La Normandie, région côtière située au nord-ouest de la France, composée de la Basse-Normandie et de la Haute-Normandie, est bordée à l’ouest par la Manche, la mer la plus septentrionale de l’Atlantique. La plongée sous-marine y est une activité populaire, grâce à la beauté des fonds marins et à la diversité des espèces vivantes. Si vous avez toujours rêvé un jour de faire de la plongée et d’explorer des fonds marins, nous vous offrons la possibilité de réaliser un baptême de plongée en Normandie. Accueilli par une équipe de plongeurs aguerris, vous aurez le droit à un briefing avant d’enfiler une combinaison complète avec le masque, les palmes, la bouteille d’oxygène et le détendeur. Vous plongez ensuite, accompagné et en sécurité, à plusieurs mètres de profondeur.
Une immersion historique au cœur de la Manche
Les fonds marins normands ne sont pas réputés pour leurs récifs coralliens, ni même pour une quelconque singularité géodésique remarquable. On ne croise pas non plus l’écaille d’une tortue ou l’aile d’une raie Manta. Non, on trouve autre chose. Sous l’eau de la Manche, on plonge dans le passé. On brasse dans l’histoire. Le Débarquement de Normandie est en effet ici conté par une kyrielle d’épaves, témoins silencieux de la violence des combats. Les côtes Normandes sont, en réalité, un fabuleux cimetière sous-marin. Une tranche archéologique d’un des plus tragiques conflits du XXe siècle.
Le 6 juin 1944, l’opération Overlord se déploie et voit des soldats débarquer en masse sur les plages de Normandie. Les américains prennent d’assaut les plages de Utah Beach et Omaha Beach. Victime des pilonnages allemands, de nombreux bateaux n’atteindront jamais les plages. Les vestiges sous-marins du Débarquement constituent des témoignages de première main sur l’opération Neptune. Certaines épaves en sombrant lors du débarquement ou par l’effet des mines ont été fortement abimées. Elles demandent un peu d’imagination pour reconnaitre les différents éléments qui les composent. D’autres épaves s’étendent sur le fond paisiblement semblant presque attendre notre visite. Comme nous ne sommes pas des pirates, nous ne remontons rien.
Le travail de pionniers de la plongée normande
Dès les années 1970, certains ferrailleurs s’intéressent à l’histoire des épaves qu’ils découpent. À partir de 1995, deux plongeurs du club Caen Plongée, Serge David et Yves Marchaland, épaulés par Patrick David, cherchent à identifier les épaves sur lesquelles ils plongent. Ils se basent sur différents ouvrages, réalisent des recherches en archives, échangent avec d’anciens ferrailleurs comme Jacques Lemonchois, mais aussi avec des vétérans du Débarquement. Plongée après plongée, ils observent et photographient une cinquantaine d’épaves liées au débarquement de Normandie. Ils réalisent également des prospections à l’aide d’un sonar à balayage latéral. Ceci leur permet d’avoir une vision d’ensemble des sites mais aussi de découvrir les fragments épars de certaines épaves. Par ce patient travail d’identification, à une époque où la plongée sur épaves récentes rime encore pour d’autres avec récupération d’objets, ils jouent un rôle de pionniers. Ils corrigeront nombre des identifications des sites de la seconde guerre mondiale en baie de Seine. Entre 1998 et 2012, ils publient leurs travaux dans des ouvrages largement diffusés. Ils rendent ainsi plus accessible ce patrimoine invisible et en grande partie oublié. Leurs recherches permettent de commencer à alimenter la carte archéologique nationale sur cette portion des côtes françaises.
Structure et organisation de la plongée en Normandie
En Normandie, si vous avez envie de faire bien plus qu'un baptême d'initiation de plongée sous-marine, c’est possible ! Créé en 2003 et bénéficiant de fonds Européens, d’une aide du conseil général du Calvados ainsi que de la municipalité d’Arromanches les Bains, un club local met en construction en 2005 un bateau alu nommé « ville d’Arromanches », qui offre un confort très appréciable avant et après la plongée. Le club organise des sorties plongées sur épaves entre PORT en BESSIN et OUISTREHAM mais de temps en temps, entre Le Havre et les îles St Marcouf, au large de Grandcamp Maisy, lors de sorties en mer à la journée. Il sort toute l’année les week-ends, et en semaine pendant l’été. Il est un des rares clubs de la région à proposer de plonger le plus souvent au large, grâce à son bateau alu, ce qui assure une visibilité correcte en plongée la plupart du temps.
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Notons qu’un point important à souligner est l’accessibilité des spots de plongée pour la plupart des plongeurs. Effectivement, les épaves gisent toutes à moins de trente mètres de fond. Plongeurs débutant ou confirmés, chacun peut trouver un site de plongée à son niveau. Pourvu que le responsable de plongée soit vigilant aux marées et à leurs coefficients. Question visibilité, il paraitrait qu’elle peut être magnifique. Comme l’eau au début du mois de juin est à une température avoisinant les 13°C et que je suis très frileuse, je sors le matériel de plongée « lourd » : combinaison de plongée et gants étanches, sous combinaison bien chaude et chaussettes de montagne. Bien sûr cela fait sourire nos hôtes normands.
Les sites emblématiques du Calvados
Dans le Calvados, le président de l’Hippocampe club Calvados, Marcel Tisserand, précise d’emblée : « Du Havre à Cherbourg, le fond de la mer est plat. Vous ne trouverez pas particularités naturelles dans ces fonds. Par contre, il y a plus de 2000 sites, relatifs au Débarquement, à découvrir ». L’un des plus connus est le M39. La plongée se passe sur un navire qui est couché bâbord sur un fond sablonneux et divisé en deux parties, à une distance de 15 mètres. On peut alors y découvrir un dragueur de mines allemands, torpillé par des vedettes anglaises en 1944.
Un autre site majeur, bien que dangereux, est le HMS Lawford. Ce navire de la Royal Navy a été coulé le 8 Juin 1944 à l’occasion d’une contre-attaque aérienne allemande visant les bâtiments de guerre alliés dans la baie de Seine. Touché par un missile, l’HMS Lawford sombre par 28 mètres de fond, à 10 km environ de la côte de Courseulles-sur-mer. Mais depuis quelque temps, toute plongée est formellement interdite sur le site, qui contient encore des munitions d’une « dangerosité extrême », d’après les démineurs. Enfin, l’insolite char immergé, situé au large de Luc-sur-mer, est parfois visité, bien que la prudence soit de mise, comme le rappelle l'incident du 18 août 2019 où trois plongeurs en difficultés avaient été secourus.
Exploration en Seine-Maritime : entre nature et histoire
En Seine-Maritime, le plongeur Pascal Deroo, membre de l’association ATSCAF plongée du Havre, souligne que les plongées en Manche sont à réserver aux plongeurs expérimentés ou bien accompagnés car la visibilité est plus réduite et l’eau souvent plus froide. Pour changer des épaves, les spots d’Antifer et Étretat permettent de découvrir une faune et une flore sous-marine superbes, notamment des homards, tourteaux et araignées à foison.
Le clou du spectacle reste le Gauss-SP178. Ce navire allemand a été modifié en cargo armé afin d’être utilisé comme forceur de blocus. Il sera coulé le 12 décembre 1942 par plusieurs bâtiments anglais et norvégien. L’épave repose par une vingtaine de mètres de fond sur un sable coquillier à 19 miles de Saint-Valery-en-Caux. En plus de sa bonne conservation, l’épave propose même de contempler, sur sa proue, un canon de 88 mm intact avec ses instruments de visée. La belle trouvaille est l’Espérance, un chalutier gisant par 30 mètres de fond à 30 km au large de Dieppe, identifié en 2013 par des plongeurs normands du Groupe de recherches et d’identification d’épaves de la Manche Est.
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Richesse biologique et courants dans la Manche
Dans la Manche, Carine Besnard, du club Hague sud plongée, explique : « La différence avec les eaux du Calvados et de la Seine-Maritime ? Nous avons beaucoup de courant, ce qui fait que nous disposons d’une zone sous-marine brassée, riche en faune et en flore, où la visibilité est souvent bonne ». La rue du Homard, au large de Siouville, est constituée de bandes de roches parallèles à la côte, riches en crustacés, et accessible à une vingtaine de mètres de profondeur. On peut également y croiser des roussettes et des raies.
Les Coucous, un spot quasi-tropical à quelques encablures du port de Diélette, offre de jolis reliefs et une faune fixée, notamment des gorgones, alcyonaires et nudibranches. Les gorgones sont des coraux, et ceux présents ici n’ont absolument rien à envier à ceux qu’on peut trouver dans les mers tropicales. Enfin, le Léopoldville, bâtiment de 170 mètres de long, est considéré comme l’une des plus importantes et des plus belles épaves de la région. Torpillé par un sous-marin allemand au large de Cherbourg dans la nuit du 24 décembre 1944, le paquebot est couché sur son bâbord par environ 60 mètres de profondeur. Pour la visiter, il faut formuler une demande auprès de la préfecture maritime.
Une logistique adaptée à la découverte sous-marine
La période idéale pour la plongée sous-marine en Normandie s’étend de mai à septembre. Durant ces mois, les conditions climatiques sont généralement favorables, avec une visibilité améliorée et une température de l’eau plus agréable. Pour ceux désireux de développer leurs compétences, la Normandie offre également de multiples opportunités de formations. Que vous souhaitiez apprendre les bases ou devenir expert en exploration d’épaves, les choix sont nombreux. Plusieurs centres et clubs de plongée proposent des cours adaptés à tous les niveaux. Entre la théorie et la pratique, chaque formation est conçue pour maximiser vos connaissances tout en vous permettant de profiter pleinement du spectacle marin.
L’apnée est une approche différente mais tout aussi enrichissante de la découverte des fonds marins. Elle exige calme et concentration, offrant en retour une sensation unique de liberté. Effectivement, plusieurs sites de plongée en Normandie sont ouverts à l’apnée. Cependant, certaines nuances et considérations existent en raison des conditions de courant et de la présence potentielle d’épaves. Pour tirer le meilleur parti de votre expédition, restez informé sur la faune locale pour optimiser vos observations et variez les heures de plongée pour observer différentes espèces. N’oubliez pas de consulter les clubs de plongée pour connaître les conditions idéales des différents spots.
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