. Des conditions comme l’eau froide, le travail difficile ou le courant exigent des efforts excessifs qui augmentent les risques d’accident et favorisent l’hypothermie, laquelle peut compromettre les facultés mentales et la dextérité.

L'utilisation de drogues, de sédatifs et d'alcool est strictement déconseillée, car ces substances peuvent avoir des effets imprévisibles en profondeur. Une mauvaise évaluation du stock d'air est également un facteur accidentogène majeur, responsable de pannes d'air entraînant des ruptures de palier et des remontées incontrôlées.

Signes cliniques et diagnostic différentiel

Une grande variété de symptômes peut annoncer l'AD, certains étant évidents, d'autres discrets. Chez les plongeurs sportifs, les symptômes neurologiques sont prédominants dans 80 % des cas traités en caisson hyperbare. Chez les plongeurs professionnels, la douleur est le symptôme le plus fréquent. Elle semble provenir du centre des os, se concentre près d'une articulation et peut être confondue avec une entorse ou une contusion.

Les symptômes d'AD grave, par ordre de fréquence, incluent l'engourdissement, l'étourdissement, les troubles de la vision, la paralysie, la perte de conscience et l'essoufflement. Une douleur abdominale peut signifier que la moelle épinière est touchée et doit être considérée comme un symptôme grave. En cas de doute quant à l'origine de la condition, il faut supposer qu'il s'agit d'un AD et contacter le Centre de médecine de plongée du Québec.

Procédures de prévention et bonnes pratiques

Pour minimiser les risques, les plongeurs doivent respecter plusieurs mesures de précaution fondamentales :

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  • Égaliser la pression dans les espaces remplis d'air, comme le masque et l'oreille moyenne.
  • Éviter de retenir leur respiration et respirer normalement durant la remontée, qui ne doit pas dépasser 0,15 mètre par seconde.
  • Respecter tous les paliers de décompression, incluant un palier de sécurité de 3 à 5 minutes à 4,6 mètres.
  • S'abstenir de prendre l'avion pendant 12 à 24 heures après une plongée.

La formation continue est indispensable. Le choix du centre de plongée ne doit pas se faire sur les tarifs, mais sur l'état du matériel et l'expérience du staff. La plongée au Nitrox, avec des mélanges enrichis, permet de prolonger les durées d'immersion tout en limitant les paliers, à condition d'adapter ses habitudes. Une bonne hygiène de vie, une condition physique entretenue et l'hydratation régulière sont tout aussi essentielles, l'air respiré en plongée étant très sec.

Contre-indications médicales et évaluation des risques

Certaines conditions médicales augmentent considérablement les risques d'incidents. Parmi les contre-indications majeures, on trouve les troubles cardiaques (maladie des artères coronaires, insuffisance cardiaque), les affections pulmonaires (asthme, BPCO, antécédents de pneumothorax), le diabète traité par insuline et l'obésité. Les troubles neurologiques ou les antécédents de convulsions sont également des facteurs limitants.

Avant de pratiquer la plongée, il est recommandé de consulter un médecin familiarisé avec cette activité pour évaluer sa condition physique. Les plongeurs professionnels peuvent être soumis à des examens médicaux complémentaires, incluant des épreuves d'effort et des examens de la fonction pulmonaire et cardiaque. En cas d'hésitation due à la fatigue, à la météo ou au stress, il est préférable de renoncer à la plongée ; savoir dire non fait partie intégrante de la sécurité.

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